Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Les Coyotes. Un périple au-delà des frontières avec les migrants clandestins
Conover Ted ; Saysana Morgane
EDITEUR GLOBE
22,50 €
Épuisé
EAN :9782211219495
Ce lieu était vraiment ahurissant : des gens vivaient ici pour de vrai, au beau milieu de ces bois artificiels en proie aux pesticides et au froid mordant. Au-dessus de nos têtes, un grand pan de plastique s'étalait sur l'équivalent de deux rangées d'arbres : le toit de ces hommes, qu'ils avaient dû acheter au propriétaire, précisèrent-ils. Puisqu'il fallait irriguer les rangées d'arbres pour les maintenir en vie, ils se voyaient régulièrement chassés par les inondations, souvent sans avertissement. Et pour faire leur toilette et s'abreuver, ils n'avaient que les fossés à disposition..." Les Coyotes est le fruit d'une enquête étourdissante au cours de laquelle Ted Conover s'est totalement investi pour vivre la vie des migrants clandestins aux Etats-Unis. Durant un an, il a traité avec des caïds versés dans le trafic d'êtres humains, s'en est remis à des passeurs, a trimé dans des vergers et partagé le quotidien d'ouvriers sans papiers. Tour à tour dérangeant et désopilant, Les Coyotes permet de prendre la mesure du désarroi de familles qui, acculées à fuir leur pays, bravent l'adversité et le danger dans l'espoir de connaître une vie meilleure de l'autre côté de la frontière.
Tout comme il faut parfois prêcher le faux pour obtenir le vrai, il peut arriver que certaines vérités profondes de l'histoire d'un pays n'apparaissent jamais aussi clairement que dans les déformations, exagérations et divagations de la fiction. La grande démocratie américaine a son versant obscur, dont les heures les plus sombres furent les délires et les persécutions du Maccarthysme avec en point d'orgue l'exécution des époux Rosenberg. C'est ce point noir de la conscience américaine que Robert Coover revisite avec une audace débridée : par la puissance de l'imagination et la lucidité de 'intuition, il se fait rouvrir les dossiers secrets du FBI, il dévoile les magouilles sous-jacentes à la Guerre froide, et plonge le lecteur dans un monde pourri en quête d'une fausse pureté. Par ses travestissements de l'Histoire, le Bûcher de Times Square (titre désignant la vision de la mise à mort des Rosenberg en plein New York) joue avec une réalité historique shootée à la plus extravagante imagination, et constitue un des chefs-d'oeuvre de la littérature contemporaine. Un roman culte que l'actualité récente remet au goût du jour, selon la vieille intuition de Vico et Michelet que l'Histoire est une spirale.
Pas de doute, vous tenez entre les mains un roman graphique de filles pour les filles, à la fois explicite et joyeux. Bisexuelle avouée, la dessinatrice américaine Colleen Coover signe avec Small Favors une BD libérée, empreinte de fantaisie et servie par une somptueuse ligne claire.
Phil M. Noir, détective privé, est le rejeton le plus désaxé de New London. Trench-coat défraîchi, menton mal rasé et clope au bec, il écume les ruelles les plus glauques de la ville pour élucider les affaires troubles de ses clients, telle celle de cette veuve en voilette noire et toute en jambes dont le mari s'est fait tuer dans un règlement de comptes. De bar en bar et d'informateur en informateur, il glane des tuyaux pour coincer le meurtrier. Lorsque la veuve se fait refroidir et que le corps est dérobé à la morgue, Noir refuse de lâcher l'affaire, malgré les exhortations de sa très efficace assistante, Blanche, et tous les passages à tabac que truands et policiers lui font subir. Coover utilise tous les poncifs du genre pour mieux les renverser. Car le polar à sa façon n'a rien d'une ligne droite conduisant à l'identité de l'assassin. C'est un récit qui tangue, qui titube comme Noir à la sortie du Loui's, une boîte interlope... Un roman subtilement décalé, ébouriffant et souvent très drôle, à l'atmosphère enivrante. Biographie: Robert Coover, né en 1932, a reçu le prix William-Faulkner en 1966 pour son premier roman, The Origin of the Brunists. Il pratique toutes sortes d'ateliers d'écriture très sophistiqués dans différentes universités des États-Unis et d'Europe. Depuis Le Bûcher de Times Square, en 1980, son ?uvre est publiée, en traduction française, aux Éditions du Seuil, dans la collection "Fiction & Cie".
John est riche, brillant, puissant. C'est, dans tous les sens, du terme, un « bâtisseur ». Il règne sur une petite ville typique de l'Amérique des plaines. On peut dire aussi de John que tout lui réussit et que tout lui réussira toujours. Si John est faction, sa femme - tout le monde (appelle la femme de John - est un miroir: dans sa beauté, dans son élégance, c'est toute une société qui se mire. Elle est convoitée, enviée, admirée, jalousée. Les hommes sont fous d'elle: Floyd, Otis, Kevin, Lenny, Alf... Mais la femme de John est insaisissable, et quand Gordon, le photographe, la mitraille à son insu dans une cabine d'essayage, c'est pour s'apercevoir ensuite qu'il avait déjà utilisé sa pellicule pour faire des photos de sa propre femme. On n'attrape pas un reflet... La petite ville qu'on croyait si policée révélera peu à peu ses secrets: impostures, trahisons, incestes, meurtres, incendies. Tous les masques tombent. Seule la femme de John reste intacte. Immuable...
Steven Levy est le rédacteur en chef de Wired, le magazine américain de référence en matière de nouvelles technologies. Son livre, sorti pour la première fois en 1984 aux Etats-Unis, est culte pour des générations d'informaticiens, de créateurs de jeux, d'entrepreneurs et de bidouilleurs en tout genre.
Résumé : Le fait divers secoue toute l'Espagne, mais pour elle, l'histoire devient une obsession. Elle demande un congé sabbatique, non tant pour élever son enfant que pour se lancer dans une enquête vertigineuse sur ce crime. En s'attaquant au tabou des tabous, l'infanticide, en questionnant le rapport entre maternité et création, avec Doris Lessing ou Sylvia Plath, en évoquant sans fard la vie secrète, solitaire et ennuyeuse, de la jeune maman, en croisant le fer avec les " mères à l'enfant " triomphantes et caricaturales des magazines, Katixa Agirre questionne la violence, l'ambivalence et les bouleversements que charrie l'enfantement dans une société résolue à les passer sous silence. Elle ne donne pas de réponse. Elle se contemple dans un miroir trouble et obscur. Son roman, mené comme un thriller, mêle brillamment chronique judiciaire et récit intime, et met en lumière les fragilités et les gouffres méconnus des mères débutantes. Il n'en est que plus perturbant, courageux et nécessaire.
Résumé : Voilà treize ans qu'ils sont ensemble. Pourquoi le pronom "je" a-t-il disparu, corps et âme, de la langue de leurs couples ? Quand les bras grands ouverts de la maternité se sont-ils refermés comme les dents d'un piège ? A Londres, dans une ville amoureusement parcourue et habitée, de l'élection de Barack Obama à la mort de Michael Jackson, deux couples se débattent avec leur histoire, le travail, la quarantaine, les illusions perdues, et leur statut d'émigrés de la deuxième génération devenus parents à leur tour. Ils ont cru à l'intégration, voilà qu'ils se désintègrent. Là-haut, sur sa colline de la rive sud, le phare du Crystal Palace veille sur eux. Doit-on, comme lui, accepter de voir les facettes et les façades de la vie tomber en mille morceaux pour qu'elle soit rebâtie ailleurs, en trois fois plus grand ? Avec brio, avec verve, avec un scalpel trempé dans un élixir de poésie, Diana Evans répond.
Résumé : Les mots nous manquent. Notre époque est féconde en sigles, acronymes barbares et innovations techniques. Mais, pour dire les émotions, les sentiments nouveaux provoqués par notre évolution, pour décrire certaines attitudes humaines, certains états d'âme, les mots nous font défaut. Ceux des dictionnaires existants ne suffisent plus. Alors, Stefano Massini, l'auteur célébré des Frères Lehman (prix Médicis essai et prix du Meilleur livre étranger catégorie Fiction en 2018), s'est attelé à la tâche ludique de nous enrichir... en vocabulaire. Il nous raconte une histoire. Vraie. Héritée du passé. Il nous décrit un geste plein de panache, un renoncement plein de sagesse, une façon de vivre qui rend tout plus drôle et plus léger. Cette histoire fait écho en nous. Elle nous inspire. Nous aurions bien envie de l'endosser ou de la donner en exemple. Et voilà l'auteur qui lui attribue le nom qui manquait : celui de la personne qui l'a incarnée. C'est ainsi que naissent le hookisme, le dottisme, la fusagie, l'adjectif parksien, le verbe mapucher, etc. Lire ce livre sans nous y reconnaître ? Difficile. Le lire sans avoir envie, à notre tour, de jouer à inventer un mot inexistant ? Impossible.