L'ennui est, de nos jours, dévalorisé socialement. Il n'est pas bien vu de s'ennuyer, surtout à l'école. L'ennui est pourtant tout autant le symptôme de l'institution que le signe du malaise de ceux qui la fréquentent, élèves et enseignants. Facteur de décrochage scolaire, il est cependant nécessaire à la transmission du savoir et fait partie intégrante du processus créatif. L'ennui interpelle aussi les psychanalystes qui en font l'expérience, personnellement ou par l'intermédiaire de leurs patients, dans leur cabinet. L'ennui, phénomène polymorphe, désigne à la fois une expérience individuelle et une figure du malaise social dont tout le monde connaît le nom et l'expérience. Ordinaire ou pathologique, il apparaît bien, dans les variations de ses manifestations, comme une réalité incontournable et universelle qui interroge le rapport de l'homme à son désir et à son acte. L'ennui est une activité intermédiaire plus complexe qu'il n'y paraît faisant partie de la vie. Issu d'une enquête auprès d'élèves du CM1 à la terminale dans les filières générales et professionnelles ainsi qu'auprès d'enseignants, ce livre à plusieurs voix envisage l'ennui dans tous ses états. Des formes rencontrées dans la vie quotidienne des enfants et des adolescents aux éléments cliniques recueillis dans le cabinet de l'analyste en passant par les textes philosophiques et littéraires, notamment ceux d'Alberto Moravia et de Charles Juliet, les auteurs nous convient ici à un véritable voyage au bout de l'ennui.
Être père est une énigme, et cependant, cela arrive tous les jours. Un homme est père comme il peut [...]. La paternité est une polyphonie. Il y a tant de notes à jouer, tellement de partitions à déchiffrer, tant d'airs à chanter. L'art d'être père conjugue les verbes aimer et parler dans une singulière grammaire des places. Un homme s'y expose en de multiples apparitions, en un concert de manifestations plurielles. Il y a tant de facettes et de figures à engager pour être le papa d'un enfant. Il y a tant de pères dans un papa. A la prégnance d'un modèle, je préfère le parcours d'une figure, les infinies versions du père. Et mon v?u le plus cher, c'est qu'à un désir d'homme se mêlent une tendresse de père et des manières de papa, dans des paroles et des gestes effectifs. Devenir père n'est pas essentiellement un processus psychologique. C'est un acte symbolique engageant un sujet dans son être incarné, dans sa chair. Un homme devient père par le sexe, avec la parole et dans le nom." Joël Clerget. Ce livre original décrit le parcours d'un petit garçon devenant un papa, depuis le ventre de sa mère jusqu'au jour où son propre enfant l'appelle papa. Par quelles étapes passe-t-il? Comment vit-il cette expérience concrète? Que ressent-il? L'auteur insiste sur les mécanismes proprement masculins de ce cheminement énigmatique, fait de souffrance et de joie. Envisageant les multiples figures de la paternité comme autant de relations vivantes, à travers son expérience clinique et la réalité quotidienne, il s'adresse à toute personne désirant entretenir sa réflexion sur la vie des pères et des papas
Résumé : A une époque où il ne faudrait pas être touché, l'interrogation sur le contact développée ici par Joël Clerget apparaît sous cette forme : que serait une parole qui ne toucherait plus ? Que serait un contact qui ne parierait pas ? Dans les métiers de la relation, comment recevoir et accompagner l'autre, sujet incarné, nommé, avec les mains et le coeur, l'écoute et les mots du parler vrai, dans la souffrance et le désir de mieux vivre qui le conduit à nous ? Le contact se révèle dans les métaphores du toucher, où se tiennent le tact et les particularités de la main humaine, paume offerte à l'Autre qui nous porte, à la croisée d'une main qui nous parle et d'une voix qui nous touche. Ainsi, partant du toucher et de ses métaphores, l'auteur met en rapport le caractère poreux de la peau avec le déploiement du geste et l'unité retrouvée par le contact.
Comment parler du corps d'un bébé ? Quel est l'enjeu d'en parler aujourd'hui ? Au tout début, le corps d'un bébé se construit en milieu aquatique et poursuit son chemin dans la sphère aérienne. Qu'en est-il de ce corps alors même que, bébé, il n'est pas encore en mesure de dire ses sensations et ses ressentis, mais les expose néanmoins, bon gré mal gré, dans et par son corps. Ainsi nous parle-t-il. Le corps est à la fois le lieu du sujet, la demeure de la psyché, un espace de relation. Dans la dépendance initiale, ce qui entre dans le corps et en sort, est modelé par la culture, les pulsions, les besoins, les manières de faire et d'en disposer. Corps en corps durant la vie intra-utérine, corps-à-corps séparé, le corps se façonne dans le contact, l'adresse de la parole et l'appel du prénom. Ce numéro de Spirale associe les apports de la recherche, de la clinique et des pratiques professionnelles aux ponctuations et témoignages de l'expérience.
L'essentiel du travail de l'éducateur réside dans le caractère anecdotique de sa présence à l'Autre. Ce n'est pas pour autant que tout le monde peut se dire éducateur! L'apparente simplicité d'un "être avec" masque la réelle complexité du "faire avec". Et ce serait maintenir une illusion que de penser trouver les ressorts du métier d'éducateur en quelques savoirs disciplinaires: ceux-ci ne peuvent l'expliquer que dans l'après-coup. Le sens du métier d'éducateur est à puiser dans une lecture appliquée des actes posés au jour le jour; encore faut-il pour cela disposer d'un langage approprié. D'où le choix de cent mots simples et pourtant illustratifs de la difficulté de ce métier. Cent mots pour une profession longtemps restée sans mots! Tel est le pari de ce dictionnaire qui, par le biais de chacune des notions explorées, tisse des liens entre l'apparente banalité des gestes quotidiens de l'éducateur et leur fondamentale répercussion sur le développement de la personne accompagnée dans une relation d'aide éducative ou de soin. Au final, ce dictionnaire ne conceptualise pas une pratique professionnelle; il la rend visible et lisible par tous ceux qui sont appelés à l'exercer. Il est une trousse à outils que tout éducateur devra savoir garder à portée de main, tant pour l'aider dans ses écrits que pour penser sa pratique. Biographie de l'auteur Philippe Gaberan, éducateur spécialisé et docteur en Sciences de l'éducation, est formateur et chercheur en travail social à l'ADEA (Bourg-en-Bresse). Rédacteur au journal Lien Social, il est aussi l'auteur ou le coauteur de plusieurs ouvrages et articles de référence.
Bosse-Platière Suzon ; Ben Soussan Patrick ; Desca
Si de tout temps les femmes ont travaillé tout en ayant des enfants, aujourd'hui elles sont de plus en plus nombreuses à exercer leur activité à l'extérieur de chez elles. Et les transformations de la famille conduisent la plupart d'entre elles à confier leurs enfants à des professionnels de l'accueil éducatif. Le mouvement féministe, ces dernières décennies, s'est attaché à l'émancipation de la femme et à la construction de la parité avec les hommes. Aujourd'hui, il apparaît important de repenser la maternité et la prise en charge du jeune enfant à partir de la question de la place des femmes dans la société. C'est cette interrogation qui est ici soumise à des historienne, sociologue, médecin, psychiatre, psychologues et psychanalyste.
La résilience, terme emprunté à la physique pour désigner la capacité des individus à surmonter les traumatismes, n'est pas une notion globale ou uniforme : elle présente de multiples facettes et provoque des controverses dans le monde thérapeutique. Dans cet ouvrage où dialoguent Boris Cyrulnik, à 'origine de la diffusion de cette notion en France, et Serge Tisseron qui en combat les ambiguïtés, les auteurs s'attachent à explorer les phénomènes de résiliences: la résilience serait-elle une recette miracle ou une réelle capacité de chacun à s'épanouir malgré le poids d'un traumatisme ? S'agit-il d'un état ou d'un processus ? D'un mécanisme de défense inné ou acquis ? D'une méthode comportementale ou d'une thérapie ? A mener seul ou avec l'aide d'un tuteur de résilience ? Apanage seulement de la jeunesse ou bien possible à tout âge ? Serait-ce un mot magique survalorisant ceux qui ont survécu à un traumatisme en même temps qu'il donnerait du rêve à ceux qui, dans des difficultés graves, peuvent espérer guérir par leurs seules ressources ? D'autre part, la résilience relève-t-elle du scientifique ou bien du moral dans la mesure où l'amour et la compassion semblent y jouer un râle primordial au détriment du travail scientifique sur l'Inconscient ? Et n'emprunte-t-elle pas à la psychanalyse certains concepts dans leur seul aspect positif et structurant ? Enfin, peut-on en tirer des outils thérapeutiques, voire pédagogiques, où à la traditionnelle prise en charge se substituerait une approche valorisant les ressources de vie, les potentialités de l'individu et de son environnement en développant l'espoir sous forme de réparation ou de création ? . . Joyce Aïn, psychanalyste (Toulouse), membre de la Société Psychanalytique de Paris, présidente de l'association Carrefours & Médiations.
Ben Soussan Patrick ; Korff-Sausse Simone ; Nelson
Comment dire l'indicible de cette rencontre fondatrice entre un enfant porteur d'un handicap et ses parents? Comment partager cette expérience impensable, comment l'élaborer, lui donner du sens?Quelles peurs, quelles résistances suscite le handicap? Comment dès lors l'accueillir? Comment aider les parents, les fratries, les familles mais aussi les équipes à faire en sorte que le handicap nommé n'assigne pas le nouveau-né à la différence, ne le condamne pas à être autre, irréductiblement, aux yeux de tous?Pédiatres, psychiatre et psychanalyste proposent ici des élaborations croisées à ces situations surchargées d'affects.