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La Licorne N° 129/2018 : L?apocalypse : une imagination politique (XIXe-XXIe siècles)
Coquio Catherine ; Engélibert Jean-Paul ; Guidée R
PU RENNES
24,99 €
Épuisé
EAN :9782753574014
Depuis deux cents ans, la littérature, la philosophie et le cinéma s'intéressent toujours davantage à l'apocalypse et aux catastrophes. Est-ce céder à un certain nihilisme ou au contraire chercher une ouverture politique quand l'horizon semble fermé ? Explorant la force et les limites de cet imaginaire politique ambivalent, les contributions rassemblées dans ce volume tentent d'expliquer pourquoi le scénario apocalyptique fait retour dans une civilisation qui n'est plus soudée ni par la croyance religieuse ni par l'espoir révolutionnaire. Qu'est-ce qui distingue l'apocalyptisme contemporain de l'apocalyptisme biblique et de ses avatars ? Comment distinguer un apocalyptisme laïc, qui affronte avec lucidité la perspective d'une destruction par l'homme des conditions nécessaires à la poursuite de son existence et les lubies des marchands d'apocalypse, qui mobilisent et galvaudent à leur profit le scénario religieux ? Enfin, comment restaurer une perspective politique dans ce climat de destruction générale ? En réunissant des contributions d'historiens, de philosophes, de spécialistes de littérature, d'études théâtrales et de cinéma, ce volume de La Licorne entreprend d'approcher de façon critique un art de désespérer avec espoir caractéristique de l'époque contemporaine. Les Auteur. e. s : Roberta Acnese - Jumana Al-Yasiri - Daria Bardellotto - Christine Baron - Céline Barral - Lambert Barthélémy - Philippe Brand - Catherine Coquio - Christophe David - Susannah ELUS - Frédérik Detue - Jean-Paul - Engélibert - Raphaëlle Guidée - Pierre Jailloux - François Hartoc - Aidy Laib - Massimo Olivero - Julie Schutz - David Tuaillon
On observe ici, sur près de quinze ans, les comportements de l'Etat français vis-à-vis des crimes de masse qui se sont déroulés en Europe et en Afrique, sur fond d'une montée en puissance du " devoir de mémoire " et de l'éthique " humanitaire ". Cette période a vu d'un côté la laborieuse digestion du passé vichyste, la reconnaissance litigieuse du génocide arménien, et le lent désenfouissement du passé colonial ; elle a vu, de l'autre, les menées de l'Etat français en ex-Yougoslavie, en Algérie, au Rwanda... Certains vont ainsi jusqu'à parler d'une tradition française de déni, voire de " complicité de génocide ". Qu'on veuille ou non aller jusque-là, il faut comprendre pourquoi, confronté à son histoire la plus sombre, et à celle des collectivités qu'il abrite, l'Etat français n'a pas craint de mener certaines guerres en mettant entre parenthèses la réalité du génocide. On veut comprendre ici les clivages qui font qu'un Etat peut se dire le berceau des Droits de l'homme et l'agent de leur mondialisation, tout en poursuivant parfois des politiques qui mènent au pire. Pourquoi le divorce entre la réalité et l'image de soi dans ce pays a-t-il atteint un tel degré ? Quelle part prend le mythe dans la représentation que se fait la République française de sa grandeur et de son histoire ?
Kraus Otto B. ; Coquio Catherine ; Gailly Stéphane
Le corbeau, dont les aides-cuisiniers s'occupaient comme d'un animal de compagnie, était le seul oiseau du camp. Les merles, les étourneaux et même les vulgaires moineaux mouraient sur la clôture électrique et le ciel au-dessus des blocks était vide, désert. Il est étrange et anormal de vivre dans un monde sans oiseaux et Lisa Pomnenka peignait leurs ombres ailées dans son ciel. Elle les peignait aussi à la cime des bouleaux. Les oiseaux aux gorges bleues, jaunes et rouges étaient perchés là et les enfants les montraient du doigt en apprenant leur nom", Otto B Kraus. "Le Mur de Lisa Pomnenka transpose en fiction une histoire dont l'auteur fut le témoin et l'acteur: celle d'un groupe d'enfants et de jeunes adultes juifs qui, envoyés de Theresienstadt dans le"camp des familles"de Birkenau en décembre 1943, vécurent six mois dans le"block des enfants". Là, au coeur du leurre qu'était ce camp-vitrine, une activité culturelle se poursuivit en dépit de la perspective de la mort, que les enfants avaient comprise. Ce roman raconte les efforts des éducateurs pour les en protéger, et se protéger eux-mêmes. Au-delà de leurs projections sionistes ou marxistes, et d'une révolte avortée, il raconte la survie de l'espoir quelle que fût"sa couleur ou sa forme": il dit qu'une foi étrange dans le présent, aidée des forces de l'art et de l'humour, fit parfois de cette"communauté forcée"une espèce de famille, et cherche la parole poétique dans l'enfance la plus altérée", Catherine Coquio.
Pour connaître, faut-il feindre ? Quelles vérités disent les fictions ? Que sait la littérature ? Que raconte le savant ? Théorie littéraire, poésie, histoire, mais aussi biologie, ethnologie, sociologie, esthétique, font ici alliance pour suivre la fiction à la trace dans sa traversée des savoirs et saisir son intelligence. Ce volume invite à lire ensemble les débats de Stengers et Sokal, les contes sociologiques de Goffman, les fables darwiniennes, les fictions savantes de Balzac, Flaubert, Carroll, Joyce, Kundera, les sciences intimes de Malinowski et Bataille, l'imagination des possibles de Lyotard, Goodman et Agamben, l'érotique du savoir de Montaigne, Armand-Gette, De Certeau, Adorno, Blumenberg...
Que signifie grandir, jouer, rêver au sein d'une humanité ravagée par le génocide? Qu'en était-il de l'enfance et des enfants durant la Seconde Guerre mondiale, lorsque les nazis menaient leur guerre d'extermination contre les Juifs et leur politique d'épuration contre les Tsiganes? Ecrits pendant ou après les événements, les textes rassemblés ici, rédigés en une dizaine de langues, dessinent ce que fut l'effondrement d'un monde aux yeux des plus jeunes, et disent l'incroyable vitalité qu'ils déployèrent dans les ghettos et les camps. Ils éclairent la perception que les enfants et les adolescents eurent de ce drame collectif et permettent de comprendre le regard, souvent sans concession, qu'ils portèrent sur les adultes. Ces témoignages, ces poèmes et ces fables ne sont pas seulement des documents historiques: qu'ils prennent ou non forme littéraire, ils montrent l'importance qu'eut pour certains la possibilité de mettre en mots ce qu'ils vivaient et éprouvaient. Les textes réunis ici, émanant de témoins inconnus autant que d'auteurs célèbres (Aharon Appelfeld, Imre Kertész, Primo Levi...), parfois inédits en français, ont été choisis et présentés par Catherine Coquio et Aurélia Kalisky, avec l'aide de plusieurs traducteurs et historiens. Ils forment un livre unique et bouleversant qui propose, pour la première tris à l'échelle de l'Europe, un témoignage sur la Catastrophe telle qu'elle fut vécue par les enfants: ceux qui grandirent dans la certitude quotidienne de leur condamnation, et qui, s'adaptant au monde où il leur fallait vivre, firent de ces récits ceux de la vie même.
Subjectivités numériques et posthumain s'inscrit dans le sillage de l'ouvrage PostHumains : frontières, évolutions, hybridités publié dans la collection "Interférences" des presses universitaires de Rennes. Ce recueil était davantage consacré aux mutations, évolutions et hybridations du corps dans un devenir posthumain. Ce livre propose d'explorer l'imaginaire associé à l'émergence d'une subjectivité numérique dans la période contemporaine de l'hyperconnectivité et du développement de l'intelligence artificielle. Tout comme dans la perspective d'une corporéité posthumaine, un esprit qui ne serait plus ancré à un corps organique suscite de nombreuses réflexions et mises en fiction. L'approche proposée dans ce livre est par ailleurs fondamentalement interdisciplinaire car les questionnements relatifs aux devenirs de l'humain et à la définition de son identité que déclenche le posthumain sont universels.
Epiphénomènes d'une mutation sociétale, fruit de l'économie numérique, les tiers-lieux interpellent les décideurs publics territoriaux sur l'attitude à adopter, de l'intérêt bienveillant à une tutelle complète. L'ouvrage réunissant une équipe pluridisciplinaire de chercheurs présente un matériau empirique original sur cette réalité émergente, encore mal connue : celle de la multiplication des tiers-lieux dans les villes et hors des centres métropolitains. Il pose de nouvelles questions, encore peu traitées dans la littérature, en s'intéressant à la trajectoire sociale des fondateurs d'espaces de coworking, aux nouvelles manières des jeunes générations de travailleurs du numérique de conjuguer leurs aspirations de liberté et d'épanouissement dans les domaines professionnel et privé, ainsi qu'à leurs nouveaux rapports à la collaboration, au travail, au territoire, à la mobilité et aux questions écologiques.
La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ?A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre Hirsch4e de couverture : La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ?A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre HirschNotes Biographiques : Jean-Luc Mastin est maître de conférences en histoire économique et sociale contemporaine à l'université Paris 8.
Le Bon Marché, les Galeries Lafayette, le Printemps, Le Bazar de l'Hôtel de Ville : ces enseignes aux noms évocateurs désignent des grands magasins. Temples de la consommation et symboles d'une société qu'ils ont contribué à produire, ils attirent depuis la fin du XIXe siècle des clients à la recherche d'affaires, parfois, et de distinction, souvent. Mais les grands magasins sont aussi des lieux de travail. Or, de ses travailleuses, on connaît peu le quotidien, sauf à se contenter des observations faites il y a plus de cent trente ans par Emile Zola dans Au Bonheur des Dames. A partir d'une longue enquête de terrain par entretiens et observation participante, cet ouvrage invite le lecteur dans les rayons d'un grand magasin prestigieux, que l'on appellera le Bazar de l'Opéra, afin d'y découvrir le travail de la vente (ses techniques, ses contraintes, mais aussi ses réjouissances) et les trajectoires de celles qui l'effectuent. Son objectif est de contribuer à la compréhension d'un travail, celui de la vente, et d'un ensemble de la société française, celui des employés de commerce.