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L'Echange
Claudel Paul ; Lioure Michel
FOLIO
9,50 €
Épuisé
EAN :9782070399246
Le 2 avril 1893, Paul Claudel débarque à New York où il vient d?être nommé en tant que vice-consul au Consulat Général de France. C?est son premier poste à l?étranger. Il a vingt-quatre ans. Sitôt arrivé aux Etats-Unis, il déclare y avoir « ramassé des idées » pour sa « dramaturgie de l?or ». L?Echange, achevé à Boston en juillet 1894, sera donc le fruit de ses découvertes et de ses réflexions lors de son séjour aux Etats-Unis: un drame américain, nourri des expériences et des lectures effectuées à New York, inaugurant une nouvelle esthétique et illustrant les tentations, les méditations et les aspirations d?un jeune homme au moment de son premier exil. Deux couples, un lieu, une journée: Claudel se flattait justement, dans sa lettre à Maurice Pottecher du 29 septembre 1893, d?avoir « observé les trois unités de temps, de lieu et d?action », et de s?en être tenu à « quatre personnages en tout, deux hommes, deux femmes ». Le quatuor de L?Echange est aussi l?expression des divers visages et des multiples aspirations de l?auteur: « C?est moi-même qui suis tous les personnages », écrivait Claudel. Il y en a quatre: « l?actrice, l?épouse délaissée, le jeune sauvage et le négociant calculateur ». « L?intérêt d?un drame doit dépasser l?anecdote qu?il raconte », affirmait Claudel à la veille de la création de L?Echange en décembre 1913. La pièce est assurément bien plus riche de sens que ne le laisserait supposer la minceur de son argument, cet échange entre couples. Atravers et par-delà le scénario traditionnel de la « double inconstance », elle exprime en effet les multiples aspects de l?expérience et de la réflexion de Claudel au moment de son premier éloignement. Historiquement et géographiquement implanté dans un décor matériel et social précis, le drame est d?abord le fruit de la découverte d?un « nouveau monde », avec ses spécificités morales, économiques et même ethniques. C?est aussi l?expression des sentiments contrastés du jeune homme, en proie simultanément à la mélancolie de l?exil, aux tentations de la liberté, aux exigences de la religion. C?est une méditation sur les femmes et l?argent, sur les souffrances de l?amour, les vertus du mariage et les valeurs de la vie. Plus tard, l?auteur demandera « pardon pour la raideur des silhouettes, la brutalité des couleurs et le sans-gêne de l?apprenti dramaturge ». Mais ce sont là précisément les traits originaux de cet Echange où la stylisation de la dramaturgie ne fait que mieux mettre en valeur la fermeté de la pensée et l?éclat de la poésie.
«Chacun de nous vit avec un ange, c'est ce qu'il dit, et les anges ne voyagent pas, si tu pars, tu le perds, tu dois en rencontrer un autre. Celui qu'il trouve à Naples est un ange lent, il ne vole pas, il va à pied: "Tu ne peux pas t'en aller à Jérusalem", lui dit-il aussitôt. Et que dois-je attendre, demande Rafaniello. "Cher Rav Daniel, lui répond l'ange qui connaît son vrai nom, tu iras à Jérusalem avec tes ailes. Moi je vais à pied même si je suis un ange et toi tu iras jusqu'au mur occidental de la ville sainte avec une paire d'ailes fortes, comme celles du vautour." Et qui me les donnera, insiste Rafaniello. "Tu les as déjà, lui dit celui-ci, elles sont dans l'étui de ta bosse." Rafaniello est triste de ne pas partir, heureux de sa bosse jusqu'ici un sac d'os et de pommes de terre sur le dos, impossible à décharger : ce sont des ailes, ce sont des ailes, me raconte-t-il en baissant de plus en plus la voix et les taches de rousseur remuent autour de ses yeux verts fixés en haut sur la grande fenêtre.»
Quelle est la forme de l'Univers? Est-il courbe, refermé sur lui-même? Est-il en expansion? Vers quoi tend-il? L'espace serait-il "chiffonné" au point de créer des images fantômes des lointaines galaxies? Spécialiste des trous noirs et du big-bang, Jean-Pierre Luminet nous fait voyager dans de surprenants couloirs de l'espace-temps où topologies de l'Univers, explorations de l'infini et mirages cosmiques conjuguent leurs mystérieux attraits pour dérouter nos sens. La construction de l'ouvrage épouse la forme de son sujet une lecture à multiples entrées, des pistes à explorer pour s'y perdre, bifurquer à nouveau ou revenir en arrière, au gré du plaisir ou de la curiosité de chacun. Anecdotes cocasses et révélations historiques étonnantes agrémentent ce parcours à la recherche des secrets de la beauté sidérale.
Changer d?activité, de femme, d?environnement, de personnalité voire même d?apparence physique? tout mettre en oeuvre pour devenir quelqu?un d?autre, c?est le pari improbable qu?ont décidé de se lancer un soir deux inconnus alcoolisés, l?encadreur Thierry Blin et le commercial Nicolas Gredzinski. A travers le portrait taillé serré de ces deux anonymes, Tonino Benacquista revisite le mythe de la quête identitaire, de ses enjeux incertains à ses implications souvent cruelles. Blin et Gredzinski avaient tout pour être heureux, un travail, des amis, une femme, mais pour autant, ils ne l?étaient pas. Leur rencontre aussi fortuite que déterminante sur un court de tennis va renverser leur vie, qui prend alors une direction distincte et inconnue. Mais si les deux hommes finissent bien par changer, en bien ou en mal, leur façon de faire est très différente. Quand le premier agit avec conscience et méthode pour se transformer point par point en son contraire, et devenir détective privé à l?identité nouvelle, le second ne fait rien, ou plutôt croit ne rien faire, si ce n?est de se laisser tomber dans l?alcool, avec un plaisir grinçant... Cette opposition de styles dessinée chapitre après chapitre autour des deux personnages qui ne se reverront plus, confère au roman toute sa verve et son originalité. Certes, on ne rit pas là beaucoup, le sujet ainsi traité nous renvoyant souvent à nos propres questionnements, mais on apprécie d?être le spectateur discret d?une transformation qu?on aurait rêvé être la nôtre sans oser se l?avouer? --Guillaume Folliero
Ce n'est pas un voyage de plaisance qui t'attend. Oh non! Nous n'irons pas à Disneyland ni au parc Astérix. Je t'emmène ailleurs. Là où la majorité des grandes personnes refuse de se rendre parce qu'elles n'ont plus le temps ou se sont tellement accoutumées à côtoyer la déraison que la sagesse leur semble définitivement hors de portée. Ce n'est pas un projet prémédité. Je l'avoue, je n'ai rien étudié du parcours. Nous improviserons.Mais il faut que tu voies.Je te livre tout en vrac. Ce sera à toi, à vous, de faire le tri et de décider s'il faut laisser le monde se déconstruire ou tenter de réparer les dégâts. Et si d'en bâtir un tout neuf vous semble l'utopie suprême, alors surtout n'hésitez pas. Rien n'est plus jubilatoire que de transformer une utopie en réalité. "
Stratford-on-Avon 1564 - idem 1616, poète dramatique anglais. On connaît mal sa vie. Fils d'un commerçant ruiné, il se maria à dix-huit ans; en 1594, il était acteur et actionnaire de la troupe du lord chambellan. Vers 1598, il s'installe au théâtre du Globe et, vers 1613, il se retire à Stratford. Son oeuvre, qui comprend des poèmes (Vénus et Adonis, 1593) et un recueil de Sonnets (1609), est essentiellement dramatique. On peut distinguer dans son théâtre trois périodes: la jeunesse (1590 - 1600), marqué par un enthousiasme très élisabéthain, qui est l'époque des comédies légères et des fresques historiques (Henri VI, v. 1590; Richard III; la Mégère apprivoisée, v. 1594; Roméo et Juliette, le Songe d'une nuit d'été, v. 1595; le Marchand de Venise, v. 1596; Beaucoup de bruit pour rien, v. 1598; Jules César, v. 1599; Comme il vous plaira, les Joyeuses Commères de Windsor, la Nuit des rois, v. 1600); une période (1600 - 1608) où, sous l'effet des déceptions politiques et personnelles, les tragédies sombres alternent avec quelques comédies (Hamlet, Othello, Macbeth, le Roi Lear, Antoine et Cléopâtre, v. 1606; Coriolan, v. 1607; Timon d'Athènes, v. 1608); à partir de 1608, le retour à l'apaisement avec les pièces romanesques (Cymbeline, v. 1609; Contes d'hiver, v. 1610; la Tempête, v. 1611). Ecrit pour un public composé d'hommes du peuple et d'aristocrates, ce théâtre étonne par la variété et la vigueur du style, par le foisonnement des personnages et leur diversité sociale et psychologique, par la maîtrise de la construction dramatique.
Comme d'autres farces de Molière, Le Malade imaginaire est une satire de l'imposture médicale. Mais c'est aussi une comédie de caractère qui dépeint les extravagances d'un bourgeois obsédé par la maladie. C'est enfin une comédie-ballet dominée par un climat de fantaisie et d'insouciance. Déguisement et illusion finiront par rendre inoffensive l'imagination maladive du héros, à défaut de pouvoir la corriger. Rire et plaisir ont ici le dernier mot : tel est l'ultime message de Molière.
Brillant exercice d'argumentation soutenu par un souffle épique, la Préface de Cromwell est le préambule détonant d'une pièce hors norme. Remettant en cause les conventions du théâtre classique, Hugo entend imposer sur la scène française du XIXe siècle un genre nouveau fondé sur la liberté d'inspiration: le drame. Il se révèle ici un polémiste ardent, un poète intrépide qui, du haut de ses vingt-cinq ans, fait éclater les cadres établis de la littérature pour devenir, avec panache, le chef de file du romantisme. Avant d'aborder l'?uvre: Fiche d'identité de l'?uvre; Biographie de l'auteur; Contextes; Tableau chronologique; Genèse de l'?uvre. Comment lire l'?uvre: Structure, action, personnages; Études d'ensemble. Destin de l'?uvre: Outils de lecture; Bibliographie.
Iphigénie est innocente et vertueuse; c'est pourtant elle que son père doit se résoudre à sacrifier. Iphigénie incarne la douceur et la tendresse; c'est pourtant elle qui est au centre du déchaînement des fureurs familiales. Iphigénie exalte le dévouement et l'abnégation jusqu'au sublime; c'est pourtant elle qui subit les lâchetés et les excès dévastateurs. Tels sont les tragiques paradoxes d'Iphigénie, où l'oracle divin ne semble rien d'autre que le révélateur des passions des hommes.