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Ouranos
Cheyrol Thierry ; Fernandez Fernand
5EME COUCHE
24,00 €
Épuisé
EAN :9782390080503
Dans la mythologie grecque, Ouranos ("celui qui fait pleuvoir") est une divinité primordiale personnifiant le Ciel et l'Esprit démiurgique. Ce livre fait suite à Gaia, premier livre (et grand succès) de Thierry Cheyrol, paru en 2017 à La 5e Couche. Gaia (la Terre) est l'épouse d'Ouranos. Tel le Dieu de la Genèse séparant le firmament de la terre, Cheyrol se tourne (naturellement) vers les astres, après avoir exploré les entrailles fécondes de notre planète. Ainsi découvre-t-on une continuité, un isomorphisme, une "isoplastie" , du bas et du haut (si tant est que ces mots aient encore du sens), du micro au macro. Il est un mot galvaudé, dès qu'il s'agit d'aborder l'oeuvre d'un auteur, qu'il faudra bien employer ici : Cheyrol nous délivre un Univers. Des astres imaginaires et d'improbables aérolithes filent au long des pages, comme autant de motifs graphiques qui n'ont d'abstraits que l'apparence. Le dessinateur décrit des invasions, des connexions, des fusions, des propagations, des conflagrations et des conquêtes, dans un bouillonnement dont on ne sait s'il est cataclysmique ou créateur, à moins que ce ne soit la même chose. L'atome primitif en expansion suivra ses propres lois, celles de la thermodynamique, celles de la relativité, celles de la théorie des quantas, toutes incompatibles, suivant les règles contradictoires de la dissipation et de l'entropie, parvenant fatalement à leur Dessein fractal. On y croise Hypérion, un Titan que l'on assimile au Soleil, qui a aussi donné son nom à une lune de Saturne. La matière et les objets célestes envahissent les planches, glissent entre les cases (ou par-dessus), à travers le livre et débordent même du champ du livre. Cheyrol, démiurge ou simple témoin du processus créateur (le sien, pourtant), renouvelle les agencements de la page, recombine en permanence ses formes organiques et cosmiques. Comme pour Gaia, Cheyrol a minutieusement programmé son récit. Les deux livres comptent tout deux 121 planches et sont d'emblée envisagés sur cette durée précise. L'avant-propos est signé Fernand Fernandez.
Toujours en devenir, Gaia se métamorphose et réagit aux éléments. Dans un environnement en apparence inerte et hostile, c'est un être survivant. Cette nature étrange, tout droit sortie d'un songe, se veut rassurante, familière, ouatée et simultanément vertigineuse et déconcertante. Les planches, aux compositions spectaculaires et saturées de Cheyrol, nous invitent, dans un amoncellement de motifs abstraits mais suggestifs, à assister à un récit cosmogonique fascinant et singulier où l'univers est ensemencé par des forces physiologiques et animales
Kerry McKoy, une jeune enfant aux dons extraordinaires de tireuse, sauve Kaya, une petite Indienne Cherokee, des griffes de trois agresseurs. Elle deviendra sa soeur de sang et adoptera le nom cherokee de "Winona" . Avec Kaya et le petit Chinois Bao, qui est le seul à prendre soin d'elle alors qu'elle est le souffre-douleur des brutes de la petite ville de Poney Town, Winona a tissé deux amitiés indestructibles. Un matin d'hiver, son père adoré est assassiné devant ses yeux. Il expirera dans ses bras après lui avoir demandé de pardonner. Winona quitte le village maudit de son enfance pour y revenir quinze ans après. Va-t-elle obéir à son père agonisant ? ... ou va-t-elle tous les exterminer un par un ?
Début des années 70. Philippe Leroy, jeune médecin idéaliste fraîchement diplômé, est nommé responsable d'un dispensaire en Mauritanie, dans une petite ville située en zone désertique. Climat hostile, analphabétisme, superstitions, contrarient son action. Pour ajouter à ces difficultés, il ne croit pas la version officielle selon laquelle son prédécesseur, un médecin militaire retraité, est mort dans un accident de voiture. En dépit de tous les avertissements et des menaces sur sa vie, il décide de mener sa propre enquête. Secondé par Omar, son jeune "guide-interprète-secrétaire", parviendra-t-il à découvrir la vérité ? Les évènements se succèdent à un rythme accéléré, jusqu'à l'improbable dénouement.
Menses ante Rosam" est le récit d'une genèse. Les mois avant Rosa, Aurélie Levaux a vu son corps se transformer, son ventre se déformer, son homme désorienté. Elle nous fait part de sa joie, de ses pleurs, de ses doutes, des très riches heures d'une grossesse. 50 dessins et broderies sur tissus et sur papier nous livrent un peu du mystère de l'enfantement, 50 broderies et dessins raconteront à Rosa l'attente impatiente de sa venue au monde. "Les yeux du Seigneur" fait directement suite à "Menses ante Rosam" : derrière les délicats ourlements brodés et sous la couture, il y a l'hymen déchiré et le placenta. Aurélie William Levaux tisse ses rêves d'interrogations douloureuses.
Les haïkus dessinés de Matton interrogent, à la première personne, notre relation au monde. Ils forment une chronique de la pensée, ancrée dans le quotidien.
L'univers de François Burland est à l'image d'un grand bazar. On y trouve toutes sortes d'oeuvres : papiers recyclés, collés, peints ou gravés, broderies qui s'affichent comme des dessins colorés, sculptures ou jouets bricolés aux échelles brouillées. Le tout s'affranchissant des contraintes esthétiques pour permettre le jeu libre des formes et la magie du désordre. Ces authentiques créations ont de quoi surprendre. Elles mêlent des représentations vernaculaires à des images plus universelles qui s'associent au verbe, selon une propre logique. Ces oeuvres possèdent donc un mot d'ordre : le slogan ou mieux une parole qui attrape. A l'origine, dans l'ancienne Ecosse, le slogan signifiait le cri de guerre d'un clan. Aujourd'hui il est devenu une forme privilégiée de la communication de masse tant publicitaire que politique ou culturelle et fait partie intégrante de notre environnement. Chez François Burland, le slogan est tout cela à la fois, un alliage qui réunit le proverbe, la devise, la sentence et le cri de la foule. Il accroche, il rallie, il dicte. Il est certes un acte verbal mais sa lecture reste inséparable de sa forme plastique. Aussi pour comprendre l'esprit libertaire de cet artiste et sa capacité à être dans une attitude active et non soumise, il faut envisager la lecture de son oeuvre sous le signe de la résistance. "Créer c'est résister" pense Gilles Deleuze, qui établit "une affinité fondamentale entre l'oeuvre d'art et l'acte de résistance" . Il précise : "résiste à la mort soit sous la forme d'une oeuvre d'art, soit sous la forme d'une lutte des hommes". François Burland l'artiste est-il un rescapé ? Son histoire, ses années en marge de la société, sa rencontre avec le Sahara et son itinéraire artistique le font tout simplement naître. "J'ai commencé à faire de la peinture pour échapper à la vie. Au bout du compte c'est elle qui m'a ramené à la vie... " Il peut prétendre à l'art.
Jeune dessinateur flamand de la vague " graphic punk " qui déferle actuellement dans le paysage éditorial mondial, Lukas Verstraete est aussi un héritier et un ambassadeur de l'école flamande. Combinant une bonne dose d'humour et une dimension métaphysique omniprésente, il nous livre ici avec Ramone une oeuvre à l'esthétique spontanée mais néanmoins audacieuse. Narration hybride faite de questionnements et de doutes sur notre nature humaine, Ramone, sous ses dehors naïfs, révèle de façon souvent métaphorique un discours sous-jacent sur le but de notre existence, le chemin parcouru pour en arriver là, l'homme en quête de son évolution et d'une place dans la société, le personnage ne faisant que courir vers la fin de l'histoire, poursuivis que nous sommes par le regard des autres. Autant de questions symboliques au travers des yeux de ce personnage arborant ce montéra de toreador, pris dans une quête initiatique, pleine de rebondissements et d'aventures.