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Palais mental
Contré Guillaume
EDITIONS MF
15,00 €
Épuisé
EAN :9782378040598
Il y a une situation, celle de l'énigme policière traditionnelle, une pièce pourvue d'une porte et d'une fenêtre, un meurtre inexpliqué, et il y a les personnages qui sont les acteurs traditionnels de cette situation : un détective, qui ne porte pas de nom (sa fonction pourvoit à tout), son assistant, l'enthousiaste Silbano, et le brigadier Gutiérrez, qui reste à l'entrée afin que personne ne vienne perturber le travail des enquêteurs. Il y a également, bien entendu, le personnage principal (ou subsidiaire), un cadavre, la justification de toute l'affaire, et qui n'est peut-être pas aussi mort qu'on voudrait le croire (il se permet quelques clins d'oeil au détective, qui ne sait pas trop quoi en penser). Il y a aussi une série d'objets, ceux du détective, qui accompagnent sa fonction (une pipe, une loupe), et d'autres, contondants, qui pourraient être (il le faut bien) les armes du crime. Le décor est donc planté (avec, en point de fuite, à l'extérieur, la ville et la nuit, lourde comme un pesant rideau) et puisque nous assistons à une sorte de théâtre, autant respecter les trois règles classiques de l'unité de temps, de lieu et d'action. Mais l'enjeu ne sera pas de résoudre l'énigme. Whodunit n'est pas la question, même si les questions sont nombreuses, infinies, dans la tête du détective. La preuve, elles s'enchaînent à un rythme frénétique, qui est moins celui de la pensée elle-même - toujours tronquée - que celle de la perplexité, qui va en s'épaississant. Le mystère, lui, flotte, statique : il est le même du début à la fin. Il piétine. La question est d'explorer exhaustivement le palais mental du détective, plein de cul-de-sac. On observe le courant de conscience de notre fin limier en restant prudemment à la troisième personne. Une réponse en mène à une autre, qui mène à une nouvelle question ou à une nouvelle contradiction. Nous sommes au théâtre, mais peut-être aussi au concert : différence et répétition, leitmotiv et variation. Un continuum - un seul paragraphe - qui construit la tension et augmente peu à peu la cadence, comme ce courant d'air en provenance de l'unique fenêtre qui finit par se convertir en un tourbillon pour mieux secouer la pièce comme un shaker. La syntaxe, elle, reste impassible : la langue est transparente mais le sens, lui, se fait souvent la malle. Sa recherche incessante, la quête des indices qui en indiquerait l'apparition, est une poursuite de l'unité, une mystique du pauvre. A moins qu'il ne s'agisse simplement de trouver les images de la pensée ou de faire de la pensée un livre d'images. De visualiser la scène.
Les Aventures de China Iron, c'est la relecture d'un classique de la littérature gaucho, Martín Fierro, le poème épique de José Hernandez.C'est une épopée radieuse et lumineuse, où China Iron, la femme de Martin Fierro, et Liz, partent à la conquête d'une nouvelle manière de vivre ensemble, à rebours des mythes fondateurs de nos sociétés.C'est un roman bouleversant sur la libération d'une femme qui embrase les paysages sans limites de la pampa.C'est une merveilleuse histoire d'amour et d'aventures, un western queer et féministe.C'est enfin un appel à fonder un monde libre où les créatures s'embrasseraient avec désir et jouiraient du même amour pour les rivières, les oiseaux et les arbres. Et elles ne se sentiraient plus jamais seules.4e de couverture : Les Aventures de China Iron, c'est la relecture d'un classique de la littérature gaucho, Martín Fierro, le poème épique de José Hernandez.C'est une épopée radieuse et lumineuse, où China Iron, la femme de Martin Fierro, et Liz, partent à la conquête d'une nouvelle manière de vivre ensemble, à rebours des mythes fondateurs de nos sociétés.C'est un roman bouleversant sur la libération d'une femme qui embrase les paysages sans limites de la pampa.C'est une merveilleuse histoire d'amour et d'aventures, un western queer et féministe.C'est enfin un appel à fonder un monde libre où les créatures s'embrasseraient avec désir et jouiraient du même amour pour les rivières, les oiseaux et les arbres. Et elles ne se sentiraient plus jamais seules.
Un mystérieux corbeau au prénom biblique et à l'attitude prophétique, Jacob, tente de décrire et de comprendre les moeurs et les coutumes de l'être humain ("? cet animal qui s'enrhume ? "). Et plus encore que de s'intéresser simplement à la société humaine, l'oiseau au bec dur et à la plume noire observera la vie dans le camp de concentration du Vernet, situé sur le bord de la route Nationale 20, au nord de Pamiers en Ariège. Dès 1939, suite la défaite de la République espagnole, furent emprisonnés dans ce camp d'internement français 12 ? 000 combattants espagnols de la Division Durruti. A la déclaration de la Seconde Guerre mondiale, les étrangers "? indésirables ? ", les intellectuels antifascistes, les membres des Brigades internationales furent également internés au Vernet dans des conditions terribles. Elles seront décrites par l'écrivain Arthur Koestler - lui-même interné au Vernet d'octobre 1939 à janvier 1940 - dans La Lie de la terre. A partir de 1942, transitent par le camp les juifs arrêtés dans la région, par l'administration de Vichy dans un premier temps, puis par les Allemands. En juin 1944, les derniers internés sont évacués et déportés à Dachau. Au total environ 40 ? 000 personnes de 54 nationalités y ont été internées, principalement des hommes, mais des femmes et des enfants également. Max Aub fut interné au Vernet entre 1940 et 1941 puis déporté à Djelfa jusqu'en 1942. Tel un petit traité, au-delà de cette terrible expérience, ce récit permet à Max Aub de retracer avec un humour glaçant, avec ironie et sarcasme, le comportement des hommes et le destin tragique de la condition humaine. Max Aub en a publié une première version dans la revue Sala de Espera, en 1949 et 1950, puis une seconde version modifiée, en 1955. C'est la traduction de cette dernière que nous proposons ici.
Brûlées, premier roman d'Adriadna Castellarnau, délivre une prose implacable, sèche et intensément belle, comme si les mots eux-mêmes avaient été réduits et purifiés par le feu. Le monde est en train de mourir. Ou il est peut-être déjà mort, mais il est encore habité par des survivants qui s'entendent sur la manière de mourir de faim, qui défendent leurs biens, qui prient pour l'avenir et qui abandonnent leurs enfants, parfois pour qu'ils aient une vie meilleure, parfois simplement parce qu'ils sont épuisés. Ce qui est arrivé au monde et pourquoi cela est arrivé n'est pas fondamental, ce qui compte c'est ce qu'il faut faire des dépouilles, de la crasse, de ces feux de joie nocturnes, de l'abandon lent de la compassion et du gouvernement de la tristesse.
Résumé : Si l'obscurité est un lieu dont les habitants sont infréquentables, c'est aussi un miroir à peine déformant que nous tend Ariadna Castellarnau. En huit nouvelles, d'une écriture lapidaire, noire et poétique, qui évoque Cormac McCarthy et Volodine, Ariadna Castellarnau explore l'envers étrange et ténébreux des relations humaines. Le monstre quelle met au jour n'est pas un fantasme, un fou ou une personne violente, mais bien plutôt chacun d'entre nous, mère, père, frère, soeur, fille ou fils qui évoluons dans un territoire incertain et tortueux. Ariadna Castellarnau aime mener ses personnages, et ses lecteurs, à la rencontre de l'étrange, parce que c'est dans ce miroir tordu qu'ils pourront découvrir leur vraie nature, et, peut-être, apprendre à survivre.
L'histoire ? C'est celle d'un garçon qui est amoureux de sa mère. Il l'aime et la désire comme un amant. A vingt ans, il est renversé par une voiture et ne peut plus faire usage de ses bras ni de ses jambes. En fauteuil dans sa chambre, il enregistre alors des "gandes", des fichiers audio sur lesquels il confie à sa mère, sa "Moune", sa "Mouny" ou sa "Moon", comme il l'appelle alternativement, cet amour pour elle, cet "Omène" qu'il lui porte.
La musique contemporaine, longtemps sujet de discorde et d'affrontement, a déchaîné les passions et fait les titres des médias. Les grandes personnalités tutélaires du siècle dernier, Henri Dutilleux, Pierre Boulez, Pierre Henry, nous ont quittés. Les nouvelles technologies numériques se sont immiscées dans l'art musical comme dans les autres arts. Aujourd'hui multiforme et disséminée, la musique contemporaine attire en France de nombreux créateurs venus du monde entier, grâce à la multiplicité et au dynamisme des ensembles instrumentaux et des centres de création musicale soutenus par la puissance publique et les sociétés civiles. Pour fêter ses quarante ans, le Centre de documentation de la musique contemporaine présente un large panorama de la création musicale du XXIe siècle en donnant la parole à ceux qui la font aujourd'hui. Quatre grands textes présentent les spécificités de la création musicale en France, après quoi un parcours en quatre-vingt-dix voix, émaillé de portraits de compositrices, permet d'explorer ce paysage contrasté.
Pascal Dusapin est aujourd'hui le compositeur français vivant le plus célèbre. Il a composé, depuis quatre décennies, selon diverses manières, toutes atonales et néanmoins de plus en plus "accessibles" au public. La plus récente (son "troisième style"), empreinte de lyrisme, ne s'interdit plus les envoûtantes textures de cordes, et serait en quelque sorte néo-romantique mais dans le strict cadre du timbre. La première, encore xénakienne, hérissée de quarts de tons et de tremoli néo-expressionnistes, était celle des années 1980. La seconde occupe cet ouvrage. C'est ce qu'on appelle "l'intonation". Dusapin, durant les années 1990, associe une "modalité restreinte" qui semble imiter, à l'instrument, les prosodies de la voix parlée. Il en résulte une permanence incantatoire, qui parle littéralement à l'auditeur. C'est une approche du tréfonds commun à l'homme et à l'animal, "sale", archaïque, prosaïque, en réaction historique aux scientismes sériels puis spectraux, et qui replace la voix, en tant qu'affect brut, au coeur de la musique contemporaine.
L'ouvrage se propose de montrer le sens qu'il y a à s'orienter, en politique, par affinités, tout en distinguant la logique affinitaire d'une logique identitaire et clanique discriminante, et en questionnant son rapport à la prise en compte de la coexistence non choisie des êtres humains, avec la pluralité de leurs préférences et de leurs genres de vie. Il propose la thèse suivante : c'est paradoxalement l'orientation affinitaire, sensible, consciemment partiale, plus qu'une prétention à s'orienter d'après des raisons, qui est la plus à même de faire une place à la coexistence de la multiplicité, parce qu'elle reconnaît l'absence de principe et donc l'illégitimité de toute prétention à l'uniformisation du monde. Cette problématique conduit à poser la question de la place de la raison dans le domaine politique, à penser le rapport entre pensée logique et sensibilité politique. Par là, c'est aussi une éthique des choix politiques qui est esquissée.