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Marchons ensemble, Novarina ! Vade mecum
Corvin Michel
SOLITAIRES INT
23,00 €
Épuisé
EAN :9782846813662
Extrait de l'introductionUn panorama, pour quoi faire?Ce que je propose n'est pas un fourre-tout d'extraits, tirés d'une oeuvre théâtrale. Des extraits de théâtre, cela ne veut déjà pas dire grand-chose quand il s'agit de composition traditionnelle. On peut, à la rigueur, faire sur une oeuvre des prélèvements qui donnent un instantané assez précis (quoique figé) du déroulement de l'action scénique, avec ses interlocuteurs en conflit ou non; on peut aussi dénicher dans une pièce des morceaux de bravoure - écrits comme pour une anthologie future - qui donnent une image flatteuse, mais trompeuse, de l'ensemble. Rien là qui vaille pour le théâtre de Novarina: son oeuvre est en flux continu, semble-t-il invertébré; les textes mis bout à bout, même s'ils offrent une apparence d'enchaînement, ne se prêtent pas du tout à un découpage: pourquoi stopper la continuité ici plutôt que là en ayant l'air de considérer ce point d'arrêt comme particulièrement significatif? La théâtralité, chez Novarina, est d'un autre ordre: dans le mouvement indéfini d'exploration/invention de la langue, entreprise dans laquelle l'acteur/proférateur entraîne le spectateur/lecteur. Ce qui n'exclut nullement la présence d'une structure forte et originale, mais le choix de la forme parcellisée du panorama empêche de s'appuyer sur elle pour tirer des extraits tout le suc qu'ils contiennent.Les commentaires auxquels je me livre se présentent sous forme d'apostilles courtes et moins courtes qui donnent le point de vue subjectif d'un lecteur et spectateur des oeuvres de Novarina, qui ne prétend avoir sur l'objet de son intérêt (et de son admiration) ni une compétence de spécialiste, ni un instinct de propriétaire. On n'a pas affaire ici à des «explications de texte» à l'ancienne, ayant l'ambition (vaine, bien sûr!) de donner la clé de textes souvent complexes et inanalysables au sens strict et traditionnel du terme. Je m'adresse à des amateurs que la lecture des textes de Novarina peut dérouter et à des spectateurs qui seraient désireux de revenir sur les raisons de leur plaisir pour mieux - je l'espère - le goûter: je me situe au même niveau qu'eux, sans aptitude particulière à déchiffrer des palimpsestes car il ne s'agit pas du tout de déchiffrage ni de palimpsestes, mais de promenades libres qui s'attardent, avec plus ou moins d'insistance et d'acuité, sur tel ou tel aspect du «paysage parlé» novarinien (si je me permets d'emprunter le titre d'un de ses derniers livres). Je voudrais accompagner la lecture des extraits, non imposer une interprétation quelconque.Aussi les fragments choisis, tirés de l'ensemble de l'oeuvre de Novarina, sont-ils à lire dans le désordre (l'ordre alphabétique n'ayant qu'une fonction de repérage), non comme des moments de théâtre, mais comme des exempla de la personnalité d'un créateur, de son imagination, de sa pensée; de sa verve satirique (érotique parfois); de sa qualité d'écrivain en somme, étant entendu qu'un écrivain a le droit d'avoir sa vision propre du monde. Mais il n'en reste pas moins que ce sont des qualités d'écrivain de l'oralité, et dans cette mesure d'écrivain de théâtre. À condition de retirer du concept de théâtralité tout ce qui s'appelle dialogue, personnage, conflit, techniques scéniques (repérables à la lecture) d'exploitation de l'espace et du temps, pour s'en tenir à l'essentielle caractéristique de textes parlés.
Azama Michel ; Corvin Michel ; Tackels Bruno ; Mer
Que s'est-il passé dans l'écriture théâtrale depuis l'apparition de Godot, jusqu'à celle du tout aussi mythique Roberto Zucco? Depuis la prodigieuse génération des Beckett, Kateb Yacine, Genet et, plus tard, des Césaire, Tremblay ou Sarraute? Rien? Si! L'arbre immense nommé Koltès ne doit pas nous cacher la forêt luxuriante des dramaturges qui ont fait résonner la langue française en cette deuxième moitié du siècle. En quelques décennies, ils ont tout à la fois nourri la crise des formes classiques et assuré un renouvellement total de ce genre littéraire. Répartis en trois volumes, deux cents extraits de textes édités sont sélectionnés et mis en perspective au sein de leur oeuvre d'origine, accompagnés d'une biographie de leur auteur. Ils sont présentés selon des critères formels ou thématiques, introduits par des spécialistes. Listes d'oeuvres, bibliographies et index figurent dans chacun des ouvrages. 2: Récits de vie: le moi et l'intime. Ce deuxième volume rassemble des oeuvres consacrées à l'individu; les extraits choisis concernent des histoires de familles, de relations amoureuses, des paroles de solitude; explorant les moments secrets de la vie privée, jusqu'aux intimités de la chair ou de l'esprit, ils constituent un immense roman théâtral du Moi et de l'Autre.
Depuis trente ans, l'écriture théâtrale contemporaine connaît d'importantes mutations. Les auteurs expérimentent de nouvelles formes et n'accordent plus la même importance au "déploiement progressif et explicite du sens". Ils mettent tout en oeuvre pour que leurs pièces résistent à la lecture, au jeu et à l'analyse, afin de déconcerter et d'intéresser les lecteurs qui prennent risque et plaisir au contact du théâtre contemporain. Par une verve réjouissante dans l'analyse, l'universitaire Michel Corvin, disparu en août 2015, propose dans ce dernier essai des hypothèses de lecture à destination des étudiants et des professeurs de théâtre et de littérature, comme des praticiens du plateau. Il s'attache à sonder les plus grandes oeuvres théâtrales de la seconde moitié du XXe siècle et du début du XXIe, en ne s'interdisant pas le contrepoint d'époques plus anciennes. Mieux, il vise à comprendre comment les auteurs jouent avec leurs lecteurs. Après s'être intéressé aux formes du théâtre contemporain dans La Lecture innombrable des textes du théâtre contemporain (Editions Théâtrales, 2015), il s'attelle donc à débusquer le sens, cette "image tissée en fils quasi invisibles", qui permet à l'ensemble de l'oeuvre de tenir debout et nous emmène au-delà du sens obvie des pièces contemporaines.
Antigonon, une brigade héroïque : Cette pièce est un patchwork-cabaret qui pose un regard satirique, ironique et poétique sur les mythes et les héros de l'histoire de Cuba, de son indépendance à nos jours. La pièce se clôt sur une scène autour de laquelle les personnages s'appliquent à déconstruire un texte de José Martí : Abdala (1869), poème dramatique mettant en scène un jeune héros qui, contre l'avis de sa mère, décide de partir combattre pour défendre sa patrie face à une invasion étrangère. Réflexion sur l'histoire nationale mais aussi sur la façon dont elle est enseignée à Cuba. Ces affaires ne sont pas mes affaires : Cette pièce nous plonge au coeur de la " période spéciale " : la crise économique dans laquelle Cuba plongea à la suite de l'effondrement de l'Union soviétique. Les conséquences furent immédiatement visibles : magasin d'Etat vidés, pénuries d'essence, coupures d'électricité massives et à répétition. Une partie de la population cubaine choisit l'exil. Sur l'île, on cherche des solutions : pour parer au manque d'électricité, la population est sommée d'échanger ses vieux appareils électrodomestiques par d'autres, plus économiques. Les ampoules à incandescence, trop gourmandes en énergie, deviennent des pièces de musée. Tiens tes enfants à l'écart de l'alcool : Ce monologue a pour point de départ la mort du père, première étape d'une plongée dans un monde en putréfaction. De la merde, du sang, de la sueur, du sperme et des larmes, des descriptions glaçantes, une rage que rien n'apaise, cela serait vite irrespirable si ce n'était, aussi, formidablement drôle, grotesque, incongru comme ce poème en forme de chanson satirique sur les dangers d'une fellation en voiture... Ce jeu de massacre, où le fils fouille dans les entrailles du père agonisant pour en arracher la merde, a bien sûr valeur métaphorique : entre naufrage de la révolution et survie sordide.
Il y a du Bouvard et Pécuchet dans Pippo et Ricardo, les deux "savants" , protagonistes de cette Encyclopédie de phénomènes paranormaux. Le duo réinterroge les lois de l'univers, entre deux parties de ping-pong et la retransmission à la radio d'un match du Real Madrid. Radicalement pessimiste et fondamentalement drôle, l'écriture de Rodrigo García remue plus que jamais le fer dans les plaies du présent. Dans Désolé, mais là j'ai pas le temps, Rodrigo García revient sur la destinée de nos deux savants dont le génie fit même hésiter les membres de l'Académie suédoise : fallait-il leur accorder le prix Nobel de Chimie ou de Littérature ?
Résumé : Une ombre s'agite sous ses paupières baissées. Dans l'effusion lumineuse, une silhouette, qui ondule. Comme une algue. Un corbeau crie dans le cerisier. Le fils s'est endormi. La mère, pieds nus, danse calmement dans le sommeil du fils.
Résumé : C'est ce jour-là, Devant ce nuage noir Que j'ai compris que tout était perdu C'en était fini de nous La démocratie était vaincue Tout Tous nos efforts Tout ce sang versé Toute cette fougue Cette jeunesse Nos espoirs Tout nous était volé. Dans une géographie éclatée entre l'Europe et l'Iran, Les Forteresses déroule le récit de trois destins hors du commun, à la fois conjoints et séparés, exemplaires et universels, où l'intime et le politique sont inextricablement mêlés. Des histoires de femmes, des portraits sous forme de miniatures persanes, qui font la grande histoire de l'humanité.