Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Cahiers pour une histoire de l'ENA N° 10 : Promotion Jean-Giraudoux. Janvier 1950 - Décembre 1952
COMITE D'HISTOIRE DE
DOC FRANCAISE
20,00 €
Épuisé
EAN :9782110102348
Le présent cahier est consacré à la promotion Jean-Giraudoux (janvier 1950-décembre 1952), cinquième promotion normale de l'Ecole. Cette promotion présente quelques particularités. D'abord, c'est la première à compter des élèves étrangers : outre un élève ayant la double nationalité française et vietnamienne, qui suit la scolarité normale, l'Ecole accueille pendant quelques mois un élève iranien et un élève vietnamien ainsi que des auditeurs libres. Ensuite, les stages de première année des élèves se diversifient, notamment sur le plan géographique, puisque certains d'entre eux sont accomplis à l'étranger. Enfin, la pédagogie a évolué grâce aux travaux sur dossier et au recrutement de maîtres de conférences parmi les anciens élèves de l'Ecole. L'année 1952 est aussi celle d'un premier bilan. A la demande du conseil d'administration de l'Ecole et de son président, René Cassin, Henri Bourdeau de Fontenay dresse le bilan des années 1945 à 1952. Selon lui, l'Ecole " approche " les buts qui lui avaient été assignés et a pris sa place dans l'organisation administrative du pays, sans qu'il faille négliger toutefois certaines des critiques qui lui sont adressées. " Ce cahier rappelle une étape importante de la vie de l'Ecole, la création du poste de directeur des études . Il présente un ensemble de textes d'André Bertrand, le premier nommé à ce poste, ainsi qu'un hommage émouvant rédigé par sa fille, Geneviève Jurgensen. Nous retrouvons, comme dans les cahiers précédents, les témoignages très vivants des élèves de la promotion, parmi ceux qui ont participé au relèvement du pays au lendemain des années de guerre, un pays qui renoue avec l'avenir et se refonde en profondeur.
Voici un cahier spécial consacré à l’étude des cours communs dispensés aux élèves de 1946-1951. Le but de cette étude est d’apporter une réponse à la question de savoir si, dans ses premières années, cette école avait su donner à ses élèves, futurs cadres de l’administration de l’Etat, une formation adaptée aux besoins du pays, au lendemain de la libération du territoire national. Les cours, communs aux quatre sections, institués dès la création de l’Ecole par le décret du 9 octobre 1945 portant application de l’ordonnance prise le même jour, devaient porter sur les grands problèmes de la vie nationale et internationale. A quel point et de quelle manière ces enseignements répondaient-ils à l’exigence de former des fonctionnaires aptes à participer à la reconstruction de la France ?
Lors du Colloque franco-allemand du 22 janvier 2014, il avait été annoncé qu'un Cahier pour une histoire de l'ENA serait spécialement consacré à la coopération entre les deux pays en matière de formation des hauts fonctionnaires. L'engagement a été tenu. " Renaud Denoix de Saint Marc, président du Comité d'histoire, avait ainsi annoncé la publication de ce numéro. Ce Cahier est exceptionnel à deux titres : il retrace l'histoire de la coopération franco-allemande mais aussi révèle la contribution de l'ENA à la réussite de cette coopération. Comme l'écrit Bernard de Montferrand, ancien élève de l'ENA (promotion Simone-Weil) et ambassadeur de France à Berlin de 2007 à 2011 : " Près de soixante-dix ans d'expériences humaines exceptionnelles entre jeunes fonctionnaires allemands et français rendent mieux compte de l'histoire des relations entre nos deux pays que beaucoup de rapports officiels. On y voit de façon très concrète se dérouler les différentes étapes d'un parcours qui n'était pas écrit et dont bien peu à la sortie de la guerre auraient imaginé qu'il soit d'une telle intensité et surtout si porteur d'espoir pour le continent européen. " Son collègue Outre-Rhin, Reinhard Schäfers, ambassadeur d'Allemagne à Paris de 2008 à 2012, a fait partie dans les années 1975-1976 (promotion André-Malraux) du groupe des élèves allemands venus en formation à l'ENA. Il souligne : " Cette période a été décisive dans ma conception du rôle de l'Allemagne et de la France dans une Europe en formation. Elle apprit beaucoup de choses au jeune juriste allemand que j'étais alors. " Durant sa carrière il a retrouvé des élèves français diplomates comme lui : " Est-ce que les interlocuteurs français m'ont vu comme "un des leurs" ? L'affirmer serait sans doute présomptueux. Mais de nombreuses portes se sont ouvertes devant moi qui seraient restées fermées sans mon passé. " Tout au long de ces pages, on découvre non seulement les témoignages de nombreux élèves allemands mais également de leurs camarades français qui ont fait leur stage de première année en Allemagne. On peut aussi y lire les contributions des enseignants et de tous ceux qui ont participé à la réussite de cette coopération. A citer tout particulièrement les directeurs de l'Ecole, depuis le premier d'entre eux, Henri Bourdeau de Fontenay, mais aussi depuis 1963 les responsables du DAAD (Office allemand d'échanges universitaires), qui furent de ceux qui ont mis en place l'une des dispositions du traité de l'Elysée de 1963 : la venue des jeunes Allemands à l'ENA d'abord rue des Saints-Pères, puis rue de l'Université et aujourd'hui à Strasbourg.
La série des Cahiers consacrés aux promotions anciennes de l'ENA se poursuit ici avec le présent Cahier consacré à la promotion Félix Eboué (1952-1954). Ce numéro des Cahiers de l'Ena se distingue par la richesse des témoignages qui en constituent la partie la plus substantielle et qui fournissent de nombreuses informations sur la manière dont les élites administratives étaient formées. Arnaud Teyssier, dans sa contribution à ce douzième Cahier, souligne la place importante déjà prise par l'Ena dans la fonction publique en construction : "Nous pouvons saisir une institution neuve dans son essence, mais aussi une dynamique administrative en devenir".
Le comité d'histoire de la Cour des comptes et des juridictions financières a pour vocation de susciter, rassembler et faire connaître les travaux sur l'histoire récente de la Cour des comptes et des juridictions financières et d?en favoriser la diffusion et la publication. L?attribution à la Cour des comptes du contrôle des organismes de sécurité sociale est l?une des grandes dates de l?histoire de la juridiction, mais aussi de celle de la protection sociale dans son ensemble. Cet ouvrage rappelle les conditions politiques et administratives de cette réforme. La Cour a dû modifier son organisation, changer ses méthodes de travail, et acquérir de nouvelles compétences, pour exercer un contrôle nouveau pour elle, qui ne ressemblait que fort peu à ses anciennes attributions. La sécurité sociale, objet dès son origine de vives polémiques et de critiques parfois mal fondées, a pu bénéficier d?un jugement et d?une appréciation plus objectifs. D?importantes réformes furent le résultat des premiers rapports publics de la Cour des comptes consacrés à cet immense secteur. Elles sont largement évoquées dans le cours de l?ouvrage.
Résumé : Le XXe siècle fut aussi celui du communisme : son irruption violente, les espoirs immenses qu'il suscita sur tous les continents, son apogée et sa trahison dans le stalinisme, enfin sa chute. Au-delà des querelles portant sur l'ampleur de ses méfaits ou le nombre de ses victimes, l'illusion qui en serait le fondement ou le mensonge qui en aurait permis la survie, Alexandre Adler en retrace l'histoire mondiale. Loin de toute orthodoxie, il offre une lecture originale d'un séisme politique dont on chercherait aujourd'hui en vain l'équivalent.
Résumé : Faut-il ranger le Manifeste du parti communiste parmi les documents qui jettent un regard éclairant sur le passé, et rien de plus ? Dans un paradoxe proprement dialectique, même les impasses et les échecs du communisme du XXe siècle, clairement fondés sur les limites du Manifeste, témoignent de l'actualité de ce texte : la solution marxiste classique a échoué, mais le problème demeure. Le communisme, aujourd'hui, n'est pas le nom d'une solution mais celui d'un problème, celui des communs dans toutes leurs dimensions : les communs de la nature, menacés par la pollution et l'exploitation ; les communs biogénétiques - le transhumanisme devient une perspective réaliste ; nos communs culturels, au premier rang desquels le langage, nos outils de communication et d'éducation, mais aussi les infrastructures et, last but not least, les communs comme espace universel de l'humanité, un espace dont personne ne devrait être exclu.
Polanyi Karl ; Malamoud Catherine ; Angeno Maurice
La "Grande Transformation", Polanyi le montre, c'est ce qui est arrivé au monde à travers la grande crise économique et politique des années 1930-1945: la mort du libéralisme économique. Apparu un siècle plus tôt avec la révolution industrielle, ce libéralisme était une puissante innovation du monde occidental, un cas unique dans l'histoire de l'humanité: jusque-là élément secondaire de la vie économique, le marché s'était rendu indépendant des autres fonctions et posé en élément autorégulateur. L'innovation consistait essentiellement en un mode de pensée. Pour la première fois, on se représentait une sorte particulière de phénomènes sociaux, les phénomènes économiques, comme séparés et constituant à eux seuls un système distinct auquel tout le reste du social - à commencer par la terre, le travail et l'argent - devait être soumis. On avait désocialisé l'économie; la grande crise des années trente imposa au monde une resocialisation de l'économie. Cette analyse du marché comme institution non naturelle suscite désormais un véritable regain d'intérêt dans un monde globalisé où le néolibéralisme est à son tour entré dans une crise dont on attend qu'il en résulte une nouvelle "grande transformation".
Résumé : Durant des décennies, il a été d'usage d'associer libéralisme économique et libéralisme politique, économie de marché et démocratie. Mais l'évolution du capitalisme, entre accroissement vertigineux des inégalités et emballement des politiques identitaires, contredit chaque jour un peu plus cette vision optimiste. Contrairement à une idée reçue, l'Etat apparaît comme un enjeu central pour les néolibéraux, en ce qu'il permet une réorientation des politiques publiques en faveur des plus riches et que, naguère régulateur, il est désormais devenu l'instrument même de la dérégulation économique. Servira-t-il aussi d'ultime rempart répressif à l'oligarchie face aux troubles que sa politique aura causés ? Retour inquiet d'un quinquagénaire sur l'échec de sa génération, élevée dans l'idée du progrès à venir et aujourd'hui confrontée à une crise protéiforme, cet essai montre comment la généralisation à tous les champs de l'activité humaine de ce qui est présenté comme la "rationalité économique" est à l'origine de l'instabilité actuelle. Mais aussi qu'à rebours de ce que les tenants du néolibéralisme aimeraient faire croire, le coeur du problème demeure politique plus qu'économique. Ce qui ouvre un espace à l'action.