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Le Capitalisme dans tous ses états
Cotta Alain
FAYARD
24,70 €
Épuisé
EAN :9782213026473
Après l'effondrement du régime communiste et le succès des privatisations, le capitalisme possède désormais un monopole dont les débuts sont spectaculaires et préoccupants. Le capitalisme du siècle à venir ressemblera fort peu à celui du siècle précédent. Il se sera médiatisé et livrera au jeu des pouvoirs économiques et financiers tous les grands moyens de la communication sociale, à commencer par la télévision. Il aura connu l'excitation de ses activités financières, vu les fortunes personnelles se dissiper aussi vite qu'elles s'étaient constituées, assisté à la mondialisation d'un paysage financier dominé par la faillite des banques américaines et le triomphe des banques japonaises. Il aura récemment subi les avancées de la corruption dans tous les domaines de la vie économique au point de voir la cohérence sociale menacée et ses fondements moraux dissociés dans une attitude du " Pourquoi pas moi après tout ". Il sera, surtout, devenu sans politique au sens où le mode d'exercice des pouvoirs démocratiques (suffrage universel, chambres élues, président de République ou de Confédération) connaît dès aujourd'hui une crise grave de légitimité dont on pressent qu'elle n'est pas passagère mais ouvre sur un autre monde.
Le siècle avait si bien commencé: presque un rêve, qui avait duré le temps d'une ou deux générations. Le monde entier pouvait se regarder avec des yeux ronds et radieux. Égalité, Liberté, Fraternité: on pouvait se dire que l'esprit de la Révolution française avait triomphé, en l'espace de deux siècles, de toutes les préventions, et même de tous les obstacles que l'âpreté, la violence et l'égoïsme des humains avaient accumulés en tous lieux de la planète. Mais la fin de cet âge d'insignes progrès n'était-il, pas déjà proche? Notre siècle ne connaîtrait-il pas dès demain des temps beaucoup moins heureux?"
Résumé : L'idée que la société américaine connaît depuis quelques années un véritable miracle repose sur l'existence d'une croissance économique qui ne se relâche pas, alors que l'Europe connaît une stagnation elle aussi durable. Mais cette idée de miracle s'alimente surtout à la hausse spectaculaire de la bourse américaine, qui aura multiplié par plus de quatre, en dix ans, le patrimoine des heureux détenteurs d'actions américaines. Cette santé exceptionnelle de Wall Street accompagne, paraît-il, la création extrêmement rapide d'un réseau de communication mondial : Internet. Mais, à y regarder de plus près, ce miracle a d'autres explications. L'une, qui ne peut que nous surprendre, réside dans l'accroissement continu de la durée du travail aux Etats-Unis. L'autre tient à l'augmentation continue et considérable des inégalités de revenu et de fortune. Le président de Walt Disney a gagné en 1998 autant que 70 000 " pauvres ". Enfin, il est évident que la santé des Etats-Unis est un effet de notre démobilisation à l'égard de l'investissement, de l'entreprise et de l'innovation. Ce sont les pays riches d'Europe et d'Asie qui financent l'exceptionnelle croissance des Etats-Unis. Ce sont les rentiers du monde entier, dont nous faisons partie, qui donnent aux Américains les moyens de connaître leur miracle.
Résumé : La prévision démographique est à peu près la seule qui soit fiable. L'évolution à long terme d'une population est à la fois lente et presque certaine. Ainsi de la diminution de la population européenne dans les cinquante ans à venir, et plus encore de son vieillissement qui a déjà commencé et qui va s'accentuer. Les conséquences économiques de cette évolution sont d'autant plus prévisibles qu'elles s'inscrivent déjà dans la conjoncture actuelle. L'investissement chute régulièrement, d'autant plus que notre Europe vieillissante a délibérément sacrifié ses dépenses militaires. Il ne sera pas facile pour nos sociétés européennes de s'adapter à ce déclin démographique. Les grands privilégiés ou " intouchables " n'en auront cure. Les "exclus", en nombre croissant, se réfugieront sans contester dans une espèce de marginalisation de bon aloi. Mais la classe moyenne, soit près de 70% de la population, connaîtra de telles tensions entre jeunes et vieux que le conflit inter-générationnel occupera la place laissée par la défunte lutte des classes. Les politiques, piégés, essaieront bien de prévenir une installation définitive de la stagnation, mais ils ne recevront aucune aide d'un corps social qui refusera toute distribution des revenus en faveur des personnes actives et, a fortiori, tout accroissement sensible de la durée de travail. Restera l'inflation, seul lubrifiant éventuel aux ajustements rendus nécessaires par le vieillissement démographique. Mais qui pourrait la prôner ? Encore faudrait-il que l'allongement de la durée de vie cessât : mais quel personnage politique pourrait se risquer à faire campagne sur pareil thème ?
Résumé : Le référendum du 20 septembre sur l'Europe sera l'occasion pour les Français d'affirmer leur attachement à la construction européenne en votant " NON " à la ratification des Accords de Maastricht. Ces accords négociés à l'écart des peuples et de leur représentation démocratique violent l'Europe et menacent la France. Ils violent l'Europe en ce que l'union économique et monétaire instaure un véritable Etat fédéral auquel il ne manquera presque rien pour qu'il se substitue à toutes les nations actuelles de l'Europe des Douze. L'Europe serait gouvernée par une bureaucratie de plus en plus ambitieuse, une Banque centrale de plus en plus " monétariste ", une Cour de Justice de plus en plus armée par Bruxelles. Les douze nations concernées ne sont sûrement pas prêtes à abandonner ainsi toute leur souveraineté. Si ces accords étaient ratifiés et appliqués, la France cesserait d'être une nation au renouveau économique exceptionnel et au rayonnement sans frontières. Elle serait définitivement satellisée par un pangermanisme qui la condamnerait au piètre état que les dirigeants de l'Allemagne prévoyaient voici cinquante ans. La stagnation actuelle s'installerait dans une France résignée à perdre toute existence proprement mondiale. Ne pas ratifier ces accords n'est pas arrêter la construction européenne. Au contraire. Pour que l'Europe et la France entrent dans le XXIe siècle avec sérénité et panache, il convient d'abord de démocratiser l'Europe à la suite de l'Acte Unique et, surtout, de redonner à la France une ambition à l'aune de son passé.
Josy Eisenberg est rabbin et anime "A bible ouverte" et "La source de vie" sur France 2. Il a notamment publié Le Judaïsme pour les nuls (First, 2009). Adin Steinsaltz, rabbin et mathématicien, a reçu le prix Israël pour son commentaire des deux Talmuds.
Carnages. Des millions de morts dont le décompte pourrait avoisiner celui des victimes de toutes les guerres depuis 1945. Qui en parle? Qui s?intéresse à ces « carnages incompréhensibles »? Rwanda, Kivu, Sud-Soudan, Somalie, Darfour? Invoquer la folie des hommes ne fournit aucune clé d?interprétation; et l?on ne peut pas se contenter de regarder l?Afrique sous le seul angle des Droits de l?homme ou de la Françafrique.Étonnamment, ces conflits majeurs n?ont jamais été appréhendés dans leur globalité. Qui ont été les soutiens, voire les promoteurs de toutes ces guerres? Quels intérêts ont-elles servis? À contre-courant de tout ce qui s?écrit sur l?Afrique, Pierre Péan expose les logiques stratégiques qui visent à remodeler l?Afrique, et dont les « dégâts collatéraux » ont été d?une ampleur inédite et tragique.Il nous révèle ainsi les dessous du Grand Jeu africain des puissances occidentales et les affrontements feutrés entre elles. Après la chute du mur de Berlin, les États-Unis, aidés notamment de la Grande-Bretagne et d?Israël, ont décidé d?étendre leurs aires d?influence sur le continent africain, en réduisant notamment le pré carré français. L?instauration du nouvel ordre mondial y a été d?autant plus profonde que l?Afrique est devenue un des principaux terrains du « choc des civilisations » qui a installé, avant le 11-Septembre, l?Est africain dans l?espace conflictuel du Proche-Orient. Les regards braqués sur le Grand Moyen-Orient n?ont pas vu que le Soudan était devenu pour Israël et pour les États-Unis un pays potentiellement aussi dangereux que l?Iran: il fallait donc « contenir » et diviser le plus grand pays d?Afrique.Les États-Unis, le Royaume-Uni, Israël, la France, le Canada, la Belgique et plus récemment la Chine ont été les belligérants fantômes de ce conflit. Il est temps que l?on tire au clair les responsabilités des uns et des autres. Pierre Péan est écrivain et enquêteur. On lui doit notamment Une jeunesse française: François Mitterrand (Fayard, 1994), La Face cachée du Monde (avec Philippe Cohen, Mille et une nuits, 2003); Noires fureurs, blancs menteurs (Mille et une nuits, 2005), Le Monde selon K (Fayard, 2009).
Résumé : Il s'appelle Sainte-Marie-du-Mont, village posé au bord de la Manche, à la base de la presqu'île du Cotentin. C'est le personnage de ce livre. La plage est commode. En l'an 900, le Viking Vieul Aux Epaules y jeta ses drakkars. Dix siècles plus tard, l'Américain Eisenhower lança sur elle ses barges ; depuis, on la nomme Utah Beach. Juché sur la colline, le bourg essuie depuis toujours les tempêtes magistrales : guerre de Cent Ans, guerres de religion, révolutions, occupations... Il n'est pratiquement pas d'événement majeur qui n'ait laissé sa trace sur ce coin de bocage enclavé dans ses haies, de sorte que la chronique communale ne cesse de renvoyer à l'histoire de France. Mais aujourd'hui comme hier, les gens d'ici vivent à leur pas, car l'Histoire est peu de chose, au bout du compte, auprès des histoires qui tissent la trame des jours ordinaires.
En 2014, la victoire électorale des nationalistes hindous, remportée en grande part grâce au populisme de leur leader, Narendra Modi, a fait basculer l'Inde dans la démocratie ethnique. Les tenants du sécularisme, des militants politiques aux universitaires en passant par les organisations non gouvernementales, ont été mis au pas. Cibles traditionnelles des nationalistes hindous, les membres des minorités religieuses - les chrétiens et les musulmans en particulier - ont été relégués au rang de citoyens de seconde zone. Non seulement leur mise à l'écart au sein des institutions indiennes - y compris les assemblées élues - est sans précédent, mais ils sont victimes de violences et d'une police culturelle visant tant leurs pratiques religieuses que leurs activités économiques. Cette transformation de la scène politique indienne s'explique par le pouvoir que le mouvement nationaliste hindou, fondé dans les années 1920, a acquis au fil du temps - au plan électoral comme sur le terrain, à travers l'infiltration systématique de l'appareil d'Etat et un dense réseau de militants actifs sur les réseaux sociaux. En retraçant la montée en puissance de Narendra Modi dans son Etat du Gujarat dès les années 2000, puis à l'échelle du pays, Christophe Jaffrelot livre une analyse saisissante de l'essor du national-populisme au sein de la plus grande démocratie du monde.