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Le fanatisme religieux du XVIe siècle à nos jours. Etudier, comprendre, prévenir
Coutel Charles ; Ben Barka Mokhtar ; Rota Olivier
PU ARTOIS
19,00 €
Épuisé
EAN :9782848322827
Etudier. Comprendre. Prévenir. La réflexion pluridisciplinaire engagée ici se situe à la fois en amont et en aval du processus de fanatisation religieuse. A travers l'analyse de figures historiques (Castellion), de groupes religieux (les protestants, les puritains, les quakers), certains épisodes historiques (le processus de déchristianisation en 1793-1794 en France), ou certaines écoles philosophiques (les Lumières, Voltaire, Alain), toutes les contributions réunies dans le présent volume entendent réfléchir sur les conditions de la constitution du concept de fanatisme religieux comme objet de recherche et non de polémique. Pour cela, l'étude du milieu chrétien a été privilégiée ; pour autant, les hypothèses et les conclusions avancées pourraient tout aussi bien s'appliquer à d'autres convictions religieuses et à d'autres religions. Car toute religion est, à cet égard, menacée par le risque de fanatisme, sans que cette dégradation soit jamais inéluctable.
Face au terrorisme, le surgissement de l'héroïsme convie notre pays et notre République à renouer avec l'esprit de grandeur. C'est la leçon du sacrifice du colonel Arnaud Beltrame, cet officier de gendarmerie qui s'est volontairement substitué à une otage au cours de l'attaque terroriste du 23 mars 2018. Mais c'est en méditant sur l'exemple de Charles Péguy que nous pourrons mieux mesurer en quoi il fait date. Pourtant, la tâche sera rude tant l'emprise orléaniste est forte actuellement. Nous trouvons néanmoins des motifs d'espérance en nous souvenant que, régulièrement, des esprits courageux et vivants se tournèrent vers Péguy et nous lancèrent des appels à la mobilisation contre la tentation du renoncement. Ce fut, en 1931, Emmanuel Mounier : "Péguy fend l'air devant nous", en 1943, Georges Bernanos : "Son heure sonnera", ou encore, en 1973, Maurice Clavel : "Et vous verrez comme il envahit l'avenir". Nous y sommes et les menaces des intégrismes sont autant d'invitations à les écouter de nouveau. L'avertissement est clair : la France et la République se doivent de répondre héroïquement et donc non fanatiquement au fanatisme, notamment religieux. Toutefois, avant d'agir, il convient de prendre le temps de lire Péguy en mesurant combien il est actuel.
Comment et pourquoi " construire l'Europe ", sur quelles fondations et suivant quelle architecture ? Devant ces questions nous restons souvent muets et oublieux. Les penseurs des Lumières et singulièrement Voltaire, Condorcet et Diderot répondirent pour eux-mêmes et peut-être pour nous. Ces philosophes furent d'emblée européens et surent s'ouvrir aux leçons humanistes du passé et aux voix étranges des antipodes pour scruter le présent et l'avenir de l'Europe. Ce livre leur rend hommage : ils furent convaincus que des colonnes antiques et majestueuse pouvaient surgir les mâts de nombreux navires aventureux.
Condorcet, entre Lumières et Révolution, est l'auteur des cinq Mémoires sur l'instruction publique (1791) et d'un Projet de Constitution (1793). Par ces oeuvres, il entend contribuer à l'institution du citoyen qui suppose à la fois l'instruction publique et la fondation de la République. L'exercice de la citoyenneté est bien l'affaire de tous, mais tous ne s'en avisent pas encore. Condorcet donne ainsi un testament politique à l'héritage philosophique des Lumières. Instituer le citoyen, c'est affirmer et défendre la République qui existe mais c'est aussi penser à celle qui vient, en se souvenant de la longue histoire de la liberté humaine. Ainsi pourrait-on reconnaître Condorcet, lui-même dans ces lignes consacrées, en 1790, à son ami du Nouveau Monde, Benjamin Franklin : "Sa politique était celle d'un homme qui croit au pouvoir de la raison et à la réalité de la vertu, et qui avait voulu se rendre l'instituteur de ses concitoyens avant d'être appelé à en devenir le législateur".
Figures éminentes de la pensée catholique du XXe siècle, Jacques Maritain (1882-1973) et Emmanuel Mounier (1905-1950) ont participé au renouveau catholique des années trente à cinquante. Héritiers tous deux, à leur façon, de l'humanisme chrétien, Maritain et Mounier défendaient une religion plus intériorisée et plus libre que nombre de leurs contemporains. Membres d'une même famille de pensée, opposée aux égarements individualistes, collectivistes et autoritaires de leur temps, les deux hommes ont appelé à la fondation d'une cité personnaliste et pluraliste, inspirée par un humanisme incarné, libérateur et réconciliateur, enraciné dans la révélation chrétienne et orienté par elle. Tenants d'une philosophie de grand air, Maritain et Mounier se sont employés à produire une pensée hospitalière des interrogations charriées par la modernité. Capables de lire l'Evangile partout présent et agissant, ils se sont employés à distinguer culture et religion, politique et religion, ce qui les imposait pour un premier numéro de la collection Etudes des Faits Religieux.
L'homme est un être à part parce qu'il pense, affirme-t-on communément, mais c'est oublier une autre de ses spécificités, tout aussi étonnante : l'homme est le seul animal à boire sans soif. De là vient l'ivresse, compagne de l'homme depuis toujours, présence que la littérature a largement reflétée, suivant des modalités qui diffèrent selon les époques et les cultures. Il est donc utile de mener une réflexion approfondie sur le phénomène de l'ivresse, que la recherche littéraire a jusqu'ici beaucoup moins exploré que d'autres thèmes en apparence davantage empreints de " dignité ". Pourtant, l'ivresse possède depuis longtemps ses lettres de noblesse. Mythes et croyances nous enseignent qu'au voisinage étroit du breuvage qui enivre se tiennent amour, poésie, connaissance suprême, divination, furor... Reprenant ces pistes, les études présentées ici en français s'appuient sur des textes littéraires issus de cultures variées (anglo-saxonne, chinoise, française, germanique, hispanique, portugaise), d'époques diverses, et font appel à un éventail de sources allant des grands textes fondateurs de la culture occidentale (Écritures...) aux productions de la paralittérature. Cette pluralité qui confronte approches et contenus permet d'enrichir d'analyses originales le débat sur le thème proposé.
Il n'existe pas pour l'instant de volume spécifiquement consacré à Joris-Karl Huysmans critique d'art des primitifs allemands et flamands. Ce volume veut réparer cet oubli en accordant une place prépondérante aux Trois Primitifs, et en particulier à l'analyse du retable d'Issenheim de Grünewald. Cet essai qui ne veut pas se contenter d'être un bilan, une somme, se livrera à une analyse détaillée de l'imaginaire dermographique de la critique d'art huysmansienne (d'où le titre du livre évidemment). Dans son désir de sublimation Huysmans veut toujours exténuer les intériorités physiologiques pour les faire passer sur l'extériorité épidermique. C'est cette fort complexe opération que mettra à jour le livre, montrant qu'à cet égard il existe une véritable solidarité, pour le moins inattendue, entre les premiers textes consacrés aux impressionnistes et ceux consacrés aux primitifs après la conversion. Mais en vérité s'agit-il encore vraiment de peinture une fois que Huysmans a rejoint l'église ?
Van Der Meersch Maxence ; Melliez Mary ; Morzewski
Romancier à succès dans l'entre-deux-guerres (La Maison dans la dune, Invasion 14, Corps et Ames...), Prix Goncourt 1936 avec L'Empreinte du dieu, Maxence Van der Meersch (1907-1951) fut aussi un chroniqueur et nouvelliste recherché dont les textes parurent régulièrement dans la presse entre 1925 et 1950. Marianne, L'Intransigeant, Candide, Le Figaro, Paris-Soir... publièrent ses chroniques et nouvelles, ainsi que les grands titres de la presse du Nord de la France. Articles de commande ou de circonstance, textes d'humeur voire véritables "manifestes" où l'écrivain, fidèle à ses engagements humanistes, prend position sur différents problèmes de société, un important florilège de cette production se trouve rassemblé dans ces deux volumes qui permettent de nuancer considérablement l'image "réactionnaire" de l'écrivain. Sensible à la souffrance et à la misère des "gens de peu" dont il partagea le sort, révolté par l'inégalité et l'injustice mais aussi par le sort fait aux femmes dans le monde du travail à son époque, il est hanté par les ravages de la guerre dans sa région. La même inspiration anime aussi ses nouvelles, dont certaines constituent les embryons de romans édités ultérieurement, mais aussi inédits ou inachevés (Paternité, Invasion 40...). Van der Meersch y exploite avec une maîtrise accomplie toutes les tonalités du genre, et certaines de ces nouvelles sont dignes d'un Maupassant. Enfin, un long texte inédit, "L'Affaire Jean Boudart", apporte un témoignage exceptionnel sur la "première carrière" de Van der Meersch, qui fut avocat au barreau de Lille, y déployant le même généreux engagement social que dans son oeuvre d'écrivain.
Cet ouvrage a pour but d'apporter une contribution à la carte mondiale des littératures car il décrit et analyse les empreintes culturelles, soit le genius loci, de la littérature brésilienne traduite en France dans le système culturel et littéraire français au cours du XXe siècle. Il montre comment les traducteurs traduisent (stratégies éditoriales/commerciales, modèles, concepts de traduction et tendances traductionnelles suivies), et se demande s'il y a assimilation de " l'étranger " ou plutôt ouverture vers les innovations dans la langue et la culture. Ces traductions ont non seulement répandu une certaine vision du Brésil, du Brésil français, mais encore construit et projeté, dans l'imaginaire français, une identité nationale brésilienne qui a toujours cours aujourd'hui. Pour appuyer cette idée, il est tenu compte de tout ce qui " environne " les traductions : choix et décisions de traduction, marché de l'édition, profil des traducteurs, contraintes, ainsi que du ciblage du public-lecteur auquel sont dirigées les traductions. Et si, la position du Brésil, de sa culture et de sa littérature en particulier, véhiculée par le choix des auteurs et des œuvres traduites, sur la carte mondiale des littératures, est celle d'un pays " dominé ", l'étude des traductions françaises d'œuvres brésiliennes révèle les rouages complexes du fonctionnement des systèmes culturels et interculturels.