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Communication et Langages N° 187, mars 2016 : Lectures de la caricature
Lambert Frédéric
PUF
19,00 €
Épuisé
EAN :9782358761659
Une caricature faite dans les langues de la laïcité, de la liberté d'expression, de l'universalisme républicain, de la culture de la démocratie, demande des compétences pour l'interpréter. C'est l'objet de ce dossier. Pourquoi les intelligences de la caricature, ses jeux, ses distances, ses transgressions, peuvent-ils être entendus comme des profanations ? Comment la caricature, partagée par un lectorat habitué aux promesses de la politique éditoriale du média qui la publie, se trouve-t-elle projetée dans les arènes mondialisées, et circule-t-elle entre différentes communautés de croyance ? Ces questions malheureusement portent en elles une gravité, sinon une tristesse et l'expression d'un deuil, celui des auteurs de Charlie Hebdo assassinés au nom de dieu. Les caricatures sont souvent de petits exercices de profanations créatives, où les discours marchands, les discours politiques, les discours religieux font l'objet d'une saine provocation. Mais ces exercices de démocratie sont inaudibles pour ceux qui par intérêt politique se déclarent depuis les territoires d'une théocratie, ou pour ceux qui n'ont jamais pu apprendre à entendre et produire les voix de la subversion et de l'émancipation. Ce dossier, "Lectures de la caricature", est pris dans le débat de l'interdisciplinarité où l'histoire, l'anthropologie, la sémiologie et la sociologie viennent dire et analyser comment circulent et font sens les textes et les images au sein des sociétés. La caricature travaille généralement à rebours du naturel, de l'évidence, et des usages conventionnels de l'information et de la communication. Elle travestit, met à nu, tord, déforme graphiquement des traits qui étaient partagés dans le confort des normes sociales. Certes, la caricature peut devenir un objet de propagande. Mais elle est essentiellement l'expression vivante de nos libertés et des combats qu'il faut mener pour les préserver.
Les écrits de rue — Mai 1968, Septembre 2001, Janvier 2015 (Charlie Hebdo et l'Hypercasher), Novembre 2015 (le Bataclan et les terrasses parisiennes), les écrits des 32, 33, 34 mars 2016... (Nuit Debout et son calendrier Dada) ou ceux des révolutions arabes — font événement au sein d'une actualité. Ils sont en même temps événements d'écriture, mais aussi écritures en événement. Ici, l'écrit entre littéralement dans l'espace politique, met en visibilité une crise et son moment discursif, souligne les formes poétiques et graphiques de la légende collective que partage à ce moment précis une société. l'enjeu de ce dossier est donc d'identifier et d'analyser ces écritures qui font elles-mêmes événement. Ces textes partagés, repris, reconfigurés, sur les murs, sur les affiches, sur les banderoles, tagués sur le socle d'une statue, reproduits à la Une des journaux papiers, aujourd'hui proliférant sur les pages des réseaux sociaux, forgent un temps nos esprits, participent à l'écriture d'une histoire au présent. Les écritures en événement sont attendues par une armada de professionnels : à peine jetées au sol, taguées au mur, brandies sur un carton, que des institutions s'en saisissent. Elles sont gérées et budgétisées deux fois : par les services de la Propreté et par les conservateurs. Collections ou échantillons, elles peuvent se constituer en archives. Cette parole spontanée, éphémère, hurlée et murmurée appartient aujourd'hui aux registres d'une histoire, d'une anthropologie et d'une sémiotique des langues vivantes au sein des arènes publiques.
Sans auteurs, les langages font autorité : ils surgissent dans la collectivité et pour elle, ils signent du ciment des mythes et des croyances l'identité de nos sociétés et leurs sphères de pouvoirs. Dans le confort de cet anonymat en nom collectif, nous pouvons sans cesse construire notre propre anonymat de citoyen. Les médias nous proposent toujours de nouveaux échantillons d'anonymes, captés sur nos trottoirs ou dans nos villes inconnues, surgissant de situations improbables ou trop ordinaires. On trouvera dans les textes ici réunis les notions d'auteur, seul ou " en collectif ", de " lecteur ", individu singularisé ou confondu dans une audience, ainsi que celle d'acteur, celui d'un jour de l'actualité, qui défie de son ombre éphémère la caste des hommes de renommée. Les contributions rassemblées dans ce volume constituent les actes d'un important colloque dont l'objectif était d'explorer l'histoire de l'anonymat, les images et les publics anonymes, les dispositifs de la production et de la reproduction des discours anonymes et enfin les, nouvelles configurations de l'espace public que l'anonymat dans les médias induit. Cet ensemble constitue une exploration précieuse et rare d'un domaine qui retient trop peu souvent l'attention.
Quand l'État est-il né ? Qu'est-ce que le totalitarisme ? La démocratie est-elle un régime élitiste ? Le citoyen est-il apathique ? Faut-il réformer la Ve République ? Quelle place les partis d'extrême droite occupent-ils en Europe ? Le clivage droite/gauche a-t-il encore un sens ? Quelles différences distinguent le régime présidentiel du régime parlementaire ? Rendant compte de la diversité des recherches menées en science politique et présentant un large panorama des problématiques élaborées dans le cadre d'une discipline récente, cet ouvrage intéressera tous ceux qui souhaitent mieux comprendre le fonctionnement des démocraties contemporaines.
Daniel Ligou est professeur émérite à l'Université de Dijon. Auteur de nombreux ouvrages, ses travaux et publications sur la franc-maçonnerie font autorité.
L'ouvrage aborde des situations cliniques diverses (victimes d'agressions violentes, de viol et d'inceste, réfugiés du Kosovo ou du Rwanda) rencontrées lors de prises en charge individuelles ou de groupe. Il décrit le travail de survivance grâce auquel le psychisme mobilise des défenses actives contre les expériences d'anéantissement et contre leur fascination. Il analyse les processus psychiques comme la subjectivation de la mort et sa liaison à la vie qui permettent aux personnes de se remettre à vivre. Il souligne également le travail de reliance par lequel la personne violentée parvient à se relier à la communauté humaine et à restaurer un sentiment d'appartenance à l'humanité qui avait été détruit.
Les enseignants et formateurs du XXIe siècle peuvent-ils espérer que la psychologie scientifique les aide dans leur pratique? Cet ouvrage prend le parti d'affirmer que, même si la science ne peut apporter toutes les réponses attendues, elle peut identifier des conditions nécessaires mais non suffisantes! pour « apprendre et faire apprendre »: des conditions liées aux caractéristiques des apprenants en interaction avec celles de leur environnement d'apprentissage. Les psychologues d'aujourd hui n'étudient plus l"« Apprentissage » avec un grand « A », comme s'il s'agissait d'un objet défini et statique. Ils préfèrent en décrypter les mécanismes et les dynamiques spécifiques. Leur objet est donc moins « l'apprentissage » qu" « apprendre », verbe d'action qui permet d'intégrer les facettes cognitives, affectives et sociales en jeu. L'expression « faire apprendre » rappelle par ailleurs que l'action ne se déclenche pas nécessairement d'elle-même. Elle nécessite une implication de l'apprenant lui-même, mais aussi de celui qui lui transmet connaissances et compétences: l'enseignant, le formateur ou tout autre éducateur. Les auteurs ont dès lors choisi de convoquer les sous-disciplines de la psychologie qui, en 2006, peuvent l'éclairer: les neurosciences cognitives, dont fait partie la psychologie cognitive, la psychologie différentielle, qui cherche à comprendre les spécificités individuelles, la psychologie du développement, mais aussi la psychologie sociale et la psychologie de la motivation. En plus d'être collectif, cet ouvrage est donc pluridisciplinaire et fondé sur les travaux de recherche les plus récents, tout particulièrement dans les différents pays francophones.
Ce Dictionnaire de psychologie allie les qualités d'un bel ouvrage accessible à tous avec les avantages de l'exhaustivité, ce qui ravira les spécialistes. Les termes de la langue courante (adolescence, leurre, agression, réaction, tempérament...) et du vocabulaire de la psychologie (autisme, psychodrame, test de Rorschach...) y sont définis, tandis que les notions fondamentales sont mises en perspective par un rappel des doctrines qui les ont élaborées. Ainsi, le lecteur pourra se demander s'il est plutôt allocentrique ou égocentrique, après avoir distingué les fantômes de son passé des fantasmes de sa libido. Grâce à un système de renvoi entre les définitions et à la prise en compte de notions qui font intervenir aussi bien la psychologie, la sociologie et la psychanalyse, cet ouvrage très utile offre un panorama complet des sciences humaines. --Paul Klein