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PURGATOIRE - FORTUNE HISTORIQUE ET HISTORIOGRAPHIQUE D'UN DO
CUCHET GUILLAUME
EHESS
23,00 €
Épuisé
EAN :9782713223402
Pourquoi le purgatoire, ce " troisième lieu " de l'au-delà catholique, entre enfer et paradis, dont les croyants eux-mêmes ne parlent plus guère, a-t-il fait l'objet depuis les années 1970 d'un si grand nombre de travaux parmi les historiens ? Comment comprendre cet étrange tropisme qui les a poussés à compter indéfiniment les messes, les indulgences, les legs pieux, les confréries, comme si de ces curieuses opérations devait sortir quelque leçon fondamentale sur l'histoire profonde des sociétés européennes ? Cet ouvrage entend faire le bilan de ces recherches françaises et étrangères tout en poursuivant deux objectifs principaux. Le premier est d'embrasser toute l'histoire du purgatoire, de sa " naissance " (pour reprendre le titre d'un ouvrage célèbre de Jacques Le Goff) à son effacement actuel en incitant chacun des contributeurs à replacer sa période référence dans un cadre plus large et à réfléchir sur les continuités et les discontinuités qu'elle révèle. Le second est de profiter de la maturité érudite et problématique du dossier pour proposer, avec la collaboration de spécialistes venus d'autres disciplines, des lectures susceptibles d'en renouveler l'approche. Il en ressort un tableau d'ensemble de la fortune d'un dogme qui, depuis son " invention " au Moyen Age et jusqu'à une date relativement récente, a puissamment structuré l'imaginaire, la religion et le rapport aux morts des populations de culture catholique européennes.
Résumé : Le purgatoire est né au Moyen Âge mais il n'a jamais été aussi populaire qu'au XIX` siècle. Autour de 1850, il connaît un renouveau spectaculaire dont les effets se font sentir jusqu'au début du XXe. Comment expliquer ce phénomène qui fit alors de la dévotion aux âmes du purgatoire l'une des plus répandues de l'Europe catholique ? Aux sources de cette renaissance, la force du " culte des morts ", culte familial du souvenir la tombe, la nécessité de répondre aux revendications affectives des fidèles et au discrédit massif de l'enfer, enfin la volonté de l'Église de contrecarrer l'expansion du spiritisme en France et en Europe. Pour définir la nature de cette dévotion, outre l'organisation matérielle, financière et institutionnelle du culte, citons trois principaux aspects le rôle d'intercesseur attribué aux âmes du purgatoire, la sollicitude à l'égard des " âmes délaissées ", tristement abandonnées car sans famille ici-bas ou trop pauvre pour payer les messes, et le nombre important d'apparitions d'âmes du purgatoire. Or au début du XX` siècle, au terme d'une ultime phase de prospérité, le purgatoire s'efface peu à peu des consciences et des représentations. À l'origine de cette révolution des mentalités : la Grande Guerre, et ses millions de disparus. Elle lui porte un coup fatal, personne n'ayant eu le c?ur d'imposer aux " morts glorieux " de la patrie d'attendre la gloire céleste dans les flammes du purgatoire.
En bonne théologie chrétienne, les conciles sont censés être " inspirés " ou " assistés " par le Saint-Esprit, mais force est de constater que leurs annales sont pleines de conflits, coups de théâtre, manoeuvres, aussi bien dans la conduite des assemblées que la rédaction des documents qui en sont issus. Vues de près, les opérations du Saint-Esprit paraissent bien humaines. Cet ouvrage étudie, dans la longue durée et à des échelles différentes, les ressorts historiques de cette " dramatique conciliaire ". Comment comprendre que les acteurs des conciles aient pu être à la fois des tacticiens rompus aux usages de la mécanique des assemblées et des croyants sincères, convaincus que le Saint-Esprit pilotait en sous-main les opérations et que ce combat en apparence politique était en réalité spirituel ? Qu'est-ce que ces convictions nous disent de la nature de ces assemblées si particulières que sont les conciles ?
Résumé : Le catholicisme, hier encore religion de la très grande majorité des Français, n'est plus ce qu'il était. Un tiers des enfants seulement sont désormais baptisés en son sein (contre 94 % vers 1965) et le taux de pratique dominicale avoisine les 2 % (contre 25 % à la même date). Un tel changement, qui n'est pas achevé, a des conséquences majeures, aussi bien pour cette religion que pour le pays tout entier, façonné, dans la longue durée, par cette longue imprégnation catholique. Dans le prolongement de Comment notre monde a cessé d'être chrétien, Le catholicisme a-t-il encore de l'avenir en France ? se penche sur certaines de ses manifestations contemporaines : la mutation anthropologique qu'entraîne le fait de mourir sans croire pour la génération des baby-boomers et ses descendants ; les transformations de la scène funéraire contemporaine et la diffusion de la crémation ; les recompositions de l'ascèse sous la forme du running ; les inquiétudes suscitées par l'islamisme ; la montée des " sans-religion ", notamment chez les jeunes ; l'intérêt largement répandu pour la " spiritualité ", qu'on oppose volontiers désormais à la " religion " ; le devenir minoritaire du catholicisme et les problèmes identitaires que lui pose le phénomène ; la manière dont, dans la longue durée, l'Eglise s'adapte plus ou moins à la modernité. In fine, l'auteur pose la question de savoir si l'on n'a pas plus à perdre qu'à gagner à cette mutation. Guillaume Cuchet est professeur d'histoire contemporaine à l'université Paris-Est Créteil. Il a notamment publié Comment notre monde a cessé d'être chrétien. Anatomie d'un effondrement (Seuil, 2018) et Une histoire du sentiment religieux au XIXe siècle (Le Cerf, 2020).
Résumé : Au printemps 1853, en Allemagne, les paquebots en provenance de New York introduisent la pratique américaine des tables tournantes, qui s'apprête à déferler sur l'Europe et devenir l'une des plus grandes modes du XIXe siècle. Pendant près d'un an, de Napoléon III à la reine Victoria, de Victor Hugo aux plus modestes bourgeois de province, toute l'Europe ou presque a fait tourner et parler les tables. Les contemporains, convaincus des progrès de la raison dans le siècle, ne se souvenaient pas d'avoir jamais assisté à pareille flambée de crédulité collective. Or, loin de s'essouffler, la pratique a duré et s'est enracinée, surtout en France où elle a donné naissance au spiritisme proprement dit, à la fois mouvement organisé et véritable phénomène de société. À ce titre, et parce que ces mystérieuses communications avec l'au-delà avaient partie liée avec la mort et la maladie, la religion et la spiritualité, la science et la politique, la famille et l'amour, le spiritisme est un remarquable révélateur des tendances profondes de l'époque. Saisi à l'apogée de sa ferveur, il éclaire la face nocturne d'une société qui, confrontée à des bouleversements considérables, tiraillée entre tradition et modernité, voit soudain, à sa grande stupeur, remonter ses hantises à travers ses fantômes.
Georges Guille-Escuret bouscule un des tabous de la civilisation: le cannibalisme. II soumet au crible d'une analyse incisive le regard porté par les sciences sociales sur l'anthropophagie. Entre les récits d'explorateurs, les témoignages de missionnaires et les commentaires de savants, se dessine une épistémologie à double sens, portant sur la confrontation entre la culture des peuples observés et celle des observateurs. Le cannibalisme se révèle une formidable loupe pour observer les antagonismes de pensée autour du rapport nature/culture. Il permet aussi de mettre au jour la dimension historique de l'exotisme. Ce livre, tout en réinsérant le cannibalisme parmi les sujets anthropologiques, prétend combattre efficacement l'ethnocentrisme et le mépris du "sauvage" dans la "civilisation".