Après avoir porté notre attention à divers acteurs de la santé, nous avons choisi de nous intéresser aux patients, et en particulier à ceux qui, à la suite d'un accident, d'une blessure ou d'une maladie, se trouvent atteints d'une infirmité physique visible, en traitant la question: "penser et surmonter le handicap" dans l'Antiquité gréco-romaine, au Moyen Age arabo-musulman et occidental et à l'époque moderne, du Nouveau Monde à l'Ancien Régime français. A l'heure où le handicap soulève des questions majeures au sein de nos sociétés, il semble en effet instructif et utile de s'interroger sur sa perception dans les sociétés anciennes. Placée dans la suite de quatre précédentes journées d'études, cette rencontre a permis de mieux cerner les représentations, mentales et iconographiques, du handicap tout autant que les techniques, médicales ou non, mises en oeuvre pour venir en aide à une catégorie de patients posés comme sujets d'analyse historique. Le présent ouvrage propose au lecteur des regards croisés sur les estropiés, les aveugles et les paralytiques, depuis l'Antiquité jusqu'à la fin du XVIIIe siècle. Le colloque s'est tenu à Troyes du 12 au 14 mars 2009, avec le soutien du CERHIC (Centre d'études et de recherches en histoire culturelle, EA 2616), Reims, du CHiSCO (Centre de recherches en histoire sociale et culturelle de l'Occident, Xlle - XVIIIe), Paris Ouest - Nanterre et du CRESC (Centre de recherche espaces, sociétés, culture, EA 2356), Paris Nord ainsi que de l'antenne universitaire de Troyes. Ses actes ont pu voir le jour grâce au concours de la Communauté d'Agglomération troyenne, du ChiSCO et du CRESC.
Depuis les travaux impulsés par L Bély, qui ont renouvelé les perspectives en histoire diplomatique, de nombreux chercheurs se sont intéressés à la culture de la paix, notamment à travers ses rituels ; des historiens se sont penchés sur les modes et les techniques de négociation, comme en témoigne le récent colloque franco-ibérique Négocier au Moyen Age (Barcelone, 2005), ainsi que sur les pratiques de conciliation ou l'idéal de réconciliation, voire de fraternité universelle. Plus récemment le domaine de l'histoire religieuse s'est ouvert à ces problématiques. Sous l'impulsion des recherches menées sur la justice par Cl Gauvard et ses élèves, l'arbitrage et la pacification des conflits d'ordre privé sont entrés dans les champs de la recherche historique. Après qu'on s'est interrogé sur les guerres et les affrontements de religion, sur les difficultés de la tolérance, sur les manifestations de violence et d'inimitié, de nombreuses études mettent désormais en avant la notion de coexistence, étudient le rôle des clercs dans différentes instances de conciliation ou s'intéressent aux procédures de pacification. Un programme européen mené par l'université d'Iéna s'intitule "religion et réconciliation". Le présent volume se propose de tester la pertinence de ce thème de la (ré)concilation dans le monde médiéval et moderne en faisant porter le questionnement sur l'ensemble des rapports sociaux : du politique au religieux et au culturel en passant par le judiciaire.
Résumé : Plutôt associé à la Rome des Césars ou à la Renaissance italienne, le crime de poison manque d'un éclairage historique pour la période médiévale. Il s'inscrit pourtant d'une manière particulièrement intéressante dans la société et les mentalités du Moyen Age, dans la mesure où il se commet à l'exact opposé de l'homicide ordinaire, ouvert, sanglant et lié à l'honneur. Dans le sillage d'une histoire de la criminalité aussi attentive à la définition du crime, à sa sociologie (imaginaire ou effective) et à son anthropologie qu'à sa mesure et à ses dimensions judiciaires et juridiques, étroitement liées à la question du pouvoir, cet essai mené à l'échelle de la Chrétienté latine et des dix siècles médiévaux, vient mettre en lumière la pratique, les usages et la perception d'un crime à tous égards " caché ", comme disent les juristes du temps. Bien plus qu'un simple moyen de tuer, le crime de poison constitue une sorte de réceptacle des antivaleurs de la civilisation médiévale, en même temps qu'un révélateur de ses angoisses et de ses fantasmes.
Parmi les nuisances du quotidien, en des temps d'hygiène sommaire et de promiscuité, les parasites de l'homme que sont poux, puces et punaises ont tenu une place rien moins qu'anecdotique. Mais leur trivialité a longtemps détourné le regard des historiens de ces créatures minuscules. Où et comment a-t-on pensé, décrit, répertorié et représenté ce qui ne se nomme "parasites" que depuis le XVIIIe siècle ? Comment a-t-on expliqué à la fois leur origine, leurs modes d'existence et leurs modes d'action ? S'ajoutent des questions sur la vision symbolique, voire spirituelle, de ces créatures participant de la misère de l'homme mais aussi, croit-on, de la gloire divine de l'engendrement sans accouplement, censé caractériser leur génération. La dimension médicale concerne les pathologies liées aux "parasites" ainsi que les protocoles thérapeutiques mis en oeuvre. Ces moyens incluent aussi des procédures non pharmacologiques voire non savantes, comme l'épouillage qui a beaucoup intéressé anthropologues et ethnologues. Sujets de considérations scientifiques, ils sont aussi objets de création artistique et langagière. Historienne, c'est-à-dire soucieuse de comparer les époques et les aires pour mettre en évidence les transmissions, les permanences et les évolutions, la démarche confronte les données matérielles, textuelles et iconographiques.
Si les recherches médicales récentes tendent à accorder au ventre une place plus importante qu'autrefois, les textes littéraires antiques en font déjà le lieu symbolique de l'énergie vitale. Le ventre a une longue histoire. Les Anciens déploraient les maux de ventre auxquels ils cherchaient des remèdes tout en soulignant le lien entre l'alimentation et la santé. Le livre propose l'étude des différentes fonctions affectées au ventre par les auteurs antiques, médiévaux et modernes. Puis il explore les différentes pathologies explicatives des "maux de ventre" . Il présente enfin le ventre au figuré, textes et images, de la poésie au théâtre.
Boutin Perrine ; Lefur Paul ; Lang Jack ; Tasca Ca
Cet ouvrage propose quinze témoignages d'anciens élèves ou de chercheurs associés du master Didactique de l'image de l'université Sorbonne-nouvelle. Devenus professionnels, ils décrivent leur propre réalité, avec leurs mots, pour montrer toute l'étendue d'actions que proposent les didactiques des images. Le master Didactique de l'image de l'université Sorbonne-nouvelle a été créé en 2006, sous l'impulsion d'Alain Bergala, pour s'intéresser aux liens entre éducation et images et ainsi préparer au mieux les médiateurs culturels de demain face aux problématiques de la transmission. Depuis, les générations de diplômés continuent de s'implanter dans les actions d'éducation artistique, en France ou à l'étranger. Un livre sur la trajectoire des anciens d'une formation universitaire, aussi plaisant à lire qu'instructif !
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.
Cette recherche part d'un intérêt pour la schizophrénie et des processus évolutifs qui peuvent être repérés. C G Jung a consacré sa vie à la description de ces dynamiques psychiques transformatrices. Ces potentiels s'animent lors de processus de crise psychique, de métamorphoses, ou lors d'épisodes psychopathologiques. Cette vision est de plus en plus partagée parmi les chercheurs en psychologie, en psychanalyse, en neurobiologie et dans les sciences du chaos.
?Quels sont les secrets d'une vocation ? Par quels chemins mystérieux voyage-t-elle ? Devenir galeriste, est-ce un appel, un destin, ou le résultat des hasards successifs ? A priori, être galeriste c'est vivre entre l'économie et l'esthétique, c'est être partagé entre les échanges et le coeur. Quel impératif l'emporte et comment passer du numéraire à l'esprit, du matériel au spirituel ? A travers quelques anecdotes et faits saillants d'une carrière de vingt ans, l'auteur tente de répondre à ces questions.