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La complexité de la Franc-Maçonnerie
Couloubaritsis Lambros
OUSIA
28,01 €
Épuisé
EAN :9782870601839
Tant les historiens que les philosophes ont négligé dans leurs travaux la contribution de la franc-maçonnerie dans le développement de la modernité, en occultant le fait que parmi les acteurs illustres de l'histoire politique et culturelle, nombreux furent francs-maçons. Ce manque est dû aussi aux francs-maçons eux-mêmes qui interprétèrent la naissance de la franc-maçonnerie spéculative par la transformation de la maçonnerie opérative. Or, cette approche linéaire fut ébranlée dans les années 1960 notamment avec la prise en compte du contexte politico-religieux des conflits en Europe. L'auteur prolonge et approfondit cette perspective ; en utilisant les critères et les thèmes de la théorie de la complexité qui fut l'objet de son dernier livre. Il montre ainsi que la naissance de la franc-maçonnerie spéculative ne date pas de 1717, ni même de 1688 avec l'exil de Jacques II en France après la Glorieuse Révolution, mais a débuté dès 1603 lorsque Jacques I, initié maçon, est devenu roi d'Ecosse et d'Angleterre dans un contexte de promotion de la littérature, des arts, de l'architecture et des sciences qui inaugurait les Lumières anglo-écossaises. Dans un esprit de pacification, le roi s'accorda à l'idée qu'il fallait dépasser les conflits en excédant les habitudes passées au profit de nouvelles attitudes morales, animées par le rapprochement de personnes ayant des opinions et des croyances différentes. L'amorce de la franc-maçonnerie spéculative s'exprima par une méthode de travail, accompagnée de rites et de divertissements, origine des rituels et des banquets maçonniques. Inspirée par la figure de Salomon, symbole de justice, et l'édification du Temple de l'humanité, symbolisé par des métiers de construction, cette méthode, fondée sur l'initiation et le secret, s'écartait de la pratique des sacrements et de la liturgie ecclésiastiques. Elle eut des destinées variées à cause de la réalité géo-politique et religieuse troublée en Europe et en Amérique qui ont certes favorisé son expansion par d'innombrables bifurcations en multipliant les légendes, les obédiences et les rituels, mais qui ont aussi alimenté un antimaçonnisme permanent à partir de 1738. C'est cette complexité contextuelle que ce livre s'efforce d'élucider au point de vue historique et philosophique, pour faire voir, en référence aux Constitutions d'Anderson (1723), que l'idéal maçonnique comme "Centre d'Union" pour dépasser les différends se heurta et se heurte encore à la perpétuation des anciennes habitudes conflictuelles, en dépit de la contribution des francs-maçons à la liberté, à l'égalité, à la tolérance, aux valeurs de progrès et de philanthropie.
Ce livre constitue une nouvelle version, modifiée et augmentée de Mythe et Philosophie chez Parménide (1986, 1990). Parallèlement à une réévaluation de la question du mythe qui différencie le mythos comme la façon de parler autorisée qui produit un effet, et le logos comme discours catalogique par l'intégration, en plus des généalogies, des mythes du voyage et des chemins en vue du savoir, cette nouvelle livraison refuse, pour l'eon, le sens anachronique d'" être " ou d'" étant ", et distingue eon / eonta (ce qui est dans le présent / choses qui sont dans le présent) et on / onta (ce qui est ou étant / choses qui sont ou étants), accordant une prééminence au temps, en l'occurrence au " maintenant ". Par là, l'auteur prend davantage encore ses distances par rapport aux interprétations dominantes, et propose comme centre d'analyse le penser et la pensée. Cela laisse percevoir, par la transmutation du mythe archaïque, l'émergence de la philosophie comme aspiration au savoir. Le Proemium manifeste, d'une part, une origine et une genèse mythiques du savoir et, d'autre part, une anticipation également mythique de cette nouvelle physique (à laquelle aboutit la seconde Partie). Le cheminement entrecoupé par l'irruption de la pensée comme ce qui, en l'homme, puise sa continuité en lui-même dans l'inflexibilité de " Ce qui est dans le présent ", équilibrant ainsi la force différenciante de la parole (première Partie), qui n'empêche pas à la plénitude de s'enraciner dans la flexibilité de la physis, où la faculté de penser s'institue.
Traitant des origines de la pensée européenne - des présocratiques à Damascius, en passant par Platon, Aristote, Plotin et saint Augustin -, ce livre rencontre les inévitables intrications entre mythe et philosophie ainsi qu'entre l'Un et l'Etre. C'est précisément dans cette double intrication que s'enracine l'énigme de notre présent. Car, s'il s'agit ici d'une réflexion sur le passé, le passé n'y est interrogé que dans la mesure où s'y dessine l'horizon à l'intérieur duquel la pensée continue de se déployer aujourd'hui.
Résumé : L'anéantissement des distances par les moyens de la technique moderne a mis en évidence le rôle primordial des proximités relationnelles de l'homme avec lui-même, avec les autres et avec les choses. Cette ambivalence éclaire la triple structure de la souffrance, d'après laquelle la souffrance s'impose par sa singularité, se diffuse aux autres qui l'éprouvent autrement que l'être souffrant, et se laisse transfigurer par les discours politiques, les psychothérapies, les médias, la littérature et les mythes. C'est à travers ces pratiques que l'auteur puise les liens inextricables entre proximité et souffrance. Cette tâche devient d'autant plus difficile que la technique révèle également la complexité des choses, ce qui ajoute une antinomie radicale, le proche devenant éloigné et immaîtrisable. Or, pour surmonter l'oscillation entre l'aveuglement d'une proximité immédiate et la dissémination d'une complexité que notre stature limitée rend irréductible, nous éditions un monde proximal à travers des configurations et des activités configurées qui, paradoxalement, au lieu de limiter le monde distal de l'inconnu et du complexe, l'amplifient à travers chaque nouvelle découverte. La technique, qui contribue à la formation de ces configurations, tente de combler le champ immense qui s'étend entre notre cerveau et les confins de l'Univers, où la profusion des choses requiert des multiples processus de leur provenance. Mais c'est la littérature qui réussirait le mieux à faire voir la complexité du réel, que la philosophie réduit, le plus souvent, à des conditions de possibilité abstraites, ultimes et simplifiées. Pourtant, aujourd'hui, c'est la technique qui investit la Nature d'une présence humaine et édifie un monde technico-économique, fondement de notre époque, où la domination mal partagée de la globalisation multiplie les souffrances, empêchant la mondialisation sociale et culturelle de se constituer dans un cadre plus favorable à la dignité humaine. Selon l'auteur, seuls des nouveaux rapports de l'homme au monde, dominés par des proximités qui tiendraient enfin compte de la souffrance comme mesure, et non comme conséquence d'un mal, pourraient ouvrir des chemins d'espoir pour l'humanité.
Malela Buata B. ; Färnlöf Hans ; Couloubaritsis La
La question du sujet est un vaste continent tant de fois exploré par les sciences humaines, mais bien moins par le prisme des études littéraires francophones. Or cet ouvrage propose d'interroger la manière dont le questionnement du sujet en tant que position(s) s'articule et prend sens dans les productions littéraires francophones. Cette ligne de force se double encore par l'exposition d'un corpus francophone qui se positionne, lui aussi, par rapport à la littérature de la France hexagonale. Les réfl exions amenées par l'ensemble des contributions de ce collectif mettent en évidence le sujet politique tout aussi bien que le sujet philosophique. C'est ce sujet multiple et ses rapports toujours pluriels avec la subjectivité et l'Autre, avec sa propre conscience et la liberté, avec l'Histoire et la vie présente, qu'explore ce collectif.
Société de pensée, ordre initiatique, association philosophique, communauté fraternelle ou simple réseau politique, la franc-maçonnerie demeure, pour beaucoup, environnée d'ombres, de secrets et de fantasmes. Née au début du XVIIIe siècle, d'une fondation britannique dont elle s'est affranchie très vite, la maçonnerie a su développer, en France, une identité originale et multiple. "Religion avortée" selon la formule du mathématicien Lagrange, attachée à des rites et des symboles plongeant dans un ésotérisme parfois déroutant, elle a aussi, et dans un même mouvement, fait place à l'esprit des Lumières en pratiquant les vertus du discours et de la raison critique. C'est pourquoi certains ont voulu y voir l'une des sources intellectuelles de la Révolution française. Au XIXe siècle, elle s'est résolument impliquée dans la vie sociale du pays, ce qui l'a conduite à exprimer des conceptions civiques et parfois politiques pour devenir, entre 1870 et 1940, une véritable "Eglise de la République". Au détour de la Seconde Guerre mondiale, après la terrible persécution subie sous l'Occupation, la franc-maçonnerie française, perdant peu à peu de son influence sur les lieux de pouvoir, s'est enfin définie jusqu'à nos jours comme une puissance morale, défendant la laïcité, la tolérance, la dignité humaine, la liberté de l'esprit. Première étude d'ensemble publiée sur ce sujet depuis une quarantaine d'années, ce livre va à la rencontre de ses pionniers, de ses héros comme de ses adeptes obscurs, en découvrant ses hauts faits comme ses petites misères, ses fulgurances comme ses moments les plus faibles, ses rêves inachevés comme ses accomplissements. C'est en effet de cette mosaïque inimaginable qu'est composée son histoire presque trois fois séculaire.
Les Cahiers de la Franc-maçonnerie sont écrits par des francs-maçons qui ne s?expriment pas au nom d?une obédience maçonnique quelle qu?elle soit. Ces publications sont à caractère informatif. L?exercice est difficile, en ce sens qu?il exige des auteurs qu?ils s?éloignent de leurs opinions personnelles pour privilégier la description des convergences et des différences entre les diverses organisations maçonniques sans pour autant les réduire à leurs particularismes. Ils sont auteurs de plusieurs ouvrages sur la Franc-maçonnerie et c?est en s?appuyant tout autant sur leurs recherches que sur leurs expériences personnelles qu?ils rédigent ces cahiers, destinés à informer tant le maçon que le profane.
Evoquer le Christ dans le cadre de la Franc-maçonnerie, c'est appréhender la dimension ésotérique du christianisme, l'ésotérisme chrétien, en corrélation avec la démarche maçonnique, indépendamment de tout dogme religieux. Ainsi, peut-on faire un parallèle entre les pierres " vivantes ", constituées par l'assemblée des chrétiens qu'évoquait Jésus dans les Evangiles, et le temple spirituel que les maçons doivent construire en eux. Le rapprochement avec l'art de bâtir, emprunté aux Ecritures, se retrouve dans des expressions maçonniques comme le " Grand Architecte de l'Univers ". Enfin, Jésus lui-même n'est-il pas appelé " le charpentier " ? Si l'on remonte dans le temps, jusqu'à celui de la Maçonnerie opérative, on constate que celle-ci était spécifiquement chrétienne. Dans la Maçonnerie spéculative moderne qui s'inscrit dans sa droite lignée, le Christ n'est pas mentionné explicitement dans les rites, mais il y est souvent fait allusion par le biais de la métaphore, de l'allégorie et du symbole (Croix, Rose mystique, Phoenix, Pélican, Brillante étoile du matin...). La référence au Christ se retrouve également dans les Hauts Grades maçonniques qui font souvent écho au Nouveau Testament ou à l'Apocalypse de Jean. Jean-François Blondel livre un travail brillant pour éclairer les rapports entre la Franc-maçonnerie, la religion et la laïcité, par-delà les idées reçues couramment colportées sur le sujet.