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Dans l'intimité des publics. Réceptions audiovisuelles et production de soi
Chedaleux Delphine ; Juan Myriam ; Pillard Thomas
SORBONNE PSN
29,90 €
Épuisé
EAN :9782379060441
Quoi de plus personnel, et en même temps inséparable de dynamiques collectives et sociales, que le choix de visionner un film en salle, l'envie de partager une expérience audiovisuelle et le fait d'en cultiver le souvenir, ou encore l'acte banal et routinier consistant à jouer chez soi à un jeu vidéo ? C'est à partir de ce constat paradoxal, ouvrant la voie à de multiples questions, que ce volume entend explorer dans une optique inter et pluridisciplinaire les usages et les appropriations intimes des images animées autour d'une variété d'études de cas, du cinéma muet jusqu'aux médias numériques sans oublier le rapport si particulier tissé avec le petit écran. Un tel projet se situe dans le prolongement du renouveau des études de réception et du tournant émotionnel des sciences sociales, qui voient l'essor de recherches sur les publics d'une part et sur l'intime en tant qu'objet et catégorie analytique d'autre part. Il semble dès lors pertinent d'adosser ces notions en apparence contradictoires, la première renvoyant censément au "privé" et la seconde à la sphère dite "publique" , pour mieux dépasser cet antagonisme afin d'évaluer toute la fécondité de leur rapprochement. Plonger dans "l'intimité des publics" revient, de ce point de vue, à interroger l'imbrication des mondes sociaux et des pratiques liées aux écrans, en envisageant celles-ci tant comme des lieux de négociation ou de tension entre l'individu et le collectif que des techniques de production et de connaissance de soi.
Le Gras Gwénaëlle ; Chedaleux Delphine ; Pisano Gi
Le cinéma populaire français d'avant la Nouvelle Vague est le continent oublié des études cinématographiques: peu étudié, il est aussi peu enseigné dans nos universités. à l'exception de quelques "écoles" (le réalisme poétique par exemple) et de quelques cinéastes, dont les films ont été mis au panthéon par la "politique des auteurs". L'ouvrage propose d'explorer le cinéma français des années 1930, 1940 et 1950 en dépassant la dichotomie anachronique entre "cinéma d'auteur" et "cinéma commercial", pour tenter de l'appréhender tel qu'il était perçu par ses contemporains. Nous abordons ici le cinéma français classique par le biais des genres et de leurs acteurs, typiques des goûts du public de l'époque et de ce cinéma populaire où cohabitent des films qui accéderont au "panthéon", des "films du sam'di soir" et des films de qualité tombés dans l'oubli. Dans cette perspective d'une approche socioculturelle du cinéma cherchant à comprendre le sens des films dans leur contexte de production et de réception, nous avons retenu trois genres principaux qui caractérisent la production de cette longue période: la comédie, avec ces variantes (boulevard, vaudeville, comique troupier, comédie de moeurs); le film policier et criminel; le film en costumes (film historique, film de cape et d'épée). Non pas que ces trois genres soient les seuls, mais ils dominent ces trois décennies tout en donnant au cinéma français sa couleur propre. L'ouvrage montre comment ces genres ont largement conditionné l'emploi des acteurs les plus populaires (Danielle Darrieux. Edwige Feuillére, Jean Marais, Odette Joyeux, Louis Jouvet, Fernandel, Eddie Constantine, Gérard Philipe, Annie Girardot, Jeanne Moreau, etc.) et construisent ainsi les représentations dominantes de l'époque. En croisant genre et acteur, les contributions font apparaître les traits saillants de ce cinéma populaire et nous éclairent sur la manière dont les acteurs contribuent, de manière individuelle ou collective, à donner à ces genres leur spécificité. Il s'agit également de comprendre comment certains acteurs ont pu faire évoluer les genres, à travers leur aptitude à circuler d'un genre à l'autre.
Les Feux de l'amour, Dallas, Côte ouest, Dynastie... ces titres évoquent un univers désuet, stéréotypé et fortement associé au féminin, celui du soap opera. Né sur les chaines de radio états-uniennes au début des années 1930, puis transposé à la télévision, il est d'abord financé par des fabricants de produits d'hygiène et d'entretien - d'où son nom saugrenu. Les feuilletons qui en relèvent, centrés sur la culture du foyer, sont diffusés quotidiennement l'après-midi à l'intention des femmes. Ils sont alors construits autour d'un personnage de mère courage qui prodigue des conseils moraux et pratiques à son entourage, à grand renfort de produits manufacturés dont les mérites sont ainsi vantés aux consommatrices. S'il s'est largement transformé au gré des mutations médiatiques, sociales et politiques, le soap est resté une "technologie de genre" qui circonscrit le féminin à la vie domestique, affective et sentimentale. Mais il ouvre aussi, paradoxalement, des espaces individuels et collectifs de contestation des hiérarchies sexuées, tant à travers sa narration "ouverte" , qui permet l'expression de multiples points de vue et ne délivre jamais aucune morale, qu'à travers les sociabilités féminines qu'il suscite parmi ses amatrices. Cet ouvrage se veut une invitation à découvrir la richesse de l'histoire de ce format, à l'intersection de celles du capitalisme, des médias et du genre.
Longtemps, en France, la "cinéphilie" a désigné une activité savante et légitime d'expression des jugements de goûts sur les films, notamment caractéristique des Jeunes Turcs de la Nouvelle Vague. Cet ouvrage, partie prenante d'un courant de recherche visant à remettre en question ce trompe-l'aeil, se propose d'explorer les pratiques ordinaires des spectateurs et spectatrices de cinéma en France, au cours d'une période nodale de l'histoire de ce média, les années 1940-1950, où il constitue le loisir de masse par excellence. Dans comme hors des salles de cinéma, les sentiments, postures, appréciations cinéphiles se diffusent sous des formes diverses, circulent au sein d'espaces publics et privés, venant imprégner un vaste faisceau de pratiques. Revues et magazines, lettres de fans, mémoires orales sont autant de supports mobilisés ici pour éclairer l'univers cinématographique coutumier du public français de cinéma du milieu du siècle dernier dans ses entrelacements culturels et quelques-uns de ses déterminants économiques et sociaux.
Le numéro 21 de la revue des études théâtrales Registres se compose de deux dossiers. Le premier dossier est consacré à la fiction théâtrale et ses pouvoirs. Il remet en question la place de la fiction, qui revient en force dans la pratique comme dans la théorie du théâtre. Cette réflexion présente une nouvelle théorie de la fiction théâtrale, tant au plan technique que pragmatique. Le second dossier est un hommage à Yves Bonnefoy, écrivain disparu récemment. Il aborde le pan théâtral, encore méconnu, de l'oeuvre de cet immense poète.
A l'image des cas psychanalytiques de Freud, les romans de May Sinclair sont des objets déconcertants placés sous le signe du singulier, du particulier et de l'inattendu. Souvent qualifiés de textes hybrides qui se tiendraient à mi-chemin entre les écritures victoriennes et modernistes, ils offrent un contrepoint intéressant aux modèles woolfiens de représentation du féminin en accordant une importance toute particulière aux discours théoriques. Esprit curieux au parcours atypique, Sinclair est en effet aussi une essayiste prolifique, dont les nombreuses publications sur le vote féminin et la condition des femmes, les articles de psychologie et de psychanalyse, les critiques littéraires et les essais philosophiques sont en dialogue constant avec les romans. Ceux-ci ne sont jamais pour autant des romans à thèses : bien au contraire, la prose sinclairienne s'attache systématiquement à remettre en question le cadre de référence, à prolonger le questionnement ou à affiner l'analyse. Explorant la complexité des épistémologies modernistes, cet ouvrage se penche ainsi sur l'influence de la pensée par cas sur la fiction sinclairienne, qui oscille entre l'énigme, le modèle, l'abstrait et l'inconnu.
Bien que la question féminine soit un thème actuellement très débattu dans divers domaines scientifiques, Marginalités au féminin dans le monde lusophone est le premier ouvrage publié en France entièrement consacré à la question de la marginalité de la femme dans les différents pays de langue portugaise à divers moments de leur histoire. Ce volume réunit vingt-trois études d'universitaires renommés, français et étrangers, et couvre les domaines de la littérature, des sciences humaines et sociales ainsi que des beaux-arts sur une période qui s'étend du XVIe au XXIe siècles. Visant un vaste lectorat, pas uniquement universitaire, Marginalités au féminin dans le monde lusophone a été élaboré sous la direction de Maria Cristina Pais Simon.
Linguistique anglaise et oralité : vers une approche intégrée émane du travail collectif du réseau informel OSLiA (Oral spontané et linguistique anglaise). L'ouvrage fédère les approches de linguistes oralistes animés par un même questionnement : selon quelles modalités appréhender l'oral pour l'analyser ? Ce n'est pas un intérêt pour le matériau sonore analysé pour lui-même (réalisations phonétiques fines) qui rassemble les auteurs, mais plutôt une réflexion sur la composante phonique comme partie intégrante de la construction du sens et de la structuration du discours en oral spontané. L'ouvrage s'inscrit tout d'abord dans une filiation méthodologique issue de la linguistique énonciative. Dans un second temps, il rend compte de la structuration et de l'agencement discursifs à l'oral comme enjeux pour faire sens du flot continu de la langue. Enfin, l'ouvrage met en lumière l'interface entre construction du sens et prosodie.