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Les mots du génocide
Collin David ; Waintrater Régine
METISPRESSES
22,00 €
Épuisé
EAN :9782940406241
Les mots du génocide met en lumière les mécanismes linguistiques qui mènent à la mort et survivent au mal perpétré: des mots détournés pour préparer le crime et des euphémismes pour le masquer, des mots dissimulés entre les lignes qui servent aux négationnistes pour nier les paroles des rescapés, tressées d'indicible. Il faut lire ces mots, les traduire, en débattre et les transmettre par une sorte d'apprentissage afin d'éviter confusion, double langage, propagande et manipulations de toutes sortes. Issu d'une série de rencontres qui ont eu lieu à L'arc (Littérature et atelier de réflexion contemporaine), à Romainmôtier, cet ouvrage part du témoignage de Victor Klemperer sur la langue du IIIe Reich pour entamer une réflexion sur les rapports entre langage et génocide, ou comment les mots participent de la logique et de la mise en application du plus grand des crimes. Les contributions ici réunies, signées par des écrivains, des philosophes, des journalistes, des psychanalystes et des témoins rescapés, abordent ces terribles événements dont on ne se détournera jamais: la Catastrophe des Arméniens, la Shoah, la guerre en ex-Yougoslavie et le génocide des Tutsi au Rwanda.
Krähenbühl Etienne ; Collin David ; Humaydane-Youn
Ce livre donne à sentir le poids du drame libanais, non dans sa réalité documentaire, mais dans sa dimension vécue. Etienne Krähenbühl, en visite au Liban en 2000, prend la mesure de ce qu'a été la guerre. Le pays, champ de blessures ouvertes, le fascine, l'attire, l'atterre. Dans la petite ville d'Aley, il marche sur un tapis d'obus. Hypnotisé, il lève un éclat dans la lumière du soleil qui filtre à travers les branches du seul cèdre qui demeure en ces lieux. Il décide d'en figer l'élan. Il fixera ces fragments meurtriers sur de longues tiges souples. Il dressera les éclats devenus fleurs ou épis, il les élèvera en un champ de mille fleurs du mal, suspendues dans la mémoire des vents. Les textes tissent une réflexion tour à tour poétique, narrative et analytique autour de l'ouvre, des résonances qu'elle appelle, de l'histoire qui remonte à la surface de la mémoire. Une terre, une mémoire, une infinité de possibilités fracassées : il s'agit de dire, d'exprimer et de témoigner. AUTEURS : Etienne Krähenbühl, plasticien suisse formé à l'Ecole des beaux-arts de Lausanne puis à Paris et Barcelone, vit aujorud'hui en Suisse. David Collin, français d'origine et suisse d'adoption, a publié en 2007 son premier récit, Train Fantôme, aux éditions du Seuil. Il est producteur et réalisateur à la Radio Suisse Romande. Imane Humaydane-Younes, libanaise, anthropologue, a enquêté sur les disparus de la guerre civile. A travers recherches et écriture, elle effectue un patient travail de mémoire. Elle a publié trois romans.
Des siècles avant la naissance des Etats-Unis, dès le XVIe siècle, l'activité des jésuites s'est déployée dans les deux Amériques et leur action colonisatrice a jeté les bases de ce que serait leur action ultérieure aux Etats-Unis proprement dits. Car l'histoire des jésuites et celle du catholicisme américain sont intimement liées. Quand les jésuites arrivent dans les colonies britanniques, le catholicisme arrive, et survit, avec eux. Si ces derniers font preuve de détermination, de créativité et finalement de souplesse dans la manière dont ils assumèrent les besoins et les intérêts de l'Eglise en Amérique au fur et à mesure de leur évolution, l'histoire suggère qu'ils ont fait tout ce qu'ils ont pu pour aider les catholiques à profiter pleinement des avantages civiques et économiques offerts par leur pays. La stratégie des jésuites à cet effet a consisté à éviter aux catholiques des Etats-Unis deux écueils récurrents : se laisser marginaliser par des forces hostiles, ou se marginaliser eux-mêmes à la manière d'une secte, à l'écart de la société dominante. La " voie jésuite " s'éclaire autant par ses échecs (comme la participation à l'exploitation économique des esclaves) que par ses succès, rappelant que, pendant la période coloniale, les jésuites ont été les interlocuteurs de régimes laïcs lorsqu'il s'est agi de négocier de fragiles engagements à la liberté religieuse pour le compte de minorités catholiques persécutées, et la reconnaissance constitutionnelle de cette liberté, au cours du XIXe siècle, est la marque de leur réussite de ce côté de l'Atlantique. L'apostolat social a beaucoup requis, et reçu, des jésuites tout au long du XXe siècle, et les jésuites ont fait preuve de détermination en s'attachant à l'adapter aux signes des temps qui se sont manifestés à la fin du siècle. Le nouveau modèle d'écoles est la preuve que cette détermination est restée entière en passant d'un siècle à l'autre ; il en va de même pour des oeuvres comme Homeboys Industries à Los Angeles, le plus important programme d'intervention antigang et de réhabilitation du monde, fondé en 1992 par Greg Boyle (1955-) et le Kino Border Initiative, fondé en 2008 sous la direction de Sean Carroll (1966-) qui enjambe la frontière entre l'Arizona et le Mexique pour venir en aide aux immigrants et les défendre. L'histoire est celle de l'effort qui a été réalisé aux Etats-Unis pour mettre en oeuvre ce que le Pape Benoît XVI a présenté aux jésuites comme étant la marque universelle de leur vocation dans l'Eglise : " L'Eglise a besoin de vous, elle croit en vous, elle continue à vous faire confiance, particulièrement pour rejoindre ces lieux matériels ou spirituels où les autres ne peuvent aller ou ont du mal à les atteindre. "
Il était une fois l'histoire de pères fantômes, qui de ruptures en ruptures se sont croisés sans se connaître - mon enfance est un conte des mille et une nuits. Des silhouettes grises frôlent les murs d'un vaste palais oriental, elles murmurent, se glissent dans mon ombre, dérivent entre mes souvenirs, annoncent un secret qu'il me faudra dégager sous des tonnes de sable, sous des monceaux de rêves - vagues certitudes. De grandes ombres paternelles, obscures lueurs aux visages indiscernables, rôdent dans les chambres du palais. Nous nous croisons, nous nous parlons sans nous voir, nous nous regardons dans la nuit, et nous découvrons au matin que nous étions, les uns et les autres, objets de ces regards, proches et lointains, père(s) et fils." Biographie: David Collin, né en France en 1968, vit en Suisse, à Fribourg. Train fantôme est son premier roman.
Entre l'art et le témoignage, au moins quatre générations d'écrivains de langue arménienne ont pratiqué une écriture contrastée pendant tout le cours du XXe siècle. Partagés entre le Pays et la Dispersion, entre le reniement et la fidélité, entre le communisme et l'idée nationale, ces écrivains se sont débattus avec leur temps aussi bien qu'avec le singulier destin de leur langue déchirée. Dans le même temps, ils ont su inventer une modernité pour leur propre compte, où intervenaient la Catastrophe, le deuil philologique, le débat continuel avec le témoignage, la critique acerbe de la révolution nationale et, bien sûr, la question récurrente : comment la littérature est-elle encore possible dans ces conditions extrêmes, au bord (ou au-delà) de l'effondrement ? Le présent volume inaugure une série d'études monographiques sur ces écrivains du bout du monde. Il traite de quatre auteurs (Yeghishé Tcharents, Gourgen Mahari, Zabel Essayan, Vahan Totovents) qui ont produit l'essentiel de leur œuvre en Arménie ou qui ont émigré sur le tard pour se voir emportés par la tourmente stalinienne en 1937.
La vie païenne me séduit chaque jour un peu plus. Si aujourd'hui c'était possible, je changerais de religion et j'embrasserais avec joie le paganisme poétique." C'est ce qu'écrivait Daniel Varoujan (1884-1915) en 1908. Dans cette veine, le poète allait écrire une grande partie de son oeuvre au cours des sept années qui lui restaient à vivre. S'agit-il d'un projet religieux qui appelle à une conversion, ou d'un projet purement littéraire ? Quel est le contexte dans lequel il a pu prendre naissance ? S'il s'agit d'un projet artistique, pourquoi l'art devrait-il se définir en référence à la religion ? Et quelle religion exactement ? Le présent ouvrage est une monographie sur Varoujan précédée d'une histoire de l'imagination nationale qui est aussi celle de la philologie nationale. Celle-ci fait écho à la double invention philologique du XIX siècle : celle du natif et celle de la religion mythologique. Il fallait prendre en compte les étapes de la philologie orientaliste dans lesquelles s'est inscrite l'auto-invention de la nation ethnographique la "néo-archéologie", l'"auto-ethnographie", le "principe esthétique". Le dernier épisode de cette histoire se passe en 1914 avec la revue Mehyan, à Constantinople, qui a regroupé avec Varoujan les grands noms à venir de la littérature arménienne en diaspora. Nous sommes à la veille de la Catastrophe. Cette génération s'en voulait la gardienne.
Résumé : Aldo Rossi, personnalité éminente de l'histoire de l'architecture, a été le premier à évoquer l'atmosphère de " suspension " propre à l'architecture. Can Onaner ambitionne à travers cet ouvrage d'énoncer le concept de suspens comme un nouveau modèle théorique et pratique et comme l'emblème de tout projet architectural inquiet de sa pérennité. Cette recherche touche une dimension particulièrement controversée de l'architecture contemporaine, laquelle voit, depuis quelques années, s'accroître la création de formes monolithiques étranges, hors d'échelles, coupées de leurs contextes physiques et temporels, comme suspendues dans le temps et dans l'espace. Cette volonté de créer une architecture " absolue " et " autonome " peut-elle être qualifiée de simple phénomène de mode, ou est-ce une tendance plus profonde ?