Dans les cités du monde romain, le phénomène de la coexistence entre populations d'origine allogène a pris diverses formes. Quels sont les critères qui régissent la définition des statuts des individus et des communautés par rapport à celui, dominant, des citoyens de la cité ? Comment se concrétise, au quotidien, la coexistence infra-communautaire dans le vécu des relations sociales? Quelles sont les évidences qui permettent d'identifier et reconnaître les différents groupes sur le terrain ? Cet ouvrage, qui reproduit les Actes du Colloque qui a eu lieu à Valenciennes en octobre 2005, essaie d'apporter des réponses à ces questions, en mettant plus particulièrement l'accent sur les aspects normatifs, la dimension religieuse ainsi que sur les perspectives ouvertes par des découvertes archéologiques récentes en Gaule du Nord. D'un extrême à l'autre d'une échelle chronologique très étendue, des incolae de l'Italie républicaine aux lètes et fédérés barbares de la Gaule du nord et des Germanies au Bas-Empire, l'attention des auteurs des contributions se porte surtout sur l'Occident, sans exclure, pour autant, dans une approche comparative, certaines réalités assez significatives de l'Orient méditerranéen.
Je suis Spartacus ! " , tel est le cri unanime des derniers esclaves survivants de la révolte du légendaire gladiateur, dans une scène mémorable du film de Stanley Kubrick, où Kirk Douglas incarnait le Thrace rebelle, chef du plus important soulèvement d'esclaves de la Rome antique. Au-delà de l'effet dramatique, Spartacus devenait ainsi le symbole d'un esprit collectif susceptible d'emprunter de multiples visages. Dès l'Antiquité, la nature de ce personnage historique, et sa révolte de 73 à 71 av. n. è. , ont fait l'objet d'interprétations diverses. A partir du siècle des Lumières, Spartacus est devenu le sujet d'innombrables créations théâtrales et littéraires, voire cinématographiques, depuis les premiers films muets jusqu'à l'oeuvre de Kubrick en 1960. Encore dans les années 2010, l'esclave rebelle a été le protagoniste d'une série télévisée américaine à succès. En tentant de combler le fossé entre le passé et le présent du mythe du gladiateur rebelle, cette biographie se propose d'examiner ses mille visages, des origines jusqu'à l'époque contemporaine. L'auteur s'attache ainsi à raconter l'histoire de la révolte de Spartacus à partir des sources antiques, en prenant en compte aussi les dernières découvertes archéologiques. Sont analysées les oeuvres théâtrales, littéraires et cinématographiques représentatives de différentes périodes historiques qui ont contribué à forger le mythe. Le siècle des Lumières, l'époque de l'abolition de l'esclavage, le " printemps des peuples " du milieu du XIXe siècle, l'âge des révolutions socialistes, de la Commune de Paris de 1871 à la révolution russe de 1917, la période de la " chasse aux sorcières " des années 1950 aux Etats-Unis : toutes ces époques ont raconté leur Spartacus.
Depuis l'Antiquité jusqu'au XIXe s, les paysages européens ont connu différentes formes de marquage territorial en fonction des époques et des secteurs géographiques : celles-ci sont l'expression des contraintes du milieu naturel, mais elles sont également le produit de systèmes socio-économiques différents qui emploient des marqueurs spécifiques. Après un demi-siècle de transformation par les grandes infrastructures, les aménagements planifiés et la diffusion de formes industrialisées de construction, émergent de nouvelles préoccupations autour d'un paysage conçu comme bien commun des sociétés. Cette problématique générale, développée au sein de l'Action Européenne COST A27, constitue l'objet de cet ouvrage, qui reproduit les actes du Colloque " Marqueur des paysages et systèmes socio-économiques : de la construction des paysages préindustriels à leur perception par les sociétés, contemporaines " tenu au Mans en décembre 2006. Dans les deux premières parties, les éditeurs ont opté pour une présentation thématique et descriptive des marqueurs paysagers en deux grandes catégories : d'un côté les éléments à forte valeur symbolique ou socio-économique (simples bornes, tombes et lieux de cultes, établissements agricoles...), de l'autre les réseaux linéaires et les ensembles culturaux aménagés (réseaux routiers, centuriation romaine, cultures en terrasses, systèmes d'irrigation...). Les articles qui composent la troisième partie, consacrée à l'histoire des paysages de l'Europe du nord-ouest et à leur devenir dans la société du XXIe siècle, se proposent enfin d'amener les lecteurs à s'interroger sur le rôle que les marqueurs pré-industriels peuvent encore jouer dans les sociétés contemporaines en prenant en compte leur perception par les communautés locales, régionales, voire nationales.
Chauveau Etienne ; Creach Axel ; Compatangelo-Sous
Catastrophe du Vésuve en 79 ap. J-C., disparition des sociétés de l'île de Pâques au XIXème siècle, submersion marine consécutive à la tempête Xynthia en 2010 : à toute époque, en tout lieu de la terre, les sociétés humaines ont fait l'expérience de la catastrophe, qu'elle soit d' origine naturelle ou sociétale. Ces catastrophes ont profondément bouleversé les sociétés impactées, directement et indirectement, elles leur ont demandées de faire face, de s'adapter pour se reconstruire. Les témoignages de ces événements sont d'une grande richesse scientifique : ils permettent de comprendre comment a été vécue et perçue la catastrophe, d'analyser les réponses des sociétés face à ces situations exceptionnelles. Ressemblant une sélection de contributions du colloque Survivre à la fin d'un monde : perspectives historiques et géographiques (Nantes, novembre 2016), organisé dans le cadre du programme de recherche Atlantys, ce numéro revient sur l'expérience de la catastrophe à différentes échelles temporelles et spatiales. Il offre un témoignage du processus d'adaptation permanent qui traverse les sociétés autour du globe et qui concerne, plus que jamais, notre société contemporaine et globalisée. Ce numéro propose un regard croisé entre historiens et géographes, entre scientifiques et experts opérationnels.
L'histoire des poches de l'Atlantique reste largement méconnue, fragmentée en de multiples récits locaux décrivant largement les combats et les combattants ou les souffrances des civils, sans analyser les enjeux politiques et militaires, sans présenter l'avant et l'après. Cet ouvrage ne prétend pas à l'exhaustivité, mais revient sur des thématiques méconnues ou des réalités souvent complexes. L'ouvrage s'organise en cinq parties : une première revient sur la constitution et l'histoire de ces fronts en distinguant deux réalités très différentes, les poches bretonnes et celles du sud-ouest.Une seconde partie s'intéresse aux enjeux de ces ports forteresses pour les belligérants, les Allemands et les Français. Les assiégés et les assiégeants sont au coeur de la troisième partie, en posant le regard sur les exemples concrets de Lorient et de Saint-Nazaire, mais également sur les combattants, les FFI, les forces françaises et les troupes de l'Est. La quatrième et la cinquième partie renouvellent l'histoire des poches en abordant des sujets originaux, la Libération et sa planification, l'épuration, la restauration de l'Etat, la reconstruction, en particulier par l'exemple de Saint-Nazaire, puis la mémoire et les commémorations.Cet ouvrage apporte une vision différente et originale de l'histoire singulière de ces poches de l'Atlantique.
La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ?A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre Hirsch4e de couverture : La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ?A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre HirschNotes Biographiques : Jean-Luc Mastin est maître de conférences en histoire économique et sociale contemporaine à l'université Paris 8.
Hourmant François ; Lalancette Mireille ; Leroux P
Au Canada, les selfies du premier ministre Justin Trudeau sont devenus un marqueur de son identité politique et une ressource stratégique. En France, Nicolas Sarkozy, et plus récemment Emmanuel Macron, ont multiplié les couvertures de Paris Match, accédant avant même d'être élus au statut de célébrités politiques, n'hésitant pas à jouer sur les ressorts de la peopolisation pour asseoir leur visibilité et leur légitimité. Entre scandalisation et médiatisation promotionnelle, une nouvelle économie politique de la célébrité s'est imposée aux leaders politiques, désormais soumis à ces "tyrannies de l'intimité" dont parlait déjà Richard Senett à la fin des années 1970, comme au panoptisme des réseaux sociaux. En croisant les analyses et les regards transatlantiques, en confrontant les trajectoires - celles de Louise Michel et de Rachida Dati, de Marine Le Pen et de sa nièce Marion Maréchal Le Pen, d'Emmanuel Macron et de Justin Trudeau - il s'agit alors de tenter comprendre ce que la culture de la célébrité fait à la politique. Dévoiement de la politique pour les uns, appauvrissement du débat, disqualification du discours au profit des logiques émotionnelles, danger de démagogie par l'hypertrophie des affects, propension à l'exhibitionnisme des prétendants et au voyeurisme des électeurs, l'irruption de la "topique de la célébrité" peut aussi être considérée comme un outil de revitalisation de la politique à l'heure du désenchantement démocratique et de la crise de la représentation.
Subjectivités numériques et posthumain s'inscrit dans le sillage de l'ouvrage PostHumains : frontières, évolutions, hybridités publié dans la collection "Interférences" des presses universitaires de Rennes. Ce recueil était davantage consacré aux mutations, évolutions et hybridations du corps dans un devenir posthumain. Ce livre propose d'explorer l'imaginaire associé à l'émergence d'une subjectivité numérique dans la période contemporaine de l'hyperconnectivité et du développement de l'intelligence artificielle. Tout comme dans la perspective d'une corporéité posthumaine, un esprit qui ne serait plus ancré à un corps organique suscite de nombreuses réflexions et mises en fiction. L'approche proposée dans ce livre est par ailleurs fondamentalement interdisciplinaire car les questionnements relatifs aux devenirs de l'humain et à la définition de son identité que déclenche le posthumain sont universels.