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Assia Djebar. Histoires et fantaisies
Chikhi Beïda
SUP
20,00 €
Épuisé
EAN :9782840505068
Il peut être passionnant de suivre une ?uvre littéraire encore en expansion. Celle d'Assia Djebar en l'occurrence est aujourd'hui considérable, son palmarès de distinctions et de prix littéraires, impressionnant. Et malgré les années sombres, les départs massifs, les expatriations en tous genres, son lien avec la terre algérienne, ses souvenirs et ses promesses, reste indéfectible : elle le nourrit, le transforme, le sublime en le passant par tous les prismes possibles, de l'histoire à la transfiguration esthétique. Un complément d'expérience et de vécu s'est accumulé au fil du temps, du côté de la grande romancière comme du côté des lecteurs qui ont fait connaître ses tout premiers écrits. Livré dans cet ouvrage, ce complément s'est voulu " romanesque " et " historien " bien sûr, mais aussi "fantaisiste ", c'est à dire attentif à la rêverie qui touche au secret de l'être, sensible à la caresse de la poésie, à l'esprit de la musique qui partout s'insinue, et plus subtilement encore dans les césures de l'Histoire. Les premières lectures, encore très actuelles dans l'usage de leurs concepts, dans leurs démarches et leurs effets, sont refondues dans la présente édition avec un intérêt soutenu pour l'écriture, y compris celle qui module les nouvelles, les récits et les essais, et donne à l'?uvre ces accents très particuliers, qui nous font dire : " ça c'est du Djebar ! "
L'?uvre des Amrouche, exemplaire au titre de la tradition orale comme de la création littéraire, se nourrit de l'histoire algérienne et y contribue. Générée dans le multiple des langues et des croyances, elle a créé les modalités et les signes de ce que pourrait être, aujourd'hui comme hier en Algérie, une activité efficiente de la mémoire redoublant la création littéraire. Paradoxalement, et l'?uvre de ce trio familial en témoigne dans sa diversité, c'est la privation, l'humiliation, et l'exil qui soufflent aux créateurs cette mémoire, incertaine mais puissante, qui donne forme à leur poésie orale ou écrite, structure leurs pensées et leurs récits, anime leurs échanges avec les autres. On retrouvera cette dynamique de la résistance subtilement analysée dans les différentes contributions au présent ouvrage, qui, tout en actualisant les travaux que les Amrouche ont suscités dans le passé, mettent en lumière ce qui dans l'originalité des itinéraires créatifs de Jean, de Taos, de Fadhma, les a conduits chacun vers la nécessité commune d'établir des relais dans la transmission vocale du patrimoine culturel berbère puis de nouer la chaîne de l'écriture salvatrice. L'interface entre ces deux modes de communication est ce qui aujourd'hui propulse les textes amrouchiens vers les horizons les plus éloignés de leur site natal.
Résumé : Dans leur usage paradoxal des masques littéraires, les auteurs de langue française en arrivent parfois à mettre en jeu leur propre qualité d'écrivain. Ils se détournent ainsi de l'" autorité " qui leur a été affectée par l'institution littéraire, renversent les canons et invalident les champs esthétiques ; ils négocient donc une nouvelle posture, libre, proche de celle du lecteur-interprète ou du " marqueur de paroles ". Le masque sert aussi à " désacraliser ", à " désolenniser " la posture de l'écrivain démiurge, à préserver sa disponibilité devant les défis du moment et à couvrir son accès au mystère. La reconduction du masque initial - la psychose originelle en somme - transparaît sous des formes en mutation. Ces formes sont élaborées comme des masques en(-)jeux par des écrivains comme Michel de Ghelderode, Kateb Yacine, Mouloud Mammeri, Yasmina Khadra, Patrick Chamoiseau, Salvat Etchart, et de manière encore plus accentuée par les écrivains louisianais. On découvre aussi les jeux de masques, ces usages, exercices, stratégies, opérations de séduction et carnavals narcissiques, réinterprétés par une lignée d'auteurs où dominent les femmes : Colette, Paul Willems, Suzanne Lilar, Maria Van Rysselberghe, Amélie Nothomb, Réjean Ducharme, Madeline Monette, Gilbert Laroque, Daniel Maximin, Ananda Devi.
Espace notoirement pluriel et à forte dynamique tensionnelle du fait du centrage éditorial et symbolique parisien, les Francophonies se déploient de façon plus autonome à partir des indépendances africaines et du célèbre " Vive le Québec libre ! " du général de Gaulle. Au point d'en oublier parfois une autre singularité : le français vit le jour et se développa en Europe dans plusieurs pays – Belgique, France, Grand-Duché de Luxembourg, Suisse... Cet ouvrage, issu d'un colloque organisé par l'AEFECO, les Archives & Musée de la Littérature et l'Université Marc Bloch, rend compte de cette complexité. Il s'attache aux représentations francophones à partir de leur rapport à l'Universel français et à ses instances de consécration et de diffusion ; s'intéresse tout autant à la question de la langue, dans la tension entre version normative et variétés locales, mais aussi aux autres langues nationales des pays francophones ; se penche ensuite sur les Francophonies originaires et sur leurs histoires ; étudie enfin quelques exemples significatifs, africain ou américain, de rapports entre Europe et Francophonies intra-européennes.
Pour beaucoup, la Louisiane apparaît comme un continent perdu des Francophonies. La question est plus complexe. Elle mérite l'attention. Pourquoi Jean Arceneaux, Deborah Clifton et David Cheramie - trois poètes francophones louisianais - font-ils le choix de se représenter sous les traits du monstre ? L'étude comparée des recueils Cris sur le bayou, Suite du loup, A cette heure la louve et Lait à mère met en évidence l'existence d'un espace intertextuel, métaphorisé par les poètes eux-mêmes sous les traits du "pays des loups" . Les errances de leurs doubles poétiques dessinent de la sorte les fondations d'un nouveau mythe américain. L'esthétique du louvoiement et la prolifération d'une monstruosité formelle, tels sont les artéfacts poétiques mis en place par ces auteurs. Fidèles à une forme de pensée clandestine, leurs recueils donnent libre cours à une inversion des valeurs sociales, esthétiques et linguistiques, laissant le vide et le silence d'une condition d'aliéné devenir matériau d'une entreprise d'exploration mnésique à des fins de réhabilitation du soi. Une expérience rare, peut-être ultime, en tous les cas unique. Façon de reconquérir une langue française au potentiel performatif décuplé, faisant de l'Autre anglophone redouté le complice médusé d'un rituel poétique de déconstruction et d'auto-gestation. En quoi les Amériques n'ont pas fini de nous interpeller.
Carraud Vincent ; Bayle Claire ; Meyer-Bisch Gabri
L'un des traits caractéristiques de Leibniz est son rapport, positif, érudit et essentiel à toute la tradition philosophique antérieure. Le rapport qu'il assume à celle-ci peut s'entendre par analogie avec les parties célèbres où les joueurs d'échec apprennent leur art : un bon joueur, instruit de l'histoire des échecs, reconnaît aux premiers coups l'ouverture choisie par son adversaire. Il s'épargne ainsi supputations et hypothèses. Se trouvent ici non seulement restitué ce que Leibniz a pensé des auteurs antiques et médiévaux mais encore analysé son bon usage de l'histoire de la philosophie. "