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Le tonnerre entre les feuilles
Roa Bastos Augusto ; Courthès Eric
ORIZONS
23,00 €
Épuisé
EAN :9782296088252
Ce recueil de contes d'Augusto Roa Bastos, fut publié à Buenos Aires — où il se trouvait en exil politique depuis la Guerre Civile de 1947 —, en 1953, par Editorial Losada. Il s'agit de son premier ouvrage en prose, des racines mêmes de son oeuvre, profondément paraguayenne en ses débuts, comme le sera tout autant un autre recueil de contes : Fils d'homme, en 1960 ; il atteindra, par la suite, l'universel avec Moi le suprême, son premier " roman " sur le dictateur paraguayen José Rodríguez de Francia, en 1974, ouvrage hors pair et hors normes, au niveau sémiotique, couronné par le Prix Cervantès, en 1989, à la fin de la dictature d'Alfredo Stroessner... On peut dire donc de ce volume qu'il s'agit de son oeuvre la plus paraguayenne, la seule qui dispose d'un lexique guarani par exemple, et dans laquelle, sept ans avant Fils d'homme, il se proposait déjà de faire fusionner les deux hémisphères linguistiques de son pays bilingue, l'espagnol des Conquérants, et le guarani, merveilleuse langue indigène, parée de subtilités sémantiques, si métaphorique. que dans les notes du traducteur, le lecteur est invité à un autre voyage, au coeur même d'une civilisation quasi méconnue...
Dans ce petit ouvrage ultime, d'une extrême densité hypertextuelle et endotextuelle, Augusto ROA BASTOS (1917-2005) nous donne à reconstruire et déconstruire son oeuvre entière, y compris son oeuvre absente. On ne dira jamais assez que ce penseur paraguayen, qui se projeta dans la mort de l'auteur, a révolutionné l'écriture, en particulier avec Moi le Suprême (1974).
Résumé : Avec Le Procureur, Augusto Roa Bastos nous emmène dans un univers où l'amour, paisible et transparent, est soudain détruit par les atrocités commises au nom de l'ordre, de la morale et de l'honneur. Longue et inquiétante lettre posthume qu'un journaliste paraguayen vivant en France, Félix Moral, adresse à sa femme. Chimène, ce livre du désir et de l'échec est tissé sur l'envers d'une dictature : l'exil. L'organisation d'un meurtre, d'un " tyrannicide " est le fil qui traverse le récit de Félix moral, tantôt Mémoires, tantôt hymne à l'amour, tantôt opérette absurde et sanglante. Le Procureur, né des cendres d'un premier manuscrit brûlé il y a plusieurs années, vient compléter le retable d'Augusto Roa Bastos sur la grande tragédie paraguayenne. Il reprend, en même temps que le thème du pouvoir absolu, le sujet qui hante toute l'?uvre de l'écrivain : la responsabilité de l'individu devant le monde et devant l'histoire.
Résumé : Un homme fatigué, fugitif, rescapé de mille batailles, le corps et l'âme marqués de cicatrices douloureuses, tente de prendre le chemin de l'exil. Il est le seul survivant d'une tentative d'évasion dans laquelle les autres prisonniers ont péri ensevelis sous les décombres d'un tunnel. Il n'a pas de nom, pas de voix. Mais le train qui devrait le conduire vers la paix et le repos l'emporte dans un voyage initiatique vers la mort, vers la rencontre finale avec les fantômes de son passé et les haines ancestrales qui rongent son peuple. Augusto Roa Bastos, mêlant autobiographie et fiction, poursuit son grand cycle paraguayen avec ce roman porté par une émotion que la plume du maître ne rend jamais excessive mais qui, cependant, bouleverse.
Augusto Roa Bastos est né à Asuncion, Paraguay, en 1917. Il publie Moi, le Suprême en 1974. En 1976, à la suite du coup d'État militaire en Argentine, il s'exile en France, et enseigne pendant plusieurs années à l'université de Toulouse-Le Mirail. En 1989, il reçoit le prix Cervantes, la plus haute distinction des lettres hispano-américaines. Auteur majeur du XXe siècle, Augusto Roa Bastos meurt à Asuncion en 2005.
Les contributions qui vont suivre examineront, librement, les variations de la temporalité chez certains romanciers du XXe siècle, riche en avatars et en subversion. Petit à petit, le temps devient lui-même un acteur privilégié de l'univers romanesque. Selon le mot de Claude Lévi-Strauss, que Proust n'aurait pas contredit, il accède au statut de " héros du roman ". Si le temps raconte son histoire, c'est qu'il " est né de l'exténuation des mythes ", et même " se réduit à une poursuite exténuante de sa structure. " (Mythologiques, t. III, 1968). Le temps romanesque peut se jouer des lois du temps réel, le contracter ou le dilater, l'accélérer ou le ralentir. Il mélange des segments et des séquences parfois fort éloignés au plan diachronique. Pour avoir été considéré comme un miroir du temps, un Zeit-Spiegel, le temps romanesque devient, au XXe siècle, un Zerr-Spiegel, un miroir déformant. Ainsi que le montrent les études de cet ouvrage, cet effritement ne nuit pas au genre : la liberté de la fiction y puise un renouvellement constant et assure à sa propre création un avenir qui déjoue les lois du temps. Pari gagné à en juger les auteurs de ce volume.
Le journal d'Henri Heinemann est, par excellence un document littéraire : il en a la sensibilité et, souvent, la beauté. Du mitan au viellissement, il y décline un magnifique don d'observation et d'analyse. Des hommes, des femmes, illustres ou inconnus, traversent son existence. Cependant, l'essentiel de cette matière est fait de l'amour qu'il porte aux livres. Claude martin, l'un des éminents spécialistes d'André Gide, emploie, dans sa préface, le mot de "monument" à propos de L'éternité pliée.
Naïf et subjugué, le narrateur de La pierre à boire est un raporta au village ; le premier a s'être agrégé, venu d'ailleurs. Les lieux qu'il traverse lui procurent mille occasions d'attiser ses passions ordinaires pour les paysages décousus, les mégalithes, les fontaines et les créatures qui semblent les hanter. " Pays d'oïl, Pays d'oc ", c'est une curieuse façon de dire, aujourd'hui, mais ce rêveur de langage, saute-frontière, dit curieusement les choses ou les laisse dire par la mention des couleurs, les titres des livres, les découvertes d'anagrammes et de langues perdues. Les lieux-dits acheminent les récits, croit-il...
Dans la première partie de Les deux pères, Josy Adida-Goldberg retrace sous forme de chronique l'histoire de sa famille - de l'arrivée à Constantine de son ancêtre, juif tétouanais, Salomon Adida, vers le milieu du 19e siècle, au départ d'Algérie de sa famille en 1961. On y trouve des morceaux d'histoire captés par l'enfant et la jeune fille. Dans la deuxième partie, la narratrice retrace la relation d'une transhumance depuis Constantine, en passant par Strasbourg puis Paris. C'est aussi une expérience intérieure: les contingences et les interrogations en articulant la trame. Dans la troisième partie, enfin, elle donne la parole à son époux défunt. Et avec émotion, elle lui fait dire ce qu'il s'est obstiné à taire. Récit attachant qui évoque une Algérie disparue, il témoigne d'un itinéraire et de l'acclimatation d'une famille, arrachée à son lieu d'origine par al guerre. C'est aussi un document sur la migration et l'intégration des juifs d'Algérie sur le territoire métropolitain. Benjamin Stora, historien et politologue, professeur d'Histoire du Maghreb à l'INALCO, dit en quoi Les deux pères transcende le simple récit autobiographique.