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L'ingénieur contemporain, le philosophe et le scientifique
Choplin Hugues
ENCRE MARINE
20,00 €
Épuisé
EAN :9782350880655
Loin d'être un scientifique appliqué, maîtrisant ses projets techniques, l'ingénieur est aujourd'hui emporté par l'agitation des organisations contemporaines. Prendre la mesure de cette agitation - diagnostiquée à travers l'étude de plusieurs cas concrets d'ingénieurs - exige de requérir des concepts philosophiques spécifiques, issus de la philosophie française du mouvement (Bergson, Deleuze, Badiou). Sont ainsi mis au premier plan les "épreuves" subies par l'ingénieur ainsi que les collectifs d'innovation inédits qui, aussi fragiles soient-ils, peuvent lui permettre de les surmonter. Ouverte, cette recherche combine certains des apports les plus récents de la sociologie du travail, de l'épistémologie des sciences et de la technique et de la philosophie française. Elle conduit à l'élaboration d'un mode inédit de pensée et peut-être d'action : la "figure du mouvement". Cet ouvrage s'adresse à la fois à des acteurs (ingénieurs, managers, chercheurs en sciences de l'homme, responsables de formation) s'attachant à appréhender la turbulence des organisations contemporaines aujourd'hui en "crise" ; à des épistémologues et des philosophes soucieux de renouveler, a travers le thème de l'ingénieur, nos manières de penser.
Au matin du 22 mars 2016, en se rendant à son bureau, Caroline Choplin monte dans le dernier wagon de la rame de métro qui s'arrêtera brusquement à la station Maelbeek. Elle ne le sait pas encore, mais ce choix involontaire lui sauvera la vie. Trois ans après le double attentat qui a frappé la capitale belge, elle revient sur les émotions ressenties ce matin-là et celles des jours et des mois qui ont suivi le choc.
Peut-on aujourd'hui prendre la mesure de l'énigme du collectif ? Dynamique collective de type " Nuit debout " ou mouvement des " Gilets jaunes " : cet ouvrage marque d'abord les exigences conceptuelles auxquelles la pensée des collectifs contemporains doit répondre, à la frontière de la sociologie de l'action (depuis Simmel) et de la philosophie française du mouvement (depuis Bergson). Se révèle ainsi ce qui détermine - ce qui borne - cette pensée contemporaine : sa subordination du collectif à une condition sociale (B. Latour, L. Quéré), humaine (Arendt, Dewey, Levinas) ou encore vitale (Deleuze-Guattari). Affranchir le collectif de ces conditions, caractéristiques de la tradition sociologico-philosophique : voilà qui invite à explorer les énigmes des corps discrets qui, entre et autour de nous, refusent " ce que nous sommes " .
Découvrir un commun qui, irréductible à toute puissance collective, déjoue le couple étonnant que constituent la pensée contemporaine, aussi anticapitaliste soit-elle, et la logique même du capitalisme contemporain : voilà l'enjeu de cet essai. Sont questionnées dans cette perspective les deux recherches de l'écrivain français Georges Perec (1936-1982) et du peintre danois Vilhelm Hammershoi (1864-1916). Enumérer sans hiérarchiser (Perec), dépouiller sans dissoudre (Hammershoi) : leurs deux gestes découvrent en effet une dimension commune - celle du silence entre nous - qui procède de la platitude du quotidien et du désert plutôt que de ces ingrédients, humains ou vitaux, de la puissance collective que sont l'événement et l'atmosphère. Loin d'engager des enjeux seulement esthétiques, ces deux recherches invitent aujourd'hui à "refuser ce que nous sommes", c'est-à-dire à affranchir le commun de l'alternative, structurante depuis Hegel et Darwin, de l'humain ou de la vie. Ce refus peut-il dessiner la voie d'une simplicité adéquate à la gravité de notre situation écologique ?
Résumé : Entre passeport et guide, ce livre nous invite dans un univers étrange, imbibé de philosophie mais délivré des chaînes philosophiques. Créée par François Laruelle pour redonner sa chance à l'invention dans la pensée sans normalisation ni bavardage, la " non-philosophie " s'y déploie telle une discipline libre et rigoureuse qui, sans annuler la philosophie, la prend pour objet et matériau selon une posture inédite - uni-latérale - de pensée. En voici pour la première fois les principes et les objectifs présentés de manière rigoureuse et claire par l'un de ses meilleurs connaisseurs. Complémentaire de l'?uvre de Laruelle, cet ouvrage introduit à la non-philosophie en établissant un schéma, une épure dont il tire tous les effets : Un.... > < - philosophie. Contre la " pensée unique "> qu'est la philosophie, Hugues Choplin fournit ainsi au lecteur les moyens d'enregistrer et d'assumer la co-existence possible de deux pensées. Commencée comme une théorie de la philosophie, la non-philosophie est devenue, au fil de sa constitution, une théorie du Monde, avec ses divers aspects (non-psychanalyse, non-éthique, non-marxisme, etc.). De ce point de vue, la plate-forme essentielle et minimale proposée ici est destinée à faciliter l'usage d'un instrument plutôt que l'entrée dans un nouveau système, et à développer un réseau de chercheurs déjà à l'?uvre.
Dans tous les pays du monde, lorsque le vigneron élève son vin dans une barrique, la porosité du bois qui en constitue les parois laisse s'évaporer une partie des liquides dans une proportion que l'on ne saurait négliger. On appelle cette évaporation: "la part des anges". Jour après jour, le paysan compense cette part des anges en ajoutant du vin. On appelle cette compensation: l'"ouillage". La plupart des grands vins qui réjouissent nos coeurs sont nés dans ces conditions. Une institution de soin, médico-sociale ou d'éducation, c'est un être vivant comme l'est aussi un vin. Ici les anges sont les rêves, et si les institutions écartent cette part du rêve, cette part offerte au rêve, elles s'étiolent, se referment, et ne produisent plus les effets escomptés. Ce rêve, c'est la régulation qui le fournit ou plutôt qui l'entretient. Si aucun régulateur ne vient plus accomplir cet ouillage dans le tonneau institutionnel, alors la pratique s'évente, s'aigrit, et finalement se mue en vinaigre. Pour vivre, une institution a besoin de cette part du rêve qui semble être une perte de prime abord; mais cette perte est indispensable, à l'instar des vins les plus précieux, pour lui assurer structure et qualité. Cette perte est en définitive un gain. Voilà l'état d'esprit qui m'a guidé pour écrire ce livre. J'ai voulu analyser les rouages de ce que l'on appelle régulation, supervision, ou encore analyse des pratiques selon deux points de vue différents: rendre compte d'une pratique d'une part, sans toutefois tomber dans la banalité du simple témoignage; et proposer des supports théoriques pour en éclairer les bases, pour tenter d'écrire les prémisses d'une théorie de la régulation.
Pour les philosophies théologisées, mixtes de religion et de philosophie, que sont les philosophies modernes, telles celles de Descartes, de Kant, de Hegel, et à l'exception de celle de Montaigne, l'aléatoire ne saurait être au coeur de la réalité puisque, pour l'être transcendant et omniconnaissant, Dieu, tout ce qui arrive et arrivera est de toute éternité, comme déjà arrivé. Si, au contraire, l'on revient à la philosophie libérée de la religion, c'est-à-dire à la manière grecque de philosopher, on est amené à ne pas limiter le champ de l'aléatoire à la zone humaine: on le voit au coeur de la réalité, c'est-à-dire au coeur des mondes innombrables qui s'inscrivent au sein de la Nature infinie elle-même, omnigénératrice et qui, comme le poète improvisant à mesure, avance dans l'incertain.
L'auteur se propose de dire les contenus du bonheur, en tant que celui-ci est l'activité toujours possible et toujours pensable d'un sujet libre, et une réalité à la fois extrême et accessible. Il s'agit aussi d'établir les conditions d'accès à ce bonheur et de déployer en même temps les actes qui le constituent. Car le bonheur d'être est plus qu'un "état" de conscience ou une condition "sociale; il est l'unité synthétique de quelques formes actives de la joie. La méthode employée ici n'est pas séparable de la doctrine. La phénoménologie en première personne décrit ici le sujet comme libre désir et comme réflexion fondatrice; cette phénoménologie est existentielle parce qu'elle est opérée par l'existant pour l'existant, se saisissant comme sujet actif. Trois étapes, formant les trois axes de la joie, sont analysées: la joie de se fonder soi-même en une première puis en une seconde fondation, la joie d'amour dans un registre tout autre que banal et dont se font l'écho Segalen, Thérèse d'Avila, Saint-John Perse ou Rilke, et enfin les formes poétiques et les formes actives de la jouissance du monde. L'ensemble de ce mouvement se déploie comme un Voyage qui est à la fois progression conceptuelle réflexive et itinéraire d'existence, expérience d'être. L'enjeu en est non seulement la signification du désir, mais encore le présent et l'avenir de la philosophie. Par l'analyse de la joie qui anime toute l'existence concrète, s'éclairent à la fois la juste révolte contre l'horreur et la validité de la jouissance et de l'espoir. Se dessine en même temps une philosophie du sujet en première personne, qui est aussi une philosophie de la liberté heureuse. S'exprime enfin la portée éthique et substantielle du cheminement d'une oeuvre conçu comme l'affirmation de l'être et du sens."
Marcel Conche, professeur émérite à la Sorbonne, membre de l'Académie d'Athènes, est l'auteur de nombreux ouvrages, publiés aux Editions Encre Marine, Cécile Defaut, Albin Michel, et surtout aux Presses Universitaires de France (collections "Perspectives critiques", "Quadrige" et "Epiméthée").