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L'histoire cachée du nihilisme. Jacobi, Dostoïevski, Heidegger, Nietzsche
Cohen-Halimi Michèle ; Faye Jean-Pierre
FABRIQUE
18,00 €
Épuisé
EAN :9782913372795
Nihilisme, sorte de signifiant flottant, a une histoire mal connue dont ce livre restitue les méandres. Elle commence pendant la Révolution française, et son premier locuteur est Anacharsis Cloots, député allemand à la Convention, qui finira guillotiné après avoir déclaré que "la république des droits de l'homme n'est ni théiste ni athée: elle est nihiliste". Elle se poursuit autour de 1800, avec la querelle entre Fichte et l'étrange Jacobi, qui choisit le vocable "nihilisme" pour confondre l'athéisme et pour dénoncer Kant, à travers Fichte et ses amis. On retrouvera plus tard le nihilisme dans le milieu cosmopolite des révolutionnaires russes: chez Bakounine, puis chez Dostoïevski, qui invente par le roman la scène métaphysique de la tragédie du nihilisme. Étape ultime et décisive du nihilisme au XIXe siècle: Nietzsche, qui va "séparer les fils, dénouer les affinités truquées, analyser la composition de l'explosif pour dissocier différentes formes du nihilisme". Après ce parcours tracé par Michèle Cohen-Halimi, la deuxième partie du livre, due à Jean-Pierre Faye, est consacrée à l'utilisation du nihilisme par Heidegger. Méthodiquement, Faye démonte les contradictions, les références fautives à Nietzsche, les "mises en faux" qui servent à Heidegger à sa propre justification et à celle d'un nihilisme d'État. Un parcours inattendu sur une ligne brisée à travers l'Europe, l'éclaircissement d'un mot à la fois fascinant et maléfique. Biographie de l'auteur Michèle Cohen-Halami est philosophe, maître de conférences à l'université de Paris X-Nanterre. Elle a écrit: Entendre raison, Vrin, 2005; Seul le renversement, éditions de l'Attente, 2006. Elle a aussi traduit de nombreux textes de langue allemande (Kant, Kleist, Nietzsche, Warburg...).Jean-pierre Faye est l'une des grandes figures de la philosophie française d'aujourd'hui. Derniers ouvrages parus: Nietzsche et Salomé, la philosophie dangereuse (2000) et La Philosophie désormais (2004)
Les Mexicains adorent la musique et les flonflons. Ainsi qu'il arrive je crois dans tous les peuples du monde, il suffit d'une danse pour les rendre insensibles à ce qui les tracasse ordinairement : le sentiment du rien, le doute identitaire, l'ombre de la mort. J'ai effectué en février 2009 un séjour au Mexique d'où j'ai rapporté quelques textes inspirés partiellement par des conférences que j'avais prononcées au Collège de Mexico et à l'Université de Zacatecas. Ce sont ces textes qui se trouvent rassemblés dans le présent recueil.
Résumé : Dialogues philosophiques, collages littéraires, essais à plusieurs voix, comment définir ces écrits d'Ingeborg Bachmann ? Elle nous surprend en donnant la parole à Ulrich de L'homme sans qualités, et à Musil dans une conversation autour de son oeuvre ; l'étonnement continue lorsque Ludwig Wittgenstein et un critique interviennent dans une discussion au sujet du "dicible et l'indicible" ; et l'assemblée se fait plus nombreuse quand c'est à Simone Weil d'être convoquée (avec T. S. Eliot, Gustave Thibon, Madame Thévenon, et un ouvrier français). Le dernier entretien est une confrontation, aussi insolite qu'extraordinaire, avec l'auteur de A la recherche du temps perdu. A travers ces textes, Ingeborg Bachmann réussit à créer un discours polyphonique mettant en scène cette expérience fondamentale qu'est la lecture.
?Heidegger est-il nazi ? Une question qui a remué et ému le Landerneau philosophique français durant l'automne 2014. Les heideggériens-sachant et les heideggériens-ne-sachant-pas sont-ils, en adhérant aux théories du philosophe de Fribourg, nazis ou, par cette adhésion, colportent-ils, en porteurs sains, les mythes menant les gens à adopter les thèses nazies ? Dans le même temps paraissait un ouvrage, La Loi du sang (J. Chapoutot), sur les faits et gestes des Allemands où il est démontré que le nazisme s'instille dans les esprits par des tout-petits-riens, des petits faits et gestes... Le doute s'installa, fallait-il renier des années de travail, de révérence, et devenir rien ? Un pan de la philosophie française disparaissant en cas de démonstration positive — la Vérité (laquelle ?) étant la tâche de la philosophie. Vint un Zorro philosophique, le responsable de la publication des « Cahiers noirs », source de l'opprobre (Journal de pensée — volumes publiés, pour l'heure en Allemagne, à l'automne 2015, Gallimard), qui, dans le cadre de son travail pour la publication des œuvres intégrales telles que Martin Heidegger l'a décidé, découvre des propos propres à révulser et le vulgum pecus et le bon philosophe. La révélation risque de faire capoter la pensée de l'homme des forêts, alors M. Peter Trawny se livre à une opération (usant du dispositif de la « lettre volée »), il obère le sentimental qui se manifestera immanquablement dans l'humain trop humain de l'Homme et transforme l'antisémitisme humain en antisémitisme théorique, métamorphosant le « salaud » en penseur, la notion de responsabilité concrète mutée en idéologie, propulsant en concept l'acte historique. Dans l'abstraction du concept les coupables n'existent pas, donc plus de victimes, donc la Shoah n'est plus qu'une victimisation. Rien de réel ne concerne l'antisémitisme « historial » (mode abstrait de l'histoire où l'on se débarrasse des contingences) du philosophe Heidegger là où l'homme Heidegger réel était un antisémite avéré — se prolongeant dans les proclamations actuelles de sa progéniture qui reprend l'argument trawnien. Ouf ! la philosophie, par cette coupure épistémologique, est sauvée. Nos auteurs débusquent la supercherie philosophique du véridisme heideggérien. Günther Anders dénonça la pseudo-concrétude de Heidegger, «?concrétude?» aujourd'hui relookée, par Peter Trawny, en vérité historiale-Heidegger dressée en étendard contre la réalité de l'homme Martin H. Ainsi, Peter Trawny a connu l'instant warholien par ce tour de prestidigitateur digne d'une vedette du show-biz, pour sauver le Grand et Unique marché français heideggérien. Dormons tranquilles, le courtier de la famille Heidegger veille sur tout et sur la Philosophie en particulier. À voir, donc !"
Les nuages de gaz lacrymogènes et les détonations incessantes composent l'atmosphère désormais habituelle des manifestations en France : des ZADs aux campus, des quartiers populaires aux cortèges syndicaux, toute expression d'une opposition collective à l'Etat expose aujourd'hui à la violence des armes non létales. Alors qu'un nouveau palier a été franchi avec la répression du mouvement des Gilets jaunes, ce livre propose une analyse critique du recours massif à l'arsenal non létal, principal pilier du maintien de l'ordre à la française. Les premiers chapitres s'appuient sur une typologie historique, depuis la matraque aux armes sonores, en passant par les multiples grenades, gaz et lanceurs de balles de défense, d'où il ressort que : 1) le développement de cet attirail se présente toujours comme une solution purement technologique à une crise de légitimité ; 2) l'écart est saisissant entre les prescriptions des fabricants et la pratique policière : bien que conçues comme des armes défensives, permettant de maintenir à distance un adversaire, les forces de l'ordre en font un usage offensif, disproportionné, terrorisant voire tortionnaire - et parfois létal, comme l'exemplifient dramatiquement les décès de Rémi Fraisse, Zineb Redouane et Steve Maia Caniço. Ceci n'empêche pas l'Etat et les industriels du secteur d'employer la rhétorique humanitaire pour booster un marché juteux tourné vers l'exportation (chapitre III). L'opacité des contrats et l'intraçabilité des armes jettent l'ombre sur l'utilisation de matériel de fabrication française par des régimes dictatoriaux : le gaz lacrymogène français d'Alsetex et les Flash-Balls de Verney-Carron ont ainsi servi à réprimer les populations au Bahreïn, en Tunisie et au Congo. L'intensification de la répression "non létale" a engendré de nouvelles pratiques d'autodéfense populaire, qui font l'objet du chapitre suivant : de la recension des blessés et leur politisation à travers des appels au désarmement de la police, à la protection des manifestants via un équipement de circonstance, l'activité des streets medics, la solidarité et l'inventivité au sein des cortèges, etc. Paul Rocher montre comment ces pratiques sont en retour criminalisées par l'Etat. L'ultime chapitre replace l'usage des armes non létales dans le cadre d'un durcissement autoritaire de l'Etat qui cherche à imposer complètement son agenda néolibéral, longtemps freiné par la résistance populaire. Le recours à un arsenal d'origine militaire pour régler les conflits politiques domestiques, loin de correspondre à un adoucissement du maintien de l'ordre, apparaît ici comme le corollaire de la suspension des procédures démocratiques en France.
Tant que l'Etat existe, il n'y a pas de liberté. Quand il y aura la liberté, il n'y aura plus d'Etat. Ces mots ne sont pas de Bakounine, ni de Malatesta, ni de Proudhon: ils sont de Lénine, réfugié en Finlande à l'été 1917 avant le déclenchement de la révolution d'Octobre. Il a utilisé son temps à l'écart de l'action pour reprendre et élargir ses notes sur la théorie de l'État, déjà énoncée dans les Thèses d'avril. dans L'Etat et la révolution, Lénine convoque les textes de Marx et Engels sur la Commune de Paris. Il les utilise pour combattre les opportunistes de droite, les chefs de la IIe Internationale qui soutiennent la guerre en cours. Il réduit au minimum les divergences entre anarchistes et marxistes: non, le marxisme n'est pas un étatisme, il vise au contraire au dépérissement de l'Etat - avec une phase de transition, la dictature du prolétariat, dont la Commune parisienne est un moment paradigmatique. Pour reprendre la formule de Marx à propos de Hegel, Lénine est aujourd'hui traité "en chien crevé". Dans sa présentation, Laurent Lévy montre ce que cette pensée politique garde d'original et d'actuel.
Le réchauffement climatique est le problème vital de notre époque. Chaque nouvelle étude scientifique vient confirmer que la situation est pire que prévu, presque irréversible. Pourtant au premier rang des responsables identifiés, l'économie fossile continue de tourner à plein régime, comme si de rien était, avec le soutien affirmé ou discret des dirigeants politiques dont l'incapacité à faire face à l'écueil se révèle, de COP en COP, plus évidente. Le paradoxe est d'autant plus saisissant que le mouvement pour le climat a pris une ampleur sans précédent, organisant ces derniers mois dans les pays du Nord global des rassemblements massifs pour exiger des mesures des gouvernements. Dans le même temps, les investissements dans les énergies fossiles n'ont pas cessé d'augmenter. Comment cesser d'être à ce point inoffensif ? C'est en tant qu'acteur de ces luttes qu'Andreas Malm entreprend ici une discussion critique des principes et des pratiques du mouvement pour le climat, dont la plupart des théoriciens plaident pour la non-violence et revendiquent l'héritage des Suffragettes, de Gandhi ou de Martin Luther King. Replongeant dans l'histoire de la désobéissance civile, Malm rappelle que la mise en oeuvre de stratégies non violentes a toujours eu pour condition de possibilité l'existence d'une aile radicale, laquelle manque aujourd'hui à des organisations telle qu'Extinction Rébellion qui s'en trouvent neutralisées. La question n'est pas de choisir entre violence ou non-violence, mais de distinguer entre différents types de violence ? et de savoir quand, comment, y recourir à dessein. Or lutter contre le réchauffement climatique n'est pas la même chose que combattre un dictateur, une armée d'occupation ou un Etat ségrégationniste. C'est à l'infrastructure fossile qu'il faut s'attaquer en premier lieu, l'occasion de raviver toute une tradition de sabotage des équipements pétroliers et gaziers ? jusqu'à celui récent opéré avec succès par deux militantes catholiques contre un pipeline dans l'Iowa. La consommation est l'autre versant du problème et Malm invite à faire la différence entre les émissions de CO2 "de subsistance" ? auxquelles Macron a cru bon de s'attaquer, déclenchant la révolte des Gilets jaunes ? et celles "de luxe" des ultra-riches, véritable "étendard idéologique" qui transforme un crime contre la planète et ses habitants en idéal de vie. Là encore, le mouvement pour le climat doit savoir identifier ses cibles et intégrer à sa grille politique les rapports de classe et de race. Enfin s'il doit ajouter à son répertoire tactique la destruction matérielle, il lui faut garder à l'esprit les périls d'un extrémisme qui serait contre-productif, du substitionnisme et de la répression étatique. Nous n'avons plus le temps d'attendre, tout ce qui n'a pas été tenté doit l'être, et les militants pour le climat de demain ? potentiellement des millions ? doivent apprendre dès maintenant à lutter dans un monde en feu.
Pourquoi le terme "fe ? ministe" est-il librement approprie ? a` la fois par l'extre^me droite, la gauche, et le capitalisme ? Dans un contexte, ou` les notions de fe ? minisme et d'e ? ga- lite ? sont vide ? es de leur sens hier radical, que peut signi- fier e^tre fe ? ministe aujourd'hui ? Quels sont les combats a` mener ? Comment mettre au coeur des luttes des femmes l'antiracisme, l'anticapitalisme et l'anti-impe ? rialisme ? Franc ? oise Verge`s s'attache d'abord a` interroger les deux re ? cits me ? diatiques qui dominent l'histoire du mouvement des femmes des anne ? es 1970 en France, l'un qui parle d'un mouvement qui aurait mene ? a` une reconnaissance de la place des femmes franc ? aises dans la re ? publique avec ses valeurs de lai ? cite ? et d'e ? galite ? , l'autre qui de ? nonce un mouvement qui aurait e ? te ? exclusivement "blanc" et essen- tiellement inte ? resse ? par la liberte ? sexuelle. Reconnaissant une profonde asyme ? trie entre ces deux re ? cits, Franc ? oise Verge`s questionne cependant les causes de l'effacement de fe ? minismes radicaux et anticoloniaux, antiracistes et anti-impe ? rialistes des anne ? es 1970. Il faut en effet analy- ser comment le fe ? minisme e ? tatique contribua a` la pacifica- tion du mouvement radical en faisant des discriminations et de la loi l'objectif des luttes ; comment il transforma le contro^le des naissances dans le Sud global ou aupre`s des femmes pauvres et immigre ? es et l'inte ? gration des femmes racise ? es dans le monde du travail globalise ? en politiques de la sororite ? . Il a su faire de l'inte ? gration des femmes dans le monde du travail et dans celui de l'e ? ducation la mesure du progre`s des gouvernements et des institutions internatio- nales. Le fe ? minisme carce ? ro-punitif a pris peu a` peu une place majeure, donnant au tribunal et a` la police le ro^le de prote ? ger les femmes des discriminations et des abus, ignorant l'analyse sociale et politique. Violences domes- tiques et sexuelles sont devenus le fait d'individus isole ? s, Franc ? oise verge`s Leur fe ? minisme et le no^tre 208 pages 11 x 16, 8 cm 12 euros 9782358721745 enferme ? s dans une pathologie de masculinite ? s arrie ? re ? es et n'ont plus e ? te ? analyse ? es comme faits sociaux. En faisant disparai^tre le radicalisme des mouvements de femmes des anne ? es 1970 qui furent porte ? s par l'e ? nergie des grandes luttes anti-impe ? rialistes et antiracistes pour passer a` un fe ? minisme de la pacification, c'est le de ? sir de faire e ? clater les structures qui est efface ? . Dans un deuxie`me temps, a` travers une lecture critique de la me ? taphore de "vagues" , l'auteure propose une temporalite ? et une spatialite ? des luttes des femmes pour la justice et la liberte ? , contre le racisme et pour l'e ? ga- lite ? qui exce`de celles du cadre national. En partant des luttes des femmes esclavagise ? es et colonise ? es, puis des luttes des femmes des socie ? te ? s postcoloniales franc ? aises, elle montre l'internationalisme des luttes. Puis, partant des gre`ves de ces dernie`res anne ? es de femmes ouvrie`res racise ? es qui font le me ? nage dans les ho^tels ou nettoient les gares, Franc ? oise Verge`s revient sur les analyses fe ? ministes autour de la question du travail dit "fe ? minin" - le travail de soin et de nettoyage. Elle propose de mettre au coeur d'un fe ? minisme politique et re ? volutionnaire ce travail dans ses dimensions de classe et de race. Enfin, Franc ? oise Verge`s fait une analyse critique des politiques gouvernementales actuelles - la parite ? et l'ine ? galite ? - et, s'appuyant sur les nombreux exemples d'offensive fe ? ministe a` travers le monde, elle sugge`re des pistes d'action et des axes de recherche pour renforcer un fe ? minisme politique et re ? volutionnaire.