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Aguets
Choplin Antoine ; Mourotte François
LE REALGAR
23,00 €
Épuisé
EAN :9782491560584
En lisière des tumultes" , là où tout cède, tout recommence, Antoine Choplin consigne poème après poème la saignée d'un temps qui heurte, violente et, parfois, recueille ce qui ne cesse de naître au coeur des ruines de nos vaines croyances. La mort règne. Et la guerre. La destruction sournoise ou massive. Il n'en demeure pas moins que le poète, aux aguets donc, se doit de formuler une sorte "d'espoir inespérable" comme ce "possible attentat / dans le métro bondé de [sa] vie de tous les jours". Dès lors, fuir le chagrin, rompre le silence, chercher un peu de lumière, déchiffrer dans les entrailles du sommeil un avenir d'une beauté foudroyante, il n'y aura d'autre destin pour qui recourt enfin au paysage : au terme de son "précis d'égarement" , Antoine Choplin montre non sans superbe que l'on peut encore y rencontrer le lieu du partage, de l'errance et de l'habitation.
1940, les Allemands prennent Paris. Au volant de son camion, Louis est chargé de mettre à l'abri des tableaux du Louvre. En pleine débâcle, les consignes sont strictes: ne jamais s'arrêter. Mais comment faire autrement lorsqu'il croise une femme enceinte, pied nus? Réfugiés avec des résistants dans un château du Lot, Louis et Sarah vont tenter de réinventer leur vie. Malgré la rumeur de la guerre, ils s'entourent d'art et d'amour.
Résumé : Bedrich arrive dans la ville-ghetto avec femme et enfant. Il intègre le bureau des dessins. Il faut essayer de trouver chaque matin un peu de satisfaction en attrapant un crayon, jouir de la lumière sur sa table à dessin, pour enfin s'échapper du dortoir étouffant, oublier la faim, la fatigue et l'angoisse. Chaque jour se succèdent commandes obligatoires, plans, aménagements de bâtiments. Chaque nuit, le groupe se retrouve, crayon en main, mais en cachette cette fois. Il s'agit de représenter la réalité de Terezin sans consigne d'aucune sorte. Et alors surgissent sur les feuilles visages hallucinés, caricatures. Tout est capté et mémorisé la nuit puis dissimulé précieusement derrière cette latte de bois du bureau des dessins.
Au coeur de paysages singuliers qui pourront évoquer les revers sombres de l'Histoire, des hommes, solitaires ou réunis en une clique fragile, entreprennent un périple. Aux processus guidant leur épopée, il est ici porté une attention particulière. Tous déploient un arsenal de ruses pour approcher, voire atteindre, leur objectif. Le ressort de ces progressions emprunte avant tout à des forces d'humanité, de simple et lumineuse intelligence, de fraternité pure. Des quêtes minuscules, comme autant de fables espérant chacune de cette capacité inouïe de l'homme à se maintenir debout, le regard tendu sans relâche vers un nouvel horizon.
La mer est un mur", se répète la narratrice réfugiée au bord de l'océan. Tout comme la vie, inexplicable, qui lui a offert la présence inespérée d'un être, aussi farouche qu'authentique, venu des territoires du Grand Nord, et qui l'en a privée presque aussitôt. Dès lors, accrochée à quelques fragiles repères, vacillant dans son propre désir de vivre, tout ce qui reste de son existence s'oriente vers l'impérieux besoin de comprendre pourquoi la mort a frappé. Exils, rencontres, traversées, tout concourt à présent à redonner vie par le récit à la disparue. "Naja on me nomme, mais Petit couteau à lame d'os je suis. C'est mon nom complet donné par mon grand-père. Je suis née sur une avancée de terre au nord du nord d'un immense pays de glace. J'avais un frère de deux ans plus âgé que moi ; en tant que benjamine et fille, je grandissais dans l'ombre de Kunuk mon aîné. Notre grand-père nous faisait souvent approcher d'une zone dont il disait qu'elle nous avait appartenu avant que les peaux blanches ne s'en emparent."