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Les Recteurs. Deux siècles d'engagements pour l'Ecole (1808-2008)
Condette Jean-François
PU RENNES
18,00 €
Épuisé
EAN :9782753508095
Il y a deux cents ans, le décret impérial du 17 mars 1808, en 144 articles, organisait l'Université impériale fondée en 1806. Restaurant les facultés, précisant les grades mais aussi la hiérarchie interne du personnel administratif et enseignant, cet imposant décret jetait les bases de notre système contemporain d'Instruction publique. C'est aussi par ce décret qu'apparaît le recteur d'académie, défini comme le représentant direct du Grand-Maître parisien, chef d'un espace territorial nouveau, l'académie, composée d'un regroupement de plusieurs départements pour la gestion des affaires éducatives. Parfois menacée de suppression, souvent modifiée dans ses attributions réglementaires, la fonction rectorale a surmonté les multiples changements de régimes qu'a connus la France depuis 1808, s'affirmant comme une spécificité française. Cet ouvrage revient sur les deux cents ans d'engagements polymorphes des recteurs d'académie au service du développement de l'Instruction publique. Il associe de larges synthèses sur la naissance de la fonction et les principales phases de son évolution, les analyses plus spécifiques sur certains de leurs engagements, tout en proposant des études de cas académiques ou biographiques. Ces contributions permettent ainsi de mieux connaître les recteurs et leur fonction mais aussi de réaliser, par leur intermédiaire, une véritable plongée dans l'histoire de nos structures éducatives contemporaines.
Incarnation du boursier conquérant de la Troisième République, fils d'un modeste instituteur, Albert Châtelet - né à Valhuon (Pas-de-Calais) en 1883 - réussit, par ses aptitudes et son travail, à s'imposer comme un universitaire consacré. Professeur de mathématiques à la faculté des sciences de Lille à partir de 1919, doyen de son institution, il occupe après la Seconde Guerre mondiale, une chaire en Sorbonne et devient le doyen de la faculté des sciences de Paris. Il est aussi une figure majeure de l'administration de l'Instruction publique. Recteur de l'académie de Lille entre 1924 et 1936, il y accomplit une ?uvre fondamentale de bâtisseur et de réformateur, au service des structures éducatives et de la nécessaire Ecole unique. Nommé directeur de l'Enseignement du second degré par Jean Zay. Albert Châtelet multiplie les initiatives en vue de la modernisation du système éducatif. Sanctionné par le régime de Vichy, il retrouve ensuite ses fonctions d'enseignant du supérieur. comme professeur à la Sorbonne. La retraite en 1954, par l'abandon du devoir de réserve du fonctionnaire, lui permet de multiplier les engagements dans l'Ici et Maintenant, au service des valeurs qui furent les siennes toute sa vie. Membre de multiples associations pacifistes, il lutte pour le rapprochement entre les peuples, au-delà de la déchirure qu'est le rideau de fer, et milite pour la reconnaissance par la France de la Chine communiste et de la République démocratique allemande. Il s'engage surtout contre la poursuite de la guerre en Algérie et contre l'usage de la torture, organisant plusieurs colloques universitaires et apportant sa contribution à la création du Comité Maurice Audit). En 1958, il s'oppose au retour de Charles de Gaulle au pouvoir et combat le projet constitutionnel du Général. Il entre alors, aux côtés de François Mitterrand et de Pierre Mendès France. entre autres, au sein de l'Union des forces démocratiques et accepte d'être le candidat de l'U.F.D. à l'élection présidentielle indirecte de décembre 1958 où il recueille un peu plus de 8 % des suffrages. Lorsqu'il décède en 1960, le monde universitaire et intellectuel rend hommage à Albert Châtelet, homme aux multiples engagements qui a consacré sa vie à l'Ecole de la République.
Cet ouvrage regroupe dix-neuf contributions de spécialistes fédérées autour du thème central du coût des études, de ses implications scolaires, sociales et politiques. Si l'on insiste souvent en effet sur les dimensions idéologiques et politiques des tensions et des décisions qui concernent les structures éducatives, les historiens ont eu trop tendance à négliger la dimension financière de ces mêmes décisions. Or l'éducation a un coût certain, alimente un "marché scolaire" et fait vivre des entreprises qui lui construisent ses bâtiments, lui fournissent son ravitaillement, ses meubles et son matériel pédagogique. Si l'obsession de la rentabilité des institutions est désormais d'actualité, tout comme la logique managériale et la déclinaison des objectifs en compétences, il s'en faut de beaucoup que ces préoccupations soient entièrement nouvelles. Il s'agit alors d'examiner, au plus près des sources et sur la longue durée qui couvre la période allant du XVIe siècle au XXe siècle, les modalités, les finalités et les conséquences de l'investissement éducatif. Quel est le coût des études, selon les périodes prises en considération, selon les institutions et le niveau d'études choisis? Comment s'opèrent les montages financiers qui permettent aux institutions éducatives de vivre et de se développer ? Quels sont les principaux acteurs qui financent l'Ecole et pour quelles raisons ? Les Eglises et leurs membres, les villes et leur oligarchie, les communautés d'habitants, les notables philanthropes mais aussi les entreprises et les familles participent au financement de l'éducation mais l'on perçoit, dans ces contributions, la progressive affirmation de l'Etat central qui investit ce champ en imposant ses prérogatives. Le coût des études est aussi un marqueur social extrêmement puissant qui sépare ceux qui peuvent payer de ceux qui ne le peuvent pas, même si tout un système d'aides existe rapidement, englobant bourses et exemptions aux finalités polysémiques. La gratuité de l'enseignement marque à ce niveau une étape fondamentale même si elle ne signifie pas la fin de tout frais pour les familles. Explorant un territoire historique encore peu parcouru, ce livre est aussi, on le devine, au coeur de nos préoccupations actuelles sur l'Ecole et son coût.
L'Ecole n'est pas hors du monde et hors du temps. Lorsque les " malheurs de la guerre " frappent un territoire et se habitants, les acteurs éducatifs et les structures scolaire sont touchés. La mobilisation des hommes pour le combo atteint les personnels et les plus grands élèves ainsi que les étudiants, qui délaissent la plume et le verbe pour l'épée et le fusil. A l'arrière, les acteurs de l'Ecole tentent de maintenir en vie les structures scolaires et universitaires et de k mobiliser pour la victoire alors que nombre de bâtiment sont aussi réquisitionnés pour d'autres missions. Lorsque la guerre, devenue défaite temporaire ou plus durable débouche sur l'occupation par des forces ennemies ou su l'installation d'un nouveau régime politique (tel le Régime de Vichy), les Ecoles doivent apprendre à " survivre en terrain hostile, marquant souvent par leur présence une forme de résistance. Le positionnement des acteur éducatifs, dans ces périodes " noires " s'avère complexe l'Ecole, qui peut être un outil de formation au service d l'esprit raisonnable et de la paix entre les hommes, peu aussi, sous certaines conditions, devenir un instrument au service de la préparation de la guerre. Ce sont là k thématiques majeures proposées par ce livre qui, autour d 24 contributions inédites, croisant les échelles spatiales, fa] aussi le choix de la longue durée (XVIIe-XXe siècles), même si elles portent surtout sur les deux guerres mondiales du XXe siècle.
Si l?on connaît mieux désormais l?histoire des enseignants ainsi que celle des administrateurs que sont les inspecteurs généraux, les inspecteurs d?académie et les recteurs, par la publication de travaux scientifiques plus nombreux, les chefs des établissements éducatifs, par contre, demeurent presque "sans histoire", grands oubliés des études historiennes alors qu?ils sont au coeur de l?action, dirigeant les cellules de base qui, localement, mettent en oeuvre la politique éducative nationale en tentant de l?adapter au mieux aux caractéristiques de leur milieu local. Ce livre apporte une contribution neuve à l?histoire des chefs d?établissements scolaires et universitaires sur la longue durée (XVIIe siècle-XXIe siècle) en s?intéressant aux proviseurs, principaux et directrices de lycées et collèges, aux directeurs et directrices d?écoles et d?écoles normales mais aussi aux doyens des facultés et aux présidents des universités. Il s?agit alors de mieux connaître les modes de sélection et de nomination de cette élite administrative proche du terrain, mais aussi d?en étudier les principales caractéristiques et leurs évolutions, tout en observant, au plus près des sources archivistiques, leur travail au quotidien et leur devenir.
Le secteur culturel vit une période de profondes remises en cause. Les politiques culturelles doivent se réinventer, notamment dans leurs liens aux publics. Dès lors, il ne s'agit plus de considérer les publics comme tels, mais comme des personnes qui portent et produisent leur propre culture. Cette posture, défendue par le référentiel des droits culturels, interroge les contributions des différentes parties prenantes de l'écosystème concerné. Ainsi, de la création aux enjeux de diffusion, d'appropriation et de participation, toutes les fonctions de la chaîne de valeurs artistiques sont interrogées : qui est créateur (légitime), diffuseur, prescripteur ? Sans oublier le numérique, nouvel espace médiatique, qui contribue également à redistribuer les rôles. Cet ouvrage, par une approche pluridisciplinaire renouvelée, présente plusieurs analyses tant conceptuelles qu'empiriques de ce nouveau contexte. Il permet d'en éclairer les différents enjeux : comment passer de la notion de publics (voire de non-publics) à celle de personne ? Comment passer d'enjeux transactionnels (partages ponctuels) à des enjeux relationnels (logiques apprenantes longitudinales) ? Comment les différents acteurs se saisissent du numérique dans ces nouveaux processus ?
A Rome, religion et pouvoir sont étroitement imbriqués, comme le montre le relief en couverture du volume : autour de l'autel, le dieu (Mars en l'occurrence) et le magistrat veillent de concert à la clôture des opérations du census qui, tous les cinq ans, définissaient la place de chacun dans la communauté civique. Cet ouvrage permet de mieux appréhender les rapports entre religion et pouvoir dans le cadre des collectivités romaines, de la deuxième guerre punique à la fin des Sévères. Avec les pratiques rituelles pour fil conducteur, il privilégie trois problématiques : les institutions, les acteurs dans leurs espaces et pratiques, et les changements face à l'évolution des situations historiques. L'enquête est nourrie des renouvellements historiographiques opérés depuis deux générations dans l'histoire des religions comme dans l'histoire politique et sociale du monde romain.
Epiphénomènes d'une mutation sociétale, fruit de l'économie numérique, les tiers-lieux interpellent les décideurs publics territoriaux sur l'attitude à adopter, de l'intérêt bienveillant à une tutelle complète. L'ouvrage réunissant une équipe pluridisciplinaire de chercheurs présente un matériau empirique original sur cette réalité émergente, encore mal connue : celle de la multiplication des tiers-lieux dans les villes et hors des centres métropolitains. Il pose de nouvelles questions, encore peu traitées dans la littérature, en s'intéressant à la trajectoire sociale des fondateurs d'espaces de coworking, aux nouvelles manières des jeunes générations de travailleurs du numérique de conjuguer leurs aspirations de liberté et d'épanouissement dans les domaines professionnel et privé, ainsi qu'à leurs nouveaux rapports à la collaboration, au travail, au territoire, à la mobilité et aux questions écologiques.
Hourmant François ; Lalancette Mireille ; Leroux P
Au Canada, les selfies du premier ministre Justin Trudeau sont devenus un marqueur de son identité politique et une ressource stratégique. En France, Nicolas Sarkozy, et plus récemment Emmanuel Macron, ont multiplié les couvertures de Paris Match, accédant avant même d'être élus au statut de célébrités politiques, n'hésitant pas à jouer sur les ressorts de la peopolisation pour asseoir leur visibilité et leur légitimité. Entre scandalisation et médiatisation promotionnelle, une nouvelle économie politique de la célébrité s'est imposée aux leaders politiques, désormais soumis à ces "tyrannies de l'intimité" dont parlait déjà Richard Senett à la fin des années 1970, comme au panoptisme des réseaux sociaux. En croisant les analyses et les regards transatlantiques, en confrontant les trajectoires - celles de Louise Michel et de Rachida Dati, de Marine Le Pen et de sa nièce Marion Maréchal Le Pen, d'Emmanuel Macron et de Justin Trudeau - il s'agit alors de tenter comprendre ce que la culture de la célébrité fait à la politique. Dévoiement de la politique pour les uns, appauvrissement du débat, disqualification du discours au profit des logiques émotionnelles, danger de démagogie par l'hypertrophie des affects, propension à l'exhibitionnisme des prétendants et au voyeurisme des électeurs, l'irruption de la "topique de la célébrité" peut aussi être considérée comme un outil de revitalisation de la politique à l'heure du désenchantement démocratique et de la crise de la représentation.