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L'américanisation de l'Europe occidentale au XXème siècle. Mythe et réalité, Actes du colloque des U
Barjot Dominique
SUP
15,00 €
Épuisé
EAN :9782840502418
Américanisation... un mot entré de plus en plus dans le langage courant : il exprime cependant des réalités fort diverses. Au sens large, il traduit une réalité culturelle profonde, celle de la généralisation d'un mode de vie, d'une civilisation née outre-atlantique par fusion d'apports multiples venus pour l'essentiel d'Europe. Cette américanisation résulte d'un transfert vers l'Europe occidentale des méthodes de production, des modèles de consommation, du mode de vie, des pratiques socioculturelles ou des cadres de pensée nés ou adoptés originellement aux États-Unis. Notamment parce qu'il n'a pas de concurrent à l'échelle globale, le modèle de modernisation américain s'est progressivement imposé en Europe, malgré de notables résistances, comme le prélude à la modernité conquérante. À cet égard, aujourd'hui l'Europe devient " génératrice d'américanité ". Issus d'une université d'été européenne tenue à l'Université de Paris-Sorbonne (Paris IV), les travaux rassemblés dans cet ouvrage livrent un aperçu des apports les plus récents de la recherche. La perspective adoptée est celle de la longue durée, à l'échelle du XXe siècle européen, mais aussi de la confrontation du mythe et de la réalité. Dans une première partie est évoqué le projet de l'Amérique. Passés selon les uns de l'isolationnisme au néo-impérialisme, les États-Unis sont à l'origine d'une certaine vision de l'Europe, mais aussi d'un vaste mouvement d'apprentissage des techniques et du management américain. La seconde partie de l'ouvrage évoque la question des relations entre l'Europe et l'Amérique. L'américanisation de l'Europe, dans ses diverses formes, a sans doute été accélérée par l'antagonisme Est-Ouest. En outre, l'américanisation ne s'est pas limitée à l'Europe des Six, comme le montre le cas de l'Espagne. Elle a pris des formes très diverses : politique autour du thème de la fédération, financière dans le cas de la City de Londres, militaire dans le cas de l'industrie française d'armement. L'américanisation a été économique et technologique, comme le montre la troisième partie de l'ouvrage. Visible au Maroc, elle a y été apprivoisée, de même que dans l'industrie pharmaceutique française. Elle s'est heurtée à des résistances comme le montre l'exemple de l'informatique en France. Enfin elle obéit à des processus complexes mettant en jeu de nombreux acteurs. En définitive, plutôt qu'une américanisation, il y a eu des américanisations. À cet égard, le livre constitue une contribution importante à l'une des problématiques essentielles du XXe siècle.
Le débat récurrent autour des trente-cinq heures, le problème toujours d'actualité des délocalisations industrielles traduisent l'importance que revêt aujourd'hui la question du travail pour les sociétés humaines. Sans perdre de sa dimension de lutte quotidienne de l'homme pour échapper à l'esclavage de la nature, le travail a connu en effet des mutations profondes à la fois dans le temps et dans l'espace. Sous l'effet de l'industrialisation, les qualifications ont évolué ; la rationalisation a progressé (introduction du chronométrage, taylorisme, fordisme, système Bedaux), le salaire a été redéfini et la jurisprudence a modifié la lecture du droit du travail. Objet de représentations multiformes, le travail est aussi l'enjeu des stratégies d'acteurs : les entreprises sont ainsi passées du paternalisme à la promotion de la culture d'entreprises. Certaines ont même repensé l'espace afin de créer une nouvelle harmonie entre travail et capital. Sont concernées les PME, mais aussi le secteur public et parapublic. Ces représentations et ces stratégies se sont particulièrement focalisées autour de questions comme les conventions collectives ou le modèle américain de productivité. Il existe une grande diversité de situations selon les secteurs, les entreprises et les métiers. Sur les chantiers, la mobilisation d'effectifs nombreux et la difficulté technique des réalisations ont conduit à des risques élevés d'accidents du travail. Le savoir-faire ouvrier a permis aussi un fonctionnement satisfaisant des services publics et la recherche de l'excellence dans le travail. Mais le progrès des techniques a provoqué aussi des mutations douloureuses. Même dans les services, la professionnalisation s'est affirmée : ainsi dans les Caisses d'Epargne ou à la Poste, autour de la figure emblématique du facteur rural.
Barjot Dominique ; Bellavitis Anna ; Haan Bertrand
Où en est l'historiographie française et francophone, en ces temps de mondialisation accélérée ? La recherche historique française est demeurée féconde dans chacune des quatre grandes périodes de l'histoire, cet ouvrage en donne un aperçu pour chacune d'entre elles. Les échanges et les interactions entre les traditions historiographiques de différents pays sont à l'ordre du jour, mais des spécificités de chacun perdurent. La France a eu et a encore une tradition marquée d'ouverture, qu'il faut pouvoir maintenir dans un contexte de crise globale, présente et future. L'historiographie française et francophone est en plein renouvellement. Des champs nouveaux s'ouvrent à la recherche, qui font largement appel à des approches transversales et pluridisciplinaires, voire transdisciplinaires.
L'histoire de la construction européenne de 1919 à 1992 est marquée par l'affrontement de deux aspirations essentielles : l'une, politique ; l'autre, plus économique. Entre ces deux visions, un choix n'a jamais vraiment été fait, d'où les ambiguïtés dans lesquelles s'inscrit aujourd'hui l'action de l'Union et les mutations qui furent les siennes. Parfaitement conforme aux exigences du concours et rédigé par un groupe d'universitaires spécialistes du sujet, cet ouvrage analyse les trois grandes étapes de cette évolution : la période 1919-1945 marquée par l'échec des aspirations à la paix, puis un conflit mondial terrible qui met aux prises deux visions de l'Europe ; le second acte (de 1946 à 1978) qui voit émerger une réalité européenne, à travers la naissance de la CECA, puis de la CEE ; la dernière période (de 1979 à 1992) qui révèle les tensions entre approfondissement et élargissement. Ce processus donna lieu à d'intenses débats et controverses dont tient compte le présent manuel. Celui-ci propose cartes et schémas originaux qui aideront les candidats à maîtriser des mécanismes économiques et juridiques parfois complexes.
Morny? Deauville?, deux symboles du Second Empire qui traduisent, pour le premier, toute la prospérité spéculatrice d?une époque, pour la seconde, la nouveauté d?un monde ou le loisir devient moteur de l?économie. Dirigé par Dominique Barjot, Éric Anceau et Nicolas Stoskopf, ce Morny et Deauville apporte nombre d?informations inédites, de révélations sur la genèse de Deauville, le mouvement d?affaires du Second Empire et les facettes multiples d?une personnalité, celle du duc, ainsi que la naissance de la civilisation moderne des loisirs. Dans le contexte de la Normandie des années 1950, Deauville naît des initiatives du groupe Morny et s?affirme d?emblée comme un modèle urbanistique et architectural, lui-même générateur de toute une symbolique. Omniprésent dans les chemins de fer et la banque, mais aussi les mines, Morny n?est pas qu?un autre Eugène Schneider. Acteur essentiel du régime politique du Second Empire, vigoureux partisan de l?alliance franco-russe, ce personnage ? à certains égards sulfureux ? est aussi un grand propriétaire terrien attaché à l?Auvergne et un mécène bien de son temps. Il contribue ainsi à la réinvention de la Normandie, à l?essor phénoménal des courses, au succès de la plaisance, voire du vélocipède. Passionné de théâtre et grand collectionneur de peintures, il ouvre plus largement aux peintres l?univers de lumière et de couleurs de la Normandie.
Le progrès technique est-il issu du seul esprit de scientifiques, ou le résultat d'un encouragement politique ? La "révolution scientifique" à l'oeuvre entre le XVIe et le XVIIIe siècle donne lieu à un foisonnement sans précédent d'innovations scientifiques et techniques, mettant en scène un fructueux dialogue entre science(s) et pouvoir(s). L'ouvrage propose des mises au point historiographiques sur des thèmes encore peu explorés : débats autour de l'attraction magnétique, naissance de la médecine du travail, intervention royale dans la recherche d'une méthode de calcul des longitudes, ingénierie des aménagements portuaires...
Résumé : Cet essai porte sur les romans écrits par Georges Simenon au cours des années trente, aussi bien les " romans durs " que les " Maigret ", et en renouvelle profondément la lecture. Il y décèle un scénario latent. Hanté par le " vertige de la perte " qui le pousse à un retour fusionnel dans le Monde-Mère sous les espèces du rien, voire de la mort, l'écrivain l'exorcise en se réfugiant dans le contre-monde du Livre, par instinct de conservation, en " avare " de son désir. Mais il en conçoit de la mauvaise conscience, car il s'éprouve alors comme un escroc, ou un faussaire : c'est donner en effet pour réels, dans ses livres, des êtres et un monde de papier, sans vraie consistance. Pour se laver de ce péché d'escroquerie, il place dans ses romans des personnages qui sont ses doubles, assignés à des espaces mettant en abyme le Livre. Ce sont des boucs émissaires, car ils endossent la faute et, d'une façon ou d'une autre - en mourant, dans bien des cas -, l'expient, ce qui permet d'en dédouaner l'écrivain. Cependant, il n'y a là qu'un subterfuge puisque, en réalité, ce sacrifice expiatoire du Livre et de son démiurge se produit... dans un livre. C'est pourquoi, un roman terminé, Simenon n'a d'autre choix que d'en entreprendre un autre.