Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Dix-huitième siècle/412009/Individus et communauté
Citton Yves, Loty Laurent, Collectif
LA DECOUVERTE
49,40 €
Épuisé
EAN :9782707157904
Notre présent hérite des transformations qui ont reconfiguré les rapports entre individus et communautés dans les pratiques sociales, la pensée, l'art et la littérature de l'époque des Lumières et de la Révolution. Pour mesurer la complexité de ce moment historique ainsi que ses enjeux actuels, il faut saisir l'individuation et le commun dans leurs complémentarités, leurs interpénétrations et leurs solidarités, bien plus que dans leur opposition. S'écartant des évidences trompeuses véhiculées par les mots d'" individualisme ", de " communisme " ou de " communautarisme ", les dix-huit articles rassemblés dans ce dossier pratiquent, chacun à sa manière et sur des objets d'étude volontairement excentrés, une démarche caractérisée par l'indisciplinarité et par une perspective d'actualisation des problèmes abordés. Les contributions réunies forment elles-mêmes une sorte de communauté, riche d'une diversité agencée sous la forme d'un dictionnaire tressant de multiples renvois d'une entrée à l'autre. Sous les auspices de l'ébauche du Serment du Jeu de Paume par David, dont l'inachèvement et le destin mouvementé (davantage encore que la scène représentée) peuvent servir d'emblème à ce dossier, ce sont des processus d'émergence et de constitution, de délitement et de ravaudage qu'analyse cette ébauche d'abécédaire, à l'occasion des entrées Avatars d'un tableau, Communion (républicaine), Divorce, Esprit de corps, Essaim, Fraternité, Inoculation, Isolement, Métempsycose, M?urs (État de), Polype, Public, Réseau, Sensibilité, Solitaires, Université et Utopie (des femmes), précédées d'un Avant-Propos qui problématise la définition de quelques termes de base. La seconde partie de cette livraison propose un ensemble de 20 articles portant sur l'histoire, l'histoire des idées, la littérature (notamment 4 études sur Sade) et les sciences. Des Notes de lecture, portant sur près de 200 ouvrages récents consacrés au 18e siècle, en forment la troisième partie.
Résumé : Comment les scientifiques peuvent-ils participer aux controverses dont font l'objet certains développements techniques ? En injectant une sensibilité littéraire dans cette participation ! Telle est la thèse du petit ouvrage que vous tenez en main. Yves Citton propose de remplacer les débats délibératifs, inspirés de Jürgen Habermas et de la philosophie analytique, par des débats interprétatifs, nourris des sensibilités et des outils récents des savoirs littéraires. Ceux-ci permettent d'analyser les enjeux associés à la notion de pertinence et de questionner les jugements formulés au nom de la compétence. Au travers d'illustrations telles qu'un poème d'Henri Michaux ou une déclaration de faucheur volontaire d'OGM, l'auteur souligne la connivence profonde entre la recherche scientifique et l'interprétation littéraire. Et en guise d'ouverture finale, il suggère que notre société mondialisée gagnerait à pratiquer davantage la démocratie littéraire, en "littérarisant" ses dispositifs de communication et de débat.
La drogue est la continuation de la politique par d'autres moyens : telle est sans doute l'une des leçons les plus méconnues du IIIe Reich... Découverte au milieu des années 1930 et commercialisée sous le nom de pervitine, la méthamphétamine s'est bientôt imposée à toute la société allemande. Des étudiants aux ouvriers, des intellectuels aux dirigeants politiques et aux femmes au foyer, les petites pilules ont rapidement fait partie du quotidien, pour le plus grand bénéfice du régime : tout allait plus vite, on travaillait mieux, l'enthousiasme était de retour, un nouvel élan s'emparait de l'Allemagne. Quand la guerre a éclaté, trente-cinq millions de doses de pervitine ont été commandées pour la Wehrmacht : le Blitzkrieg fut littéralement une guerre du "speed". Mais si la drogue peut expliquer les premières victoires allemandes, elle a aussi accompagné les désastres militaires. La témérité de Rommel, l'aveuglement d'un Göring morphinomane et surtout l'entêtement de l'état-major sur le front de l'Est ont des causes moins idéologiques que chimiques. Se fondant sur des documents inédits, Norman Ohler explore cette intoxication aux conséquences mondiales. Il met notamment en lumière la relation de dépendance réciproque qui a lié le Dr Morell à son fameux "Patient A", Adolf Hitler, qu'il a artificiellement maintenu dans ses rêves de grandeur par des injections quotidiennes de stéroïdes, d'opiacés et de cocaïne. Au-delà de cette histoire, c'est toute celle du IIIe Reich que Ohler invite à relire à la lumière de ses découvertes.
En tant que femmes, nous sommes tous les jours les cibles d'interpellations, de harcèlement, d'agressions verbales, physiques ou sexuelles plus ou moins graves, plus ou moins violentes, au travail, dans l'espace public et privé. Souvent nous ne savons pas comment réagir, comment dire non, et comment faire comprendre que, lorsque nous disons non, c'est non. L'autodéfense pour femmes - qui n'a rien à voir avec du kung-fu -, ce sont tous les petits et grands moyens de se sentir plus fortes, plus sûres de soi et plus aptes à se protéger et à se défendre dans toutes les situations de la vie quotidienne, que ce soit au niveau mental, émotionnel, verbal ou, en dernier recours, physique. Comment reconnaître et prévenir une situation d'agression ? Comment réagir efficacement, savoir se protéger et éviter la violence ? Ce guide pratique propose une série d'astuces simples et faciles pour poser ses limites et se sortir de situations difficiles : identifier le type d'agression et la psychologie de l'agresseur, utiliser et gérer ses émotions, prévenir la violence par la défense verbale et la désescalade du conflit, mobiliser des tactiques de diversion et de fuite, faire jouer la solidarité, savoir où frapper pour faire mal... Contre tous les stéréotypes qui interdisent habituellement aux femmes de prendre leur sécurité en main, il faut apprendre à dire non et oser se défendre.
Le Grand Remplacement est à nos portes ! ", "La civilisation européenne est menacée ! ", "Le féminisme a proclamé la fin des hommes ! ", "Les valeurs de la nation sont bafouées ! "... Ce bref florilège serait risible par son absurdité s'il ne cachait pas des croyances bien réelles et une percée idéologique virulente, appelant à un nécessaire retour aux sources du "roman national". C'est donc à déjouer les pièges de cette fiction que s'emploie Elise Thiébaut. Elle s'interroge d'abord sur sa propre "identité" : qu'est-ce que l'histoire de cette Française dite "de souche" a-t-elle à nous dire de l'histoire de France ? En se livrant à des tests ADN, à des recherches généalogiques et archivistiques, elle pose des questions qui révèlent des tabous et impensés de la mémoire collective. Que nous apprend la génétique ? Quels sont les liens entre généalogie et patriarcat ? Quel impact la traite négrière et la colonisation ont-elles eu sur sa famille et plus largement sur son pays ? Quel rôle les cocottes et courtisanes du XIXe siècle ont-elles joué dans le mythe de la séduction à la française ? Avec un plaisir aigu et une vivacité pugnace, l'autrice livre une autobiographie de la France singulière comme antidote au roman national.
Depuis une dizaine d'années, les caméras de vidéosurveillance ont envahi notre paysage urbain. Une frénésie sécuritaire qui fait déjà l'objet d'abondantes critiques mais qui dissimule encore ses véritables failles, systémiques, techniques, juridiques, tout en banalisant chaque jour un peu plus une idéologie d'autosurveillance généralisée. Depuis les années 2000, les caméras de vidéosurveillance et de vidéoprotection ont envahi notre paysage urbain. Cette nouvelle manière de protéger la population fait couler beaucoup d'encre. Or les prismes dominants (sécurité versus liberté) et les images mobilisées (du Panoptique à Big Brother, en passant par Minority Report), en disent plus sur les fantasmes collectifs que sur les réalités concrètes de ce dispositif. Dans ce récit d'enquête, au plus près des expériences et des représentations des acteurs publics et privés qui utilisent la vidéosurveillance au quotidien, Elodie Lemaire passe au crible les idées reçues sur cet oeil sécuritaire, pour mieux en identifier les vrais dangers. En nous faisant pénétrer dans les salles de contrôle et les coulisses des tribunaux, l'auteure montre que les usages de la vidéosurveillance sont loin d'être conformes à sa réputation de " couteau suisse de la sécurité " ou de " reine des preuves ". Mais ces limites cachent d'autres dérives bien réelles, comme la banalisation d'une idéologie qui construit progressivement notre vision sécuritaire du monde social.