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Harv & Bob
Crumb Robert ; Pekar Harvey ; Mercier Jean-Pierre
CORNELIUS
22,50 €
Épuisé
EAN :9782915492972
Les récits de Bob et Harv décrivent la vie telle qu'elle est, heureuse et malheureuse, sans idéalisme, ni romantisme. Harvey Pekar raconte, en direct des rues de Cleveland, son quotidien de petit employé d'un hôpital pour anciens combattants, au coeur d'une ville ravagée par l'exode des Blancs et la désindustrialisation. " Tout ce que je peux faire ", confesse-t-il, " lorsque quelque chose me tracasse, c'est d'écrire une histoire à ce propos. " La force de ces récits, souvent drôles ou touchants, tient à la personnalité de l'auteur qui porte sur la réalité sociale un regard aussi aigu que Theodore Dreiser ou Sinclair Lewis, sans renoncer pour autant à une empathie profonde. Aucune vie ne lui semble assez ordinaire pour devenir insignifiante et plutôt que la vie des bourgeois il chronique celles d'un collègue noir, vétéran du Vietnam, ou des chiffonniers juifs des années 30. Loin de Woody Allen, Pekar ne se crée pas un personnage fictif, destiné a séduire le public. Son alter-ego, qu'il se nomme Jack ou Harvey, ne cache rien de ses affres dérisoires de collectionneur compulsif ou de ses combines de petit arnaqueur. Mais ses doutes face à l'hypocrisie de la société et ses angoisses devant l'absurdité de l'existence sont aussi les nôtres. Crumb démontre ici, une fois encore, la versatilité de son talent. Délaissant son propre imaginaire, il donne chair au verbe si particulier de son ami, jouant avec une discrête virtuosité du blanc et du noir, et fixant à jamais, dans l'imagination du lecteur, la vision d'un Cleveland entre lumière et pénombre, décrépitude et bonheur de vivre.
Résumé : Anciens babas, nouveaux paumés, mais tous reconvertis à l'arrivisme et au yuppisme triomphant... voici le monde de Belle, dont elle est le centre et le plus beau fleuron. Art cinéma, nouvelle cuisine et grandes causes perdues, tout est bon pour se faire valoir dans la course éternelle au pouvoir et à la réussite sociale. Les valeurs ont changé, mais les mirages que les personnages de Crumb poursuivent aveuglément, tels des rats dans un labyrinthe, sont toujours les mêmes. En ce sens, tout en décrivant l'Amérique d'aujourd'hui, les histoires de Crumb sont intemporelles, et universelles.
Résumé : Mr. Natural est une des créations les plus connues de Robert Crumb, peut-être la plus sympathique. Il appartient à cette faune d'escrocs, évangélistes, faux prophètes et charlatans de tout poil, qui hante les Etats-Unis et que décrivent Herman Melville, Sinclair Lewis ou Harry Crews. Né on ne sait où, on ne sait quand, Fred Natural mène une existence picaresque, tour-à-tour guérisseur, magicien, chef d'orchestre, taulard, trimardeur et chauffeur de taxi en Afghanistan, avant réapparaître en 1967, dans les pages de Yarrowstalk, bien décidé à guider l'Amérique vers son salut. Entre Charles Manson et Aimee Semple McPherson, ce maître zen cynique et roublard arpente les rues de Chicago et de San Francisco, prêchant le renoncement aux biens matériels tout en cherchant un débouché commercial pour ses aphorismes. Traqué par des disciples crétins, qui exigent qu'il leur révèle le sens de l'univers, Mr. Natural les maltraite avec un sadisme bon enfant et, après un "Va te faire foutre ! " définitif, les fuit dans le désert, comme il sied à un véritable prophète. Qu'il botte le cul des féministes, se lance dans une diatribe antisémite ou vante les bienfaits du sperme dans l'alimentation des bébés, l'indestructible Mr. Natural offense les bonnes moeurs, outrage les consciences pures et parvient même à se faire expulser du Paradis. Il représente une Amérique plus forte, plus libre, plus anarchique, qui exploite la naïveté égocentrique des baby-boomers, mais en est aussi parfois la victime.
Jamais, depuis Quichotte et Panza, ou Laurel et Hardy, on ne vit un couple de héros aussi mal as-sorti. Fuzz est un nounours, battu et jeté à la poubelle par un sale gamin. Coq d'élevage, plumé et promis à l'abattage, Pluck est en cavale. L'un est aussi craintif et passif que l'autre est arrogant et agressif. Débutée dans une benne à ordures, leur histoire prend la forme d'un roman picaresque, à la façon de L'Ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche ou des Aventures de Huckleberry Finn. Leur route croise celles d'un singe zen, d'une végétarienne folle, de Lardass, roi du sandwich au lard, de la belle Glibbia, directrice d'une équipe d'animaux gladiateurs, ou de Sourpuss, citron mâtiné de mouche, produit d'une expérience scientifique aberrante. Ces créatures improbables arpentent la scène d'un petit théâtre de fête foraine, avec ses décors de carton pâte et sa toile de fond qui représente une Amérique miteuse, envahie par les détritus, un pays à la fois familier et étrange, à qui le trait épuré et le noir et blanc de l'auteur donnent un air d'évidence. Si l'homme y est un loup pour l'homme, et les bêtes à plume, à poil ou en peluche, la violence reste burlesque. Et le lecteur peut rire des mésaventures de Fuzz et Puck, comme il rit de celles des vagabonds de Beckett.