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L'Avant-Scène Opéra N° 328, mai-juin 2022 : Moïse et Pharaon ou le Passage de la mer Rouge. Rossini
Cavalié Jules
PREMIERES LOGES
28,01 €
Épuisé
EAN :9782843854095
Adapté de son Mosè in Egitto (créé à Naples en 1818), Moïse et Pharaon est le second grand opéra français que Rossini propose à l'Académie royale de musique, en 1827. Pour les besoins du plus important théâtre parisien, la partition originelle a été agrandie d'un acte supplémentaire et enrichie d'un ballet. L'ouvrage obtient un triomphe et confirme la prééminence de Rossini sur les scènes parisiennes. Le succès est tel que Moïse et Pharaon sera à son tour traduit en italien, et que c'est cette version qui s'imposera dès lors en Italie, plutôt que le Mosè d'origine... Comment le genre lyrique peut-il s'emparer d'un sujet biblique aussi puissant et spectaculaire que l'histoire du peuple hébreu mené par Moïse à travers la mer Rouge ? Comment le compositeur s'est-il adapté au goût français si différent du melodramma italien ? Telles sont les questions que soulève un opéra qui, encore aujourd'hui, provoque de brûlants débats lors de ses mises en scène. Ce sera sans doute le cas au Festival d'Aix-en-Provence 2022. Comme d'usage à L'Avant-Scène Opéra, le volume permet au lecteur de suivre le livret original intégral, en regard d'un commentaire musical et littéraire abondamment illustré de photos de productions, une discographie et une vidéographie, et une série d'études faisant le point sur le sujet.
Thomas Adès, l'un des compositeurs contemporains les plus imaginatifs et stimulants, s'est emparé en 2016 d'un chef d'oeuvre du septième art pour en faire un opéra : The Exterminating Angel de Luis Bunuel. Défi titanesque et infernal, l'opéra rejoue la satire astringente de la bourgeoisie prise au piège de son propre isolement, qui par magie, devient l'expérience surréaliste de chics invités qui ne peuvent plus quitter les lieux de la fête à laquelle ils participent. Thomas Adès a composé une musique inouïe, jouant néanmoins avec les références à la valse et autres danses mondaines. Dans ce terrible - et absurde - huis clos, la sauvagerie retrouvée des personnages pousse les chanteurs dans leurs retranchements, portés par un orchestre luxuriant. Inspiré d'un film, The Exterminating Angel rebat ainsi les cartes de la dramaturgie lyrique en se jouant des codes filmiques et scéniques, tout en réexploitant un dispositif scénique ancien : le huis clos. Dans ce numéro Tom Cairns, librettiste et metteur en scène de l'opéra à sa création, revient sur cette expérience et le travail de transformation du scénario en livret d'opéra. Comme d'usage à L'Avant-Scène Opéra, le volume permet au lecteur de suivre le livret original intégral, en regard d'un commentaire musical et littéraire abondamment illustré de photos de productions, une discographie et une vidéographie, et une série d'études faisant le point sur le sujet.
Lisa Della Casa (1919-2012) fut l'une des plus grandes sopranos du XXe siècle. Inoubliable interprète de Mozart et de Richard Strauss, elle marqua le monde de l'opéra de son mélange d'élégance et de naturel, de son charme mi-latin, mi-aristocratique ? née en Suisse, la soprano avait des origines italiennes. Malgré sa beauté qui lui valut le surnom d'Arabellissima, malgré une reconnaissance internationale incontestée, elle resta une femme pudique et discrète, antithèse de la diva. Tôt retirée de la scène et fuyant les interviews, elle devint une artiste culte, " Garbo lyrique " dont chaque trace sonore est précieuse à ses admirateurs et qui séduit tant par son mystère que par la magie inégalée de sa voix. En 1990, Christophe Capacci a eu la chance d'être l'hôte de Lisa Della Casa qui, chose exceptionnelle, accepta de lui confier ses souvenirs au cours de longs entretiens. Ce volume ? le premier en français consacré à la soprano ? s'en nourrit. Au lendemain des attentats de novembre 2015, France Musique conçut un long et intense programme dédié à la consolation. Il s?achevait avec la " voix de l'ange " dans le finale de la Symphonie n° 4 de Mahler, dirigée par Fritz Reiner. Cette voix, c'était celle de Lisa Della Casa.
Adoré ou honni, l'opéra reste quatre siècles après sa création un art prompt à déchaîner les passions. Régulièrement pointés du doigt par ses amateurs comme ses contempteurs, les maux qui aujourd'hui l'agitent prouvent sa vitalité. Ce sont ces phénomènes historiques, économiques, sociologiques, ces personnes, ces tics et ces travers, que ce petit lexique cherche à inventorier d'un ton léger, parfois impertinent, toujours argumenté. Sous diverses formes, chaque entrée propose un regard actuel, amusé ou polémique, sur l'art lyrique. De quoi alimenter la discussion entre initiés, instruire le néophyte, interpeller l'incrédule ou, au contraire, conforter l'opposant dans ses positions, tout en divertissant les uns et les autres.
Pendant plus de dix ans, Sylvain Fort a assuré sur Forumopera.com une garde dont personne ne voulait : celle d'embaumeur. Quand un chanteur d'opéra venait à s'éteindre et qu'il avait été cher à son coeur, c'est dans l'énergie de l'émotion qu'il lui rendait hommage. Dans les rédactions, pourtant, la terrible logique des " viandes froides " veut qu'on ait pour chaque artiste prêt à rejoindre son créateur un bel obituaire tout encarté de pourpre. Ces hommages, composés alors que la victime bat encore le pavé, rappellent les albums de Noël opportunément enregistrés au mois de juillet. C'est au contraire dans l'immédiat silence de la disparition que Sylvain Fort composa le catafalque de ceux qu'il admira depuis sa plus tendre jeunesse. Ainsi, " In Memoriam ", n'est pas un recueil d'hommages raisonnés, c'est le témoignage d'un mélomane épouvanté de voir glisser ses idoles dans un silence définitif.
En 100 courts chapitres pénétrants, André Tubeuf revient ici sur son compositeur fétiche. Car, nous explique-t-il, il y un miracle Mozart, permanent, et qui à chaque fois recommence. Et sous ce miracle se tient un mystère, celui de la bonté de Mozart, de sa charité, " du bien qu'il nous fait, quand il nous adresse ces messagers que sont ses personnages de théâtre ". Il sera donc question des opéras. Mais aussi des Concerto pour piano. Ou des Quintettes. Mozart leur infuse ce que Richard Strauss appelle " la mélodie de l'âme humaine ", jamais entendue ailleurs... Oui, l'affirme Tubeuf, Mozart est bien cet Ange de Rilke, ce " Visiteur " qui laisse vivre en nous les plus belles des musiques, celles qui nous aiment et nous consolent. Grâce à ce nouvel essai, Mozart n'a jamais été aussi haut dans nos coeurs. Ni si proche. "Un Mozart de plus ? Pour qui, et pourquoi ? Tout ce que nous avons besoin de savoir de lui a été rassemblé, communiqué, et souvent bien dit. Moi-même j'ai essayé voici presque trente dans un " Mozart, chemins et chants " que certes je ne renie pas, et qui devrait me suffire. Mais l'angle... Si un angle vraiment neuf se présente, et qui oblige à voir autrement, alors le paysage, les perspectives changent et un Mozart apparaît ; non pas un autre, mais vu d'ailleurs, vu autrement." André Tubeuf