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Cités humanistes, cités politiques (1400-1600)
Crouzet-Pavan Elisabeth ; Crouzet Denis ; Desan Ph
SUP
28,01 €
Épuisé
EAN :9782840509271
Le premier humanisme donne souvent une vision idéale de la cité parce qu'il promeut des valeurs qui seraient à la fois partagées dans la plupart des grandes villes européennes et déclinées de manières particularisées. Il est aussi des espaces, telle la péninsule italienne, où la réflexion humaniste est de suite mobilisée au service des pouvoirs en compétition. L'engagement dans la cité est double : construire un paradigme d'unité sociale et servir une cité singulière. Mais plusieurs questions doivent être posées : le paradigme n'est-il pas de façon sous-jacente porteur de contradictions et de conflits ? Les modèles humanistes ne seraient-ils pas aussi divers que les cités politiques qui les voient naître et opérer ? Les problèmes religieux, sociaux, économiques, avec les ruptures de l'unanimisme qui les accompagnent, ne portent-ils pas à la décomposition de l'idéal humaniste en de multiples expérimentations ? La cité du XVIe siècle demeure-t-elle une cité travaillée par le paradigme humaniste ou ce paradigme n'est-il pas l'objet, par les humanistes eux-mêmes, d'un travail empirique et d'une remise en cause critique ? Les tensions latentes du premier humanisme ne deviennent-elles pas alors les instrument mêmes des conflits en oeuvre ? C'est ce jeu évolutif de convergence et d'antagonisme entre la cité humaniste et la cité politique que ce livre se propose d'examiner à l'échelle de l'Europe.
Résumé : A Venise, le niveau des eaux s'élève inéluctablement, ronge les pilotis qui soutiennent les palais, érode les rives... De pharaoniques travaux sont entrepris pour empêcher que l'eau s'engouffre dans la lagune et inonde toujours plus les rues et les maisons. Cette ville à présent fragile fut pourtant triomphante hier, et ce livre raconte l'histoire de sa construction dans un milieu hostile, sopra le acque salse, sur les eaux salées. Dans les derniers siècles du Moyen Age, quand Venise comptait bien plus d'habitants qu'aujourd'hui, au gré de chantiers innombrables et d'un effort humain et financier considérable, sans cesse de la terre fut charriée et amassée pour conquérir toujours plus d'espace. Grâce à ce travail de création ininterrompue, accompli malgré la menace permanente de l'écosystème, la ville sur l'eau a été bâtie, ornée, pour devenir ce " miracle de pierres ". Mais Venise n'est pas qu'un décor de marbre et de briques. Retracer l'aventure de l'invention de Venise, c'est aussi faire revivre les acteurs de cette histoire collective, restituer une culture urbaine et un imaginaire civique, ou comment les Vénitiens plaçaient leur histoire sous la protection et la providence divines. Cet ouvrage capital est la synthèse la plus aboutie et la plus complète qui existe à l'heure actuelle sur la naissance et le développement de Venise au Moyen Age ; une ville qui, à la Renaissance, deviendra la Sérénissime.
Résumé : Torcello, aujourd'hui, est un îlot quasi déserté au nord de la lagune de Venise, une cathédrale, un baptistère, une église et un décor de mosaïques célèbres. Torcello, hier, fut une communauté humaine nombreuse, un paysage de campaniles et de petites maisons, un horizon de vignes, de jardins, de bois... Elisabeth Crouzet-Pavan part à la recherche de ce monde perdu, oublié et abandonné dans les derniers siècles du Moyen Age, à l'époque même où Venise imposait son image providentielle de beauté, de puissance et de richesse. Ce livre est donc l'histoire d'une mort lente, à laquelle se seraient résignés ceux qui la subirent au rythme du flux et du reflux des marées, en se laissant glisser sans drame vers l'irrémédiable. Cette sortie de l'histoire est aussi assumée par Venise, comme si la disparition de Torcello pouvait permettre à la Sérénissime de conjurer la conscience de sa fragilité, ses fantasmes de déclin, ses angoisses d'engloutissement. Torcello meurt, et Venise demeure seule au milieu des eaux de la lagune, dominante et triomphante. En exhumant l'obscur destin de Torcello, cet ouvrage met en lumière une dimension capitale, et méconnue, de la création vénitienne.
Professeur d histoire du Moyen Âge à l Université de Paris IV-Sorbonne, Elisabeth Crouzet-Pavan est l auteur, entre autres, de Venise triomphante (Albin Michel, 1999), qui a reçu le Grand Prix de l Académie des Inscriptions et Belles Lettres 2000, et d Enfers et Paradis (2001), tous deux en semi-poche.
Comment Venise, d'un milieu lagunaire inhospitalier, a-t-elle sorti des eaux les palais qui aujourd'hui encore bordent le Grand Canal ? Comment d'ancienne tête de pont de la reconquête de l'Occident par l'Empire byzantin, s'est-elle érigée en maîtresse des échanges en Méditerranée ? Comment la petite Sérénissime a-t-elle réussi à bâtir une flotte capable de tenir tête au colosse ottoman ? Comment la cité des doges, en conservant son régime républicain à l'époque moderne, a-t-elle tracé une voie originale et parallèle aux évolutions politiques qui, dans le reste de l'Italie et en Europe, imposaient les princes ? Face à ces lieux communs de l'histoire vénitienne, Elisabeth Crouzet-Pavan prend le pari de retracer une trajectoire exceptionnelle tout en refusant un récit providentialiste forgé en premier lieu par les Vénitiens eux-mêmes. Prenant appui sur une bibliographie internationale, une parfaite connaissance des archives et une familiarité nouée de longue date avec la ville, la plus grande spécialiste française de Venise s'attache, pour la première fois, à restituer la longue durée et les nuances de mille cinq cents ans d'histoire.
Résumé : Cet essai porte sur les romans écrits par Georges Simenon au cours des années trente, aussi bien les " romans durs " que les " Maigret ", et en renouvelle profondément la lecture. Il y décèle un scénario latent. Hanté par le " vertige de la perte " qui le pousse à un retour fusionnel dans le Monde-Mère sous les espèces du rien, voire de la mort, l'écrivain l'exorcise en se réfugiant dans le contre-monde du Livre, par instinct de conservation, en " avare " de son désir. Mais il en conçoit de la mauvaise conscience, car il s'éprouve alors comme un escroc, ou un faussaire : c'est donner en effet pour réels, dans ses livres, des êtres et un monde de papier, sans vraie consistance. Pour se laver de ce péché d'escroquerie, il place dans ses romans des personnages qui sont ses doubles, assignés à des espaces mettant en abyme le Livre. Ce sont des boucs émissaires, car ils endossent la faute et, d'une façon ou d'une autre - en mourant, dans bien des cas -, l'expient, ce qui permet d'en dédouaner l'écrivain. Cependant, il n'y a là qu'un subterfuge puisque, en réalité, ce sacrifice expiatoire du Livre et de son démiurge se produit... dans un livre. C'est pourquoi, un roman terminé, Simenon n'a d'autre choix que d'en entreprendre un autre.
Alors que l'Amérique s'interroge sur l'héritage de la révolution fondatrice, et doit faire face à de grandes questions telles que l'expansion territoriale vers l'Ouest, l'industrialisation naissante, l'afflux massif d'immigrants ou encore la question de l'esclavage, les Américains manifestent un vif intérêt pour les deux révolutions qui secouent la France en 1830 et 1848. Ces événements font l'objet de multiples célébrations officielles et populaires aux Etats-Unis et donnent lieu à des débats passionnés dans la presse américaine, au Congrès et dans les milieux contestataires tels que les premiers mouvements ouvriers, les abolitionnistes ou encore le féminisme naissant. L'approche transnationale de Yohanna Alimi-Levy se démarque de l'historiographie traditionnelle et invite à penser autrement la démocratie américaine en soulignant la circulation d'idées entre les deux rives de l'Atlantique.