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Pour une géographie littéraire
Collot Michel
CORTI
22,00 €
Épuisé
EAN :9782714311290
Depuis une vingtaine d'années, on a vu se multiplier les travaux consacrés à l'inscription de la littérature dans l'espace et/ou à la représentation des lieux dans les textes littéraires. Cet intérêt pour les questions de géographie littéraire se situe dans le contexte du "tournant spatial" qu'ont connu les sciences humaines et sociales, mais aussi dans l'évolution des genres littéraires, caractérisée par une spatialisation croissante des formes poétiques et narratives (poésie spatiale, récits d'espace...), et dans le développement de pratiques artistiques liées au site (Land Art, performance...). En proposant dans la première partie de cet ouvrage un panorama de ces travaux, Michel Collot, s'emploie à en définir les principales orientations, en distinguant approches géographiques, "géocritiques" et "géopoétiques", sans renoncer pour autant à les articuler pour constituer une véritable géographie littéraire" capable de rendre compte des différentes dimensions de l'espace littéraire : la référence à des lieux réels, la construction d'un "univers imaginaire" ou d'un "paysage" et la spatialité propre au texte. Il formule quelques propositions sur leur place et leur signification respectives, qu'il illustre dans la seconde partie de l'ouvrage par une série d'études situées à diverses échelles : celle de la production littéraire d'un continent à une époque donnée (l'Afrique noire postcoloniale), celle de l'oeuvre complète d'un auteur (Supervielle, Butor, Silvia Baron Supervielle, Pierre-Yves Soucy), celle d'un ouvrage particulier (de Claude Simon ou de Jean-Christophe Bailly), voire celle d'un ou deux extraits significatifs (Barbey d'Aurevilly). Pour explorer les multiples voies qu'une géographie littéraire est susceptible d'emprunter, il a tenu à la confronter à des genres divers : roman, nouvelle, poésie et récit de voyage, chacun d'eux appelant une approche différente. Les oeuvres retenues s'étendent sur une période qui va du milieu du XIXe siècle à l'époque contemporaine et elles permettront aussi bien de s'arrêter dans une région comme le Cotentin que de voyager de l'Europe à l'Amérique, en Afrique ou en Australie. Mais on s'apercevra que la localisation des contrées évoquées importe moins que les structures spatiales qui leur confèrent une valeur et une signification que chaque auteur interprète à sa manière à travers les images et les formes qu'elles lui inspirent.
Formalisme et structuralisme ont envisagé la poésiecomme un langage replié sur lui-même. A cette hypothèse d'une "clôture du texte" s'opposent la pratique et la réflexion des poètes, qui n'ont cessé de lier leur écriture à un horizon. Cet horizon renvoie non seulement à l'espace du dehors, mais aussi à l'espace intérieur de la conscience poétique, et à l'espace du texte lui-même. De par cette aptitude à réunir les trois dimensions de l'expérience poétique, l'horizon apparaît comme une véritable structurerégissant à la fois le rapport au monde, la constitution du sujet et le fonctionnement du langage. La notion de structure d'horizon permet de mieux comprendre la solidarité qui unit, en poésie, le sujet et l'objet, le visible et l'invisible, l'imaginaire et le réel, l'élaboration d'une structure déterminée et l'ouverture d'une marge inépuisable d'indétermination. Elle est ici interrogée à la fois à travers les images des poètes modernes (de Baudelaire à Du Bouchet), et à partir des enseignements de la phénoménologie, de la psychanalyse et de la poétique. C'est au croisement de ces divers approches que peut se dessiner le nouvel espace théorique dont nous avons aujourd'hui besoin pour penser la poésie. Biographie de l'auteur Michel Collot est professeur de Littérature française à l'Université de Paris III, où il dirige le centre de recherches "Ecritures de la modernité", associé au CNRS; il est l'auteur de plusieurs essais sur la poésie, notamment L'Horizon fabuleux, Paysage et poésie (Corti), et la Matière-émotion paru aux PUF dans la même collection.
Le paysage est devenu, depuis le romantisme, un thème poétique majeur, qui a contribué à déplacer les frontières entre les genres ; s'il trouve dans la poésie lyrique son expression privilégiée, sa description a contribué à l'émergence d'une prose poétique et tient une place essentielle dans l'économie des "" romanspoèmes "" contemporains. Mais il a confronté aussi l'écriture à ses limites, faisant éclater la syntaxe et la versification, obligeant le poète, comme l'artiste moderne, à inventer des formes nouvelles. C'est l'histoire de ces métamorphoses du paysage poétique que Michel Collot retrace ici, en les replaçant dans leur contexte social, intellectuel et culturel, et en les confrontant à l'évolution des arts plastiques. Pour compléter ce parcours qui va du romantisme à nos jours, et illustrer la spécificité d'un art poétique du paysage, il propose ensuite une approche plus détaillée de quelques oeuvres exemplaires, nous donnant à relire d'un autre point de vue Hugo, Cendrars, Ponge, Char, Gracq, Duras, Frénaud, Jaccottet, Chappuis, Glissant, Deguy, Roubaud et Sacré. Il montre comment chacun de ces auteurs, partant d'une expérience commune, la recrée pour façonner son propre paysage, en réinventant la langue et les formes poétiques pour exprimer à la fois le plus intime de lui-même et une nouvelle vision du monde. À une époque où la poésie tend à s'isoler, l'écriture du paysage permet de renouer la relation lyrique, au sein de laquelle le moi, le monde et les mots, sans jamais se fondre ni se confondre, échangent leurs différences et une réciprocité de preuves.
L'intérêt qui se manifeste depuis quelques années, en France et en Europe, pour le paysage n'est pas une mode, ni même un "phénomène de société". C'est un véritable fait de civilisation, qui correspond à une évolution profonde des mentalités. Le développement rapide qu'ont connu les sociétés et les économies occidentales depuis la Seconde Guerre mondiale s'est accompagné d'un exode rural, d'une urbanisation massive et d'une dégradation de l'environnement qui pouvaient donner à penser qu'elles avaient perdu de vue le paysage. Or aujourd'hui, au moment où il semble ainsi menacé de déclin, voire de disparition, le paysage fait l'objet d'un intérêt renouvelé dans tous les domaines de la vie sociale, intellectuelle, littéraire et artistique. Tout se passe comme si nos sociétés avaient pris soudain conscience de la valeur des paysages que leur croissance risquait de détruire. Le paysage manifeste le besoin de renouer avec l'environnement et l'expérience sensible. Mais il n'est pas que cela: il donne à penser, et à penser autrement. Il nous propose, entre autres choses, un modèle pour l'invention d'une nouvelle forme de rationalité, que Michel Collot propose ici d'appeler la pensée-paysage, et qu'il tente de définir et d'illustrer à travers ses expressions philosophiques, artistiques et littéraires contemporaines, en faisant dialoguer poésie et phénoménologie, Orient et Occident, plasticiens et écrivains, tradition et modernité.
J'ignore tout de Solange Brillat ou plus exactement, j'ignorais tout. La presse, ces derniers jours, évoque sa disparition et publie une photo noir et blanc. Solange sourit, et derrière son sourire il y a un lac. Où cela peut-il être ? Qui a pris cette photo, à quelle occasion ? Un journaliste qui avait frappé à ma porte la semaine dernière cite mon témoignage, quelques mots que je me souviens vaguement avoir prononcés : "Selon son voisin, c'était une jeune femme très discrète, banale." J'imagine Solange Brillat quelque part à une table de café, lisant les épithètes de sa gloire et tentant de se remémorer son voisin. Très discrète, banale. Ces mots aujourd'hui, je les regrette"
Rigal Gwenn ; Latil Magali ; Guitton Philippe ; Pi
Ce livre est une synthèse claire et accessible de l'ensemble des hypothèses formulées au fil du temps par la communauté scientifique pour tenter de répondre à la question de la signification de l'art des cavernes. Il vient combler un manque dans la littérature consacrée à ce sujet : d'ordinaire, le survol théorique se révèle trop rapide ; à moins que l'auteur, théoricien lui-même, ne privilégie ses propres hypothèses au détriment des autres. Rien de tel ici. Fruit de plusieurs années de travail, "Le Temps sacré des cavernes" accorde une attention égale à chaque théorie, exposant au besoin les points de friction entre spécialistes. La première partie présente l'artiste. En se basant sur les publications les plus récentes, l'auteur établit un portrait précis de Cro-Magnon, évoquant tour à tour ses ancêtres, ses contemporains, son apparence, son régime alimentaire, son équipement, ses structures sociales et son mode de relation à l'environnement (humains, animaux, éléments). Les traces qu'il a laissées en termes de pensée symbolique et de spiritualité introduisent la seconde partie. Exclusivement consacrée aux interprétations, cette dernière se fonde sur un travail d'analyse critique aussi exhaustif que possible : art pour l'art, zoocénose, rites d'initiation, culte de l'ours, magies d'envoûtement, de fertilité, de destruction et d'apaisement, code de chasse préhistorique, enseignement de la chasse par rabattage, chamanisme, totémisme, dualisme primordial, zodiaque préhistorique, enfin mythes liés à la Genèse et à la fertilité. Le lecteur, ainsi éclairé, pourra se forger son intime conviction.
La lecture n'a pas toujours été une activité solitaire : elle s'est longtemps pratiquée à voix haute, de manière collective, et, partagée dans les salons ou les jardins, fut un élément majeur de la sociabilité. La lecture est une rencontre : entre un lecteur, un texte et un auteur ; mais aussi entre plusieurs lecteurs qui confrontent leurs interprétations. La frontière entre l'écrit et l'oral s'estompe : la lecture vocalise le texte écrit et le prolonge par la conversation, voire la relation amoureuse. Cette anthologie regroupe une soixantaine de textes (très connus comme rares, français et étrangers) illustrant les différentes manières de lire : les rapports à l'objet-livre, à l'activité de lecture (rêverie, réflexion, méditation...) et au corps du lecteur. Car le plaisir de lire n'est pas seulement intellectuel mais aussi sensuel. On passe progressivement d'une lecture sacrée à une lecture profane, et d'une lecture édifiante à une lecture dangereuse — celle des romans, longtemps accusés de favoriser le vice de la curiosité. A l'heure où la lecture subit de profondes mutations, ces textes sont autant de témoignages d'une activité qui traverse les siècles et questionne notre rapport à la tradition et à l'altérité.
Vers l'autre flamme s'inscrit bien au c?ur d'une actualité dont les débats idéologiques et culturels confirment la pertinence du regard que portait Istrati sur l'Occident et «Octobre rouge».Un regard contemporain dont l'acuité est révélée par un présent qui n'en finit pas de reproduire son passé... De prisons en ghettos, d'asiles psychiatriques en lois martiales, la gangrène totalitaire exerce ses ravages sans distinctions idéologiques. À de rares exceptions près, nos sociétés, qu'elles se proclament prolétariennes ou libérales, violent impunément les droits et les libertés élémentaires de l'homme. Un homme asservi et exploité par l'homme. À quoi s'ajoute cette tare congénitale des sociétés modernes : la bureaucratie, expression maligne du pouvoir d'État.
Quelle est la chose que l'on recherche quand on sent des gouttes ? Quelle est la différence entre la lettre "i" et un clocher ? Qu'est-ce qui va de pis en pis et se porte de mieux en mieux ? Depuis l'Antiquité et depuis cinq siècles en France, on surprend nos auditeurs en utilisant toutes sortes d'énigmes, de jeux de mots, qui sont autant de traits d'esprit. Voici plus d'un millier de devinettes : quiproquos, raisonnements, différences, combles... en prose ou en vers, anciens et modernes. Saurez-vous vraiment découvrir les réponses à ces facétieux traits d'esprit ? Enigmes, devinettes, charades, rébus : ce livre rassemble plus de 1 000 jeux de mots sous la forme de questions malicieusement posées. Mêmes si toutes les réponses sont données, idéal pour mettre l'esprit à la torture ou exciter la curiosité.
Résumé : "Cette littérature a commencé avec la négritude. Des idéologues de chez eux (les Occidentaux), pour justifier l'esclavage et la colonisation, avaient décrété que le nègre n'avait pas d'histoire parce que son histoire n'était pas écrite. Il s'est trouvé des Africains de chez nous pour le désir d'Afrique, qui se sont armés de la plume. Ils ont démontré que l'Afrique, le premier continent de l'humanité, avait ? écrites ou non écrites ? de multiples traces de son passé multimillénaire. Ils (les idéologues de chez eux) avaient arrêté que nous étions sans culture. On leur a répondu que les Africains de la plus longue histoire de l'humanité avaient la culture la plus riche de l'univers [Mongo-Mboussa] rappelle qu'au début nous savions à peine écrire le français, nous étions un tirailleur sénégalais. Puis ce furent des étudiants, la faim au ventre, qui reprirent le flambeau. Et quand ils quittèrent les universités, devinrent des intellectuels, prirent la relève des étudiants, ce fut pour aller à l'exil. C'est l'exil qu'ils ont continué à écrire. [...] M. Mongo-Mboussa a écrit un livre important sur la littérature africaine, un livre important pour l'Afrique." Ahmadou Kourouma On attend de la littérature africaine qu'elle soit à la fois exotique, porteuse d'une certaine oralité et conforme aux canons classiques du marché européen. Cet essai permet de comprendre un des paradoxes qui pèsent sur les auteurs africains.