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Ulysse de James Joyce. Une appréciation
Cowper Powys John ; Blanchon Philippe
LA NERTHE LIB
10,00 €
Épuisé
EAN :9782916862439
James Joyce's Ulysses - an Appreciation fut publié en 1923, soit l'année suivant la parution d'Ulysse. L article fut accueilli dans la revue Life and Letters publiée par Haldeman-Julius Company. Il ne fut réédité qu'en 1975 en Angleterre par Village Press et il est inédit en français. Ce qui distingue ce texte c'est, tout d'abord, la certitude de Powys de se trouver face à un chef-d'oeuvre, plus encore, face à un classique. Le ton de ce long article nous permet de retrouver la force intellectuelle et lyrique de Powys. Sa singularité de créateur lui rend possible une lecture très précieuse et enthousiaste d'Ulysse. Powys voulait que chacun s'empare de ce chef-d'oeuvre, qu'il ne soit pas le "domaine réservé" de quelques érudits. C'est une lacune, pour les études joyciennes, qu'un tel texte soit peu connu, voire inconnu, car les pertinences de Powys, son ironie devant les critiques, viennent enrichir considérablement la vision de ce classique dont il est l'un des premiers à percevoir l'extrême bienveillance. Powys inscrit Joyce dans la plus grande tradition littéraire anglaise, Shakespeare en tête, et voit aussi en lui un Dante moderne.
Etrange fantasmagorie ! On y voit, blottis sur un bateau aérien aux allures de soucoupe volante, un vieil homme (M...), une jeune fille (Morwyn), un chien (Pierre le Noir), et un capitaine à la retraite - précipités par un cataclysme au centre de la Terre. Là, dans un décor qui rappelle Gustave Doré ou les illustrateurs de Jules Verne, ces personnages traversent le royaume des ombres et rencontrent des figures dignes d'une super-Odyssée enfantine, Torquemada, le marquis de Sade, Tityos-Prométhée, Socrate et le barde Taliessen, entre autres ! Le ciel, aux enfers, est composé de rocs, le bateau volant est capitonné d'une neige noire et, sur les parois de pierre qui emprisonnent nos héros perdus, des télévisions diaboliques projettent toutes les scènes les plus sadiques existant depuis que le monde est monde... Comment le romancier si tragiquement déchiré de Givre et Sang et de Wolf Solent en est-il arrivé, la soixantaine passée, à se lover ainsi avec délices dans l'enveloppement de la rêverie diurne ? C'est qu'une telle fantasmagorie signe l'aboutissement de sa quête : la délivrance, le refus d'un manichéisme destructeur, à travers la richesse de l'imaginaire."
Publié en 1915 (et dédié à Thomas Hardy), ce "premier roman" contient, en puissance et en actes, toutes les obsessions, toutes les grandes figures des fictions à venir de Powys... lequel met en scène - sur fond de révolte ouvrière contre le propriétaire d'une carrière de pierre - l'affrontement de deux mythologies : celle du Pouvoir et celle du Sacrifice. Surtout, il sonde avec une acuité cruelle les replis du coeur des hommes : l'impitoyable coeur des forts, et le coeur bizarre des faibles, des parias, des maudits, des séparés-de-tout. Roman de la violence, proclamée ou refrénée, Wood and Stone se veut aussi une méditation passionnée sur la matière : la pierre (qui fournira à Caïn l'arme du premier crime), le bois (celui de la Croix, du supplice consenti). Prévenons tout de suite le lecteur : il ne trouvera dans ce récit pas une once de misérabilisme, aucune trace d'idéologie, aucune ombre de conviction sociale, mais, par-delà l'évocation magique des paysages du sud-ouest de l'Angleterre, un érotisme sado-masochiste du meilleur aloi. Telle est en effet, plus que toute autre, la vertu que Powys arbore à son blason, et dont le symbole demeure son légendaire gourdin - sceptre panique et compagnon de ses interminables randonnées à travers les brumes du Dorset ou du Pays de Galles, sur lequel il appuyait ses doutes et ses troubles (plutôt que ses certitudes), et qu'il brandissait à l'occasion comme un sexe triomphant.
Résumé : C'est probablement dans La Fosse aux chiens que John Cowper Powys aura cédé le plus consciemment à ce qui est l'un des fantasmes majeurs de son oeuvre : exprimer sa propre folie à travers les folies de ses personnages. Ce qu'il exprimait fort bien dans une préface à la première édition de ce beau roman (The Inmates est de 1952) aussi violent dans son allégorie qu'il est serein dans sa conclusion : "J'ai tenté d'imaginer dans ce conte un groupe d'individus véritablement insensés, dont la fantastique, grotesque et comique extravagance n'est, après tout, qu'un élément de notre univers". Autrement dit d' "exploiter sans retenue mes propres bizarreries" . Dans l'asile de Glint Hall, perdu dans la campagne anglaise - toujours sombrement et végétalement présente dans le livre -, un savant fou, le docteur Echetus ("bourreau d'hommes" en grec homérique) pratique la vivisection physique sur des chiens et morale sur les pensionnaires qu'il y recueille : John Hush, le héros fétichiste amoureux des boucles brunes de Tenna Sheer, elle-même habitée par la haine de son père ; Pantamount, "rescapé de l'Atlantide" et "vieille bûche battue pendant des millénaires par tous les océans du monde" ; M. Lordy, perdu dans son délire mystique ; le commandant Serius-Ocius qui interpelle dans la rue les membres de la Chambre des Communes ; Cà et Là, les deux jumeaux dansants, etc. Tous ceux-là et les infirmiers et employés en tous genres qui ne se distinguent guère ici des patients, s'agitent et grouillent (à la manière powysienne : c'est-à-dire cherchant l'issue) au sein de cet univers fermé du Mal qui constitue ici la vivisection, hantés par la fosse où l'on jette les cadavres des chiens. Qu'en dire d'autre ? Que le Mal aura, pour les deux héros amoureux, un ultime beau geste ? Oui : ils s'enfuiront enlacés sur la banquette arrière d'une voiture "qui sent le furet" et ils se verront offrir, en guise de bienvenue dans le cirque ambulant où ils auront trouvé refuge, un bel épagneul noir.
Brown Bob ; Cardenal Ernesto ; Lowry Malcolm ; Pou
Sommaire "Chants et révolte de Pound" - "Poèmes inédits" (1908-1920) Bob Brown, "1450-1950" Philippe Blanchon, "Le lest de Lowry et son voyage sans fin" (Sur "Le voyage infini sur la mer blanche") Louis Zukofsky, "A 7" et "A 11" Ernesto Cardenal, extrait de "Zero Hour"
Rannou François ; Pound Ezra ; Lowry Malcolm ; Zuk
Sommaire de Babel 5 - André Chénier - D'AMERIQUES : Ezra Pound, Richard Sieburth, Matt Bialer, Alexander Dickow - Malcolm Lowry - BLACK BOHEMIA : Guillaume Saint-James, Langston Hugues - "DANS L'ATELIER EN FACE DE CE QUI ME CONSTITUE... " (1) : Hung Rannou - "CREATION D'UN INTERVALLE" : Philippe Blanchon - "DANS L'ATELIER EN FACE DE CE QUI ME CONSTITUE... " (2) : Hung Rannou - CAHIER DE CREATION : Catherine Smits, Damien Paisant, Jacques Sicard - LES SORTILEGES : Seylvie Plesnel - LA TRAVERSEE DES VOIX : POESIE SONORE ETC. : Eric Mangion, Patrizio Peterlini, Laure Gauthier, François Rannou - WHO'S AFRAID : Seylvie Plesnel - PAYSAGE, PEINTURE : DEUX MOTS INTRADUISIBLES ? : François-René de Chateaubriand, François Lallier - ORPHEE : Seylvie Plesnel - Denise Le Dantec
Trois auteurs, Alain Jugnon, Jacques Sicard et Philippe Blanchon se livrent à des échanges de textes partant du cinéma. La littérature, la politique, la peintre aussi parcourent ces fragments de proses, de journaux, de lettres, de traductions. Ils se prolongent entre eux, se répondent s'autorisant toutes les formes et toutes les digressions.