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Manuscrit corbeau
Aub Max ; Contré Guillaume
HEROS LIMITE
16,00 €
Épuisé
EAN :9782889550203
Un mystérieux corbeau au prénom biblique et à l'attitude prophétique, Jacob, tente de décrire et de comprendre les moeurs et les coutumes de l'être humain ("? cet animal qui s'enrhume ? "). Et plus encore que de s'intéresser simplement à la société humaine, l'oiseau au bec dur et à la plume noire observera la vie dans le camp de concentration du Vernet, situé sur le bord de la route Nationale 20, au nord de Pamiers en Ariège. Dès 1939, suite la défaite de la République espagnole, furent emprisonnés dans ce camp d'internement français 12 ? 000 combattants espagnols de la Division Durruti. A la déclaration de la Seconde Guerre mondiale, les étrangers "? indésirables ? ", les intellectuels antifascistes, les membres des Brigades internationales furent également internés au Vernet dans des conditions terribles. Elles seront décrites par l'écrivain Arthur Koestler - lui-même interné au Vernet d'octobre 1939 à janvier 1940 - dans La Lie de la terre. A partir de 1942, transitent par le camp les juifs arrêtés dans la région, par l'administration de Vichy dans un premier temps, puis par les Allemands. En juin 1944, les derniers internés sont évacués et déportés à Dachau. Au total environ 40 ? 000 personnes de 54 nationalités y ont été internées, principalement des hommes, mais des femmes et des enfants également. Max Aub fut interné au Vernet entre 1940 et 1941 puis déporté à Djelfa jusqu'en 1942. Tel un petit traité, au-delà de cette terrible expérience, ce récit permet à Max Aub de retracer avec un humour glaçant, avec ironie et sarcasme, le comportement des hommes et le destin tragique de la condition humaine. Max Aub en a publié une première version dans la revue Sala de Espera, en 1949 et 1950, puis une seconde version modifiée, en 1955. C'est la traduction de cette dernière que nous proposons ici.
Campo de sangre est le troisième volet du cycle romanesque Le Labyrinthe magique. Le roman s'ouvre et se referme sur les bombardements nationalistes qui vont secouer Barcelone des mois durant. Le conflit dure depuis un an et demi déjà et, dans le camp républicain, on reste confiant, on garde l'espoir d'une victoire sur les nationalistes, malgré la violence quotidienne et la misère qui sévit dans la population, malgré les trahisons, les luttes internes et les échecs. Le sang et la mort sont partout : le sang des combattants et le sang des innocents, la mort héroïque et la mort bête et banale, la mort au coin de la rue.
Max Aub (1903-1972) fut un éternel exilé. Né à Paris, il passe sa jeunesse en Espagne où il se lie à l'avant-garde intellectuelle (Garda Lorca, Bunuel et Dali), avant d'être le commanditaire du Guernica de Picasso, en tant qu'attaché culturel de la République espagnole à Paris, et de participer à Sierra de Teruel, le film de Malraux. Interné par Vichy en 1941, Max Aub réussit à gagner le Mexique où il se consacre à une oeuvre littéraire protéiforme, encore méconnue en France. Le cycle romanesque Le Labyrinthe magique, composé entre 1939 et 1968, est une fresque de six volumes sur la tragédie de la guerre civile espagnole.
L'action se déroule à Madrid entre le 5 et le 13 mars 1939. Après la chute de la Catalogne en février 1939 et la fuite du gouvernement Negrin en France, la guerre est pratiquement perdue. Madrid continue de résister avec héroïsme. Plus encore que dans les autres romans du cycle, Campo del Moro foisonne de personnages : parmi les quelque 500 personnages recensés, environ le tiers sont réels, les autres sont fictifs. Il n'y a toujours pas de héros, pas d'homme exemplaire ou remarquable. Les personnages sont complexes, versatiles et ambigus. Pris dans la tourmente, ils font l'expérience de la vie à travers la trahison et l'intrigue, l'amour et l'infidélité, la rancoeur et la jalousie, la solitude, l'amitié...
Il pourrait s'agir d'un (petit) volume de confessions. A la faveur d'une préface mi-figue mi-raisin, où mauvaise foi et sincérité confondent assez vertigineusement leurs rôles, l'auteur nous laisse croire que les "crimes" dont il est question dans son livre sont le fruit d'une longue enquête auprès des divers (et nombreux) assassins qu'il a pu croiser sur deux continents. Mais très vite l'on sent que ces actes irréparables, il les prend à son compte : oui, c'est bien lui qui a commis (ou rêvé de commettre ?), au long d'une vie très ordinairement remplie, cette centaine de meurtres perpétrés au moyen d'armes variées, simples ou sophistiquées suivant les cas, dans des mises en scènes baroques ou classiques, par souci de morale et de vertu le plus souvent, de justice toujours. Cioran aimait à dire qu'il ne se souvenait pas avoir vécu une journée de sa vie où ne lui fût pas venue au moins une fois, et généralement plusieurs, le désir d'occire un (ou plusieurs) représentants de cette tribu que l'on appelle l'humanité. Avait-il lu le petit livre de Max Aub ? Il n'est plus là pour nous le dire. L'eût-il fait qu'un vif sentiment d'envie n'eût pas manqué de l'étreindre, car le señor Aub n'y va pas de main morte, si l'on ose dire. Couronné à sa sortie en français par le Grand Prix de l'Humour noir, Crimes exemplaires avait été salué par toute la presse : "Humour de styliste, qui aiguise les pointes et envenime le dard, à la manière de Swift ou à celle de Borges... Un éclat de diamant."
Figure majeure de l?avant-garde poétique américaine au 20e siècle, co-fondateur du mouvement «?objectiviste?» dont font aussi partie Charles Reznikoff ou George Oppen, Louis Zukofsky a publié au cours de sa vie un nombre important de poèmes et d?essais. Malgré l?importance capitale de ces textes tant aux États-Unis qu?outre-Atlantique, peu d?entre eux sont disponibles en français. C?est le cas notamment de Un objectif & deux autres essais, traduit par Pierre Alféri et publié par les éditions Royaumont en 1989.Ce texte que nous nous apprêtons aujourd?hui à rééditer dans la collection feuilles d?herbe comprend donc trois essais?: «?Un objectif?», «?La poésie?» et «?Déclaration pour la poésie?». Définitions et commentaires sur la poésie, ils en exposent en fait une conception singulière, théorisent le rapport que la poésie objectiviste ? et celle de Zukofsky en particulier ? entretient au monde, à la forme, à la musique. Le premier essai est en vérité un programme, celui que la poésie objectiviste se fixe dès 1931, et dont une première version avait été publiée dans la revue Poetry de Harriet Monroe, dans un numéro qui avait en quelque sorte fondé le mouvement objectiviste.
Bioy Casares Adolfo ; Azaretto Julia ; Lequesne Pa
Memoria sur la pampa et les gauchosa été écrit en 1970 au retour d'un séjour en France. Cesares y entreprend une enquête fondée sur son vécu, notamment lorsqu'il se rendait à Rincón viejo, la propriété familiale sise à Pardo, dans la province de Buenos Aires. Adolfo Bioy Casares a en effet été fortement imprégné des scènes de la vie des gauchos argentins durant son enfance dans l'estancia familiale. Avec ce livre, fidèle à son souci d'érudition et à sa manière propre d'user de l'interprétation, l'auteur de L'invention de Morel se met à rêver à la vie du gaucho que ni lui ni Jorge Luis Borges, n'auront réellement vécue. Bioy Casares réfléchit ici à la figure du Martín Fierro (nous avons publié l'essai de Jorge Luis Borges en 2012) et ce qu'elle représente dans la littérature mais aussi dans la société argentine du XXe siècle. La construction du récit est parfaite. Le gaucho y acquiert un statut mythique : sorte de chevalier moderne, archétype de Don Quichotte. Chansons d'une autre époque, personnages de films, photographies, poèmes de l'une des traditions littéraires nationales ; l'ensemble devient une petite une somme de documents, de sources et de pièces à conviction qui contribuent à la légende argentine de la pampa. L'érudit et faiseur d'histoires Casares joue avec élégance sur l'imagerie, entre mémoire et imaginaire. Des photographies en noir et blanc, petites pépites classées par ordre chronologique, jalonnent le texte. Les histoires et chansons de payador qui s'y succèdent sont brèves, enchantées. C'est en réalité une vision moderne des chanteurs illettrés du Moyen Age qui s'en dégage de manière spontanée et improvisée.
Résumé : Mendel Singer alluma la bougie dans la bouteille verte à côté du lit et alla à la fenêtre. Là, il vit le reflet rougeâtre de la vivante nuit américaine qui se jouait quelque part et l'ombre argentée intermittente d'un projecteur qui semblait désespérément chercher Dieu dans le ciel nocturne. Oui, Mendel voyait même quelques étoiles, quelques misérables étoiles, des constellations déchiquetées. Mendel se souvenait des nuits claires et étoilées au pays, du bleu profond du ciel immensément étendu, du croissant de lune doucement courbé, du sombre murmure des pins dans la forêt, des voix des grillons et des grenouilles.