L'insécurité et le sentiment de menace catastrophique, à l'échelle individuelle ou collective, s'amplifient. Ils semblent liés à l'effacement des cadres de pensée et des repères auparavant fixés par les religions, les idéologies et les cultures, ainsi qu'au processus de mondialisation. A une plus grande liberté, au plus d'autonomie du sujet sommé de construire et de renouveler par lui-même le sens, aux prouesses technologiques se prenant pour fin, répondent souvent désarroi, repli ou agressivité. Les sociétés modernes, sous couvert de facilitation du bien-être, d'enrichissement de la communication et de l'information, fabriquent et imposent un imaginaire virtuel, sur papier glacé, vidant la relation de sens tout en prétendant masquer la violence qu'elles génèrent. Bien que certains cherchent les moyens d'affronter contradictions et incertitudes, pour beaucoup le sens s'effrite, le symbolique devient inaccessible ; les rapports marchands assèchent la pensée complexe et la réflexion critique. Les rapports sociaux s'enferment entre principe de précaution, garantie d'assurances, évaluation des dommages qui entravent initiative et autonomie. Ce sont là les paradoxes de la démocratie compromise avec l'économique et la technologie. Ce numéro analyse ces dynamiques paradoxales dans leur complexité, selon les différents registres, psychologiques, sociologiques, économiques, politiques, juridiques... qui s'y rencontrent, et interroge à leur lumière les démarches et les pratiques qui se trouvent impliquées.
Résumé : Partant de l'affirmation d'Aristote selon laquelle l'homme est un animal politique et qui parle, l'auteur développe ce qu'il en est du lien paradoxal qui lui fait nécessairement rechercher la coopération de ses semblables, organiser des solidarités, tout en réagissant agressivement à toute dissemblance réelle ou imaginaire. De cette lutte incessante entre les pulsions, entre celles-ci et l'impératif spécifique à l'espèce d'élaborer ses modes de vivre-ensemble, entre violence et symbolique, naît le politique. Celui-ci peut se définir comme l'émergence de la Loi, non comme évocation du père mais comme émanation du groupe, garantissant la reconnaissance de ses membres et l'interdiction de dévoration entre eux. L'auteur, dans une perspective de psychologie politique, analyse comment les désorganisations du lien et l'affaiblissement du politique liés aux excès de la modernité suscitent désarroi et blessures identitaires qui libèrent des pulsions destructrices comme le terrorisme, les violences urbaines ou les conduites suicidaires. Elle souligne les paradoxes du " rêve démocratique " même si elle conclut à la nécessité de l'utopie pour rêver et vouloir le politique.
Barus-Michel Jacqueline ; Enriquez Eugène ; Lévy A
Un ouvrage de référence sur la psychosociologie : repères conceptuels et méthodo-logiques, auteurs précurseurs et fondateurs de la discipline. Enrichie de dix notices inédites, cette nouvelle édition rend compte de l'actualité de cette discipline. Les articles ont été rédigés par les chefs de file de la psychosociologie qui ont contribué à diffuser l'influence de la discipline dans de nombreux domaines (sciences de l'éducation, formation, pédagogie, enquête sociale et économique - travaux sur l'opinion publique, études de marché ou de motivation -, compréhension, analyse et traitement des situations sociales, en psychothérapie ou dans le travail social en général) et ont renouvelé les perspectives concernant les groupes et les relations de groupe, les structures d'organisation, les processus de changement, le traitement des conflits sociaux et leurs incidences sur les personnes.
Résumé : En tant que science de l'action et praxis engagée dans la vie sociale, la psychosociologie a profondément renouvelé les perspectives dans de très nombreux domaines où elle a exercé son influence : fonctionnement des groupes et des organisations, processus de changement, rapports de pouvoir, traitement des conflits psychologiques et sociaux, rapports entre recherche et pratique sociale, sciences de l'éducation, formation, pédagogie, enquête sociale et économique, travaux sur l'opinion publique, études de marché ou de motivation, psychothérapies, travail social... Le Vocabulaire de psychosociologie fournit des repères conceptuels et méthodologiques permettant de dégager l'originalité propre de cette discipline. Il valorise le fonds commun des psychosociologues.
Un nourrisson éveillé reste rarement inactif, même lorsqu'il n'est pas pressé par les besoins de la vie. Joue-t-il pour autant ? Le cas échéant, à quoi joue-t-il et comment ? Questions fédératrices de ce recueil d'observations et de commentaires divers. D'abord, s'entendre sur la définition du jeu, sa fonction, son origine... Ensuite, chercher les conditions nécessaires au jouet : quiétude, maturité, présence de l'adulte, choix des jouets... Vingt-six volets pour se faire une idée à ce sujet : coups de zoom ou angles plus larges sur des situations de la vie quotidienne.
La résilience, terme emprunté à la physique pour désigner la capacité des individus à surmonter les traumatismes, n'est pas une notion globale ou uniforme : elle présente de multiples facettes et provoque des controverses dans le monde thérapeutique. Dans cet ouvrage où dialoguent Boris Cyrulnik, à 'origine de la diffusion de cette notion en France, et Serge Tisseron qui en combat les ambiguïtés, les auteurs s'attachent à explorer les phénomènes de résiliences: la résilience serait-elle une recette miracle ou une réelle capacité de chacun à s'épanouir malgré le poids d'un traumatisme ? S'agit-il d'un état ou d'un processus ? D'un mécanisme de défense inné ou acquis ? D'une méthode comportementale ou d'une thérapie ? A mener seul ou avec l'aide d'un tuteur de résilience ? Apanage seulement de la jeunesse ou bien possible à tout âge ? Serait-ce un mot magique survalorisant ceux qui ont survécu à un traumatisme en même temps qu'il donnerait du rêve à ceux qui, dans des difficultés graves, peuvent espérer guérir par leurs seules ressources ? D'autre part, la résilience relève-t-elle du scientifique ou bien du moral dans la mesure où l'amour et la compassion semblent y jouer un râle primordial au détriment du travail scientifique sur l'Inconscient ? Et n'emprunte-t-elle pas à la psychanalyse certains concepts dans leur seul aspect positif et structurant ? Enfin, peut-on en tirer des outils thérapeutiques, voire pédagogiques, où à la traditionnelle prise en charge se substituerait une approche valorisant les ressources de vie, les potentialités de l'individu et de son environnement en développant l'espoir sous forme de réparation ou de création ? . . Joyce Aïn, psychanalyste (Toulouse), membre de la Société Psychanalytique de Paris, présidente de l'association Carrefours & Médiations.
La naissance soudaine, au sixième mois de grossesse, d'un enfant pesant souvent moins de mille grammes est toujours une épreuve pour le bébé et sa famille. Sont ici abordés en termes accessibles au plus grand nombre les problèmes médicaux, mais aussi psychologiques et éthiques qu'ils pourront rencontrer. Ce livre constitue une aide pour dialoguer avec les équipes soignantes, un outil pour mieux comprendre les difficultés, un point de repère auquel ils pourront peut-être se référer dans les périodes d'angoisse.
Mellier Denis ; Bompard Vincent ; Colas Nathalie ;
Comment l'observation du bébé peut-elle devenir un outil pour les professionnels de la petite enfance? Comment peut-elle être une aide pour accueillir un bébé et prendre soin de lui? Cet ouvrage montre que la valeur de l'observation résulte surtout du travail que les équipes peuvent réaliser à cette occasion pour percevoir toute la complexité de la vie psychique. Les travaux d'Esther Bick et ceux d'Emmi Pikler (Loczy) trouvent ici un prolongement pratique pour les lieux d'accueil des bébés et de leurs parents. Sous certaines conditions, le dispositif de l'observation permet d'instaurer une véritable médiation pour percevoir, recevoir, contenir et penser tout l'impact de la vie émotionnelle du bébé dans son environnement, et garder ainsi vivante l'attention à son égard. Biographie de l'auteur Denis Mellier, psychologue clinicien (Lyon), professeur de psychologie clinique et psychopathologie, université de Franche-Comté.