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Proust dans la pensée contemporaine
Contini Annamaria ; Piazza Marco ; Sandreschi de R
KIME
22,00 €
Épuisé
EAN :9782380721591
Tout en reconnaissant la spécificité de l'oeuvre de Proust au carrefour de la littérature et de la philosophie, le volume aborde le texte proustien et sa signification à partir de différentes perspectives disciplinaires et avec différentes approches interprétatives. Les essais qui le composent contribuent chacun à cartographier les nouvelles voies théoriques suggérées par Proust à partir de la contamination entre plusieurs genres (traité philosophique, roman, essai critique) et champs disciplinaires (philosophie, psychologie, sociologie), pour identifier les sollicitations que l'oeuvre de Proust peut encore offrir au débat contemporain (par exemple à la recherche philosophique, à la psychologie, aux neurosciences, à la sociologie). Proust était un grand métaboliseur et ce n'est qu'en gardant comme guide la nécessité de redonner un sens unitaire à la grande cathédrale de son roman qu'il est possible de trouver une place et un sens aux pièces hétérogènes qui la composent et la font briller comme un prisme aux mille facettes.
Voici explorée l'interaction entre l'esthétique et l'étude du vivant en France, de l'Ecole médicale de Montpellier à Bergson, en passant par Comte, Claude Bernard, Ravaisson et Guyau. Dans le sillage de la réflexion menée par Georges Canguilhem, le livre montre à la fois la valeur philosophique que prend la connaissance de la vie et la valeur de référence que prend le domaine de l'art pour précisément saisir la vie dans son originalité, dans les aspects qui la rendent irréductible à un simple mécanisme.
Longtemps oubliée, la philosophie de la vie de JeanMarie Guyau (1854-1888) fait à nouveau l'objet d'études et de discussions - notamment pour son influence sur des auteurs comme Proust ou Bergson, mais plus encore pour l'originalité et la portée prophétique de sa réflexion. Avant Nietzsche, qui fut d'ailleurs son lecteur, Guyau annonce la fin des grands systèmes, le crépuscule du devoir, l'avènement d'une éthique sans obligation ni sanction ; il appelle de ses voeux un polythéisme des valeurs, et insiste sur les aspects vitaux et créatifs de l'action morale ; il voit dans l'expérience esthétique une stimulation de la vie et (comme le diront certains théoriciens post-modernes) un puissant facteur de cohésion sociale. Le présent ouvrage développe entre autres ces thèmes restés actuels, et s'arrête en particulier sur le rôle paradigmatique assigné à l'art dans la recherche de nouveaux modèles éthico-sociaux. Dans le même temps, il s'attache à replacer l'originalité de Guyau dans son contexte historique et philosophique, en proposant un éclairage précis et informé sur la période située à cheval entre positivisme et intuititionnisme ; une période qui, à son tour, finit par apparaître étonnamment proche de l'horizon formé par nos propres questions.
Initialement rédigé par Raphaël Contini (droit constitutionnel), Béatrice Géninet (droit civil) et Stéphane Mouré (histoire du droit), cet ouvrage a été régulièrement revu et mis à jour. Cette nouvelle édition (2012) a été établie par Eric Pomès, Catherine Lesage et Guillaume Bernard.
Dans le sillage de Flaubert sont nées, dans tous les domaines artistiques, des adaptations et des créations multiples, reflétant la réception contrastée de son oeuvre de par le monde : le cinéma, le théâtre, la musique, l'opéra, la bande dessinée, nous offrent aujourd'hui une très large palette d'intertextes attestant la vitalité d'une oeuvre constamment lue, relue, réécrite, traduite, retraduite, bref, constamment (ré)interprétée, en vertu d'intentions parfois contrastées, méritant une étude attentive, en vertu peut-être aussi de l'inquiétude fondamentale qui traverse l'oeuvre de Flaubert et dont ces postérités sont, chacune à leur manière, les échos entêtants. L'étude de ces "dérivés" flaubertiens révèle aussi bien les procédés d'actualisation de la filiation ainsi revendiquée, que les singulières métamorphoses induites par les lectures de Flaubert en d'autres langues et au sein d'autres cultures. Ce volume rassemble les travaux de chercheurs internationaux, qui, à l'étranger et en France, nous offrent un vaste panorama de ces créations.
A l'occasion du centenaire Proust, la maladie personnelle de Marcel Proust est venue occuper la scène biographique sans toujours apercevoir toute la dimension idiosyncrasique de l'oeuvre. Car l'asthme dont souffre Marcel Proust comme une maladie chronique est redoublé ici par celui du Narrateur : son corps souffre autant de la maladie d'amour que de la maladie physique, à moins que la première n'ait déclenché la seconde. Pour cela le thème de la maladie est essentiel car il vient manifester le temps dans le corps ; il met aussi en péril la permanence du moi au point d'apercevoir qu'il n'était constitué que du temps passé, incorporé. Notre étude nous conduira ainsi d'une critique de la médecine comme science du corps objet à l'avènement du thème de la guérison. L'écriture de A la recherche du temps perdu comme métamorphose de toute maladie, facilite cette conversion du vécu intime de l'amour en vécu phénoménologique dégageant l'essence de l'amour. Forme d'exorcisme, l'écriture permet à tout un chacun de se reconnaître. Le narrateur nous ressemble puisque son récit nous touche en atteignant la condition commune, celle de la souffrance.
Faye Emmanuel ; Lassègue Jean ; Rastier François ;
Bien au-delà de la seule philosophie, le débat à Davos en 1929 entre Cassirer et Heidegger a marqué l'histoire des idées. Il a même donné naissance à des récits passablement légendaires qui négligeaient le contexte historique précis. Un nouveau regard s'impose, à la lumière des oeuvres publiées depuis lors. Les vingt-cinq tomes de l'édition allemande de référence de Cassirer ne sont disponibles que depuis 2007. S'y s'ajoutent les dix-sept tomes du Nachlass depuis 2017. Des 102 volumes de la Gesamtausgabe de Heidegger, édition de référence mais sans garantie scientifique, moins d'une dizaine reste programmée, mais d'ores et déjà la publication des cinq premiers volumes des Cahiers noirs a permis d'engager une relecture critique de l'ensemble. C'est donc à présent seulement que l'on peut véritablement évaluer les projets contrastés des deux auteurs. Leurs enjeux intéressent notamment le statut de la rationalité et des sciences, en particulier celles de la culture, aussi bien que le statut de la technique parmi les formes symboliques. Et tout autant, l'opposition entre la démocratie et la théologie politique ; entre la légitimité du cosmopolitisme et l'ontologie identitaire ; enfin, entre la possibilité même d'une éthique ou son rejet de principe. Tous ces thèmes contradictoires exigent aujourd'hui une révision critique, non seulement rétrospective, mais aussi ancrée dans le présent. Car au-delà même de la philosophie, des courants de pensée et des forces politiques en Europe et dans le monde poursuivent ces deux voies qui s'opposent aujourd'hui.