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Le motif dans le tapis. Ambiguïté et suspension du sens dans le théâtre contemporain
Corvin Michel ; Hersant Céline
THEATRALES
24,90 €
Épuisé
EAN :9782842607241
Depuis trente ans, l'écriture théâtrale contemporaine connaît d'importantes mutations. Les auteurs expérimentent de nouvelles formes et n'accordent plus la même importance au "déploiement progressif et explicite du sens". Ils mettent tout en oeuvre pour que leurs pièces résistent à la lecture, au jeu et à l'analyse, afin de déconcerter et d'intéresser les lecteurs qui prennent risque et plaisir au contact du théâtre contemporain. Par une verve réjouissante dans l'analyse, l'universitaire Michel Corvin, disparu en août 2015, propose dans ce dernier essai des hypothèses de lecture à destination des étudiants et des professeurs de théâtre et de littérature, comme des praticiens du plateau. Il s'attache à sonder les plus grandes oeuvres théâtrales de la seconde moitié du XXe siècle et du début du XXIe, en ne s'interdisant pas le contrepoint d'époques plus anciennes. Mieux, il vise à comprendre comment les auteurs jouent avec leurs lecteurs. Après s'être intéressé aux formes du théâtre contemporain dans La Lecture innombrable des textes du théâtre contemporain (Editions Théâtrales, 2015), il s'attelle donc à débusquer le sens, cette "image tissée en fils quasi invisibles", qui permet à l'ensemble de l'oeuvre de tenir debout et nous emmène au-delà du sens obvie des pièces contemporaines.
L'homme, depuis toujours, occupe la place centrale au théâtre, comme sujet et objet de la représentation. Mais le XXe siècle et sa critique de l'anthropocentrisme ont profondément remis en question cette position dominante, jusqu'à atteindre la figure du personnage-acteur, inapte à rendre compte de la complexité de l'homme d'aujourd'hui. Peu à peu ce dernier, à défaut du silence, se voit réduit à une voix, enrichie de l'apport d'autres arts ou techniques, qui résonne avec la critique philosophique de l'homme et renouvelle l'écriture textuelle et scénique européenne.
Extrait de l'introductionUn panorama, pour quoi faire?Ce que je propose n'est pas un fourre-tout d'extraits, tirés d'une oeuvre théâtrale. Des extraits de théâtre, cela ne veut déjà pas dire grand-chose quand il s'agit de composition traditionnelle. On peut, à la rigueur, faire sur une oeuvre des prélèvements qui donnent un instantané assez précis (quoique figé) du déroulement de l'action scénique, avec ses interlocuteurs en conflit ou non; on peut aussi dénicher dans une pièce des morceaux de bravoure - écrits comme pour une anthologie future - qui donnent une image flatteuse, mais trompeuse, de l'ensemble. Rien là qui vaille pour le théâtre de Novarina: son oeuvre est en flux continu, semble-t-il invertébré; les textes mis bout à bout, même s'ils offrent une apparence d'enchaînement, ne se prêtent pas du tout à un découpage: pourquoi stopper la continuité ici plutôt que là en ayant l'air de considérer ce point d'arrêt comme particulièrement significatif? La théâtralité, chez Novarina, est d'un autre ordre: dans le mouvement indéfini d'exploration/invention de la langue, entreprise dans laquelle l'acteur/proférateur entraîne le spectateur/lecteur. Ce qui n'exclut nullement la présence d'une structure forte et originale, mais le choix de la forme parcellisée du panorama empêche de s'appuyer sur elle pour tirer des extraits tout le suc qu'ils contiennent.Les commentaires auxquels je me livre se présentent sous forme d'apostilles courtes et moins courtes qui donnent le point de vue subjectif d'un lecteur et spectateur des oeuvres de Novarina, qui ne prétend avoir sur l'objet de son intérêt (et de son admiration) ni une compétence de spécialiste, ni un instinct de propriétaire. On n'a pas affaire ici à des «explications de texte» à l'ancienne, ayant l'ambition (vaine, bien sûr!) de donner la clé de textes souvent complexes et inanalysables au sens strict et traditionnel du terme. Je m'adresse à des amateurs que la lecture des textes de Novarina peut dérouter et à des spectateurs qui seraient désireux de revenir sur les raisons de leur plaisir pour mieux - je l'espère - le goûter: je me situe au même niveau qu'eux, sans aptitude particulière à déchiffrer des palimpsestes car il ne s'agit pas du tout de déchiffrage ni de palimpsestes, mais de promenades libres qui s'attardent, avec plus ou moins d'insistance et d'acuité, sur tel ou tel aspect du «paysage parlé» novarinien (si je me permets d'emprunter le titre d'un de ses derniers livres). Je voudrais accompagner la lecture des extraits, non imposer une interprétation quelconque.Aussi les fragments choisis, tirés de l'ensemble de l'oeuvre de Novarina, sont-ils à lire dans le désordre (l'ordre alphabétique n'ayant qu'une fonction de repérage), non comme des moments de théâtre, mais comme des exempla de la personnalité d'un créateur, de son imagination, de sa pensée; de sa verve satirique (érotique parfois); de sa qualité d'écrivain en somme, étant entendu qu'un écrivain a le droit d'avoir sa vision propre du monde. Mais il n'en reste pas moins que ce sont des qualités d'écrivain de l'oralité, et dans cette mesure d'écrivain de théâtre. À condition de retirer du concept de théâtralité tout ce qui s'appelle dialogue, personnage, conflit, techniques scéniques (repérables à la lecture) d'exploitation de l'espace et du temps, pour s'en tenir à l'essentielle caractéristique de textes parlés.
Le Dictionnaire encyclopédique du théâtre conçu et dirigé par Michel Corvin met en scène l'univers du théâtre et des théâtres du monde entier sous tous leurs aspects, des origines à nos jours. Auteurs, acteurs, metteurs en scène, institutions théâtrales et troupes ; architectes, éclairagistes, décorateurs, peintres et scénographes ; concepts esthétiques, formes, genres, théoriciens et critiques ; aspects économiques, juridiques, institutionnels et politiques... Ce sont plus de 2 650 articles qui constituent cette nouvelle édition entièrement revue, mise ajour et considérablement augmentée : monographies sur les artistes et les artisans du spectacle vivant, de Denis Podalydès à Martin Wuttke, de Jon Fosse à Jan Fabre, de Stéphane Braunschweig à Thomas Ostermeïer, de l'Académie expérimentale des théâtres à l'Ecole Ernst Busch ; études encyclopédiques sur des réalités théâtrales ou des notions esthétiques nouvellement apparues : oralité, intermittents du spectacle, centres de ressources... De l'Argentine au Monténégro en passant par l'Australie, la Chine ou la Finlande, ce dictionnaire invite à la rencontre des scènes internationales dans leur effervescence créative. L'ambition du dictionnaire est de faire un large tour d'horizon de ce que le patrimoine dramatique nous a légué et de tout ce que le théâtre contemporain nous offre de plus riche, dans ses inventions artistiques et dans ses interrogations sur le monde. L'ouvrage, complété par une importante bibliographie, est enrichi de trois index : index des noms, index des oeuvres, index de la pratique et de la théorie théâtrales.
Durant la seconde moitié du XXe siècle, l'Europe a connu autant d'étapes de libération que de soubresauts sanglants. A chaque moment crucial, le théâtre s'est dressé comme guetteur et comme conscience : l'écrivain de théâtre a toujours trouvé le moyen de dénoncer les détenteurs des pouvoirs politiques, sociaux, religieux, tapis derrière leur langue de bois. Il a travaillé aussi à désengluer les esprits de l'emprise du nazisme, du fascisme et du socialisme réel . Il s'est fait la caisse de résonance publique de la réappropriation de toutes les libertés : celles du sexe, du langage, de l'imagination. Michel Corvin donne ici une vision représentative de l'effervescence qu'a connue la littérature dramatique, de l'Atlantique à la mer Noire, durant cette période. Plus de 120 extraits d'oeuvres ont été sélectionnés, permettant de découvrir plusieurs générations d'auteurs et de saisir la diversité des écritures dans tous les pays du continent. Chacun des extraits est précédé d'une présentation de son auteur et de la pièce. En première partie, on trouvera pour chaque pays ou groupe de langues de précieuses monographies synthétiques sur la situation du théâtre et de sa dramaturgie. Cette Anthologie critique des auteurs dramatiques européens, venant à la suite de l'ouvrage de Michel Azama, De Godot à Zucco, consacré au domaine francophone, propose une approche panoramique des autres dramaturgies de l'Europe et constitue un outil de découverte et de connaissance indispensable.
Jojo est un solo boy urbain. Dans une rue déserte, il traîne avec un ballon de foot crevé pendant que ses parents sont partis au soleil. Surgissent deux fées un peu déglinguées, Anita et sa vieille mère Jilette. Des fées comme dans les contes, mais désoeuvrées, au RMI (Revenu Magique d'Insertion). Anita confie au garçon la mémé qui perd la boule, mais cette dernière disparaît. Commence alors pour Jojo, parti à sa recherche, un parcours initiatique qui l'emmène de la grande forêt aux séances de désintoxication d'une clinique pour superhéros paumés (Batman, Billy Juan Poucet dit le P'tit...). Ces rencontres étonnantes le conduiront à la recherche de son identité.Avec une langue vive, un style d'aujourd'hui détournant le langage des jeunes, Stéphane Jaubertie aborde le thème de la connaissance de soi, du rapport aux autres et à la réalité. C'est touchant, drôle: un bonheur à lire et à jouer.
Grosse patate est le surnom qu?on lui donne à l?école parce qu?elle mange tout le temps surtout quand elle s?ennuie. Elle, elle sait qu?elle est ronde et douce. Dans sa classe il y a Rosemarie la timide, sa meilleure amie, Rémi son souffre-douleur trouillard comme une fille, Hubert qui est très beau et très bête et dont tout le monde est amoureux. La maîtresse se fâche quand elle s?aperçoit qu?on maltraite Rémi, elle se fâche aussi lorsque Rémi, qui ne se laisse plus faire, devient général d?une armée secrète pas si secrète que ça. Grosse patate essaie de comprendre le monde à travers des exercices de maths où il ne faut pas multiplier les tomates et les bananes et en regardant Rémi qui a une ombre de petite fille. Dans ses rêves elle rencontre l?Homme en noir qui l?aide aussi à mieux comprendre. Grosse patate raconte tout cela dans son journal, la tristesse, le bonheur, les interrogations, les adultes qui répondent toujours n?importe quoi. Elle préfère être Arakis le chat qui parcourt le monde que Narcisse qui reste collé à son miroir. Elle sait qu?elle va devenir grande. Ce texte, le premier de Dominique Richard, est drôle, cruel comme l?enfance et traite, sans avoir l?air de rien, de sujets graves comme l?amitié, l?amour, le deuil, la différence, dans une langue vive et inventive.
Karl Valentin est un grand enfant faussement naïf qui jette un regard féroce sur le monde des adultes. Chez ce malicieux, la vie quotidienne devient une bataille avec les mots et les choses, que l'on cherche ses lunettes, achète un médicament au nom imprononçable ou fasse cuire un rôti. Ce volume propose un choix de sketches courts du grand comique munichois : un grand éclat de rire sur les petites sottises de l'existence, un vrai plaisir de jeu.