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L'économie institutionnelle
Chavance Bernard
LA DECOUVERTE
10,00 €
Épuisé
EAN :9782707174789
L'économie est un processus institutionnalisé : tel est le consensus qui semble s'établir depuis une vingtaine d'années. Admettre l'importance des institutions pour l'étude de l'économie représente toutefois une rupture avec le courant dominant de la pensée au XXe siècle. Ce livre retrace l'histoire des théories économiques qui composent la grande famille de l'économie institutionnelle. A partir de positions doctrinales et méthodologiques parfois opposées, elles ont toutes tenté de comprendre la nature, le rôle, l'origine et le changement des institutions et apporté une contribution majeure à la réflexion contemporaine. Parmi les grands thèmes de la pensée institutionnaliste figurent les relations entre continuité et changement, le rapport entre comportements individuels et règles sociales, l'impact des institutions sur la dynamique ou les performances de long terme des économies, les places respectives du pouvoir et de l'efficacité dans les évolutions historiques.
A la fin du xxe siècle, la théorie du capitalisme de Marx sombrait dans les oubliettes de l'histoire. La chute des systèmes socialistes et l'hégémonie de la doctrine absolutiste du marché semblaient enterrer définitivement une conception jugée dépassée, dont les prédictions sur la fin prochaine du capitalisme avaient été réfutées par l'histoire. La grande crise économique mondiale du début du XXIe siècle ravive la vision critique que Marx avait élaborée, celle d'un mode de production capitaliste contradictoire, dont le développement s'effectue à travers des convulsions périodiques au coût social considérable. Cet ouvrage propose une introduction à la théorie marxienne développée dans Le Capital à travers la "critique de l'économie politique". Le capital y est défini comme un rapport social, comme un processus de "fabrication de plus" qui s'autonomise et finit par instrumentaliser les hommes qui le produisent. Deux conflits majeurs engendrent la dynamique singulière du système: le premier oppose le travail et le capital, le second les capitalistes entre eux, dans la concurrence qu'ils se livrent. Ses contradictions s'expriment et se résolvent provisoirement par des crises. Penser le capitalisme aujourd'hui demeure un impératif et un défi. La théorie de Marx, ainsi que sa critique, peuvent encore y contribuer: par cela même Le Capital reste un ouvrage classique.
Caillé Alain ; Chavance Bernard ; Combemale Pascal
Résumé : On ne desserrera pas l'emprise toute-puissante de l'économie (et de la finance) sur nos vies, on ne bâtira pas un " autre monde " sans ébranler la croyance en la science économique orthodoxe, celle qu'on enseigne à l'identique sur toute la planète désormais, et qui nous persuade qu'il n'y a pas d'alternative, pas d'autre voie possible. Or, chose étrange, ce paradigme standard, le modèle économique tout-puissant auquel tout le monde affecte de croire, est, en même temps, d'une extrême faiblesse, presque intégralement réfuté, si bien qu'à de multiples égards on peut aussi bien dire que personne n'y croit plus guère. D'où vient alors sa force ? Au premier chef, de l'éparpillement de ses critiques, de la dispersion qui règne entre les écoles économiques hétérodoxes. Chacune déclare séparément que le roi est nu, alors que ce qui les unit est infiniment plus important que ce qui les sépare, et qu'elles convergent vers ce que l'on peut appeler une économie politique institutionnaliste. Encore faut-il en prendre conscience et en tirer les conséquences. On trouvera ici les linéaments de cette économie politique institutionnaliste et un appel à l'union des économistes, fort nombreux, qui ne se satisfont pas de l'état de leur discipline et de son enseignement.
Chavanne Blandine ; Chevalier Bernard ; Pupil Fran
Jean-Baptiste Isabey, le plus célèbre miniaturiste de l'école française, disparut il y a cent cinquante ans. Le château de Malmaison et la Ville de Nancy ont voulu rendre hommage à un artiste qui fut le témoin privilégié d'une époque exceptionnelle. Isabey connut les dix régimes qui mènent de Louis XVI à Napoléon III, à travers trois révolutions et deux républiques qui ne l'empêchèrent pas de fréquenter les palais de l'Etat et d'en représenter les maîtres successifs. Cet opportunisme évident lui permit de livrer à ses clients de petits portraits faciles à emporter en un temps agité. Il les peignit d'abord sur ivoire, puis sur papier. Isabey représenta ses modèles avec la liberté que lui conférait son incomparable technique, mais aussi avec une charmante indulgence lorsque ses fameux effets " aériens " lui faisaient gommer le passage du temps. L'artiste fascine par son sens de l'adaptation, lui, qui vit l'apparition de la photographie et du chemin de fer. Miniaturiste hors pair, Isabey fut aussi un dessinateur polyvalent, " reporter " avant l'heure des fastes impériaux, mais également décorateur à l'Opéra, à la Manufacture de Sèvres et illustrateur des gazettes de la Restauration. en l'envoyant à Vienne pour en représenter le Congrès, Talleyrand en fit " le portraitiste de l'Europe ". Afin d'évoquer une si brillante carrière, il fallait donc le concours des grandes collections européennes ;les ?uvres prêtées, certaines si fragiles, permettent ainsi, en l'embrassant dans sa totalité, d'en donner une vision renouvelée.
Narcisses pathologiques mégalomanes, prêts à tout pour réussir, Narcisses vulnérables, hypersensibles à la critique, dissimulant leur désir de toute-puissance derrière une façade d'humilité, les Narcisses sont de tous les fronts et font recette. Pour s'en prémunir, il faut pouvoir les reconnaître : Marie-France Hirigoyen propose ici une grille de lecture explicite et salutaire. Dans un monde toujours plus compétitif, les Narcisse occupent des positions de pouvoir au sein des affaires ou des médias, voire à la tête des Etats. Certains observateurs, confondant narcissisme et confiance en soi, considèrent que le renforcer permettrait d'affronter les maux de l'époque. Pourtant, les " psys " dénoncent régulièrement le rôle désastreux du narcissisme ambiant sur leurs patients : solitude, souffrance au travail, désordres amoureux... Pour comprendre cette réalité paradoxale, Marie-France Hirigoyen propose une enquête détonante nourrie de sa clinique. Elle pointe la confusion entre le narcissisme sain, qui permet d'avoir suffisamment confiance en soi pour s'affirmer, et le narcissisme pathologique consistant à se mettre en avant aux dépens des autres. Elle reprend la genèse de ce concept dans la psychanalyse freudienne, puis dans la psychanalyse américaine, qui l'a transformé en mettant l'accent sur l'" estime de soi " - participant ainsi d'un glissement de sens emblématique. Emaillé de nombreuses études de cas, histoires et récits de vie, ce livre explique ainsi de manière vivante et originale les dérives du monde moderne, où de plus en plus d'individus sont centrés sur eux-mêmes, " scotchés " à leurs écrans, " accros " aux réseaux sociaux pour se valoriser et exister uniquement dans le regard de l'autre. Mais il invite aussi, grâce à un dialogue renouvelé entre psychanalyse et sociologie, à mieux comprendre les traits narcissiques pour contrer l'ascension des Narcisse tout-puissants. Un projet indispensable pour notre avenir commun.
Becker Howard S. ; Merllié-Young Christine ; Merll
Après de nombreuses années de pratique du métier, Howard S. Becker livre, avec le style qui a fait son succès, les leçons tirées de son expérience de sociologue. Empiriques au même titre que les sciences de la nature, les sciences sociales ne progressent que par la qualité de l'articulation entre des " idées " (ou théories) et des " données ", toujours produites par des procédés de fabrication à analyser. La distinction, qui structure la profession, entre recherches " qualitatives " et " quantitatives " ne change rien à l'exigence de fournir des " preuves " solides, capables de résister au doute pour convaincre collègues et adversaires. La nécessité d'une analyse critique des données est ici démontrée à la lumière d'une gamme étendue de recherches, des plus collectives et objectivantes, comme les recensements de la population, aux plus personnelles, comme les observations ethnologiques, en passant par toutes les formes intermédiaires de la division du travail entre concepteurs des recherches et personnes chargées de la collecte des données. Cette ré? exion sur les conditions pratiques de l'observation s'adresse aussi bien aux professionnels des enquêtes, aux chercheurs en sciences sociales qu'à l'étudiant devant réaliser son premier mémoire de recherche.
Depuis une dizaine d'années, les caméras de vidéosurveillance ont envahi notre paysage urbain. Une frénésie sécuritaire qui fait déjà l'objet d'abondantes critiques mais qui dissimule encore ses véritables failles, systémiques, techniques, juridiques, tout en banalisant chaque jour un peu plus une idéologie d'autosurveillance généralisée. Depuis les années 2000, les caméras de vidéosurveillance et de vidéoprotection ont envahi notre paysage urbain. Cette nouvelle manière de protéger la population fait couler beaucoup d'encre. Or les prismes dominants (sécurité versus liberté) et les images mobilisées (du Panoptique à Big Brother, en passant par Minority Report), en disent plus sur les fantasmes collectifs que sur les réalités concrètes de ce dispositif. Dans ce récit d'enquête, au plus près des expériences et des représentations des acteurs publics et privés qui utilisent la vidéosurveillance au quotidien, Elodie Lemaire passe au crible les idées reçues sur cet oeil sécuritaire, pour mieux en identifier les vrais dangers. En nous faisant pénétrer dans les salles de contrôle et les coulisses des tribunaux, l'auteure montre que les usages de la vidéosurveillance sont loin d'être conformes à sa réputation de " couteau suisse de la sécurité " ou de " reine des preuves ". Mais ces limites cachent d'autres dérives bien réelles, comme la banalisation d'une idéologie qui construit progressivement notre vision sécuritaire du monde social.
La drogue est la continuation de la politique par d'autres moyens : telle est sans doute l'une des leçons les plus méconnues du IIIe Reich... Découverte au milieu des années 1930 et commercialisée sous le nom de pervitine, la méthamphétamine s'est bientôt imposée à toute la société allemande. Des étudiants aux ouvriers, des intellectuels aux dirigeants politiques et aux femmes au foyer, les petites pilules ont rapidement fait partie du quotidien, pour le plus grand bénéfice du régime : tout allait plus vite, on travaillait mieux, l'enthousiasme était de retour, un nouvel élan s'emparait de l'Allemagne. Quand la guerre a éclaté, trente-cinq millions de doses de pervitine ont été commandées pour la Wehrmacht : le Blitzkrieg fut littéralement une guerre du "speed". Mais si la drogue peut expliquer les premières victoires allemandes, elle a aussi accompagné les désastres militaires. La témérité de Rommel, l'aveuglement d'un Göring morphinomane et surtout l'entêtement de l'état-major sur le front de l'Est ont des causes moins idéologiques que chimiques. Se fondant sur des documents inédits, Norman Ohler explore cette intoxication aux conséquences mondiales. Il met notamment en lumière la relation de dépendance réciproque qui a lié le Dr Morell à son fameux "Patient A", Adolf Hitler, qu'il a artificiellement maintenu dans ses rêves de grandeur par des injections quotidiennes de stéroïdes, d'opiacés et de cocaïne. Au-delà de cette histoire, c'est toute celle du IIIe Reich que Ohler invite à relire à la lumière de ses découvertes.