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Pétition pour des villageois que l'on empêche de danser
Courier Paul-Louis
WAKNINE
10,00 €
Épuisé
EAN :9782493282262
Le libéral et anticlérical Paul-Louis Courier (1772-1825) est un polémiste de grand talent. Opposant farouche à la Restauration, il devient maître dans la rédaction de pamphlets dans lesquels s'exprime son intérêt pour les questions sociales. Pamphlets qui lui vaudront fréquemment procès, amendes et même une peine de prison. Mais rien ne semble pouvoir l'arrêter. Ainsi, contre l'abbé Bruneau pour qui la danse est une pratique irrespectueuse envers la religion et qui saisit les autorités pour qu'elle soit interdite le dimanche, Courier ne manque de rédiger en 1822 ce remarquable pamphlet politique et social, par lequel il fait une nouvelle fois preuve de sa grande liberté d'esprit : une liberté comme le plus grand des biens, qu'elle soit celle de danser ou de penser, comme si danse et pensée devaient être au final entendues comme une seule et même chose : un art de vivre ensemble et d'être au monde.
Courier Paul-Louis ; Carrel Armand ; Van Daal Juli
1822 : la contre-révolution triomphe en France. Dans un village de Touraine, un curé veut commander à tout et prétend qu'on n'y doit plus danser. Sachant que la liberté de penser commence avec celle de danser, Paul-Louis Courier réplique avec légèreté par un mordicant plaidoyer pour la gigue et le rigodon, choses qui ne s'accommodent jamais bien de l'ombre écrasante de Dieu.
Avant 1698, "l'entrée dans" leur pays était "interdite sans restriction aux étrangers". "A partir de 1939", les Kabiyè "comprirent l'intéret de la mise en culture des terres riches et fertiles..." du Centre-Togo. Désormais, ils y déferlaient par vagues successives. Comment s'explique un tel revirement ? Les migrations rurales demeurent le trait saillant de leur intégration dans la société togolaise. Quel impact eurent-elles tant dans les régions d'accueil qu'en pays kabiyè ? L'histoire du Togo à l'époque coloniale révèle encore les recours abusifs à la force de travail des Kabiyè et des Losso. Aucun autre peuple n'a été autant sollicité. En outre, sur tous les grands chantiers ils étaient affectés aux taches les plus dures. Pourquoi cela ? Les colonisations allemande, puis française avaient été imposées par la répression militaire. Là comme ailleurs, les puissants maîtres se disaient investis d'une "mission civilisatrice". Dans le même temps, les Kabiyè étaient considérés comme l'une "des peuplades les plus arriérées". Leurs maîtres ont-ils rempli correctement leurs missions ? Les graves problèmes socio-politiques du Togo aujourd'hui ne plongent-ils pas leurs racines dans ce passé colonial ?
Résumé : Paul-Louis Courier (1772-1825) est un grand écrivain que doivent redécouvrir ceux qui lisent, aiment, enseignent la littérature du XIXe siècle ; cet auteur singulier se proclamait vigneron (et il l'était vraiment), quand il signait ces pamphlets qui ont contribué à démolir par le ridicule la Restauration. II fait partie de notre histoire, c'est un moment de notre liberté politique ; pour lui la petite feuille pamphlétaire devait être l'arme d'une démocratie directe. Ce protestataire infatigable a poursuivi de ses plaisanteries ces adversaires, qui ont la vie dure, hélas : les politiques qui n'écoutent personne, les bureaucraties en délire, les juges trop sûrs d'eux, les fiscalités écrasantes, les clergés envahissants ou les gendarmes trop zélés. Mais cet homme qui se dresse tout seul contre toute la machine politique est un écrivain unique, un inventeur littéraire, qui a dans le romantisme un rôle de fondateur; Stendhal l'a respecté et adoré, ils ont parallèlement défini le romantisme comme littérature de la modernité; et en même temps il réunit toutes les traditions, il en est l'héritier vivant et créateur : c'est un helléniste universellement estimé, et un peu maniaque, il imite quand il est chef d'escadron dans l'artillerie à cheval la manière antique de monter, il est amoureux fou du petit grand roman grec Daphnis et Chloé de Longus ; Sainte-Beuve devait dire que sa traduction était supérieure à l'original. On le compare au Pascal des Provinciales, à Voltaire évidemment, lui-même retrouve spontanément la langue et le style des grands écrivains du XVIe siècle, dont il est imprégné, comme il l'est des Fables de La Fontaine; pour purger sa peine de prison à Sainte-Pélagie, il emporte son volume de La Fontaine. Il y a bien un miracle de Courier : original et archaïque, classique et moderne, il utilise un merveilleux français, tout le français, une langue très riche et très libre, raffinée et naturelle.