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Trésors de l'Antiquité. Céramiques grecques du musée de Boulogne-sur-Mer
Colonna Cécile ; Denoyelle Martine ; Gaultier Fran
INVENIT
28,01 €
Épuisé
EAN :9782376800347
Le musée de Boulogne-sur-Mer possède l'un des plus beaux ensembles français de vases grecs. Celui-ci, acquis par la Ville en 1861, provient pour l'essentiel de la collection constituée par Charles Louis Fleury Panckoucke, fils d'un imprimeur-libraire et lui-même éditeur. Passionné d'antiquités, Panckoucke acquiert en particulier une série de vases grecs ayant Héraclès pour sujet, au point qu'il projeta d'éditer une Héracléide pour diffuser les images du héros auprès du plus grand nombre. C'est cette collection que la Ville acheta, confortée dans son choix par Adrien de Longpérier, conservateur du musée du Louvre : "Si vous achetiez la collection, la Ville de Boulogne aurait la seule belle collection (de vases) qui existe en dehors de Paris ; cela ferait une spécialité pour votre Musée que les savants d'Allemagne viendraient visiter après le Louvre." (Lettre du 22 juillet 1861.) A travers 41 pièces choisies, c'est cette collection qui est à l'honneur dans cet ouvrage : son origine, sa destruction partielle en 1918 quand une torpille allemande réduisit nombre de céramiques en tessons, sa restauration et sa nouvelle présentation après des décennies d'un travail minutieux Malgré les vicissitudes des deux guerres mondiales, le fonds compte toujours plus de 470 numéros, parmi lesquels quelques vases d'artistes majeurs, comme l'amphore représentant le suicide d'Ajax attribuée au potier et peintre Exékias, Eros parle Peintre de Berlin ou encore le vase à partir duquel Beazley forgea l'identité du Painter of the Boulogne Horse. Largement illustré, le lecteur trouvera dans cet ouvrage, auquel ont contribué les plus grands spécialistes français du sujet, les derniers apports de la recherche scientifique sur le sujet tout autant que le bonheur des yeux.
C'est l'île dans toute sa splendeur que Robert Colonna d'Istria et Stanislas Fautré ont entrepris ici de nous faire découvrir, entre mer et montagne: la force de ses couleurs, de ses rochers, de ses eaux vives, de ses forêts, de ses plages, mais aussi de ses villages et de ses villes au bord de l'eau ou accrochés à la montagne. A travers la diversité des paysages, l'on redécouvre la nature profondément sauvage de la Corse, qui, si elle ne cesse d'attirer toujours plus de visiteurs, n'a rien perdu de son âme, ni de son charme. De la Giraglia à Bonifacio, de la Scandola aux aiguilles de Bavella et au cap Corse, jamais le pays n'avait été mis en lumière d'une façon aussi spectaculaire.
Les vases grecs de la collection de Luynes constituent un des plus remarquables ensembles de vases figurés: ces oeuvres au décor spectaculaire apportent une foule d'informations sur la Grèce antique pour qui sait interpréter leur subtil langage. Elles ont été rassemblées par Honoré d'Albert, duc de Luynes (1802-1867), une des plus illustres figures des arts et de l'archéologie du XIXe siècle. Cet aristocrate, érudit et mécène, avait une véritable passion pour l'antiquité; sa fortune lui permit de constituer une collection exceptionnelle de statues, vases, bijoux, monnaies... À la fin de sa vie, il offrit l'ensemble au «Cabinet des Médailles» de la BnF pour prendre place à côté des collections royales. La céramique grecque y forme un ensemble de première importance: les moyens financiers, les connaissances et le goût du duc de Luynes lui ont permis d'acquérir les plus beaux objets qu'il pouvait trouver. Cette collection permet de découvrir comment les artisans athéniens aux VIe et Ve siècles av. J.-C. ont créé une des productions céramiques les plus sophistiquées, dont le décor provient presque uniquement du contraste entre la couleur rouge de l'argile et le beau vernis noir brillant. Utilisés par les élites grecques mais aussi étrusques qui les faisaient venir en Italie, ces vases étaient principalement utilisés dans la vie quotidienne, dans le cadre du banquet ou pour la toilette. Certains étaient aussi choisis pour honorer les dieux ou les morts. Les images qu'ils nous donnent à voir, d'une qualité esthétique indéniable, sont extrêmement précieuses pour nous permettre d'appréhender comment les Athéniens représentaient leurs dieux et leurs héros; Zeus, Dionysos, Héraclès ou les héros de la guerre de Troie y apparaissent, seuls ou dans certains épisodes mythiques. Les peintres ont aussi abordé certains aspects de la vie quotidienne antique: les jeux athlétiques, la guerre, les rites funéraires... Chaque vase éclaire donc une facette de la vie et des croyances antiques, et, rassemblés par le duc de Luynes, tous se font écho pour nous raconter de formidables histoires.
L'histoire de la famille Colonna d'Istria n'aurait qu'un intérêt anecdotique si, en filigrane, on ne pouvait y lire l'histoire de la Corse et celle du monde. Conflits et rapports de force qui ont marqué l'Europe et la Méditerranée, affrontement entre chrétiens et Maures, déplacements des routes commerciales, découverte de l'Amérique, guerres mondiales, colonisation, décolonisation : tous ces événements ont laissé une trace dans le passé de cette famille. A la frontière de l'histoire et de la légende, mais toujours fondé sur des faits rigoureux, le récit de cette épopée court sur une douzaine de siècles, évoque mythes et réalités, tradition et modernité, espérances, faits glorieux, dérisoires misères de la vie quotidienne. Romanesque à souhait, plein de merveilleux, de fracas et de bruit, tissé d'une somme infinie de petites aventures individuelles, il déborde de liberté. Surtout, cet ouvrage permet d'esquisser les contours d'une manière singulière d'habiter la terre et d'entrevoir non pas une identité corse, mais un être corse, c'est-à-dire une manière unique de se situer dans le temps et dans l'espace, et de lutter contre la fondamentale solitude de la nature humaine.
Boschung Dietrich ; Colonna Cécile ; Mathieux Négu
Les années 1870-1914 sont la Belle Epoque du collectionnisme d'antiques, sorti du cercle restreint des amateurs érudits et fortunés pour se répandre plus largement dans la société européenne, qui acquiert des statuettes bon marché aux marbres les plus prestigieux. Lieux centraux où se font et défont les collections, les salles de vente, notamment parisiennes, sont au coeur des stratégies des différents acteurs du marché.
Une femme se tait. Une femme se tient. Elle attend. Que regarde-t-elle ? Que voit-elle ? Son corps est au repos, un moment, avant de se pencher, de saisir la fourche, et d'attiser le feu d'herbes. Elle arrête le spectateur, parce qu'elle est arrêtée, elle a suspendu le temps, elle s'enfonce dans les volutes de la fumée, et en elle-même, peut-être, dans les méandres de sa vie, dans les plis que font les vies, dans les plis du temps qui passe sur les corps et mange les années." Marie-Hélène Lafon a les gestes et l'odeur des brûlis dans le corps et sous la peau pour toujours ; ça remonte des enfances et du pays premier. A partir de La Brûleuse d'herbes de Jean-François Millet conservée au musée du Louvre, elle nous entraîne dans une histoire qui sent la fumée des brûlis de mars ou d'octobre.
La mer entre dans le tableau par effraction. Sans fracas mais par effraction. Un morceau de mer. C'est un morceau de mer, mais un morceau de mer est toute la mer." Avec cette ekphrasis, Claude Minière nous invite à nous plonger dans l'oeuvre de Courbet. Dans un subtil parallélisme avec le travail du peintre, l'auteur dépose ses pensées par touches successives ; déroulant sa réflexion d'essayiste dans une langue de poète. Il pose ainsi un regard neuf et intime sur cette peinture, sur ce que la mer signifie pour le peintre. L'auteur voit la vaste étendue d'eau, animale, indomptée, source de "liberté intellectuelle" pour le peintre, comme porteuse à la fois de mystère et d'un réalisme rassurant, pour "sortir de l'enfer". En s'interrogeant sur la précarité du moment (la mer qui s'est retirée pour mieux engloutir), Claude Minière réfléchit sur la temporalité de l'art et ce qu'il en reste lorsque le support matériel est détruit. Une réflexion qui trouve écho dans notre société, à l'heure où l'on peut craindre la dématérialisation du savoir et surtout de l'art.
Pourquoi encore un livre-de-masques ? L'essentiel sur le sujet est répété à l'envi dans toutes les préfaces de livres-de-masques : A savoir que le masque masque et démasque, que sa fonction est de cacher (le porteur religieux, comédien ou carnavaleux) et de révéler (le dieu, le personnage, la figure de fantaisie). On y ajoute parfois une autre fonction : la fascination voire la sidération du spectateur. Autre antienne : le masque est universel. Pour développer, illustrer, préciser ces idées, il existe des centaines de livres, catalogues, études sur les masques (Loi du marché rentable des salles de ventes oblige). Mais lesquels ? Les masques africains (depuis le cubisme), océaniens et amérindiens (depuis le surréalisme), himalayens depuis peu, ...on peut ainsi compter plus de 27 publications disponibles sur les masques dogons et 51 sur les masques tibétains. La moindre tradition y est recensée, décrite, expliquée, prête à vendre. Il y a moins d'intérêt (pour le moment, mais cela commence) pour les traditions européennes, les splendeurs de Roumanie ou de l'arc alpin. Pourquoi cette tache aveugle ? C'est à celle-ci que ce livre veut répondre.