Célébré de son vivant, François Gérard a divisé la critique après son décès. Pour Baudelaire, en 1846, il n'avait laissé que la réputation d'un homme aimable et très spirituel. En 1865, Charles Blanc considérait que le maître avait quelquefois dans ses portraits usé avec peu de discrétion de l'art de la mise en scène, donnant plus d'importance au "côté extérieur" de la composition, et cela aux dépens du sentiment et de la vérité. Gérard semblait s'être avant tout préoccupé de faire jouer aux personnages qui posaient devant lui un rôle conforme à celui qu'ils tenaient dans le monde. Et pour mieux réussir, il avait entouré ses modèles d'un luxe surabondant de détails et d'attributs. Une telle opinion a longtemps prévalu. Aujourd'hui encore, si David, Prud'hon, Girodet, Gros et Ingres portraitistes continuent d'être adulés, Gérard semble le grand oublié. Il n'a jamais eu droit ni à l'exposition ni à la monographie qui auraient permis de reconsidérer son travail. En réunissant dans cet ouvrage un peu plus de soixante-dix portraits, tant peints que dessinés, nous invitons enfin à redécouvrir François Gérard et à juger de son talent ou de ses faiblesses.
En 1783, soit trois années après la mort de Gabriel de Saint-Aubin, Pahin de la Blancherie indiquait que l'on n'avait jamais rencontré l'artiste "qu'un crayon à la main, dessinant tout ce qui se présentait à ses yeux". Cependant, malgré cette passion du dessin, le chroniqueur de la vie parisienne fut bien vite oublié et il fallut attendre les Goncourt à la fin du xixe siècle pour le redécouvrir. Chacun, dès lors, goûta l'art de Saint-Aubin et rechercha ses oeuvres. Grand collectionneur du xviiie siècle français, Camille Groult entra en possession d'un exceptionnel carnet réunissant plus d'une centaine de pages sur lesquelles le maître avait griffonné son quotidien. Longtemps ce rarissime témoignage de l'art de Saint-Aubin demeura jalousement gardé. Edmond de Goncourt ne put en donner qu'un dépouillement incomplet. Quelques années après, Emile Dacier, grand spécialiste de l'artiste, ajouta quelques éléments nouveaux mais sans avoir obtenu de pouvoir examiner en détail le carnet. Le 20 novembre 1941, le Louvre en faisait l'acquisition. L'oeuvre livrait enfin tous ses secrets. Dacier en reprit l'étude et publia en 1943 un opuscule de quarante planches. Aujourd'hui, c'est l'ensemble du carnet qui est pour la première fois reproduit à l'échelle réelle et étudié de manière exhaustive. De petites dimensions (18 x 12,5 cm), et réunissant 108 pages dont 103 illustrées et annotées entre 1759 et 1778, l'ouvrage est un document inestimable. L'artiste nous invite à parcourir les rues de Paris, à découvrir certains de ses monuments, à partager avec lui quelques événements marquants ou bien encore à vivre le quotidien de son petit monde peuplé de si nombreuses jeunes femmes toutes occupées à la lecture, à la musique ou aux travaux d'aiguille. De sa fine écriture souvent si difficile à lire, il a couvert de jour comme de nuit les pages de nombreuses annotations, noms de collectionneurs, prix de denrées, maximes ou bien encore localisations. Pour qui aime le Paris du xviiie siècle, pour qui cherche à mieux connaître l'art de Saint-Aubin, le carnet du Louvre invite indéniablement à la plus passionnante des découvertes.
Le 27 juin 1861, Napoléon III et Eugénie recevaient avec faste au château de Fontainebleau une ambassade du roi de Siam, Rama IV. L'influence française en Asie était en jeu et l'empereur souhaitait égaler en prestige la précédente rencontre diplomatique, en 1686, entre Louis XIV et les envoyés du monarque Phra Naraï. En présence des dignitaires de l'Empire, la réception des ambassadeurs eut lieu dans la salle de Bal de Fontainebleau, où l'on exposa les cadeaux du roi Rama IV. Or et pierres précieuses, objets symboliques de la dignité royale avaient été choisis pour témoigner du talent et du savoir-faire des artistes siamois. Afin de garder la mémoire de l'événement, on passa commande au peintre Jean-Léon Gérôme, il livra en 1864 une toile monumentale qui fut présentée au Salon de 1865. Les portraits des membres de la cour, comme l'exotisme du protocole et des costumes et la contenance élégante et courtoise de la famille impériale y font l'objet de tous les soins de l'artiste. Les textes de l'ouvrage éclairent les. conditions politiques et économiques de lai rencontre et les circonstances du séjour en France de ces ambassadeurs venus de si loin. Les illustrations des somptueux cadeaux conservés encore aujourd'hui au château de Fontainebleau, les études et détails du tableau de Gérôme redonnent vie à l'évènement.
Chevillot Catherine ; Le Normand-Romain Antoinette
Sculpteur mondialement célèbre à partir de 1900, Rodin a réexaminé tous les aspects fondamentaux de la sculpture. A chaque génération, les nouveaux regards portés sur son oeuvre, loin de le rejeter dans un passé révolu, ont enrichi la compréhension que nous avons de son art. L'ouvrage présente les apports décisifs de Rodin expressionniste et expérimentateur, son univers créatif, son accueil par ses contemporains, et, enfin, les appropriations que son oeuvre a suscitées de la part des artistes. Rodin ouvre en effet la voie à une sensibilité nouvelle, explorant un rapport particulier au temps, à la matière et au sens. La masse sculpturale paraît comme animée d'une énergie vitale propre : l'épiderme est le lieu où affleure avec plus ou moins d'impétuosité l'effervescence intérieure. Les émotions cherchent à s'exprimer et leur houle vient mourir à la surface des oeuvres.
Incroyable parcours que celui de ce peintre flamand qui se fait diplomate, s'élève dans la société et intercède auprès des princes ! Très jeune, Pierre Paul Rubens sillonne de cour en cour une Europe belliqueuse où les alliances entre familles dominantes se font et se défont. Recommandé auprès des uns en Italie, mandaté par les autres en Espagne, adoubé aussi bien par la maison d'Angleterre que par la famille de Habsbourg, Rubens se nourrit un peu plus à chaque séjour des modèles qu'il découvre dans les collections des grands monarques de son temps. Mais Rubens n'est pas seulement peintre virtuose au service du pouvoir car l'art de la couleur rejoint, chez lui, l'art de la politique. Réunir ses portraits, c'est aussi prendre le parti de mettre en avant cet aspect si particulier de sa carrière. Le Musée du Luxembourg, à travers cette exposition sur les portraits princiers de Rubens, met à l'honneur un sujet qui résonne avec l'histoire du lieu comme avec celle de Marie de Médicis.
Girveau Bruno ; Comte-Sponville André ; Rosset Clé
La nature éphémère de la joie de vivre, presque indéfinissable, explique sans doute la rareté de cette notion dans la philosophie et a contrario la fréquence de ses représentations dans l'art. Il est plus simple en effet pour un peintre que pour un philosophe de saisir un bonheur fugitif. Quelles images les artistes donnent-ils de la joie de vivre ? La plupart d'entre eux célèbrent la grâce et la spontanéité de l'instant présent. La joie est vécue ici et maintenant. Elle est plus attachée à l'être qu'à l'avoir, à l'être ensemble qu'à la possession ou la consommation de richesses. C'est ainsi qu'à travers les siècles en Occident, depuis l'Antiquité jusqu'à nos jours, parfois en dépassant les interdits, le soleil, le jeu, l'amitié, la famille, la fête, le corps, l'amour et le rire sont célébrés par les artistes. Réunies pour l'exposition du Palais des Beaux-Arts de Lille, une centaine d'oeuvres d'art, de la peinture au cinéma, tentent d'illustrer l'art du bonheur.
Some of the most iconic and influential images of nineteenth-century French painting, including Gustave Courbet's famous The Meeting ("Bonjour, Monsieur Courbet!"), highlight the celebrated Bruyas Collection from the Musée Fabre in Montpellier. With tastes ranging from romanticism to realism, Alfred Bruyas (1821-1877) collected both traditional and what was then avant-garde art. Featuring nine masterpieces by Courbet, as well as important painting, drawings, and sculptures by such leading artists of the period as Delacroix, Ingres, Géricault, Millet, Corot, Rousseau, and Barye, this book examines Bruyas's role as one of the foremost collectors of contemporary art in France, and the significance of his patronage of living artists.