Si des créateurs comme Sonia et Robert Delaunay, Fernand Léger, Pierre Chareau, Robert Mallet-Stevens, Le Corbusier, Charlotte Perriand, Jean Prouvé ou Cassandre ont marqué de leur empreinte l'art moderne, ils ont aussi participé à un ample mouvement dont le rôle a été déterminant : celui de l'Union des artistes modernes. Fondée en 1929, l'UAM regroupe aussi bien des architectes, décorateurs, et créateurs de mobilier que des peintres, sculpteurs, orfèvres, relieurs, graphistes et affichistes animés par une même volonté de répondre aux besoins du beau et de l'utile pour tous. En rupture avec le Salon des artistes décorateurs, vitrine des savoir-faire traditionnels, ces Modernes partagent l'idéal d'une synthèse des arts capable de répondre aux enjeux politiques et sociaux de leur temps, aux défis d'une nécessaire industrialisation et à la production de logements de masse pour imaginer de nouvelles manières d'habiter et de vivre. Jusqu'à sa dissolution en 1958, l'UAM accueille plus de 170 membres et de nombreux invités, notamment des figures majeures d'avant-gardes européennes comme le Bauhaus ou De Stijl. C'est cette histoire d'une modernité française dont les origines remontent au tournant du XXe siècle que l'exposition du Centre Pompidou et l'ouvrage qui l'accompagne s'attachent à retracer.
Résumé : L'oeuvre de Jean Prouvé (1901-1984) est d'une telle richesse que l'on est généralement obligé de l'aborder en privilégiant tel ou tel aspect de son travail. C'est le bâtisseur qui retient ici l'attention. Par les architectes auxquels il est associé comme par ses propres réalisations, Prouvé appartient d'emblée au Mouvement moderne. Mais sa place y est à nulle autre pareille. Olivier Cinqualbre propose un parcours original à travers cette oeuvre unique, de l'aéro-club de Buc ou de la Maison du peuple de Clichy aux prototypes des années 1960.
De sa naissance en 1929 à sa dissolution en 1958, l'Union des artistes modernes (UAM) rassemble de très nombreux membres animés par la volonté de "créer sans regarder en arrière" pour répondre aux besoins du beau et de l'utile pour tous. Parmi eux, des figures majeures comme Sonia et Robert Delaunay, Fernand Léger, Pierre Chareau, Robert Mallet-Stevens, Le Corbusier, Charlotte Perriand, Jean Prouvé ou Cassandre et bien d'autres architectes, décorateurs, créateurs de mobilier, peintres, sculpteurs, orfèvres, relieurs, graphistes et affichistes. Tous partagent l'idéal d'une synthèse des arts capable de répondre aux enjeux politiques et sociaux de leur temps, aux défis d'une nécessaire industrialisation et à la production de logements de masse pour imaginer de nouvelles manières d'habiter et de vivre. C'est l'histoire de ce mouvement et, au-delà, de la modernité française et de ses origines, que l'exposition du Centre Pompidou s'attache à retracer.
Résumé : Commémorant le cinquantenaire de la disparition de Le Corbusier, l'exposition organisée au Centre Pompidou invite à une relecture de son oeuvre à travers le prisme de la figure humaine, dans sa corporalité mais aussi dans ses dimensions perceptive et spirituelle. Conçu dès 1943, le Modulor influencera toute une génération d'architectes. Bien que cette réflexion sur une mesure essentielle et universelle - "l'homme de série", pensant et percevant - soit au coeur de l'oeuvre multiforme de Le Corbusier, il n'existait à ce jour aucune publication permettant d'appréhender cette notion fondamentale dans le travail de l'architecte. Etoffé par les contributions de jeunes chercheurs, le catalogue présente le parcours corbuséen à l'aune de cette thématique, depuis les origines jurassiennes jusqu'aux derniers jours au bord de la Méditerranée. Il met en lumière l'omniprésence de l'humain dans sa production, à partir d'éléments de l'oeuvre peint, de réalisations ou de projets architecturaux, de meubles et d'écrits, qui témoignent de la richesse et de la complexité de sa pensée.
Francis Bacon a aimé les livres. Les quelque mille ouvrages de sa bibliothèque témoignent de sa passion pour la littérature. Cinquante ans après l'exposition du Grand Palais qui le consacrait comme l'un des artistes majeurs de son temps, le Centre Pompidou s'attache aux relations que la peinture de Bacon n'a cessé d'entretenir avec ses auteurs de prédilection. Réinventant le rapport de la peinture au texte, Bacon a traduit ses lectures en images synthétiques et fulgurantes. Ce que son inspiration doit à Eschyle, à T.S. Eliot, à Joseph Conrad, à Friedrich Nietzsche, à Michel Leiris ou à Georges Bataille s'exprime de façon diffuse dans son oeuvre, particulièrement dans les douze triptyques que l'exposition fait dialoguer avec leurs récits fondateurs. Si l'imaginaire de Bacon s'est nourri de la littérature, les écrivains ont, en retour, trouvé dans ses tableaux une matière à réflexion. De Claude Simon à Hervé Guibert, de Gilles Deleuze à Philippe Sollers, l'oeuvre de Bacon a acquis en France un statut de véritable objet littéraire.
Le jour va naître. C'est l'heure de l'énigme. C'est l'heure aussi de la préhistoire." Ces quelques mots de Giorgio De Chirico résument la relation insolite et féconde qui unit la préhistoire à l'art moderne et contemporain. De fait, la préhistoire est une idée moderne : le mot lui-même ne se fixe qu'à partir des années 1860. Les découvertes archéologiques, et notamment celle des peintures pariétales, nourrissent réflexions et fantasmes. L'impact de ce vaste corpus d'images, d'hypothèses et de spéculations est immense sur les artistes. Paul Cézanne, Pablo Picasso, Joan Miró, Alberto Giacometti, Joseph Beuys, Yves Klein, Louise Bourgeois, jusqu'aux plus contemporains, comme Giuseppe Penone ou Pierre Huyghe, nombreux sont ceux qui ont été hantés par la question de la préhistoire. L'exposition présentée au Centre Pompidou explore les multiples échanges entre la communauté scientifique et les artistes en associant des oeuvres phares de la création moderne et contemporaine à des fossiles, outils, sculptures et gravures préhistoriques emblématiques. Le catalogue qui l'accompagne reprend ce parcours original en y apportant les regards de spécialistes ainsi que des repères bibliographiques et chronologiques.
Quentin Bajac a dirigé le cabinet de la photographie du Musée national d'art moderne, au centre Pompidou de 2007 à 2012. Il dirige actuellement le département de la photographie au Museum of modern Art de New York.
J'aime l'autorité du noir, sa gravité, son évidence, sa radicalité. Son puissant pouvoir de contraste donne une présence intense à toutes les couleurs et lorsqu'il illumine les plus obscures, il leur confère une grandeur sombre. Le noir a des possibilités insoupçonnées et, attentif à ce que j'ignore, je vais à leur rencontre.