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La peine de mort. Vers l'abolition absolue ? Un dialogue entre philosophes, juristes et cartographes
Crépon Marc ; Halpérin Jean-Louis ; Manacorda Stef
ULM
11,00 €
Épuisé
EAN :9782728805457
Depuis trois décennies, la peine de mort recule incontestablement dans le monde. Le noyau dur des Etats rétentionnistes procédant à des exécutions se réduit désormais à une trentaine de pays. Pourtant, en Amérique du Nord, en Asie, en Afrique, il est des Etats qui paraissent peu affectés par le mouvement international en faveur de l?abolition : des exécutions ont eu lieu en 2015 en Inde et au Japon, tandis qu?elles continuent en Iran, en Irak, en Arabie Saoudite, en Indonésie ou dans certains Etats des Etats-Unis. Cet ouvrage réunit philosophes, juristes et cartographes pour s?interroger sur les progrès et les limites de cette ambition d?une abolition universelle, qui deviendrait absolue, de la peine de mort. De Victor Hugo à Derrida, quels sont les impératifs philosophiques de l?abolition ? Quelle est l?influence des conventions internationales, quels sont les facteurs propices à l?abolition ? Et, approche originale utilisée ici, comment est-il possible de mesurer le phénomène abolitionniste à travers des cartes ?
Ce livre interroge deux des promesses politiques dont l'écoute de la poésie s'est trouvée investie au siècle dernier. Son fil conducteur est double. Il est d'abord, orienté par la confrontation critique de deux lectures de la poésie : celle que fait Heidegger des hymnes de Hölderlin et celle que fait Paul Celan de Mandelstamm. Dans chacune de ces deux figures, l'écoute de la poésie est pensée à partir de son adresse : pour Heidegger, c'est le peuple que la poésie est censée venir sauver ; pour Celan, c'est l'interlocuteur providentiel qu'elle vient secourir. Dans le premier cas, cette pensée est chargée d'ambiguïtés et de présupposés sur la langue, le destin, le peuple que le présent essai entreprend de déconstruire. Dans le second cas, elle met au premier plan de la relation entre le poète et son lecteur l'attention - une attention dont il s'agit ainsi de penser la portée éthique et politique. Promesse de salut, promesse de secours sont alors présentées comme deux façons radicalement opposées de penser la situation de la poésie face à la terreur politique.
Les usages politiques de la peur, son invocation et son instrumentalisation qui furent le privilège des régimes de terreur, ne peuvent plus servir aujourd'hui de critère discriminant entre les démocraties et les régimes, dont, par principe, elles devraient être distinctes. Dans tous les domaines de l'existence, les citoyens sont affectés par la " culture " dont elle fait l'objet - une culture qui les conduit à tolérer des discours et des pratiques qu'ils n'auraient pas cru pouvoir ni devoir accepter auparavant. Ainsi se sédimente dans nos vies " l'inacceptable ", au nom d'une exigence démultipliée de protection et de sécurité. La question alors est de savoir quelle est, dans cette exigence, la part du besoin de " sécurité humaine ", dont aucun discours politique ne devrait faire l'économie, et celle de " la sécurité de l'État ". S'il est vrai que leur frontière indécise se joue, à chaque fois, dans le choix et le calcul des " cibles de l'insécurité ", au double sens d'un génitif subjectif et objectif, l'avenir de la démocratie appelle une critique ininterrompue de ces choix et de ces calculs - à plus forte raison quand ils se portent sur la figure de l'étranger.
Il y a dans la violence que doivent aujourd'hui affronter nos sociétés une dimension propre à la langue. Quiconque a fait l'apprentissage de l'éducation doit reconnaître, au creux de sa propre expérience, la manière dont la langue façonne, modèle, impose. Quant au XXe siècle, il s'est chargé de nous montrer comment la langue peut condamner à une mort certaine. C'est cette dimension propre au langage que se propose d'explorer le philosophe Marc Crépon, convaincu que le noeud de toute violence tient d'abord dans la langue et l'usage que nous en avons. S'il chemine avec Kafka, Lévinas, Singer ou Derrida, ce n'est pas seulement parce que chacun d'entre eux s'est en son temps insurgé contre les détournements de la langue, préludes aux plus grands crimes commis contre l'humanité, constituant un réservoir d'expériences, pour prévenir les prochains massacres. C'est aussi parce que leur oeuvre affirme la vocation de l'écriture : celle qui fait de la littérature et de la philosophie l'arme ultime pour démasquer, au coeur de la langue, la violence et la haine dont celle-ci est porteuse. Affirmer la vocation de l'écriture, c'est retourner la langue contre elle-même, désamorcer ses potentialités meurtrières en l'ouvrant à l'échange, à la responsabilité, à l'humanité, quand celle-ci se fixe autrui et le monde comme buts.
Plus jamais ça ! Comment expliquer qu'à un moment nous ne supportons plus ce qui nous paraissait encore acceptable peu de temps auparavant ? Pourquoi ce qui était considéré comme normal devient-il soudainement intolérable au point que nous décidions de nous y opposer ? Cela tient au fait que ce qui nous était invisible, imperceptible, pris dans un ensemble d'habitudes et de lâches concessions, devient à nos yeux indigne de ce que nous nous représentons comme la condition humaine. Ce sont ces prises de conscience brutales qui expliquent les progrès accomplis par nos sociétés vers une condition plus douce et plus juste faite aux individus et notre engagement pour que les choses changent. Comment alors faire reculer la violence ? D'abord en l'exposant partout où elle se manifeste, en la rendant visible autour de nous, dit le philosophe Marc Crépon : dans le monde du travail, de la justice, dans notre relation à nos proches ou aux animaux... En montrant ensuite ce qu'elle a d'intolérable dans la manière dont elle détruit l'image que les individus ont d'eux-mêmes tout comme les relations qu'ils entretiennent entre eux. Tel est l'unique ressort d'une lutte contre la violence. Car il ne suffit pas d'en avoir conscience. Si la violence doit être combattue, c'est parce qu'elle détruit à chaque instant le monde dans lequel nous vivons en le rendant, au sens propre, du mot inhabitable, inhumain.
Résumé : " Si je devais donner le nom de trois ouvrages américains qui promettent d'avoir une longue, même une très longue vie, je dirais sans hésiter La Lettre écarlate, Huckleberry Finn et Le Pays des sapins pointus. " Ce commentaire de Willa Cather dans sa préface de 1925 au livre de Jewett (1er éd. 1896) étonnera sans doute le lecteur français qui n'a pu encore parcourir dans sa langue les sentiers rocailleux du pays de Jewett. Il est temps aujourd'hui d'ajouter à la cartographie littéraire de la Nouvelle-Angleterre - entre le Boston de Henry James, le Walden de Thoreau et le Salem de Hawthorne - un autre coin de terre. Ce " pays " devient le lieu d'exploration d'une esthétique propre, lieu de négociation avec un imaginaire qui, retaillé à l'aune du quotidien, du féminin, donne au lecteur de ces petites pièces cousues à la manière d'un roman l'occasion de découvrir une autre vision de l'Amérique.
Qu'elle s'appuie sur l'ornement, la peinture corporelle, le masque ou le pictogramme, la mémoire des peuples "sans écriture" a toujours paru labile, désordonnée, vouée à l'échec. Les "supports mnémoniques" dont parlent les historiens de l'écriture à propos de ces traditions sont régulièrement décrits connue des tentatives avortées de reproduire la forme extérieure d'un objet, ou des moyens graphiques simples d'exprimer des concepts élémentaires. Ce livre nous présente les résultats d'une vaste enquête anthropologique menée en Amérique indienne et en Océanie. Il analyse nombre de ces dispositifs visuels, tout en étudiant les contextes d'énonciation rituelle qu'ils impliquent et démontre une tout autre hypothèse: il existe une voie de la représentation chimérique par laquelle s'inventent des arts de la mémoire non occidentaux. Rien d'imitatif dans ces "supports mnémoniques" dont la forme mobilise le regard et invite à les décrypter. Ils sont les témoins visuels d'une série d'opérations mentales condensées en images efficaces, intenses et fragmentaires à la fois. Un nouveau champ de recherche s'ouvre grâce à l'étude de ces traditions iconographiques et orales qui concerne l'histoire des arts autant que l'ensemble des sciences sociales - une anthropologie de la mémoire.
Les seize textes réunis dans ce volume visent à aborder l'histoire des pouvoirs dans l'espace français au cours des deux derniers siècles du Moyen Age de façon à la fois variée et précise : historiographie, iconographie, lexicographie, approche quantitative des phénomènes, étude voire édition de textes didactiques et de documents d'ordre diplomatique ou administratif... Les différentes méthodes appliquées par les historiens récents du fait politique reçoivent ici application et illustration. Les exposés synthétiques voisinent à dessein avec les enquêtes menées autour d'une controverse ou d'une péripétie particulière. Figurent aussi bien les conceptions et les représentations des pouvoirs que les mécanismes qu'ils utilisent et les pratiques auxquelles ils ont recours. Sans doute le pouvoir des rois de France, sa nature, son exercice, occupent-ils la première place mais les réactions individuelles ou collectives de leurs sujets, leurs attentes et leurs craintes ont largement retenu l'attention, tandis que se trouve souligné le rôle déterminant des princes, qu'ils appartiennent ou non à la maison de France. Indissolublement liées, quelques questions majeures se posent à propos du royaume de France à la fin du Moyen Age : quels pouvoirs ses souverains étaient-ils en mesure d'exercer ? Quel type de gouvernement s'efforçaient-ils de promouvoir ? Quels contre-pouvoirs, quel autre modèle les princes pouvaient-ils ou souhaitaient-ils leur opposer ? A ces interrogations, des éléments de réponse sont fournis, à partir d'approches originales.