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Par inadvertance. La "cuillère humaine" de Fernand Deligny
Clot Yves ; Deligny Fernand ; Lin Jacques ; Alvare
ARACHNEEN
20,00 €
Épuisé
EAN :9782373670257
Yves Clot a proposé à L'Arachnéen de publier un recueil de textes inspirés par un court essai inédit (1976) de Fernand Deligny, "La cuillère humaine". Dans cet essai, Deligny s'en prend au dernier chapitre du Développement du psychisme (1959), l'ouvrage du psychologue soviétique Alexis Léontiev - paru en français en 1976. Alors que Léontiev voit dans le maniement approprié de la cuillère un exemple type d'humanisation, fruit du processus d'apprentissage de l'enfant, Deligny interroge à la fois l'objet -? objet ou plutôt chose ??? -, avec ses propriétés sensorielles, indépendantes de sa fonction sociale, et défend la possibilité pour l'enfant d'"expérimenter" l'objet en dehors du langage et de la relation d'enseignement. Dans un premier texte, Pascal Sévérac s'emploie à exposer clairement les enjeux de la controverse Deligny/Léontiev ? ; Yves Clot poursuit et explore les échos de la pensée d'Henri Wallon chez Deligny, en cherchant à mettre à jour une conception alternative de l'activité selon laquelle le soin est à apporter moins à la relation intersubjective qu'à l'activité conjointe imprévisible, "par inadvertance". Suit le journal inédit tenu par Jacques Lin entre 1967 et 1970, qui fait le récit de sa vie quotidienne avec Janmari, enfant autiste de 12 ? ans. Dans un dialogue au fil de la plume, Sandra Alvarez de Toledo et Anaïs Masson soulignent, à partir de "la cuillère", le rôle des objets-choses dans les pratiques expérimentales du réseau. Jean-François Chevrier entreprend la cuillère comme "objet-image", en tant qu'elle touche à la fabrique de l'humain, au rôle de la main, et à l'activité artistique. Livia Scheller fait part du rapport qu'elle voit entre l'exploration des objets-choses par l'enfant et celle des mots par l'écrivain, en tentant un rapprochement avec la poésie de Mandelstam. Le titre du livre, "Par inadvertance", est commenté dans une conversation libre entre les auteurs, qui la développent et la confrontent aux notions de circonstances, de nécessité et de hasard. Ce recueil voudrait montrer que la réflexion de Deligny peut s'appréhender par un large éventail de points de vue, qui va de la philosophie et de la psychologie jusqu'à la poésie et l'art.
Résumé : L'analyse du travail, en ergonomie et en psychologie, a traversé le siècle. Elle a contribué aux évolutions du monde professionnel. En s'inscrivant dans cette tradition, cet ouvrage contribue à le renouveler. Les femmes, les hommes et leur travail changent. Les analyses psychologiques qu'on trouvera rassemblées ici proposent une lecture de ces métamorphoses, des méthodes d'action pour s'y engager et des concepts pour en rendre compte. L'ouvrage rassemble les résultats de recherche obtenus grâce à une clinique de l'activité qui vise à situer le travail entre genre professionnel et style de l'action. On trouvera dans ces pages, nourries des données de nombreuses enquêtes, une définition de la fonction psychologique du travail qui tire les conséquences d'un choix théorique explicite : avec Bakhtine et Vygotski, l'auteur cherche à promouvoir une psychologie de l'action.
En ce début de siècle, le travail soumet les femmes et les hommes à des épreuves sociales dont l issue pèsera lourd sur le destin des générations futures. Dans ce nouvel ouvrage, l auteur de La fonction psychologique du travail, retourne le problème vers sa discipline: saura-t-elle seconder l action individuelle et collective nécessaire pour y faire face?Pour répondre à la question, Y. Clot fait l inventaire des ressources historiques, théoriques, méthodologiques et techniques dont la psychologie du travail dispose pour développer le pouvoir d agir des sujets sur leurs milieux professionnels. Ici, l exercice d une clinique de l activité débouche sur un renouvellement de l idée de métier. Biographie: Yves Clot est titulaire de la Chaire de psychologie du travail du CNAM. Il est responsable de l équipe de clinique de l activité et directeur du CRTD (Centre de Recherche sur le Travail et le Développement, EA 4132).
De l'organisation "scientifique" du travail à la flexibilité, du bilan de compétences à la mobilisation du psychisme humain, les "nouvelles techniques de management recherchent les gisements cachés de productivité. Les technologies informatiques ont pu nourrir l'illusion d'un travail sans sujet; la fragilité de systèmes techniques de plus en plus sophistiqués la dément chaque jour et rend manifeste l'investissement subjectif qui imprègne toute forme de travail. Yves Clot explore cette subjectivité: le détournement informel des règles formelles, les métaphores ironiques ou sexualisées du jargon professionnel, les techniques personnelles en sont autant d'indices. Entre tâche prescrite et activité réelle, l'individu au travail produit le sens de son action en même temps qu'il recherche une" efficacité malgré tout ". Nourri d'enquêtes de terrain à travers les milieux les plus divers (de l'agroalimentaire à l'automobile en passant par les hôpitaux), cet ouvrage intéressera particulièrement les psychologues - pour lesquels il est devenu un titre de référence régulièrement prescrit - et, plus largement, tous les acteurs du monde du travail. Dans une postface inédite, l'auteur prolonge son analyse au monde du travail des années 2000, pointant notamment l'émergence d'un" nouvel hygiénisme ". Biographie: Yves Clot: professeur titulaire de la chaire de psychologie du travail au CNAM, est l'auteur de La Fonction psychologique du travail (PUF, 1999) et de Travail et pouvoir d'agir (PUF, 2008)."
Ce livre témoigne d'une réflexion menée pendant une dizaine d'années sur le travail. Il porte la trace d'un déplacement d'accent qui ne doit pas être effacé : l'hésitation qu'il recèle est en elle-même un enjeu. En effet, passer d'une reconnaissance de la dimension émancipatrice du travail comme lieu de désobéissance possible à l'accentuation de son lien à la mort, au négatif, présent dès le départ mais qui l'emporte de plus en plus dans le contexte néolibéral, ce n'est pas changer d'avis sur la signification de la dimension laborieuse de l'existence sociale, mais accepter qu'elle soit le lieu d'une contradiction pour l'instant insoluble. Au lieu d'opposer les deux libérations du travail, celle où le travail se libère et celle où l'on s'en libère, il faut sans doute essayer de penser comment on ne peut se libérer du travail qu'en le libérant. La question cruciale est de savoir laquelle des deux libérations domine l'autre, ou laquelle s'effectue sous domination de l'autre. Disons que l'orientation de ces réflexions penche plutôt vers l'idée que, dans le contexte d'une lutte politique, la libération du travail, sa réorganisation, ne devrait se faire que dans la perspective de son abolition, mais que cette abolition ne peut s'amorcer que sur la base de sa réorganisation, ou de sa désorganisation... Par ailleurs, les destructions à l'oeuvre dans le monde du travail ne peuvent aucunement être confondues avec l'abolition du travail, elles en constituent plutôt une métamorphose qui déploie au maximum sa négativité, et qui renforce le travail tout en le dépassant. Souligner cette perspective, c'est faire apparaître du même coup d'autres orientations, dans lesquelles son dépassement pourrait oeuvrer au contraire à son abolition.
En mai 1958, Chris Marker participe à un voyage organisé par le parti communiste français en République populaire de Corée, cinq ans après la fin de la guerre. Il rassemble en peu de temps un matériau documentaire impressionnant (photographies et notes), dont il tire un essai photographique en sept chapitres, Coréennes, publié aux éditions du Seuil (où il dirige la collection " Petite planète "). Marker écrit en quatrième de couverture : " Coréennes doit s'entendre ici au sens de Gnossiennes ou Provinciales, c'est-à-dire "pièces d'inspiration coréenne". On y retrouvera, outre les dames de Corée (qui à elles seules vaudraient plus d'un long métrage), des tortues qui rient, des géants qui pleurent, [...] et sur ce décor un pays anéanti hier par la guerre, qui repousse "à la vitesse d'une plante au cinéma" entre Marx et les fées ". La citation ne dénie ni l'attraction de l'auteur pour les visages féminins, pour les regards qu'elles lui rendent (cet arrêt du temps par la rencontre dans le regard est l'un des traits auxquels on reconnaît Marker), ni le réflexe, en quelque sorte naturel, du franchissement des limites entre littérature (contes et légendes inclus), musique, cinéma, photographie, BD, histoire, etc. ; elle est fidèle aux " commentaires " de Marker, dont on ne doit pas oublier à quel point ils rompent, par leur parti pris littéraire et par l'assomption du " je " de l'écrivain, avec le didactisme, et la conception illustrative de l'image des " docucus " de l'époque. Il en va ainsi des " notes " de Coréennes, qui témoignent d'une hallucinante présence d'esprit (mais aussi de corps : être là) aux moindres détails qui font le prix du matériau documentaire quand il est, comme ici, repris dans le mouvement général d'une pensée profondément politique ; pensée politique qui ne dit pas son nom lorsqu'elle restitue à un peuple massacré par les guerres et les idéologies un peu de son histoire et une image de grâce et de force fidèle à sa culture. (La " beauté " des images de Coréennes est - il ne faudrait pas le dire - à elle seule une raison de l'avoir sous les yeux).
Le titre, Autoportrait dans l'atelier - un thème iconographique familier de l'histoire de la peinture -, doit être entendu ici à la lettre : ce livre est un autoportrait, mais seulement dans la mesure où, à la fin, le lecteur pourra en déchiffrer les traits à travers le patient examen des images, des photographies, des objets, des tableaux présents dans les ateliers où l'auteur a travaillé et travaille encore. Le pari d'Agamben est, dès lors, celui de réussir à parler de lui seulement et exclusivement en parlant des autres : les poètes, les philosophes, les peintres, les musiciens, les amis, les passions - en somme les rencontres et les confrontations qui ont décidé de sa formation et ont nourri et nourrissent encore sa propre écriture, de Heidegger à Elsa Morante, de Melville à Benjamin, de Giorgio Caproni à Giovanni Urbani. Les illustrations font donc partie intégrante de ce livre, elles composent avec le texte non pas une autobiographie mais une autohétérographie des plus fidèles, et intemporelle.