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Le dernier vol du flamant
Couto Mia ; Monteiro Rodrigues Elisabeth
CHANDEIGNE
20,00 €
Épuisé
EAN :9782367321189
Tizangara, village imaginaire du Mozambique, est le théâtre d'événements délirants. Les casques bleus, venus surveiller le processus de paix à la fin de la guerre civile, explosent sans laisser de traces, si ce n'est celle de leur membre viril. Massimo Risi, inspecteur italien des Nations Unies, est dépêché sur les lieux pour élucider ces morts mystérieuses. Accompagné d'un traducteur, il arpente Tizangara à la recherche d'indices. Ana Deusqueira la prostituée, Sulplicio le père du narrateur, Temporina la jeune ensorcelée, Muhando le prêtre, Zeca Andorinho le sorcier et Estêvao Jonas l'administrateur corrompu du village sont les personnages bigarrés de cette farce à la fois grotesque et tragique. Mia Couto dépeint avec un humour décapant l'histoire récente du Mozambique : l'immense espoir suscité par l'indépendance, la confiscation du pouvoir par les héros d'hier et la fin de la guerre fratricide sous le regard de la communauté internationale. Fable du chaos, Le dernier vol du flamant s'élève contre les vies brisées par le fracas des guerres et l'indigence des gouvernants.
Passeur d'une culture multiforme, Mia Couto est l'inventeur d'une littérature surprenante, à la croisée de l'imaginaire africain et de la langue portugaise.Chronique des jours de cendre est le récit halluciné de douze journées particulières d'avril 1974. Comme en écho à la Révolution des oeillets qui vient d'éclater au Portugal, le Mozambique est en proie à la guérilla et aux derniers soubresauts d'un colonialisme d'autant plus virulent que moribond.Entre Lourenço de Castro, l'inspecteur de la PIDE - la sanguinaire police d'État salazarienne -, et sa jeune tante Irène, devenue folle, rôde le fantôme de Marcelo, le rebelle mulâtre qu'elle a aimé, et qu'il a fait mourir en prison. Pour les Blancs comme pour les Noirs, l'heure des comptes a sonné.Porté par une écriture riche, métissée, et un esprit « magique », ce roman d'une poésie violente nous plonge, entre légendes, superstitions, passé et présent, dans l'univers d'un grand écrivain.
Couto Mia ; Bouvier Stanislas ; Quintela Diogo ; T
Il paraît qu'il acquit cette apparence, en totalité noire, à la suite d'une frayeur. Je vais vous conter ici comment eut lieu ce passage du clair à l'obscur. Le cas, je vous en avertis, n'est pas clair du tout. e Ce il est un petit chat qui, désobéissant à sa mère, va dépasser la limite entre lumière et obscurité malgré sa peur du noir. Un chat ayant peur du noir ? Voilà qui est curieux... mais ce petit chat est aussi chacun de nous, petits ou grands, avec nos craintes face à l'obscurité et aux côtés sombres ou inconnus de la vie. Riche d'une langue inventive et souvent drôle, ce texte enchante les enfants et séduit les adultes. Son auteur, Mia Couto (Mozambique), déjà très connu en France, est aujourd'hui un des auteurs majeurs de la langue portugaise ; le peintre Stanislas Bouvier, pour la première fois ici, transpose dans un livre son univers teinté d'onirisme et de mystère
Ecrites juste après la guerre civile qui a ravagé le Mozambique de 1977 à 1992, les nouvelles qui composent Histoires rêvérées dessinent comme une cartographie de l'espoir après Terre somnambule, son roman consacré à la guerre. Si les stigmates de la guerre sont à jamais inscrits dans la chair de ces hommes, de ces femmes et de ces enfants qui parcourent ces récits, nul ne saura jamais leur dénier la capacité de rêver. Le rêve apparaît ici comme le lieu de résistance ultime. "Là où l'homme a perduré, a survécu une semence, rêve fécondant le temps. Ce rêve s'est dissimulé au tréfonds de nous-mêmes, là où la violence ne pouvait frapper, là où la barbarie n'avait pas accès", écrit Mia Couto en introduction à la genèse de ces histoires. Un grand-père enseigne à son petit-fils à voir l'ailleurs. Une petite fille, ne pouvant se résoudre à abandonner son père au milieu des bombes, se transforme en fleur. Un aveugle, dont le guide est mort à la guerre, nous montre le chemin. Le vieux Felizbento qui, en pleine guerre, refuse de quitter sa maison et qui ne partira qu'à condition d'emmener tous les arbres. Un enfant victime de la barbarie militaire. Le buveur du temps. Une noix de coco pleure et saigne, un hippopotame, dont un dit qu'il serait un trépassé, détruit un centre d'alphabétisation. La guerre des clowns ou comment deux clowns vont semant la guerre de ville en ville. "Ces histoires parlent de ce territoire dans lequel nous nous reconstruisons et mouillons d'espoir le visage de la pluie, eau rêvérée. De ce territoire dans lequel tous les hommes sont égaux, ainsi : feignant d'être là, rêvant de partir, inventant de revenir", écrit encore Mia Couto. Publié en 1994, c'est un recueil fondamental dans la genèse de l'oeuvre de Mia Couto, de son écriture si souvent commentée et de sa filiation avec João Guimarães Rosa. Les néologismes, les idiomatismes, les proverbes détournés, les jeux de mots font ici florès. Autant de singularités que la traduction tente de restituer par des archaïsmes, en détournant l'emploi sémantique ou grammatical des mots, en créant des mots composés ou des néologismes (par la préfixation, suffixation, mots valises et fusion de deux mots), afin de faire entendre le bruissement de la langue.
A Senaller, un village dont on ne peut que partir, la pluie ne tombe plus, elle demeure en suspens. Le fleuve est à sec, la sécheresse menace. Le village est-il la proie d'un châtiment divin ou des rejets de l'usine installée à proximité ? Devant l'impuissance des commandeurs des nuages et des villageois, la mère du narrateur décide de se rendre à l'usine... Devenu le complice malgré lui d'un terrible secret, l'enfant n'a pas d'autre choix que de protéger sa mère de la fureur paternelle. La présence aimante du grand-père est l'unique refuge de l'enfant. Afin que la pluie tombe à nouveau, la famille devra dérouler les fils de son histoire et revivre la légende des Ntoweni. Dans ce récit hanté par le conte, Mia Couto déploie toute sa puissance poétique et créatrice pour toucher au plus près la destinée des êtres dans un Mozambique encore à naître.
En 1942, Manoel de Oliveira réalise sa première oeuvre de fiction, Aniki Bobo, sur le quotidien d?une bande d?enfants des quartiers populaires de Porto. Carlitos, timide et sensible, est amoureux de la jolie Teresinha qui n?a d?yeux que pour le railleur et voyou Eduardito. Par amour, il vole alors une poupée et décide de tenir tête à son rival. Jusqu?au drame qui bouleversera l?harmonie du groupe d?amis... Ce long-métrage, à la croisée de La Guerre des boutons et de L?Argent de poche de François Truffaut, réunissant en lui la candeur des films de Charlie Chaplin et la gouaille de Mark Twain, est certainement un des plus beaux films sur l?innocence de la jeunesse. Anticipant le néoréalisme italien, ce monument du cinéma parlant présente un monde et une ville qui ont changé depuis la Seconde Guerre mondiale, mais dont la beauté et les émotions suscitées restent intactes. Adaptation du conte Les enfants millionnaires de Rodrigues de Freitas, ce film illustre avec justesse et onirisme l?atmosphère particulière du récit, l?ennui qu?endurent les enfants à l?école et l?étrange ambiance de peur et de liberté qu?ils éprouvent, une fois lâchés dans la ville nocturne, tout en superposant une autre histoire, imaginée, elle, par Manoel de Oliveira. Dans Aniki Bobo, les parents sont absents; les enfants mènent le jeu au bord du fleuve où ils se confrontent à des sentiments d?adultes: la jalousie, le désir, la culpabilité, la solitude, au rythme de la comptine éponyme. Ce livre réunit le conte traduit, le scénario intégral, avec les indications de scènes, séquences et plans, les photographies du tournage, les souvenirs du réalisateur portugais ainsi que le DVD du film. Ce parcours complet permettra aux petits et grands amateurs du 7e art de connaître ce qui est à la source de cette grande oeuvre, de (re)découvrir Aniki Bobo et de voir ainsi bien d?autres films d?un oeil nouveau. Voilà donc un livre qui avance, qui traverse l?histoire d?un film intemporel, à l?instar d?un travelling ou d?un fleuve...
L'histoire contemporaine du Portugal reste encore trop méconnue en France, alors que des flux croissants de touristes français découvrent le pays, parfois pour s'y installer l'heure de la retraite venue. Mais clichés et préjugés continuent d'avoir la vie dure, du " bon émigré portugais " à la trilogie des trois F ? Fado, Fátima et Football. Sans compter le prisme réducteur des agences de notation, si prégnant ces dernières années. Pourtant, le Portugal a le plus souvent reflété, voire précédé, l'histoire européenne, du renversement de la monarchie et de l'implantation précoce de la République en octobre 1910, à la longue dictature salazariste et aux tourments coloniaux, ponctués par le rétablissement de la démocratie avec la singulière Révolution des oeillets, le 25 avril 1974, avant de vivre pleinement à l'heure européenne, non sans tourment. Yves Léonard propose ici une synthèse ? la première de ce type en France ?, nourrie des apports récents de la recherche et des débats historiographiques, mettant en lumière la complexité et la richesse d'une histoire du Portugal contemporain loin des idées reçues.
Dans Vies arides, aujourd'hui réédité dans une nouvelle traduction, Graciliano Ramos dépeint la situation sociale d'un Brésil nordestin où "convergent la dureté des rapports sociaux, la rudesse de ses habitants et la déshérence d'une région oubliée du reste du pays", mais c'est bien sûr la destinée de tous les hommes qui luttent pour survivre. Treize chapitres conçus comme des nouvelles, écrits dans un style réaliste et dépouillé, nous donnent tour à tour le point de vue, quasi objectif, de chacun des personnages. Dans le sertao semi-désertique, poussés par la sécheresse et la famine, le vacher Fabiano, sa femme sinha Vitória, leurs deux enfants et la chienne Baleine s'installent dans une ferme abandonnée. Ils se mettent au service d'un maître qui les exploite et survivent dans le dénuement extrême. Dans ce monde seulement régi par les rapports de force et l'hostilité de la nature, la parole est rare et maladroite, la communication presque impossible. Finalement une nouvelle sécheresse ravage leur troupeau, les jetant dans une nouvelle errance. Seul espoir ténu : une vie meilleure au Sud, dans une grande ville. Par son style épuré et sa structure cyclique, l'ouvrage, publié en 1938, a bouleversé les canons de la littérature brésilienne. Prix de la Fondation William Faulkner en 1962, il est indubitablement l'une des oeuvres majeures de la littérature du XXe siècle.