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Connaissance des Pères de l'Eglise N° 152, décembre 2018 : L'initiation chrétienne hier et aujourd'h
Vannier Marie-Anne
NOUVELLE CITE
14,05 €
Épuisé
EAN :9782375820421
Le baptême est une splendeur pour les âmes, un changement de vie, le don fait à Dieu d'une conscience bonne. Le baptême est une aide pour notre faiblesse, l'obéissance à l'Esprit, la communion au Verbe, la restauration de la créature, la purification du péché, la participation à la lumière, la destruction des ténèbres ; le baptême est un char qui nous conduit vers Dieu, une mort avec le Christ, l'appui de la foi, la perfection de l'esprit, la clef du royaume des cieux, le changement de vie, la fin de notre servitude, la délivrance de nos liens, la conversion de nos moeurs. Le baptême (pourquoi poursuivre cette énumération ? ) est le plus beau et le plus magnifique des dons de Dieu [...]. Nous l'appelons don, grâce, baptême, onction, illumination, vêtement d'incorruptibilité, bain de régénération, sceau, et tout ce qu'il y a de plus précieux. Don, parce qu'il est conféré à ceux-là qui n'apportent rien ; grâce, parce qu'il est donné même à des coupables ; baptême, parce que le péché est enseveli dans l'eau ; onction, parce qu'il est sacré et royal (tels sont ceux qui sont oints); illumination, parce qu'il est lumière éclatante ; vêtement, parce qu'il voile notre honte ; bain, parce qu'il lave ; sceau, parce qu'il nous garde et qu'il est le signe de la seigneurie de Dieu. Les cieux s'en réjouissent, les anges le glorifient, parce qu'il est comme eux lumineux ; il est l'image du bonheur là-haut ; nous voudrions le chanter par nos hymnes, mais nous ne pouvons pas le faire autant qu'il en est digne." S. GREGOIRE DE NAZIANZE, Discours 40, 3-4.
Résumé : "La prière pure n'est jamais exempte d'impressions et de pensées matérielles. Sinon, il ne s'agirait plus de prière, mais d'une révélation qui serait arrivée. C'est uniquement à l'étape des révélations que la pensée est privée d'images et de ressemblances, et qu'elle se tient au-delà des impressions et de la matière, comme l'a dit Evagre : "L'intellect qui regarde Dieu au temps de la prière est libre des impressions et de la matière", ce qui en fait une révélation au-delà de la parole. Sinon, toute prière vocale, dans la mesure où la pensée y demeure pure, ne peut pas être au-delà des impressions. II ne dépend pas de nous que des pensées étrangères circulent ou ne circulent pas en nous au temps de la prière ; mais s'y arrêter pour les méditer ou ne pas s'y arrêter, cela dépend de nous [...]. L'ouvrage du priant est de se tenir dans la vigilance, afin de garder pure sa pensée, et de la détacher sans cesse de ce qui la lie aux objets, jusqu'à ce qu'il atteigne la conduite spirituelle et qu'en priant, il soit élevé au-delà de la lutte, parce que sa pensée aura été élevée au-delà de toutes les formes du monde présent ". Isaac Le Syrien, Oeuvres spirituelles II, Centurie III, § 11, Bellefontaine, Spiritualité orientale n° 81, 2003, pp. 201-202.
Thème de la beauté n'est pas le premier qui vient à l'esprit quand on envisage les écrits des Pères et des médiévaux. Il n'en demeure pas moins que ce thème est important dans leurs écrits comme l'a montré Umberto Eco, et comme en témoigne aussi Augustin avec son hymne : "Bien tard, je t'ai aimée, ô beauté si ancienne et si nouvelle" . On a aussi un recueil d'écrits d'Origène, publié par les Cappadociens sous le titre exceptionnel de Philocalie, ou amour de la beauté, même si cet ouvrage traite plus d'herméneutique que d'esthétique. Marqués par l'héritage grec, les Pères ont mis l'accent sur la beauté, même si c'est parfois une beauté paradoxale. C'est, alors, la vue, la vision qui l'emporte sur l'écoute, une vision grecque plus qu'hébraïque. Dans leur conception de la beauté, les Pères ont été, en effet, fortement marqués par le Banquet de Platon et par l'Ennéade I, 6 de Plotin, consacrée au Beau, à tel point qu'il est juste de parler du "platonisme des Pères" ou, avec Endre von Ivanka, de Plato christianus. Cependant, ce platonisme n'est que formel. Les Pères reprennent les cadres de pensée de leur époque. mais ils repensent l'apport platonicien à partir de l'expérience centrale de la Transfiguration où le Christ apparaît véritablement comme "le plus beau des enfants des hommes" (Ps 44, 3) dans une lumière éclatante qui manifeste sa divinité. Si les Pères sont passés comme dans le Banquet, des beaux corps aux belles âmes, ce n'est pas pour en venir à l'Idée du Beau, mais pour rencontrer le Créateur, qui est à l'origine de toute beauté. De mène, s'ils se sont inspirés des fines analyses de Plotin relatives au Beau, ce n'est pas pour en venir à une quelconque fusion avec l'Un, mais pour reconnaître l'ouvrier à travers son oeuvre et pour passer à la création nouvelle avec le Christ, qui est l'épiphanie de toute beauté. D'ailleurs, le thème de la beauté n'est pas sans rejoindre le thème hébraïque de la gloire de Dieu (kâbôd) que l'on trouve, en particulier, dans le livre de l'Exode, quand Moïse doit se cacher le visage tace au rayonnement de la gloire de Dieu. Lors des Rencontres annuelles de patristique de Carcassonne de juillet dernier, que Patrick Laurence présente dans le Liminaire, il n'était pas possible de réaliser un travail aussi vaste que celui d'Hans Urs von Balthasar dans La Gloire et la Croix, dont le titre original est justement Herrlirchkeit : splendeur, théologie de la beauté. Mais les différents intervenants n'en ont pas moins montré comment l'un ou l'autre des Pères envisageait la beauté, ce qui occupera deux numéros de notre revue. Ces rencontres de patristique ont été marquées par la disparition brutale de Jean-Pierre Weiss, qui y est venu depuis leur création et qui donnait toujours de la saveur à ses conférences, sans oublier l'humour. Cette année, il est venu à Carcassonne, mais il a été terrassé avant de pouvoir prononcer sa conférence : "La beauté dans les Confessions de S. Augustin" . Il est parti rejoindre la beauté éternelle de la Trinité, dont il pourrait parler mieux que nous. François Hem lui consacre un ln memoriam à la page suivante.
L'anthropologie patristique est encore assez peu étudiée. Or, elle demande à être redécouverte, car elle n'est pas sans anticiper certaines questions contemporaines. Nous retiendrons un point de cette anthropologie pour ce numéro : la question de la divinisation, qui n'est pas sans analogie apparente avec le transhumanisme. D'autre part, ce numéro renouvellera les études patristiques qui, tant avec l'ouvrage de Jules Gross qu'avec celui de Myrrha Lot-Borodine, montraient que la réflexion sur la divinisation vient des Pères grecs, alors que les Pères latins en traitent également, comme l'expliqueront un certain nombre d'intervenants, ce qui amènera à apporter un certain nombre de nuances et à rééquilibrer les perspectives.
Résumé : Avec Hadewijch d?Anvers et Catherine de Sienne, Hildegarde de Bingen est une des trois grandes mystiques qui ont marqué la spiritualité du Moyen Age. Elle est restée d?une étonnante modernité, notamment par sa vision "écologique" avant la lettre - ses recettes de médecine par les plantes sont redevenues à la mode. Sa vision, cette femme aux multiples talents l?a exprimée à travers des créations picturales qui illustrent ses livres. Une dizaine de ces peintures accompagnent l?original du Livre des oeuvres divines, son grand classique. Ces images remarquables nous montrent un Homme christique en totale harmonie avec le Cosmos. Marie-Anne Vannier, spécialiste des mystiques rhénans, en décrypte la symbolique des formes et des couleurs, et montre comment ces oeuvres s?enracinent très précisément dans une mystique de l?harmonie.
Le monde de l'entreprise est en pleine mutation. Le sentiment que l'on arrive au bout d'un modèle d'organisation et de management est désormais très largement partagé. Les tourments de la perte de sens montrent qu'il est grand temps de changer de modèle. Cette aspiration au changement est reprise avec enthousiasme par les cadres et dirigeants eux-mêmes qui proposent de "libérer l'entreprise". Ils promeuvent alors l'autonomie, la liberté, la responsabilité, la suppression des hiérarchies... Pourtant, et aussi séduisante soit-elle, cette approche souffre d'un défaut originel : les entreprises ne peuvent être le monde de l'autonomie et de la liberté ! Elles sont au contraire le monde des dépendances assumées dans lequel chaque participant renonce à déterminer seul son action pour la définir de façon coopérative avec les autres... et faire mieux ensemble ! En tant que lieu de l'interdépendance choisie et de la coopération volontaire, l'entreprise est nécessairement le lieu du dialogue au travers duquel se tissent et se retissent en permanence les fils de l'action commune. Cette pratique du dialogue ne suppose pas la suppression des règles ou de l'autorité mais leur refondation. C'est un défi pour le management que de savoir soutenir, animer et organiser le dialogue. Ce sont les voies d'un management par le dialogue que ce livre entend explorer.
Chaque année, nous consacrons un numéro de Connaissance des Pères à un lieu géographique : une ville, une région, une province... Montrer le monde dans lequel ils vivaient aide à mieux comprendre les Pères et leurs écrits. L'an dernier nous vous présentions Alexandrie et l'Egypte (n °33) , cette année nous avons choisi la Syrie. Province dont la capitale est Antioche, la Syrie est un pays à double culture comme souvent dans le monde méditerranéen. La côte est plutôt de langue et de culture grecques, tandis que l'intérieur est davantage de langue et de culture syriaques. Mais le fond sémitique l'emporte, comme nous l'avions vu dans le numéro consacré à saint Ephrem (n°26). Il y a beaucoup à dire sur le monde syrien. Deux aspects marquant la vie des communautés chrétiennes aux IVe et V° siècles ont été retenus. Ils constituent les deux volets de ce numéro. L'un présente la liturgie syrienne, notamment l'Eucharistie. L'autre traite de la tradition ascétique et du monachisme qui sont inséparables. J. FANTINO, o. p.
Le Christianisme a commencé en Terre Sainte, et on sait qu'il s'est répandu très rapidement. Mais, sait-on qu'il fut très tôt présent dans le monde syro-palestinien qui recouvre les pays qui vont d'Israël et de la Jordanie jusqu'à la Turquie et à l'Iran actuels. Ainsi une Communauté chrétienne existe à Damas dès les années 35-36 : c'est elle qui accueille Paul lors de sa conversion. Il y a aussi Antioche où les croyants reçoivent pour la première fois le nom de chrétiens (Ac 11, 26). Le monde syro-palestinien a donc été très tôt gagné par la foi au Christ. Mais il possède également une autre caractéristique très importante. En effet, dans ces contrées les gens sont en général de langue araméenne. C'est une langue de cette famille que parlaient Jésus et ses disciples. L'araméen est davantage un ensemble de dialectes plutôt qu'une langue unique et uniforme. Toujours est-il que c'est dans cette culture araméenne, et donc sémite, que se fait dès les débuts du christianisme l'évangélisation des contrées du Proche-Orient. Ainsi dès le début il y eut des Eglises de culture araméenne qui parlent cette langue et célèbrent leur foi avec elle. Ephrem est un Père du IVe siècle appartenant à l'une de ces Eglises. C'est par lui que nous avons choisi de vous présenter les Eglises de langue araméenne. Peut-être le connaissez-vous déjà ou avez-vous entendu parler de lui. Ce numéro lui est consacré et commence par une introduction à la culture araméenne, avant de présenter Ephrem et son oeuvre.
Nous vénérons tous des représentations du Christ, de la Vierge et des saints : peintures, statues, etc. Le culte rendu à ces images fut très débattu après le concile Vatican II. Il s'agissait de savoir quelle place elles ont ou doivent avoir dans la vie des chrétiens, et aussi où elles peuvent ou doivent être installées, tout particulièrement dans les églises. Cela aboutit ici à l'enlèvement pur et simple des statues et autres tableaux, là au statu quo , ailleurs encore à leur remplacement par des icônes. Dans tous les cas cela traduisait un malaise. Mais nous sommes tous concernés et nous savons à quel point nous sommes vifs à réagir à ce sujet. Cela est sain, car à y regarder de plus près, on s'aperçoit que ce débat n'est pas nouveau, loin de là, et l'Eglise a connu d'autres périodes agitées à ce sujet. Ainsi la Réforme a rejeté l'usage et le culte des images. Mais bien auparavant, au temps des Pères, la question de la légitimité de cet usage et de ce culte avait déjà été posée. Pendant plus de deux siècles, partisans et opposants s'affrontèrent. A cette occasion un concile oecuménique s'est tenu à Nicée en 787. Ce concile reconnut et définit la légitimité et de l'usage et du culte des images. A vrai dire, il ne fut reçu que lentement et d'une manière différente par les Orientaux et les Occidentaux. Son anniversaire est célébré cette année. A cette occasion, nous vous présentons, à partir de ce concile et des débats de cette époque, la question du culte des images du Christ et des saints. Car si, à ce sujet, il y a tant de passion dans l'attitude des chrétiens, c'est que la foi est en jeu. Le culte des images repose entièrement sur la foi en l'Incarnation de Jésus, le Fils du Père. Telle est la réponse donnée par Nicée II. Certains trouveront peut-être ce numéro d'un abord plus difficile que d'ordinaire. Il met en jeu, en effet, toute une argumentation scripturaire, théologique et pastorale. Ce n'est pas l'habitude de la revue et, de ce fait, ce numéro est exceptionnel. Ceux qui suivent retrouveront leur aspect habituel. Mais, vu l'intérêt de la question, nous avons décidé de réaliser ce numéro un peu spécial. Une introduction historique et un glossaire vous faciliteront la lecture des articles, où vous verrez les arguments développés par les Pères pour et contre le culte des images. Vous découvrirez aussi comment le Concile fut reçu en Occident. J. FANTINO, o. p.