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Noir
Coover Robert - Hoepffner Bernard
SEUIL
18,30 €
Épuisé
EAN :9782020966535
Phil M. Noir, détective privé, est le rejeton le plus désaxé de New London. Trench-coat défraîchi, menton mal rasé et clope au bec, il écume les ruelles les plus glauques de la ville pour élucider les affaires troubles de ses clients, telle celle de cette veuve en voilette noire et toute en jambes dont le mari s'est fait tuer dans un règlement de comptes. De bar en bar et d'informateur en informateur, il glane des tuyaux pour coincer le meurtrier. Lorsque la veuve se fait refroidir et que le corps est dérobé à la morgue, Noir refuse de lâcher l'affaire, malgré les exhortations de sa très efficace assistante, Blanche, et tous les passages à tabac que truands et policiers lui font subir. Coover utilise tous les poncifs du genre pour mieux les renverser. Car le polar à sa façon n'a rien d'une ligne droite conduisant à l'identité de l'assassin. C'est un récit qui tangue, qui titube comme Noir à la sortie du Loui's, une boîte interlope... Un roman subtilement décalé, ébouriffant et souvent très drôle, à l'atmosphère enivrante. Biographie: Robert Coover, né en 1932, a reçu le prix William-Faulkner en 1966 pour son premier roman, The Origin of the Brunists. Il pratique toutes sortes d'ateliers d'écriture très sophistiqués dans différentes universités des États-Unis et d'Europe. Depuis Le Bûcher de Times Square, en 1980, son ?uvre est publiée, en traduction française, aux Éditions du Seuil, dans la collection "Fiction & Cie".
Lucky Pierre, star du porno à Cinécity, est l'objet de toutes les convoitises et sa vie ne semble être faite que de sexe. Mais derrière cet apparent triomphe se cache une âme fragile et sensible, qui n'a cesse de vouloir fuir la véritable dictature imposée par la responsable de la ville, grande maîtresse du sado-masochisme, secondée par d'efficaces et implacables milices. Cette tyrannie, bien sûr, suscite ses dissidents, pour lesquels Lucky Pierre éprouve des sentiments ambivalents. Mais la prison sous forme d'écran n'a pas de limite ni de fin, et lorsqu'on retrouve Lucky Pierre courant nu et en érection dans la ville hivernale, se croyant enfin sauvé, c'est pour réaliser que tout ceci est illusion, sa fugue faisant partie du scénario. Roman cinématographique, Les Aventures de Lucky Pierre sont aussi une réflexion ironique sur les débordements de la fiction. Recourant aux techniques du burlesque, de la satire, de l'humour, de la répétition et de la variation, Robert Coover nous invite dans un univers où le réel semble supplanté par sa représentation, dans un jeu vertigineux qui est aussi un terrible miroir de nos propres fantasmes et de nos névroses.
Gerald reçoit. Gerald et sa femme reçoivent leurs amis. Le roman tout entier est le récit de cette soirée (beuverie et rigolade, sexe et chahut) qui paraît une illustration en bonne et due forme des règles de la tragédie antique : unité de lieu, c'est un huis clos, personne ne sortira avant la fin de l'action, avant la fin de la nuit ; unité de temps, le temps de la réception ; unité d'action, mais c'est ici que cela se complique et que l'art de l'auteur s'épanouit, au rythme d'une nuit follement mouvementée, qui commence par la découverte du cadavre de la jolie Ros (sorte d'idole érotique, figure de déesse-mère). Les buveurs s'affolent, on appelle la police, l'inspecteur Pardew enquête. On prend des photos, on tourne des vidéos, on parle de théâtre. Le remue-ménage s'accélère : les conversations se croisent vertigineusement, l'érotisme emballe hommes et femmes, amants ou couples défaits, enfants et jeunes filles vierges. D'autres cadavres sont découverts, le sang est projeté partout et, comme dans une bacchanale, on est tribade ou fou, diable, clown ou squelette, satyre en érection, masque. On pense à l'Ange exterminateur de Bunuel. Dans cet effarant huis clos tout est spectacle et sono, et les rituels les plus archaïques (sous couvert de constantes références au théâtre et à ses succédanés : mime, mascarades, cirque, porno, etc.) refont surface : veillée funèbre, rites orgiaques, contes pour enfants, histoires de corps de garde alternent en une sorte de ronde burlesque qui trouvera son apogée avec l'entrée en scène d'une troupe d'acteurs, les anciens partenaires de Ros, qui vont transformer la soirée en carnaval funéraire. Peut-on imaginer Euripide au milieu d'un tel chahut de paroles et de sperme ? Un charivari, sorti tout droit d'un rituel préhistorique, mettant à mal une soirée chic, genre Rotary Club, dans une ville de province ? Des flics, des cadavres, des scènes de copulation frénétique, tandis qu'un plombier flegmatique s'en vient déboucher tranquillement les cabinets engorgés ?
Demandez le programme ! " Notre aimable clientèle peut en toute confiance fréquenter cette salle où ne sont jamais projetés de films susceptibles de la choquer. " La promesse est incluse dans le prix du billet. Et pourtant, cinéphiles, méfiez-vous ! Chaque soir, " le visiteur de minuit " revient brouiller dans votre tête son jeu d'images. Du haut-de-forme d'un danseur au melon d'un certain Charlie, des jupons d'une ingénue au fourreau de Gilda, d'un duo de Casablanca à un duel dans l'Ouest américain, tout " ça doit vous rappeler quelque chose ". L'" effondrement des frontières " entre les genres a certes " quelque chose de corrompu, peut-être de dangereux, mais c'est également une libération qui accroît de façon exponentielle "notre" cinémathèque ". Dans la salle désertée où le projectionniste superpose les rubans de celluloïd, la rébellion gronde " entre les cadres ". Accompagnant les ébats érotiques de l'" espace masculin " et du " temps féminin ", notre mémoire-musée rejoue avec ces bouts de pellicule et les pyrotechnies d'une fiction savante la grande scène triangulaire des boulevards. " Le fantôme du cinéma " vous convie à des projections privées dont nul magnétoscope ne permet de rêver. Palais du cinéma, palais des glaces, palais des horreurs... Demandez le programme ! C. B. et M. C.
Robert Coover s'attache ici à exhumer, à soulever et à ébranler la pierre angulaire des contes de notre enfance, le fameux : " Il était une fois... un simple bout de bois... " Il promène Pinocchio, sous les traits d'un vieil universitaire américain, à travers une Venise hivernale et fantomatique, livrée au Carnaval et au plus cruel des charivaris, où son héros découvre des personnages au moins duplices ou triplices sous leurs déguisements et leurs masques : autant de personnages qu'on ne peut identifier sans se fier à leurs propos, et surtout sans s'en défier... Que penser, par exemple, de cette bonne fée qui est ici tour à tour enfant et s?ur, mère et préceptrice, muse et marâtre, amante et tortionnaire ? Le jour où Pinocchio était devenu un vrai petit garçon, on s'en souvient, il s'était exclamé : " Que j'étais ridicule ; quand j'étais un pantin ! " Et Coover d'imaginer que Pinocchio avait préféré oublier son existence antérieure, pour aller vivre sa vie d'homme en Amérique. Mais si sa Fée n'avait pu se résoudre à sacrifier totalement le pantin à l'enfant, il était dit que Pinocchio reviendrait un jour vers son passé... qu'il retomberait aux mains de ses ennemis de toujours, le Chat et la Renarde, et qu'il retrouverait avec ses vieux amis Polichinelle, Colombine, Pantalone et Arlequin toute la troupe des marionnettes d'antan, revivant enfin dans Venise de picaresques aventures. Avec une éblouissante virtuosité, Robert Coover relit ce Pinocchio si parfaitement intégré à notre culture qu'on en oublie qu'il n'est pas un legs de la culture populaire, mais l'?uvre de Collodi, le mythe littéraire dominant la première moitié du XXe siècle, le mythe de l'enfance par excellence et un monument de " culture parlée ". Croce a pu écrire que " le bois dans lequel est taillé Pinocchio, c'est l'humanité ". Mais Coover nous laisse à penser que, pour atteindre à l'humanité, il ne faut peut-être pas entamer trop profondément le bois de l'enfance.
Résumé : Il s'agit de la réédition en un volume des trois tomes de l'ouvrage Soulages, L'Ouvre complet, Peintures ; t. 1 (1946-195) ; t. 2 (1959-1978) ; t. 3 (1979-1997), de Pierre Encrevé. Le volume reprend intégralement le texte qui accompagnait les reproductions des 1 174 toiles référencées du catalogue raisonné des peintures sur toile de Pierre Soulages. Cette édition est augmentée d'un nouveau chapitre consacré à la période 1997-2006, années durant lesquelles Soulages a peint plus de 130 nouvelles toiles dans un renouvellement continu de son travail. Ce texte retrace l'oeuvre de Soulages : l'analyse des toiles produites, les différentes techniques développées et leur évolution, ainsi que sa réception critique et sa diffusion nationale et internationale. Le texte est accompagné de 120 reproductions choisies pour illustrer les analyses proposées et offrir un panorama complet des peintures de Soulages. C'est l'étude la plus complète sur l'oeuvre de ce peintre majeur. Pierre Encrevé, professeur de linguistique à l'Ecole des hautes études en sciences sociales, est aussi le spécialiste incontesté de l'oeuvre de Soulages. Il publiera à l'automne 2007, au Seuil, des Entretiens avec le peintre dont il est un ami proche depuis trente ans.
1 450 000 morts, 3 à 4 millions de blessés, 600 000 veuves, 760 000 orphelins : c'est le bilan, rien que pour la France, de la guerre de 1914-1918, celle que l'on appelle la Grande Guerre.Pour expliquer à un enfant de huit ans ce terrible massacre, un historien reconnu répond aux questions de son petit-fils : qu'est-ce que la mobilisation ? Qu'est-ce qu'une tranchée ? Comment vivaient - et mouraient - les poilus ? Comment fonctionnaient les usines pendant la guerre ? Qu'est-ce qu'ont fait les femmes ? Pourquoi les Etats-Unis sont-ils entrés dans la guerre en 1917 ?... Et enfin : comment est-on parvenu à la paix ?
La Guerre et la Paix est une oeuvre mythique de la littérature russe et universelle, une vaste fresque historique et familiale, modèle de ce que seront les grandes sagas du XXe siècle. Sur le fond des grands événements du début du XIXe ? la campagne de 1805-1806 avec Austerlitz et celle de 1812-1813 avec Borodino et l'incendie de Moscou ? s'inscrivent les chroniques de deux familles appartenant à la noblesse russe, les Bolkonski et les Rostov. Des chroniques faites d'amour et de haine, d'interrogations sur la vie et la politique, traversées par les passions et les doutes.Traduite pour la première fois en français, cette version originelle de La Guerre et la Paix ? il y eut plusieurs éditions souvent différentes du vivant de l'auteur ? se fonde sur l'édition publiée dans « L'héritage littéraire » par l'Académie des Sciences de l'URSS. Elle permet aux initiés de mieux connaître les systèmes de pensée et de création artistique de Tolstoï. Par ailleurs, les réflexions philosophiques allégées, le rythme rapide, l'action resserrée, propres à tenir le lecteur en haleine, sans rien ôter à la richesse littéraire, devraient renouveler l'intérêt pour ce chef-d'oeuvre.