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Socialter N° 49, décembre 2021 - janvier 2022 : Nous n'irons pas sur Mars
Cohen de Timary Olivier
SOCIALTER
6,90 €
Épuisé
EAN :3663322117923
Tout se passe comme si, face aux catastrophes en cours et à venir, le pessimisme ambiant devait être compensé par des promesses toujours plus exorbitantes. Les rutilants projets spatiaux de ces dernières années en sont l'exemple le plus frappant : vols suborbitaux pour riches désÅuvrés, constellation de mini-satellites, publicités et industries lourdes envoyées dans l'espace, terraformation de Marsâ- Qu'importe, si ces pseudo-aventures risquent de précipiter l'humanité dans l'abîme, si elles sont hautement spéculatives au regard des lois de la physique ou de l'état actuel des connaissances, ou même si elles répondent avant tout à la soif de domination de quelques milliardaires - Jeff Bezos, Elon Musk et Richard Branson en tête - boursouflés de pouvoir et de capitaux, plus occupés à faire fructifier leurs parts de marché (bien terrestres) qu'à trouver des solutions aux désastres en cours. Dans ce numéro, Socialter a choisi de se pencher sur les délires d'escapisme qui remodèlent profondé
Il est de plus en plus évident que la cible d'une augmentation des températures de seulement 1, 5°C ne sera pas atteinte. Qu'on se rassure : les géo-ingénieurs ont la solution ! Grâce à des "émissions négatives", l'alcalinisation et l'ensemencement des océans, la modification génétique des plantes ou encore le bombardement de soufre en haute atmosphère, l'humanité va parvenir à maintenir stable la température malgré ses échecs à réduire les émissions de dioxyde de carbone. La géo-ingénierie, qui relevait jusqu'alors d'un rêve prométhéen issu des milieux californiens, d'une conjecture pessimiste ou d'un "dernier recours" des éminences scientifiques, est en peu de temps devenue une perspective bien tangible, au point que... nous y sommes déjà. Du lancement d'un programme de recherche par l'administration Biden aux actions sans autorisations de start up américaines en passant par les colloques de la Overshoot Commission dirigée par Pascal Lamy ou le basculement d'une partie de la gauche américaine en faveur du contrôle du rayonnement solaire, tous les signaux sont au vert pour une normalisation des techniques de géo-ingénierie. Le débat serait-il déjà clos avant même d'avoir été ouvert ?
Qu'ils soient technocrates, eÌditocrates, meÌritocrates, managers, consultants, patrons ou dirigeants politiques, les opeÌrateurs de pouvoir n'ont semble-t-il jamais eÌteÌ plus indignes de leur sacerdoce qu'en la peÌriode actuelle, marqueÌe par l'urgence eÌcologique et la pandeÌmie de Covid-19. IndeÌboulonnables malgreÌ leur impeÌritie, ils visent eÌgalement aÌ rendre nos vies fonctionnellement adapteÌes aÌ leur vision du monde. Tourisme spatial, flexibilisation du marcheÌ du travail, lois liberticides, financiarisation, exploitation de tout ce que la planeÌte compte de ressources et d'eÌtres vivants... Autant de desseins grotesques pour qui conserve encore un peu de sens commun. Les grands ont-ils toujours eÌteÌ aussi bas ? Il semble en tout cas que nous soyons entreÌs dans une nouvelle eÌre : la meÌdiocratie est en marche.
Corruption, fabrique du doute, attaques répétées sur les travaux scientifiques indépendants, production de faits alternatifs... Les lobbyistes ont recours à des méthodes frauduleuses ou manipulatoires, et faussent le jeu démocratique : 4 français sur 5 estiment que les responsables politiques sont trop influencés par les lobbies selon la dernière enquête Ipsos, commandée par WWF et Transparency. Mais l'influence gagnée par les groupes d'intérêts privés se résume-t-elle à cela ? Socialter change de perspective et propose une réflexion systémique : entre concentration des lobbies et des institutions au sein du quartier européen à Bruxelles, détournement de la recherche scientifique, et mise à disposition d'expertises pointues, comment les lobbies profitent-ils des faiblesses de la démocratie représentative ?
C'est pas passé loin. Presque, un cheveu. Qu'est-ce qu'on a pas fait ? Qu'est-ce qu'on a mal fait ? Passée l'autoflagellation de circonstance, comment retrouver l'élan de lutter pour un monde meilleur lorsqu'on fait face à un chapelet ininterrompu de défaites électorales, à des mobilisations qui ne prennent pas, à une répression politique toujours plus insidieuse et violente, à des querelles fratricides, à un pouvoir sourd et hors-sol ? Comment jubiler dans un monde qui s'enlaidit, comment kiffer sans reproduire les dominations que l'on combat, comment continuer à rire lorsque l'humanité court à sa perte ? Si la déréliction et le découragement semblent être les malédictions de tout engagement radical et que les occasions de se réjouir, certes, se font rares, elles n'ont jamais été un carburant efficace à l'action. N'en déplaise aux moines-soldats de telle ou telle cause, qui s'imaginent que dévouement est synonyme d'austérité, la lutte peut (doit) être joyeuse. La gauche et l'écologie
L'éclaireur : Christophe Itier, Haut commissaire à l'ESS Entretien fleuve : Benoît Hamon nous livre un entretien sur l'état de la gauche et l'émergence des nouvelles idées politiques. Dossier : Bienvenu dans l'âge de métal, l'envers de la transition énergétique Un dossier qui se concentre sur l'aspect ressources de la transition et se penche sur la question épineuse des métaux rares. -La face cachée de la transition : Si les métaux rares sont à la base de toutes les technologies "vertes" et numériques, le coût environnemental, écologique et énergétique de leur extraction est loin d'être négligeable. -La Chine, géant de métal : grâce à une politique économique ambitieuse et agressive, la Chine est en situation de quasi monopole sur l'extraction des terres rares. Une position qui fait de l'empire du Milieu la grande puissance de la transition. -Faire l'économie des métaux rares : enquête sur la filière française du recyclage et de la récup des métaux rares. -Pour une transition frugale : article de l'ingénieur et essayiste Philippe Bihouix, spécialiste des métaux et des "low tech", qui milite pour une transition énergétique "basse intensité"/ Avant Garde : notre section dédiée aux acteurs qui changent le monde à leur échelle. -Atelier Paysan : une coopérative d'ingénieurs sillonne la France pour former des agricultures à l'autoconstruction de leurs outils agricoles. Leur projet : faire circuler les savoirs et savoir-faire, mais redonner aussi aux paysans leur "souveraineté technologique". -Nouveau Nez : reportage sur les nouveaux parfumeurs "éthiques" et bio. -Marchez sur l'eau : A Rotterdam, un collectif a entrepris de dépolluer la Nouvelle Meuse de tous ses déchets plastiques avant qu'ils n'aillent se jeter dans l'estuaire. En les recyclant et les recompactant, le collectif entend créer des chemins flottants, à la fois balades piétonnes sur l'eau et nouveau support pour l'écosystème de la rivière. -Social & Co : Reportage sur la méthode Simplon, plusieurs années après le lancement de cette école d'un nouveau genre. Le récit : notre récit hors-cadre se déroule à Siné Saloum, au Sénégal, où 14 villages se sont coalisés pour protéger la Mangrove menacée par la surpêche et le changement climatique. Social Fiction : fiction sur les nouveaux bureaucrates, avec une interview de René Ten Bos, auteur hollandais très reconnu et auteur du livre Bureaucratie : encre, paperasse et tentacules aux éditions du Pommier.
Un grand Dossier consacré à la Nuit, "en voie d'extinction". L'idée est d'explorer notre rapport contemporain à la nuit et à la lumière à travers différents angles : écologique, en étudiant l'impact de la pollution lumineuse sur la biodiversité et les solutions à apporter ; économique et social, en mettant en lumière l'omniprésence des écrans et l'émergence de nouveaux usages perturbant notre lien au sommeil ; urbanistique et sociétal, en analysant le lien entre la lumière et la sécurité en ville, et comment cela a "rendu" la ville aux femmes ; techno et R&D, en faisant le bilan des recherches sur la bioluminescence.