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Figures tutélaires, textes fondateurs. Francophonie et héritage critique
Chikhi Beïda
SUP
24,99 €
Épuisé
EAN :9782840506614
Cet ouvrage analyse le rôle de figures tutélaires dans l'émergence et la légitimation des littératures francophones : de Coster en Belgique, Ramuz en Suisse romande, Amrouche en Afrique du Nord, Senghor en Afrique subsaharienne, Césaire dans les Antilles, Miron au Québec. Il propose dans le même temps une lecture de l'héritage critique à travers les textes fondateurs qui ont marqué un tournant décisif dans l'histoire par les visions politiques et les interrogations qu'ils ont suscitées et par l'imaginaire qu'ils ont nourri ou développé. Comment cet héritage est-il aujourd'hui accueilli et conceptualisé ? Des critiques et des écrivains, notamment Marie-Claire Blais, Jacques Chessex, Hélène Doiron, Sylviane Dupuis, Eugène Ebodé Majid El Houssi, Nabile Farès, Jean Louvet, Daniel Maximin, Jean Métellus, Pierre Mertens, Tierno Monénembo, Clara Ness, Dominique Noguez, Leïla Sebbar, ont suggéré des lignes de force d'une histoire littéraire inédite dont les langues sont à la fois des enjeux et des médiums.
Résumé : Sophiane traverse la vie comme il traverse les rues de Saint-Denis ; en slalomant entre les embûches et en jetant un oeil par-dessus son épaule, car à Saint-Denis la vie ne vous fait pas de cadeaux, elle vous attend au tournant. Le quartier c'est son monde, un monde où la marmite du collège renferme une jeunesse qui se consume à feu doux et dont l'écume de l'ennui finit par déborder en entrainant quotidiennement Sophiane et ses amis jusqu'au square pour fumer le bédo qui épongera leur ennui. Sa vie est un numéro de funambule, il marche sur une corde raide amarrée entre la délinquance et l'islamisme radical de son frère aîné. Une trajectoire qui devait le mener vers l'une ou vers l'autre, à moins de tomber. Et Sophiane est tombé. Il a perdu l'équilibre. Entrainés dans sa chute, nous voyons défiler Saint-Denis, son école républicaine débordée, les désillusions d'une jeunesse qui se raccroche à la religion, et les difficultés d'être une fille ou une mère isolée dans les quartiers populaires. Tombé par amour, sera-t-il sauvé par le filet républicain ou sera-t-il l'un de ces enfants perdus de la France, prêts à la combattre ?
Espace notoirement pluriel et à forte dynamique tensionnelle du fait du centrage éditorial et symbolique parisien, les Francophonies se déploient de façon plus autonome à partir des indépendances africaines et du célèbre " Vive le Québec libre ! " du général de Gaulle. Au point d'en oublier parfois une autre singularité : le français vit le jour et se développa en Europe dans plusieurs pays – Belgique, France, Grand-Duché de Luxembourg, Suisse... Cet ouvrage, issu d'un colloque organisé par l'AEFECO, les Archives & Musée de la Littérature et l'Université Marc Bloch, rend compte de cette complexité. Il s'attache aux représentations francophones à partir de leur rapport à l'Universel français et à ses instances de consécration et de diffusion ; s'intéresse tout autant à la question de la langue, dans la tension entre version normative et variétés locales, mais aussi aux autres langues nationales des pays francophones ; se penche ensuite sur les Francophonies originaires et sur leurs histoires ; étudie enfin quelques exemples significatifs, africain ou américain, de rapports entre Europe et Francophonies intra-européennes.
La littérature francophone du voyage met en scène trois lieux d'écriture : la patrie, la France, le monde. La patrie est, pour l'écrivain, le lieu du legs, de l'héritage, de la transmission fondamentale. La France, elle, est le lieu de la légitimation littéraire. Entre l'héritage et la nécessité du détachement se noue une tension que le monde se charge de transformer en élan. Trois lieux d'écriture à visiter en transhumance, en migrance, en exil, ou en " voyageur que le langage invente ". Nicolas Bouvier, Edouard Glissant, Assia Djebar, Malika Mokeddem, Slimane Benaïssa, Vicente Huidobro, Eduardo Manet, Andreï Makine, François Cheng, Farida Belghoul sont des exemples parfaits de ces écrivains qui, par leur destinées voyageuses, forgent de nouvelles poétiques et de nouveaux concepts littéraires.
Résumé : Cet essai porte sur les romans écrits par Georges Simenon au cours des années trente, aussi bien les " romans durs " que les " Maigret ", et en renouvelle profondément la lecture. Il y décèle un scénario latent. Hanté par le " vertige de la perte " qui le pousse à un retour fusionnel dans le Monde-Mère sous les espèces du rien, voire de la mort, l'écrivain l'exorcise en se réfugiant dans le contre-monde du Livre, par instinct de conservation, en " avare " de son désir. Mais il en conçoit de la mauvaise conscience, car il s'éprouve alors comme un escroc, ou un faussaire : c'est donner en effet pour réels, dans ses livres, des êtres et un monde de papier, sans vraie consistance. Pour se laver de ce péché d'escroquerie, il place dans ses romans des personnages qui sont ses doubles, assignés à des espaces mettant en abyme le Livre. Ce sont des boucs émissaires, car ils endossent la faute et, d'une façon ou d'une autre - en mourant, dans bien des cas -, l'expient, ce qui permet d'en dédouaner l'écrivain. Cependant, il n'y a là qu'un subterfuge puisque, en réalité, ce sacrifice expiatoire du Livre et de son démiurge se produit... dans un livre. C'est pourquoi, un roman terminé, Simenon n'a d'autre choix que d'en entreprendre un autre.
Tout en montrant la nouveauté radicale du bolchevisme, et les techniques de Staline pour faire régner sa tyrannie, ce livre fait ressortir les continuités de l'histoire russe et ses constantes (idéologie, pratiques du pouvoir, place et influence de l'empire, conceptions et méthodes de politique étrangère, utilisation de la propagande). L'ouverture des archives de l'URSS et leur abondance a enrichi la connaissance de ce monde autrefois fermé et rend indispensables certaines clés de compréhension : elles faciliteront aussi l'abord de la Russie post-communiste et son passé difficile à surmonter.
Le premier 19e siècle, dans l'immédiat héritage, problématique, de la Révolution française, est un moment décisif où se reconfigurent les rapports de la littérature et de la morale. Préparée en cela par le rationalisme des Lumières, la Révolution a mis à bas un système social et moral hiérarchisé ; désormais l'individu, promu sujet raisonnable et responsable, se voit imposer de redéfinir son identité, sa place et sa fonction. L'ouvrage se propose de brosser un panorama de la reconfiguration de la question morale dans cette période charnière, particulièrement riche et complexe.