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Quarto N° 107 : Le contrôle et la passe. Notre législation
Stasse Philippe
REV QUARTO
9,00 €
Épuisé
EAN :9782930653082
Légiférer les professions dites de la santé mentale en Belgique revient au coeur des débats parlementaires après plusieurs tentatives avortées depuis plus de dix ans. Pour ce faire, le projet de loi en préparation assimile tout simplement la psychanalyse à la psychothérapie et entend soumettre cet ensemble au domaine médical et universitaire. Ce faisant, il nie la question de la psychanalyse laïque que ce projet ne prend pas en compte. Mais surtout il ne tient pas compte de la nature du symptôme tel que le considère la psychanalyse. Le symptôme n'est pas à éradiquer mais à prendre comme une construction singulière de chaque sujet, construction faite de signifiant et jouissance. En cela, il échappe à tout savoir de type universitaire et médical. Somme toute, pour nos politiciens, la psychanalyse est un symptôme qu'ils ne parviennent pas à faire rentrer dans le discours du maître. Et pour cause, ce n'est pas par ce bien que le symptôme peut être abordé. Disons que pour nos politiciens, la psychanalyse fait symptôme, et donc signe d'un réel en jeu. Car leur présupposé de base est erroné. Vouloir réintégrer la santé mentale dans celui plus vaste de la santé se révèle impossible pour une raison très simple : "Non, la santé mentale n'existe pas. On en rêve. C'est une fiction". Et la psychanalyse n'entend pas, à l'inverse des psychothérapies, supprimer ce symptôme qui fait le coeur de tout parlêtre et qui tient à sa position d'être langagier. Pour nous, le symptôme se construit, se cerne. Nous en étudions la fonction dans l'économie subjective des sujets qui s'adresse à nous pour qu'ils puissent en évacuer les effets mortifères mais non la racine qui, elle, ne se supprime pas. Elle reste la marque du langage sur le corps. Ce numéro de Quarto publie certains textes prononcés lors et autour du Forum organisé par l'ACF-Belgique le 5 octobre dernier et qui regroupait des membres des diverses associations de psychanalystes belges. Ce fut un succès dont nos hommes politiques ont eu vent et dont ils semblent maintenant avoir tiré certaines leçons : non la psychanalyse n'est pas une psychothérapie même si elle produit des effets thérapeutiques. Elle doit donc avoir un statut "à part" . La question du symptôme constitue le fil rouge de ce numéro de Quarto. L'on y découvre aussi comment il est traité par la psychanalyse : dans la passe qui envisage ce symptôme dans sa radicalité, mais aussi dans la clinique quotidienne qui nous illustre autant de manières dont des sujets tentent de se débrouiller avec ce symptôme pour arriver avec l'appui du psychanalyste à un certain "savoir y faire avec" . Cette question est tout aussi présente dans les textes qui composent les autres rubriques : témoignage, cinéma, peinture. + visuel de meilleure qualité disponible
Conrad Joseph ; Stassen Jean-Philippe ; Venayre Sy
Des albums de bande dessinée qui mettent en exergue les souffrances des minorités, comme autant de plaidoiries, c'est la volonté narrative de Stassen. Des personnages, des paysages enserrés d'épais traits noirs comme autant de vitraux saturés de couleurs, c'est le style graphique de Stassen. Rétablir la réalité.Avec son travail d'illustration pour Coeur des ténèbres de Joseph Conrad, il met en évidence les réalités de la colonisation, ce que Conrad n'a pas aussi clairement posé... «L'action se passe au Congo, à l'époque où Conrad lui-même y fut, et raconte le récit d'une navigation sur le fleuve. Mais, et surtout, il y parle de la fin des grandes explorations et de l'avènement de la gestion capitaliste dans les colonies. L'Afrique désormais est presque toute entière connue. Il n'y a plus, ou presque, de blanc sur les cartes de ces blancs qui faisaient rêver Conrad étant petit. Les taches blanches sont maintenant remplacées par des taches rouges, bleues, oranges ou vertes qui représentent les divers Empires coloniaux.Il parle de la distance entre l'idée colonialiste fondée sur le progrès et la réalité de la domination coloniale au Congo. Coeur des ténèbres parlait aux Européens de 1898, de ce qu'était le Congo, et de ce qu'ils croyaient que c'était. De cette double réalité, Conrad a tiré une aventure de portée bien plus générale, peut-être universelle, d'une portée qui est, en tout cas, aujourd'hui encore, d'une immense valeur.» Sylvain Venayre.Joseph Conrad était marin, il écrivait des romans d'aventure. Jozef Konrad Korzeniowski, né en 1857 en Pologne, prit la nationalité britannique et écrivit en anglais. En mai 1890, embauché par la Société Belge du Haut Congo, il s'embarque à Bordeaux et atteint Boma le 12 juin. Puis, à bord d'un petit steamer, il entame la remontée du fleuve Congo. En janvier 1891, il est de retour à Londres. C'est installé dans le Kent, fin 1898, qu'il écrit en moins de deux mois Coeur des ténèbres.
Dès l'enfance, ce qui m'a surtout charmé chez le chevreuil, c'est sa curiosité. Chaque fois que l'occasion se présentait, j'accompagnais mon père au bois. Nous admirions un jour un jeune brocard qui viandait dans un taillis sous futaie. Papa me faisait remarquer combien le chevreuil est éclectique dans le choix de sa nourriture, un gourmet qui broute le bourgeon et la pousse, qui va de l'herbe au buisson, de la fleur au fruit. "Reste parfaitement immobile, me dit-il, nous sommes à demi camouflés ; même s'il nous aperçoit il nous identifiera difficilement." Il ne croyait pas si bien dire, et à quelle belle séance nous avons eu droit ce jour-là ! " Gilbert COLLEAUX. "A errer sans fin en forêt, finit-on par devenir un arbre en mouvement ? L'idée m'avait déjà effleuré que sève ou sang, lymphe ou chlorophylle, des fluides apparentés, mieux : une seule et même énergie irriguait nos corps enracinés dans la matière commune. Je divaguais depuis lors dans la pénombre des forêts proches, errant à l'instinct, dans un monde grouillant de formes et de textures avec lequel je pressentais de secrètes affinités." Benjamin STASSEN.
Plus qu'une bande dessinée, "Déogratias", du Belge Jean-Philippe Stassen, est un livre de référence sur le génocide rwandais. A mettre en toutes les mains vite. Très vite. Dès la première page, le ton est donné. Ceci n'est pas une bédé de loisir. Coup de c?ur d'Afrik.com Voilà une bande dessinée sur le génocide rwandais sans indignation, ni morale. Une BD témoignage. Sans caricatures. L'auteur, Jean-Philippe Stassen, rend compte de toute la complexité de ce drame. Ses traits appuyés accentuent l'absurdité de la situation. Fascinant. Il y a longtemps qu'une BD n'avait pas eu la force et la profondeur de "Déogratias". Titre-programme. Un travail ciselé de main d'orfèvre. Stassen a des comptes à régler avec plusieurs personnes, voire avec des pans de la société. Les personnages masculins sont nains et ridicules. Il fustige une certaine Eglise, se moque des militaires en manque de fantasmes, méprise la mentalité de "petit Blanc" des touristes et des "humanitaires". Quand il ne les assassine pas à coups de crayon. Déogratias s'en charge. Déogratias a toujours soif. La bière d'urwagwa ne l'étanche pas. Il n'arrive pas à se saouler. Sa conscience a beau être noyée dans les brumes de l'alcool, elle ne se tait pas. Hurlement sans fin. Il se transforme en chien. La société d'après le génocide ne remarque pas sa mutation. Il est fou. C'est facile. Cela a le mérite de simplifier les choses. D'oublier le passé. Mais lui n'oublie rien. Victimes et bourreaux se saluent dans la rue d'un "uraho", toujours vivant ? Seules les femmes sont épargnées. Stassen les aime, souffre pour elles. Il les croque belles, vivantes. Humaines. A un moment, elles se cachent sous les latrines des hommes. C'est dire la place qu'elles occupent dans l'esprit des exterminateurs. Et des autres. La lumière chaude de certaines planches contribue à rendre encore plus glauque, plus sordide l'ambiance générale. Un livre (oui, un livre) à acheter, à offrir ou se faire offrir d'urgence. Inutile d'attendre Noël pour lire intelligent. --Mohamed Berkani--
Résumé : Après l'histoire vint l'historiographie, puis l'histoire de l'historiographie. La recherche historique semble progresser aujourd'hui de cette façon : en spirale. En témoigne cette injonction nouvelle : l'institution universitaire demande désormais aux historiens aspirant au grade de Professeur d'établir eux-mêmes un bilan de leurs propres recherches. Ce bilan passe évidemment par l'analyse des outils de travail du chercheur. Or, depuis une trentaine d'années, un consensus s'est établi autour de l'idée selon laquelle le principal outil de travail de l'historien, c'est l'historien lui-même. Ce petit livre propose une solution facétieuse pour conduire sérieusement l'enquête sur le sens de cette évolution récente. On y parlera de "tournant critique", "d'illusion biographique" et "d'ego-histoire". On y parlera aussi de Sylvain Venayre, puisqu'il s'agit de son travail.Mais Sylvain Venayre n'est qu'un nom. Et ce nom ne représente rien d'autre qu'une certitude persistante : l'histoire, ce sont avant tout des dates et des mots.
La psychanalyse au risque de la gouvernance Alfredo Zenoni : La psychanalyse et le symptôme Ginette Michaux : Une rupture épistémologique ignorée Marc Crommelinck : Le point de vue d'un neurophysiologiste Yves Cartuyvels : Réglementer l'accès à la profession en santé mentale : quelques réflexions décaléesPhilippe Fouchet : Les plus grands dangers ... pour la psychothérapie !
Au départ : Un tout seul A l'arrivée : Un tout seul Conversation exceptionnelle avec Catherine Millet au Wiels Les chantiers multiples de Catherine Millet François Leguil : L'événement de corps et la différence des sexes "L'incitation au savoir" Virginie Leblanc : Ceux qui sont véritablement eux-mêmes L'écriture comme mise au silence de la langue : le travail de Pascal Quignard
L'AE, interprète du malaise dans la civilisation Patricia Bosquin-Caroz : Introduction Bruno de Halleux : L'AE face au Malaise dans la civilisation Anaëlle Quenehen : Ce qu'il reste du Diable Marie-Hélène Blancard : Un monde de nominations Bernard Porcheret : Se lever ! Eric Laurent : Parler avec son symptôme, parler avec son corps Sonia Chiriaco : Répétition, itération Hélène Bonnaud : L'itération du symptôme, du UN de jouissance Catherine de Villers : Emil Kraepelin et la paranoïa Eric Laurent : Les autismes aujourd'hui Daniel Roy : Tracer son chemin Yves Vanderveken : Une tentative de faire langue du symptôme Katty Langelez : Les rêves sont en nous Guy Poblome : Se faire son "petit style de vie" Patricia Wartelle : Babouillec, autiste sans paroles Eric Streveler : Toxicomanies : conditions et modalités d'un accompagnement Marie-Annick Lesénéchal : Chanter contre l'angoisse