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La Parole. Texte inédit présenté par Yves Moatty
Chazal Malcolm de
ARFUYEN
14,00 €
Épuisé
EAN :9782845903999
Je n'hésite pas à voir le plus grand événement de nos jours dans la publication de l'oeuvre de Malcolm de Chazal ", écrit André Breton, qui admire son " système génial de perception et d'interprétation " et ajoute : " On n'avait rien entendu de si fort depuis Lautréamont... l'attitude de Chazal n'admet aucun antécédent dans l'histoire de la pensée humaine. " Et Jean Paulhan, lui si prudent, n'hésite pas à écrire : " Ca n'arrive pas tous les jours de rencontrer un écrivain de génie que personne ne connaît. En voici un. " Chazal a plusieurs fois évoqué l'expérience fondatrice qui a nourri sa pensée : " Je suis un être revenu aux origines... La clé exacte de la vision retournée, je l'eus un jour, dans le jardin botanique de Curepipe...J'avançais dans la lumière de l'après-midi vers une touffe de fleurs d'azalées, et je vis une des fleurs qui me regardait. " Episode qui rappelle l'instant fondateur de Jakob Boehme, le reflet du soleil sur une cruche d'étain. L'Homme et la Connaissance, où Chazal synthétise sa pensée, sera préfacé par Raymond Abellio : "Nous sommes, écrit-il, en présence d'un voyant de génie. " Nombre des ouvrages de Chazal, publiés à compte d'auteur, n'ont pourtant jamais été réédités. Ainsi La Parole, qui fut imprimé en 1955 à seulement 50 exemplaires hors commerce et est depuis longtemps introuvable. Or il s'agit d'un texte central dans la réflexion de Chazal : " L'homme seul ne danse pas en marchant. L'homme seul est hors du Grand Jeu. Le mouvement de Nature est un jeu. L'homme, lui, se déplace [...] La Parole est ce par quoi la vie est une, et qui fait de l'homme le fils aîné de la Nature. La Nature est la Parole, dont l'homme s'est échappé. "
Chazal Malcolm de ; Cassiau-Haurie Christophe ; Fu
Restés inédits jusqu'à aujourd'hui, les carnets que constitue Autobiographie spirituelle représentent un document exceptionnel pour la compréhension de l'oeuvre de Malcolm de Chazal. Sous forme de phrases souvent fulgurantes, l'auteur retrace sa vie depuis sa "pré-naissance" jusqu'à son immersion solitaire dans l'écriture et la peinture. Il parle de sa naissance au milieu des camphriers, de son enfance à l'Ïle Maurice et de ses études en Louisiane. Il magnifie sa découverte des fleurs et des paysages qui lui révèlent sa véritable identité. Au terme d'un bilan où il revient sur son oeuvre et ses relations avec le milieu littéraire parisien - dont Jean Paulhan - il s'interroge sur la nécessité de se délivrer de soi-même et, pour l'homme d'aujourd'hui, de s'ouvrir à nouveau sur le cosmique. Chaque page du texte est ici présentée en face du fac-similé du manuscrit correspondant. L'ouvrage s'ouvre sur une "Lettre à Malcolm" par Jeanne Gerval ARouff, à qui Chazal avait confié le manuscrit. Il se conclut par une biographie, la plus complète à ce jour, de l'auteur par Robert Furlong et une analyse, par Christophe Cassiau-Haurie, de l'écho de son oeuvre depuis sa mort. Biographie de l'auteur Créateur multiple, Malcolm de Chazal, né en 1902 et mort en 1981 à l'île Maurice, s "est exprimé à travers plusieurs genres littéraires et artistiques: aphorismes, contes, poésie, roman, théâtre, chroniques de presse et peinture. Son oeuvre la plus connue est Sens-Plastique (Gallimard. 1948). Les surréalistes français louaient son génie et J. -M. G. Le Clézio le tient pour l'un des" plus authentiques (poètes) de la littérature française contemporaine "."
Sens-Plastique contient le souffle de l'universel, puisqu'il est une cosmogonie de l'invisible. J'ai voulu, par La Vie Filtrée, mettre cette vérité encore en plus grand relief. Par La Vie Filtrée, j'ai voulu toucher à certaines formes d'intelligence considérées jusque-là imperméables à l'esprit de l'homme - palais très lointains où peuvent seules nous conduire certaines formes supra-directes de Perceptions. J'ai voulu, par cette ?uvre, appréhender les choses du Divin par les seules antennes des sens, abolissant totalement la Raison en moi, autant qu'il est humainement possible de le faire - afin de voir dans le nu des choses le filigrane de l'Universel et l'empreinte du Toujours. J'ai voulu abolir le monde extérieur pour le reconstruire ensuite à ma façon, et en faire une lunette d'approche à rayon X de l'humain pour voir Dieu.
Malcolm de Chazal livre là de très courts poèmes tout imprégnés d'humour rose : " C'est l'humour des enfants, que l'on retrouve chez les amants, par la moquerie amoureuse, une douce taquinerie, montant jusqu'à la caresse de l'âme. L'humour est céleste dans son faîte ; c'est le sel des cieux. "
Publiées seulement en 1997, les Select Meditations ont été écrites avant les Centuries et sur une longue période, sans doute de 1664 à 1667. Tout autant que la beauté de leur écriture, ce qui frappe dans ces textes, c'est la force de l'expérience qui les inspire. En bien des pages, ils témoignent d'un détachement et d'une lucidité qui évoquent l'Advaïta Vedanta : " Dans mes plus Intimes Retraites, certaines années, c'était comme si Personne d'autre que moi n'avait été dans le monde. Tous les Cieux étaient à moi, rien qu'à moi. Et je n'avais rien à faire d'autre qu'à cheminer avec Dieu, comme s'il n'y avait personne d'autre que Lui et Moi. Quand je vins parmi les hommes, je découvris qu'ils étaient des Trésors Surnuméraires. Et Seul je Demeure : le Goûteur de tout. " C'est une vision du monde dynamique et étonnamment moderne que Traherne nous apporte : " C'est nous qui sommes de nature Successive, l'Eternité ne l'est pas. Nous dépassons les arbres lors d'une promenade Bien qu'eux-Mêmes se tiennent immobiles. Les moments se Tiennent là, nous nous déplaçons, nous les dépassons et nous nous écrions que le Temps s'enfuit. [...] Mais il ne peut se déplacer ni même Bouger. Quelle infinie liberté dans Son Royaume ! " Toujours sa méditation de Traherne débouche sur l'émerveillement et la gratitude d'être un témoin de cette Vie et de pouvoir y participer.
Les Editions Arfuyen ont publié en 2007 un ouvrage intitulé Etty Hillesum, "histoire de la jeune fille qui ne savait pas s'agenouiller", présentant pour la première fois trois lectures de cette oeuvre : juive (Claude Vigée), chrétienne (Dominique Sterckx) et laïque (Charles Juliet). Cet ouvrage donnait aussi pour la première fois la parole à la famille d'Etty, à travers le témoignage de notre cousine Liliane Hillesum, seule survivante de la famille Hillesum. La collection Ainsi parlait nous offre l'occasion de donner cette fois encore une approche très nouvelle de l'oeuvre d'Etty en revenant au plus près du texte original. Etty y apparaît dans toute l'urgence et la spontanéité de son écriture, écrivain toute débutante rassemblant dans des notes improvisées le matériau de ses futurs livres, quand la guerre serait finie. On trouve ici toute la force et la liberté de pensée de cette jeune femme extraordinaire, affrontée à l'extermination méthodique de tous les siens. De très nombreuses phrases admirables mais perdues dans l'énorme masse du Journal et des lettres (plus de 1000 pages) sont ici mises en relief dans un phrasé qui permet de retrouver un peu le naturel de cette voix. Au travers de ces écrits, ce qui frappe, c'est l'importance et la permanence de Rilke dans sa méditation quotidienne. Au camp de Westerbork, c'est Rilke encore qu'elle emporte (le Livre d'heures) avec la Bible et son dictionnaire de russe. Rilke maître à écrire, mais aussi maître de vie. Et c'est toute une nouvelle approche d'Etty qui apparaît là, sur la ligne de crête entre littérature et spiritualité.
Résumé : " Quelle vie doit-on mener ? La vie que l'on aime. J'aime écrire, j'aime le changement, j'aime lancer mon esprit dans les hauteurs et attendre de voir où il va retomber. " Virginia Woolf écrit ses lignes dans le monumental Journal qu'elle a commencé de rédiger lorsqu'elle avait 15 ans et qu'elle tiendra jusqu'à sa mort. Et dans une lettre à Horace Walpole ce qu'elle écrit poursuit même interrogation : " Je pense parfois que seule l'autobiographie relève de la littérature ; les romans sont les pelures que nous ôtons pour arriver enfin au coeur qui est vous ou moi, rien d'autre. " C'est la vie qui intéresse Virginia Woolf, et rien d'autre. Qui l'effraie aussi : " La vie, pour les deux sexes est ardue, difficile, une lutte perpétuelle. Qui demande un courage et une force gigantesques. " Ces lignes, elle les écrit dans un recueil de conférences intitulé Une chambre à soi. Dans ses journaux, lettres, essais, il n'est rien dont Virginia Woolf ne fasse l'objet de son écriture. Car écrire, pour elle, c'est avant tout se libérer : " Le premier devoir de la femme écrivain, c'est de tuer l'Ange du Foyer " (Journal). Il faut avoir lu, bien sûr, les géniaux romans de Virginia Woolf ? Mrs Dalloway, Les Vagues etc. ?, mais elle ne ?y trompait pas : c'est dans les écrits autobiogra-phiques que nous arrivons avec elle " au coeur " : ce " coeur qui est vous ou moi, rien d'autre ".