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VST N° 114, 2e trimestre 2012 : L'avenir des addictions
Chobeaux François
ERES
16,00 €
Épuisé
EAN :9782749232256
Depuis une quinzaine d'années, le concept d'addiction est utilisé pour qualifier de nombreuses conduites d'excès faisant autrefois partie du paysage sans être pour autant repérées comme appartenant au champ de la santé mentale. Témoignant de maladies ou de malaises nouveaux du corps social, le concept semblait de nature à unifier des pratiques sous la bannière d'une psychopathologie univoque : les alcooliques et les joueurs compulsifs devenaient des toxicomanes comme les autres. Ainsi l'addictologie était-elle née, et un plan gouvernemental de financement allait donner corps à une réalité nouvelle. Malheureusement, sur le terrain rien n'a vraiment changé, et plutôt que de rapprocher les différents acteurs, il semble que cette fausse bonne idée ait renforcé les antagonismes et brouillé les pistes de prise en charge pour les patients. Les addictions sont-elles si univoques ? De même pour leur psychopathologie ? Et leurs traitements ? Ont-elles d'ailleurs un avenir ?
Psychiatrie " sociale " à la française, psychiatrie " démocratique " à l'italienne...Les débats ont été forts, les principes restent revendiqués par des équipes. Mais peut-on aussi parler d'une psychiatrie anglo-saxonne, d'une germanique, d'une d'Europe centrale ? Comment se jouent aujourd'hui les effets conjugués des positions comportementalistes nord-américaines, des positions sociales, psychanalytiques ? Où en est le désaliénisme à l'époque internationale du sécuritaire et d'une résurgence des usages totalitaires de la psychiatrie où prendre en main supplante activement prendre soin ?
Comme d'autres activités, le travail social et le soin sont pris dans la tourmente des rationalisations techniciennes qui promeuvent transparence, maîtrise, efficacité et obligation de résultat. En soi, cela ne peut être considéré comme aberrant ou irrecevable, sauf à revendiquer un parasitisme nourri des souffrances et des misères psychiques et sociales. Pour autant, la réalité de la clinique et des complexités sociales et humaines peut-elle toujours s'accommoder des injonctions à l'efficacité, des objectifs contractualisés, de la technicité normalisée des procédures ? Les trajectoires de vie doivent-elles et peuvent-elles toujours s'inscrire dans les protocoles et les programmes pensés par tous les spécialistes et experts ? Accompagner et soutenir l'autre dans un parcours de soin, d'insertion de vie, suppose aussi une capacité à accepter de ne pas toujours savoir où l'on va, à permettre à l'autre de s'embarquer sur des chemins que nul n'avait imaginés ou prévus. En tant que professionnels, faisons-nous toujours la place nécessaire à cette incertitude et à cet imprévisible qui peuvent se révéler plus nécessaires et productifs que tous les programmes et projets ?
Changer de repères, de vie, d'aire culturelle, déstabilise et génère des souffrances qui sont d'autant plus importante que la migration n'a pas été choisie, que l'on est rejeté, condamné à chercher un groupe identitaire pour ne pas rester seul... Entre choix et soumission, les processus de déculturation, d'acculturation, constructifs ou enfermants, remodèlent les imaginaires et les vies en cherchant à conjuguer les possibles et les illusions qui relèvent parfois de la survie. Tout ceci sur notre fond républicain unificateur, de "Il est interdit de cracher par terre et de parler breton" à "Nos ancêtres les Gaulois". Migrations, immigrations, c'est la question de l'étranger, celui qui vient d'un autre lieu et qui surprend, interroge, fait peur. Et c'est pour celui-ci la découverte d'une culture autre à laquelle, en France, il va devoir se conformer.
Intervenir au domicile, pas juste pour une visite ponctuelle mais régulièrement, est une pratique sociale qui se développe : action des SESSAD, maintien des personnes âgées, hospitalisations chez soi...Comment se construit alors l'espace de travail ? Comment l'intimité de la personne habitant le lieu peut-elle être préservée ? Alors qu'il s'agit souvent d'un travail solitaire, comment le professionnel peut-il ne pas rester isolé ? Les assistantes maternelles, assistants familiaux, familles d'accueil...exercent leur métier à domicile. Comment s'arrangent-ils pour jouer avec les espaces public/privé, professionnel/personnel, intime/visible ?
A travers les yeux d?un bébé, cet ouvrage évoque la vie quotidienne des bébés chez leur assistantematernelle. S?appuyant sur des témoignages de collègues, de parents, de professionnels de lapetite enfance et sur sa propre expérience, l?auteur aborde le métier d?assistante maternelle danssa globalité et au quotidien, avec ses joies, ses difficultés, ses incertitudes, tout au long des étapesdu développement physique et psychologique de l?enfant. Des sujets plus délicats y sont abordés,comme la maltraitance, la négligence professionnelle ou parentale, le manque de formation desassistantes maternelles. Une approche intimiste du métier, élargie à des recherches plusapprofondies et prolongée par des conseils et des contacts professionnels.
L'ouvrage est une réponse à la question "à quoi ça sert d'être éducateur?" A contre-courant d'une pensée unique qui réduit le sens d'une pratique à son utilité, l'auteur affirme que la relation éducative ne sert ni à guérir, ni à ramener des individus dans la norme, ni à réparer un préjudice comme y invite l'arrêt Perruche, mais à les aider à surmonter l'injustice liée à leur différence et à trouver du sens à leur vie. C'est ce que l'auteur appelle passer du "vivre" à "l'exister". Prenant appui sur l'expérience de terrain et sur cinq histoires de vie, l'ouvrage présente une relation éducative fondée sur l'engagement de l'éducateur autant que sur son savoir-faire professionnel. Il renoue avec les valeurs fondamentales du métier et tisse le lien entre l'éthique et la pratique. Biographie de l'auteur Educateur spécialisé et docteur en sciences de l'éducation, Philippe Gaberan est aujourd'hui formateur en travail social à l'ADEA de Bourg-en-Bresse (01); ses enseignements et ses recherches le conduisent à se spécialiser en histoire et philosophie de l'éducation. Il est rédacteur au journal Lien social (Toulouse) et l'auteur de plusieurs ouvrages.
La résilience, terme emprunté à la physique pour désigner la capacité des individus à surmonter les traumatismes, n'est pas une notion globale ou uniforme : elle présente de multiples facettes et provoque des controverses dans le monde thérapeutique. Dans cet ouvrage où dialoguent Boris Cyrulnik, à 'origine de la diffusion de cette notion en France, et Serge Tisseron qui en combat les ambiguïtés, les auteurs s'attachent à explorer les phénomènes de résiliences: la résilience serait-elle une recette miracle ou une réelle capacité de chacun à s'épanouir malgré le poids d'un traumatisme ? S'agit-il d'un état ou d'un processus ? D'un mécanisme de défense inné ou acquis ? D'une méthode comportementale ou d'une thérapie ? A mener seul ou avec l'aide d'un tuteur de résilience ? Apanage seulement de la jeunesse ou bien possible à tout âge ? Serait-ce un mot magique survalorisant ceux qui ont survécu à un traumatisme en même temps qu'il donnerait du rêve à ceux qui, dans des difficultés graves, peuvent espérer guérir par leurs seules ressources ? D'autre part, la résilience relève-t-elle du scientifique ou bien du moral dans la mesure où l'amour et la compassion semblent y jouer un râle primordial au détriment du travail scientifique sur l'Inconscient ? Et n'emprunte-t-elle pas à la psychanalyse certains concepts dans leur seul aspect positif et structurant ? Enfin, peut-on en tirer des outils thérapeutiques, voire pédagogiques, où à la traditionnelle prise en charge se substituerait une approche valorisant les ressources de vie, les potentialités de l'individu et de son environnement en développant l'espoir sous forme de réparation ou de création ? . . Joyce Aïn, psychanalyste (Toulouse), membre de la Société Psychanalytique de Paris, présidente de l'association Carrefours & Médiations.
Mauvais Patrick ; Blazy Micheline ; Deligne Isabel
Des professionnels de PMI, de lieux d'accueil, de services de soins en périnatalité, de CAMSP et de pouponnières témoignent de leurs pratiques dans l'accompagnement des relations entre parents et enfants. On reconnaîtra aisément, au travers de ces expériences diverses, une référence appuyée aux travaux d'Emmi Pikler - pédiatre hongroise qui a fondé en 1946 la pouponnière de Lòczy à Budapest - sur le très jeune enfant et sa famille. On y retrouvera l'importance qu'elle accordait, jusqu'au moindre détail, aux conditions concrètes du bien-être et de la sécurité de l'enfant. Les professionnels réunis ici, attentifs et assurés de leur confiance en l'enfant, nous enseignent combien l'accompagnement du processus de parentalisation peut bénéficier de cette approche, dans le respect des familles en devenir. Biographie: Patrick Mauvais est psychologue clinicien, responsable de la formation des formateurs à l'association Pikler Lòczy de France.