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Le petit monde d'Antoine Blondin
Cresciucci Alain
PG DE ROUX
21,00 €
Épuisé
EAN :9782363711502
Antoine Blondin est plus connu comme personnage que comme écrivain : la légende, qu'il s'est attaché à construire lui survit depuis un quart de siècle. Survie précaire car les témoins se font rares et les lieux disparaissent - Le Bar-Bac et le Courrier de Lyon, deux hauts-lieux de la rue du Bac ont disparu, le Rubens de la rue Mazarine a été remplacé par une galerie de peinture. Chaque année, le Tour de France ramène ses bons mots... aussi longtemps qu'il restera des journalistes sportifs non formatés par les écoles de journalisme. Même son livre le plus connu ne lui appartient pas tout à fait : Un singe en hiver est d'abord un film, d'Audiard plus que de Verneuil. L'ambition de ce livre est de prendre Blondin au sérieux, c'est-à-dire de montrer comment en cinq romans, deux recueils de nouvelles (j'inclus Premières et dernières nouvelles), 1 500-2 000 articles, chroniques, mini essais, il a construit une oeuvre - mot dont il s'est toujours défi é, par trop grande modestie Mais à la différence de la plupart de ses confrères, Blondin n'établit pas de distinction absolue entre la fiction (romans et nouvelles) et les écrits journalistiques (écrits polémiques, articles, chroniques sportives). Si la biographie de l'auteur nous a aidés à comprendre les raisons profondes de son comportement erratique puis de sa dégringolade littéraire dès la fi n des années 70, il faut d'abord appréhender Blondin dans un univers de stricte littérature (il prétend d'ailleurs que c'était le climat du phalanstère du quai Voltaire). On ne comprendra donc le " blondinisme " - notion inventée par Nimier - qu'en explorant la construction poétique qu'il développe, doté des ressources stylistiques qui lui sont propres pour faire tourner le monde entre ces quatre inflexions : réalisme, fantaisie, nostalgie et mélancolie. On a reproché à Blondin, et il était d'accord, de ne pas être un grand inventeur d'histoires. A y regarder de plus près, ses personnages composent une véritable petite comédie humaine, témoignant de la société française du second demi-siècle. De même, les paysages qui défi lent dans son oeuvre mais aussi dans ses articles de L'Equipe, doivent-ils bien plus à l'imagination (paysages sentimentaux) qu'à la banale exactitude documentaire. Viennent les " mythes personnels " que Blondin a, lui-même, très tôt définis sous le nom de " vocations " : la littérature, le sport et l'amitié. Examinons l'amitié, le grand " mythe de référence ", et celui du sport... sans oublier celui qui se glisse entre les deux, un mythe, d'ailleurs lié à l'amitié, qu'il a cultivé puis délaissé ; le mythe de l'engagement/désengagement... politique.
Couronné par un succès précoce, s'affichant volontiers désinvolte et insolent, Roger Nimier (1925-1962) n'en était pas moins un grand érudit, éditeur et critique de premier plan - un superbe romancier aussi, et un ami loyal. Masculin singulier par son allure, pluriel par ses dons, il n'aura cessé de susciter des réactions contradictoires, entre l'admiration affectueuse des uns, la réprobation grincheuse des autres. Tandis que se forgeait autour de lui une légende l'érigeant en "demi-dieu de la mythologie non conformiste", parachevée par sa mort prématurée au volant d'une Aston Martin au coeur d'une nuit de septembre. C'est en grande partie elle, la légende, qui assure aujourd'hui dans l'actualité littéraire la présence d'un Roger Nimier qui, par ailleurs, "n'est plus notre contemporain". Il "n'exhale guère l'air du temps. Inactuel ? Intempestif ? S'il a, auprès de quelques-uns, une influence, elle est contre ce temps et, on peut en rêver, au profit de l'avenir..." Il semble que le personnage ait éclipsé l'écrivain - et, peut-être, l'homme. Se tenant à distance de l'hagiographe comme de l'instructeur à charge, de l'admirateur indéfectible comme du chercheur tatillon, Alain Cresciucci retrace la fulgurante carrière du jeune auteur audacieux et brillant, et brosse un portrait lucide de celui qui, prenant à contre-pied une époque de soubresauts politiques et de tyrannie intellectuelle, s'est imposé à la tête de la frange réfractaire d'une "génération heureuse qui aura eu vingt ans pour la fin du monde civilisé".
Entre la Libération et les débuts de la Ve, la Quatrième République des Lettres s?enorgueillit d?un petit parti informel qu?un jeune polémiste du nom de Bernard Frank baptisa « Hussards ». Ses membres les plus éminents s?appelaient Roger Nimier, Jacques Laurent et Antoine Blondin. Plus tard, on leur associa Michel Déon. Un même mal de vivre dans un demi-siècle épuisé, une approche du monde désinvolte et insolente et, par-dessus tout, le goût de la littérature rassemblaient ces Désenchantés, enfants de l?entredeux- guerres. Ils ont cherché à se faire une place entre l?Existentialisme exécré et le Nouveau Roman moqué et redouté. Ces touche-àtout romanciers, journalistes, scénaristes et éditeurs prirent un malin plaisir à défendre les écrivains bannis de l?après-guerre ? Chardonne, Morand, mais aussi Giono et Céline ?, et quelques causes politiques perdues d?avance. Voici l?histoire passionnante de ces intellectuels de droite, libertins d?une décennie féconde, qui traversèrent une époque e ervescente. On ferraillait alors pour ou contre la décolonisation, le retour du Général, l?indépendance de l?Algérie, la disparition du personnage et de l?intrigue, la « qualité française » et la Nouvelle Vague, au coeur d?un Saint-Germain-des-Prés où l?on croisait maîtres-penseurs et noctambules cultivés. Alain Cresciucci est professeur de littérature du XXe siècle à l?université de Rouen. Spécialiste de Céline et des auteurs peu reconnus par l?institution universitaire, il a consacré une biographie à Antoine Blondin (Gallimard, 2004), dont il a également édité des nouvelles, des articles et une correspondance à ses proches (La Table Ronde).
La dignité humaine est une notion aujourd'hui captive d'une forte instrumentalisation idéologique qui tend à rendre son concept de plus en plus flou.Quelle est son histoire et quel a été son cheminement ? Cette étude qui s'enracine dans le droit, la théologie et la philosophie, est particulièrement éclairante.
Roland Jaccard raffole des cinéphiles, l'étant lui-même jusqu'au bout des ongles. Le problème est qu'il aime encore plus John Wayne, l'homme à abattre, jugé coupable de nombreux crimes par les petits censeurs de la bien-pensance anti-Trump. Réac, raciste, génocidaire... on ne compte plus les coups bas que dirige en permanence la charge de la grosse cavalerie idéologique contre le dernier des géants. Heureusement Roland Jaccard dégaine plus vite qu'eux et ne rate jamais sa cible. Et c'est une belle leçon de western - transposé à notre époque démissionnaire - qu'il va leur donner : celle qui sonne tôt ou tard le cinglant retour à la réalité et au savoir-vivre. On retrouvera ici toute l'insolence et l'acuité inimitables de Roland Jaccard.
Tantôt faits de pure matière poétique, tantôt marquant les amants au fer rouge de la passion, les innombrables nuances du sentiment amoureux répandent leurs frémissements au fil de ces dix histoires. De la tendresse naissante sous les cerisiers en fleurs de Kyoto à la poursuite de la femme rêvée en Arabie heureuse; de la voix intérieure de l'assassin de John Lennon au coeur de Manhattan, au doute mortel de Luchino Visconti sur le plateau palermitain du Guépard: que d'amours absolus, dans ce défilé de l'espèce humaine tout entière! Les jeunes comme les vieux, les riches comme les pauvres, les beaux comme les parias dont on ne parle jamais y sont convoqués. De somptueux conte des mille et une nuits en faits divers urbains, de joies fantasmées en désir de meurtre... A chaque page, l'amour envahit le moindre interstice créé par l'accident, la rencontre inattendue ou l'abandon brutal et, par-delà l'énigme du destin, réunit la mort à la vie.
Les marins dénouent les cordes qui nous relient à la terre ferme. Ils courent pieds nus, le bas de leur galabeya coincé entre leurs dents, d'une bitte d'amarrage à une autre. Ils s'interpellent, des rires fusent, des noms, Ashraf, Mohammed. Ils jettent les bouts sur le pont. Le petit remorqueur auquel nous sommes attachés ronronne, la corde entre les deux bateaux se tend, nous nous écartons de la rive. [...] Nous quittons Esna. [...] Les deux voiles latines, rayées rouge et blanc, s'ébrouent, se gonflent d'air, grandissent encore. Le cordage qui nous relie au remorqueur est lâché. [...] Le voyage sur le Nil commence." Et le roman de remonter aux sources mêmes du récit... Gaia l'Ardéchoise grandie au coeur d'un village de pierre sombre, très jeune prise par le désir de voyager. Luis le brillant avocat new-yorkais, né au Mexique. Leurs chemins qui se croisent pour se nouer à Gurnah. Le début d'une formidable aventure humaine, portant témoignage à la fois fies soubresauts de l'histoire contemporaine et de l'indéfectible charme de l'Egypte.
Dire que la popularité de Charles Dickens (1812-1870) fut immense est un euphémisme. Tout le monde le lisait: la Reine et ses ministres, le petit peuple et la gentry, toute l?Angleterre en somme, mais aussi les Français, les Américains, les Allemands, les Russes. Pour trouver un équivalent français à sa gloire, il faudrait additionner celle de Balzac et de Hugo, de Zola et de Dumas. Etencore échouerait-on à saisir le tacite plébiscite en vertu duquel il devint, malgré les critiques féroces que lui inspiraient bien des coutumes et des institutions de son pays, le chantre de tout unpeuple. Raconter sa vie, c?est à la fois pénétrer les arcanes d?un créateur incomparable et tenter de comprendre comment les fantasmagories d?un fils de modeste fonctionnaire de province ont pu trouver pareil écho. C?est aussi aller à la rencontre d?une personnalité complexe, protéiforme, pétrie de contradictions encombrantes, mais toujours animée d?une infatigable énergie.
Résumé : Parti à l'aventure en Asie à vingt-deux ans, prix Goncourt avec La Condition humaine à trente-deux, héros de la lutte antifasciste dans l'entre-deux-guerres, chef d'une escadrille d'aviateurs pendant la guerre civile espagnole, ministre des Affaires culturelles du général de Gaulle, romancier, essayiste, orateur de génie... André Malraux (1901-1976) eut plusieurs vies, comme les chats qu'il aimait tant. Flamboyant, révolté mais hanté par la mort, il a traversé son siècle et sillonné le monde, avide de grandeur et de beauté. Fascinant et agaçant, pudique et ambitieux, fraternel et secret, Malraux fut l'artisan de sa propre légende et s'inventa un destin. On a souvent dit que sa vie était sa plus belle oeuvre. Et si ses livres étaient plus grands encore ?
« N'allez pas croire que j'aie foi en une amélioration prochaine de l'humanité, ce visqueux monstre aux mille têtes. Mais ne s'améliorera-t-elle pas, l'humanité, que si l'on cesse de lui répéter qu'elle a emprunté quelque voie mystérieuse, alors qu'elle ne fait vraisemblablement que s'entortiller autour de son propre axe ? Allez, l'"illusion" fait partie intégrante de la mixture magique de l'existence. »Né à Vienne, Stefan Zweig (1881-1942) a peut-être souffert de sa trop grande renommée qui l'a mis à l'écart du monde littéraire. Cet écrivain tourmenté et secret, acharné de travail, a élaboré une oeuvre multiple entre nouvelles, romans, biographies et théâtre. Ce voyageur qui se décrivait avant tout comme un Européen a vu ses deux autres identités d'humaniste et de pacifiste voler en éclats dans l'horreur du monde nazi. Réfugié au Brésil, il se donnera la mort avec sa femme en 1942.
Résumé : Le nom d'Alain-Fournier, pseudonyme d'Henri-Alban Fournier (1886-1914), reste attaché au Grand Meaulnes, roman publié en 1913. Mort le 2 septembre 1914, à la lisière du bois de Saint-Remy, il est l'auteur d'une oeuvre plus ample - correspondance, nouvelles, poèmes, chroniques et critiques - sur laquelle s'appuie Ariane Charton, nous donnant une image très vivante d'un écrivain marqué par son enfance campagnarde. Ami de Jacques Rivière. Alain-Fournier veut trouver la présence du monde au fond de l'âme et ne jamais la disjoindre de son idéal. Rêvant d'être marin "pour faire des voyages". affirmant "se jouer du monde avec la moindre de ses pensées", il ne voulait pas créer des personnages "moraux ou sympathiques, mais d'abord penser à les faire vivants".